‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire; recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à Paris (volume 3)Chapitre 203 sur 254 · Il avait imprimé une proclamation de Louis XVIII · texte numérisé non relu

Il avait imprimé une proclamation de Louis XVIII

justice. Il en conclut que le citoyen Fouché (de Nantes] est le chef des royalistes du Midi et que le gouvernement actuel agit connme il y a trois ou quatre ans, en soulevant les royalistes contre les républicains, et faisant couler le sang des uns et des autres.

Le Tellier, L. Milly.

(Arch. nat., BB ' 91.)

Journaux.

Gazette de France du 16 vendémiaire : « ...Il vient de s'établir à Paris une nouvelle Société, sous le nom de Portique républicain. Les membres ont tenu leur première séance le 6 do ce mois, à onze heures du matin, dans le temple de la Concorde, ci-devant Saint-Philippc-du-Roule. Le bureau était composé des citoyens Piis, président, Cubières, Sauvigni, Parny et Planche- Valcourt. La prochaine séance se tiendra le 17 au même lieu. » — Puhliciste du 15 vendémiaire : « Paris, 14 vendémiaire. ...Le citoyen Piis, fondateur du Portique républicain, a ouvert la séance par un discours où res])irent l'amour de la liberté et la haine des préjugés religieux. « Nos réunions, a-t-il dit, ne seront point politiques, mais fraternelles. On y sacrifiera trois fois par mois au génie de la liberté. » II a proclamé les noms des membres, qui sont au nombre de cent trente-sept. Ils ont tous prêté le serment républicain. Moreau, du théâtre des Arts, a chanté une Hymne à l'imprimerie, de la composition du citoyen Piis. Dorat-Cubières a lu un poème sur les j)rogrès des arts dans la République. Michot, artiste du théâtre de la République, a lu deux odes d'Horace, traduites par le citoyen Martin Laroche. Le citoyen Tobie a prononcé un discours contre le fanatisme. Les membres du Département, du Rureau central et de plusieurs administrations municipales ont assisté à cette première séance. La prochaine se tiendra à l'Oratoire, le 10 vendémiaire courant. . . »

Journaux.

Clef du Cabinet du 9 vendémiaire : « Paris, 8 x^endénuaire. Le Comité (de Versailles) a tapissé les murs de cette commune d'une affiche contre l'emprunt de 100 millions. Il y a tant d'objections terribles à faire contre cette loi de circonstance, et si peu de réponses non absurdes à leur opposer, qu'il n'y a que le mérite du courage à revenir sur les vices qu'elle renferme, et, puisqu'il faut absolument qu'elle soit exécutée, nous aimerions mieux qu'on exhortât sans cesse les citoyens à rol)éissance et les jurys à l'équité. Cependant le Comité ne s'en tient pas là. Il oiïre des moyens doux et justes pour

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l'aire, en |jeii de leiaps, entrer dans le trésor national la somme voulue. Puissent les hommes qui, jusqu'à présent, les ont tous repoussés comme impraticables examiner du moins ceux-ci sans prévention!.... « — Moniteur du 9 vendémiaire : « Paris, le 8 vendémiaire. Les comédiens sociétaires de rOdéon quittent le théâtre de la Cité, où ils ne jouaient que tous les deux jours. A compter du 1."» de ce mois ils donneront une représentation chaque jour au théâtre des Marais. On ne peut que faire des vœux pour le succès d'une Société qui intéresse autant par le zèle qu'elle manifeste pour le plaisir du public, que parles talents qu'elle réunit, et (pii un jour seront d'un grand secours à la scène française »

MDGGGXXXIV

Rapport du bureau central du 9 vendémiaire*.

