‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire; recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à Paris (volume 3)Chapitre 206 sur 254 · L. MiLLY, Le Tellier · texte numérisé non relu

L. MiLLY, Le Tellier

(Arch. nat., BB»91.)

Journaux.

Rédacteur du 23 vendémiaire : « Paris, le 22 vendémiaire. On n"a pas encore des détails sur l'arrivée de Bonaparte en France. La lettre qui a annoncé la nouvelle de son débarquement à Fréjus ne dit autre chose que ce que nous avons rapporté dans notre numéro d'hier. Le courrier qui en a été porteur a seulement ajouté que le dessein de Bonaparte était de débarquer à Toulon, qu'ayant été chassé par les Anglais qu'il a rencontrés plusieurs fois dans son trajet, il a abordé à Fréjus. Le convoi était composé de deux frégates françaises et d'un vaisseau de transport. On attend un courrier, qui a dû partir peu de temps après celui arrivé hier. » — Ennemi des oppresseurs du 22 vendémiaire: « Paris, 21 vendémiaire ...Voilà la guerre déclarée entre la Société royale de Londres et l'Institut. Les savants de Paris ont admis le quart du cercle du méridien pour base du système métrique; les savants de Londres se sont déterminés pour le pendule. Les mémoires de ceux-ci sont parvenus à la Commission des poids et mesures » — Ami des Lois du 23 vendémiaire : <.^V Ennemi des tyrans, comme les fdous et les fdles de Paris, vient de changer de titre pour la sixième fois; c'est maintenant le Journal des Patriotes... Quels patriotes!» «On jouait au théâtre de la rue du Bac

une pièce intitulée: Les Femmes politiques ^. La veuve de Bontabole et la presque veuve de Tallien se sont imaginé qu'elles étaient le modèle qu'on avait cherché à peindre dans Les Femmes politiques ; sur cette supposition, elles ont obtenu la suspension des représentations de cette pièce. 11 faut avouer que c'est un acte de complaisance qui, s'il était vrai, déshonorerait le

Directoire » — Ennemi des oppresseurs du 24 vendémiaire: a Paris,

23 vendémiaire ... Bonaparte arrive à Paris... Y était-il attendu?... Nous présumons que tel lui fait prodiguer les adulations, qui le voudrait encore au Caire.,. Non, ceux qui ouvrirent les portes du Temple à Sidney Smitli, ceux qui arrangèrent la destruction de la Hotte d'Aboukir, ceux qui, commençant par détruire la Constitution que Bonaparte avait donnée aux Cisalpins, dépouillèrent et vendirent l'Italie qu'il avait conquise à la liberté, ne l'attendaient pas. Il est vraisemblable qu'il n'était pas même attendu par certains politiques qui, comptant pour rien la volonté du peuple, ses innombrables sacrifices en tous genres, le sang français versé depuis huit ans pour la cause républicaine, la vie d'un million de patriotes helvéliens, belges, batavcs, italiens, appelés par nous à l'insurrection, voulaient restituer à leurs tyrans l'Italie, la Suisse, la Hollande et la Belgique, et renfermer la République dans

1. Comédie en trois actes et en vers, par Gosse, représentée pour la première fois, le 30 fructidor an VII, au théâtre des Victoires-Nationales, rue du Bac.

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les limites do la monarchie, Glarke, remis en activité depuis trois mois, ne l'attendait pas non plus. Et Talleyrand « — Bien-Informé du 25 vendémiaire: a Paris, 23 vendémiaire... Les citoyens Cournand, professeur de littérature au Collège de France, et Champagne, directeur du Prylanéo, ont été nommés par l'Administration centrale du département de la Seine membres

du jury d'instruction publique pour les écoles primaires ->■> — Messager

des relations extérieures du 23 vendémiaire : « Paris, 22 vendémiaire... Le débarquement de Bonaparte en France est un de ces événements qu'on entend raconter plusieurs fois sans y croire. En un instant le bruit s'en est répandu dans tous les spectacles, dans toutes les sociétés particulières. On se doute bien qu'une nuit ne pouvait pas se passer sur une nouvelle aussi extraordinaire sans apporter au lendemain des nouvelles qu'on serait tenté de prendre pour des rêves, si cet homme étonnant n'y avait d'ailleurs accoutumé. Aussi donnait-on tout à l'heure comme certain, même dans une des premières autorités constituées, qu'il apporte avec lui un traité de paix d'après lequel la Turquie cède à la République l'Egypte, comme colonie française, et s'engage à lui fournir quarante mille hommes pour reconquérir la Crimée... >» — Clef du Cabinet du 23 vendémiaire : « Paris, le 22 vendémiaire. C'est hier à cinq heures, au moment où le Directoire allait se mettre à table, qu'il a appris que le général Bonaparte avait débarqué sur les côtes du département du Var, après une longue traversée de quarante-sept jours, et que déjà il écrivait de Fréjus. Cette nouvelle, à laquelle un très petit nombre d'initiés seulement pouvait s'attendre, s'est aussitôt répandue dans toute la ville et y a fait

la sensation la plus vive » — Moniteur du 23 vendémiaire : « Paris, le

22 vendémiaire. Le général Bonaparte est arrivé le 11 de ce mois à Fréjus, accompagné des généraux Berthier, Lannes, Marmont, Murât et Andréossy, et des citoyens Monge et BerthoUet. Il a été reçu par une foule immense de peuple aux cris de : Vive la Bépubliquel II a laissé l'armée d'Égypt^ans la j)osition la plus satisfaisante. On ne jjcut rendre la joie qu'on a éprouvée en entendant annoncer hier ces nouvelles aux spectacles. Des cris de : Vive la République! Vive Bonaparte! des applaudissements tumultueux et plusieurs fois répétés se sont fait entendre de tous les côtés; tout le monde était dans l'ivresse. La victoire qui accompagne toujours Bonaparte l'avait devancé cette fois, et il arrive pour porter les derniers coups à la coalition expirante. Ah ! Monsieur Pitt, quelle terrible nouvelle à joindre à celle de la défaite totale des Anglo-Russes en Hollande ! Mieux eût valu encore la perte de trois autres batailles que l'arrivée de Bonaparte ! »

MDCCCXLYI

Journaux.

Messager du 24 vendémiaire : « Paris, 23 vendémiaire. . . .Tout le monde attend Bonaparte avec impatience, parce qu'il rend l'espoir à tout le monde.

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