‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire; recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à Paris (volume 3)Chapitre 204 sur 254 · Suit un long éloge du tableau de Guérin · texte numérisé non relu

Suit un long éloge du tableau de Guérin

747 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [2 octobre 1799]

mior temps dos Républiques d'Italie, ot réunissant à l'oxprcssion du génie le sentiment le plus exquis du patriotisme. Permettez-nous, citoyen, de nous servir de la voie de votre journal, pour inviter les amateurs qui ont apporté ces partitions à Paris à nous les communiquer. Il est temps que la scène lyrique retentisse des actions éclatantes dos héros delà liberté. Les amis de notre gloire républicaine et des beaux-arts doivent être également avides de connaître celte étonnante traduction dramatique, qui doit autant son existence à nos victoires qu'au génie de Cimarosa. Nous profitons de cette occasion pour leur annoncer que, sous peu de temps, nous mettrons sur la scène le ballet de Guillaume ToU ; et l'on jugera sans doute que l'histoire des peuples litires peut fournir des objets aussi brillants, aussi magiques, aussi enchanteurs que la mythologie et le livre d'Apulée. Salut et fraternité. Devisme, Honet. » — Bien- In formé du 9 vendémiaire : « Le citoyen Garin, aveugle-né, affirme que le citoyen Farlcnze ne lui a pas donné le sens de la vue. Le citoyen Farlenze soutient qu'il voit clair jusqu'à un certain |)oint. Lequel croire? Ce que nous savons positivement, c'est que le citoyen (iarin a les yeux dans l'état le plus déplorable, par suite des opérations du citoyen Farlenze, et qu'avec do pareils yeux, nous qui avons le bonheur de n'être

point aveugles, serions fort embarrassés de voir' » — Ami des Lois

du 10 vendémiaire : « Variétés. ...L'obstination de l'Institut à repousser Parny de son sein prouve que ce corps nouveau ne vaut pas mieux que l'ancienne Académie. Tous les poètes réunis de l'Institut ne pourraient faire une page de la Guerre des Dieux ; c'est par jalousie pour un talent qu'ils ne peuvent atteindre, et qui les éclipse tous, que ces nouveaux Scudéry éloignent le poète le plus aimable do la France. » — « On parle d'une comédie posthume de Fabre d'Eglantino, intitulée V Hypocrite des mœurs. On a aussi de lui des remarques sur Molière, non imprimées... » — « Un prédicateur catholique était en chaire, il y a quelques jours, à Notre-Dame. Il déplorait l'anéantissement de l'instruction, faisait le procès aux instituteurs qui ne propagent pas la religion de nos , pères ; l'espérance a été le sujet de sa péroraison : « Reportons nos regards, a-t-il dit, vers un avenir plus heureux qui se découvre dans un coin lumineux de l'horizon politique ; Dieu paraît jeter enfin un regard favorable sur ses fidèles serviteurs », etc »

...Rapport analytique des journaux, — On lit dans beancoiip de journaux des détails d'arrestations de voitures publiques et de pillages faits par les brigands des diverses sommes qu'elles con-

1. Sur ce sujet, on trouvera un article humoristique dans le Rédacteur tlu 12 vendémiaire an VIII.

tiennent, appartenant à la République. Le Courriel' de L'Europe est un de ceux qui donnent le plus souvent connaissance de ces sortes d'événements. Il rapporte aujourd'hui que des chauffeurs se montrent dans les cantons de Kindwiller et de Niederbronn ' et qu'à Billigheim les arbres de la Liberté ont été coupés. — Quant aux autres parties de cette feuille, on n'y trouve à remarquer qu'un article conçu de manière à nuire à la rentrée du produit de l'emprunt de 100 millions : « On se plaint vivement de toutes parts, est-il dit, de la manière dont les jurys établis pour l'emprunt de 100 millions procèdent aux taxes. Un grand nombre de contribuables céderaient volontiers toute leur fortune pour moitié de la somme à laquelle ils sont imposés. » — UAmi des Lois fait dériver la situation malheureuse d'un grand nombre d'ouvriers delà disparition des fonds; et cette disparition de la crainte où chacun est d'être taxé trop fortement à l'emprunt forcé; donc, ajoute-t-il, l'emprunt est mauvais. — Suivant les nouvelles de Pétersbourg, que cite Y Ennemi des tyrans, le ministre de Suède a déclaré à la cour de Russie, ainsi qu'à tous les ministres étrangers, que son souverain avait accédé sur tous les rapports à la coalition contre la France. — Une opinion des rédacteurs de cette feuille (n" 55) est que la Chouannerie est un fléau que l'on conserve et que l'on promène sur toute la France pour l'en fatiguer et avoir ensuite un prétexte de lui offrir la royauté comme unique remède à tant de maux. Il pense que cette proposition, modifiée toutefois dans un beau discours métaphysique, sera faite au jour convenu. — La même feuille, à la date de ce jour H vendémiaire, contient une opinion bien plus remarquable. Les rédacteurs voient que les succès qu'obtiennent nos armées, au lieu d'affermir la puissance du peuple et consolider la liberté, ne font que les ébranler et préparer leur chute; que, lorsque nos phalanges menaçaient le centre de l'Autriche, elles déploraient leur triste esclavage, tout en célébrant leur triomphe; que nos soldats ne connaissent pas d'autres qualités que celles de militaires, tandis que la première qualité du soldat romain était celle de citoyen; qu'hier encore, quand nos armées avaient éprouvé des revers, le peuple se réunissait et semblait prêt à recouvrer ses droits; aujourd'hui on nous annonce des avantages en Ilelvétie, et le Corps législatif est menacé encore une fois d'une prochaine dissolution; les cartes de convocation pour les membres qui doivent se perpétuer sont toutes prêtes et les tables de proscription, pour les exclus sont dressées. « Malheureux, s'écrie l'auteur de cet

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