. . .Journaux. — On voit toujours avec regret la même sécheresse dans les feuilles périodiques sur ce qui pourrait entretenir dans les cœurs le feu de la liberté, mais on aperçoit aussi qu'ils donnent moins d'aliments à l'esprit de parti. Quelques journaux, connus pour avoir l'initiative de toutes les nouvelles qui peuvent donner une sorte de relief à la coalition, ne changent rien dans le choix de leurs articles-. — Hier 8, les journaux le Courrier de V Europe, VAmi de la Paix et le Messager des relations extérieures étaient en mesure pour donner le * texte littéral de l'ordre ou oukase par lequel Paul P"" ajoute au nom de Souw'orow celui d'Italique. — Le Propagateur donne en outre le texte d'une capitulation faite par la garnison du fort Suinte-Marie, qu'il dit avoir été rendu par les Français. — VAmi de la Paix d'aujourd'hui, amalgamant une réflexion politique à quelques idées futiles sur les modes, finit par dire : « Si vous voulez que votre Constitution même (ce votre est à remarquer) conserve son existence, lâchez de la mettre à la mode ; car si par malheur la contre-révolution devenait à la mode, je commencerais à craindre sérieusement pour la liberté. » — Le mot de Jacobin se trouve volontiers sous la plume de ce jouinaliste, qui lui donne l'acception le plus évidemment réactionnaire.

Le Tellier, L. Milly.

(Arch. nat., BB » 89.)

1. Dans l'original, ce rapport est daté par erreur de l'an VII. C'est pour cela qu'il se trouve dans le carton BB* 89, et non dans le carton BB' 91.

fl" OCTOBRE 1799] DIRECTOIRE EXÉCUTIF 746

Rédacleur du 10 vendémiaire : « Vark'trs. Je sors du salon du Muséum, et j'ai eu la douce satisfaction d'être témoin et acteur d'une scène qui no peut manquer d'intéresser les amis des arts. Un peu avant l'ouverture do la salle d'exposition, le citoyen Guérin, jeune peintre âgé de vingt-cinq ans, venait d'y faire apporter un tableau de sa composition ; il représente Marcus Sextus échappé aux proscriptions de Sylla, et trouvant à son retour sa fdle en pleurs, auprès de sa femme expirée depuis quelques jours. Cet admimirable ouvrage a produit un tel enthousiasme parmi les artistes alors présents, que, spontanément et d'un commun accord, ils ont attaché une branche de laurier avec cette inscription : Laurier donné par les artistes. Il est intéressant d'observer que le citoyen Ilennequin, le seul peintre qui ait été proclamé cette année par l'Institut, a demandé à placer lui-même la couronne. C'était en quelque sorte partager celle qu'il a reçue. Ce mouvem.ent de son cœur l'honore infiniment. Le jeune Guérin n'était pas présent à cette scène flatteuse ; il venait de se dérober aux applaudissements, aux embrassements de ses camarades. Il n'est pas permis de douter que, si ce tableau eût été exposé avant l'époque où l'Institut a prononcé sur les ouvrages

dignes de proclamation, il eût obtenu cet honneur à l'unanimité' » —

Ami des Lois du 9 vendémiaire: « Variétés. ...Le jardin du Palais-Égalité est fermé à la chute du jour, depuis plusieurs vols qui s'y sont commis. Les voleurs et les filous, lorsqu'ils sont arrêtés, crient, pour se faire délivrer, qu'on les persécute à cause de leur patriotisme ; ou bien ils se disent ou conscrits ou déserteurs. Les factieux veulent tenter un coup de désespoir; ils méditent quelque crime inouï jusqu'à présent, assure VEnnemi des conspirateurs »

MDCGCXXXV

Journaux.

Rédacteur du 11 vendémaire : « Les administrateurs du Théâtre de la République et des Arts au rédacteur du journal le Rédacteur. Paris, le 9 vendémiaire an VIII. Citoyen, du moment que le Directoire a bien voulu nous confier l'administration du Théâtre de la Ré[)ublique et des Aris, notre désir a été de signaler notre (mtrée dans cet établissement national par la mise d'un ouvrage l'ait pour attirer les vrais amis de la Réj)ublique et de la liberté. Nous avions jeté les yeux sur un opéra intitulé Lr^ Horaces, musique du célèbre Cimarosa, qui a obtenu un succès complet en Italie. Nos elTorts ont été inutiles pour nous procurer ce chef-d'œuvre, composé dans le pre-

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