C'est ainsi qu'on désignait le Rédacteur
5b DIRECTOIRE EXÉCUTIF [22 août 1798J
sons l'apparence de la liberté, et qui croyait encore voir arriver le moment de ressaisir son influence accoutumée, s'est trompé. »
Lessore.
(Arch. nat., BB » 88, et F ' 3841.)
Séance du Directoire exécutif.
du 6 fructidor an VI.
Le ministre de la justice présente un projet de message tendant à inviter le Corps législatif à décerner des peines contre ceux qui refusent de porter la cocarde nationale, les lois rendues sur cette matière ne contenant que des dispositions vagues,
(Arch. nat., Registre des délibé/'al/otis du Uirectoii^e, AF* m, 12.)
Journaux.
Clef du Cabinet du 9 fructidor: « l^aris, le S fructidor La distribution des prix de talent et d'études s'est faite, avant-hier, au Prytance français, en présence du ministre de l'intérieur, d'une députation de l'Institut national, des j)rofcsseurs des Écoles centrales, de beaucoup de gens de lettres et d'un cercle brillant de femmes qu'embellissait encore le doux sentiment de la maternité. Le citoyen Abrial, l'un des nouveau.^ administrateurs, a ouvert la séance par un discours dans lequel, en exprimant le désir qu'a l'administration de répondre à la confiance du Directoire exécutif, il a fait senlir aux élèves les obligations particuliores qui les lient à la patrie. Son discours a été vivement applaudi. On a entendu ensuite, avec un nouvel intérêt, le citoyen Champagne, directeur de ce précieux établissement. Ceux de ses auditeurs qui ]ionvaicnt ignorer combien est juste la nouvelle dénomination substituée au nom ignoble de boursiers, l'ont appris d'un homme versé dans la connaissance des institutions des républiques anciennes, et n'ont pas été peu étonnés d'entendre le chef, dont l'abord ne laisse pas que de paraître sévère, parler le langage de la i)lus vive tendresse aux jeunes amis qu'il élève avec tant de soin. Un petit mathématicien de seize ans, nommé Jules, a récité une ode de sa conqjosition sur la liberté. Cette ode, pleine de verve et d'harmonie, a obtenu des applaudissements universels ; et la belle strophe que l'auteur a adressée à ceux de ses camarades qui allaient être couronnés a fait couler des larmes des yeux du ministre. Enfin ce ministre, si justement chéri de tout ce qui aime les vertus et les lettres, a prononcé lui-même un discours. Il serait difficile d'exprimer la sensation qu'il a faite, et aux jeunes élèves à qui il était adressé, et à l'intéressante assemblée qui s'était réunie dans l'espoir de l'entendre. Une réflexion que tout le monde s'est communiquée, après la touchante distribution des prix, c'est que l'enseignement a pris dans cette maison une très grande latitude, car il y est calqué sur celui des Écoles centrales, et l'on sait combien de cours y sont ouverts pour l'instruction. » — Patriote français du 6 fructidor : « Il existe, rue d'Enfer,
près notre domicile, au-dessus du portail d'une église consacrée à l'enfant Jésus, cette inscription latine: Sanctissinife Tnniiati et infaniix Jésus sacrum. Ce qui veut dire : Consacrée à la très Sainte-l\imté et à l'enfance de Jésus; comme s'il n'eût pas suffi de la consacrer à la Trinité, dont l'enfance, la jeunesse et la virilité de Jésus font, selon les théologiens, nécessairement partie! Mais ne devrait-on pas faire disparaître cette inscription, puisque tout signe du culte, toute inscription doit être reléguée dans l'intérieur des églises? Pourquoi encore a-t-on conservé au-dessus de plusieurs temples la ridicule inscription inventée par le grand-prêtre Robespierre : Le peuple français reconnaît VKlre suprême et l'immortalité de l'âme? En vérité, nous avons été, nous sommes et nous serons longtemps de grands imbéciles ou de grands fous. »
MCDXLVII
. . . Journaux. — Les Nouvelles de Paris * n'omellent aucune occasion de manifester leurs dispositions pacifiques sans autre but que de faire indirectement la censure de la contenance énergique du gouvernement à l'égard de ses ennemis extérieurs. « Mercier, disent-elles, déclare la guerre aux chevaux, tant il est vrai qu'on ne sait à quoi on s'engage quand on fait la guerre, et que l'homme le plus intrépide devrait préférer voir sa main sécher de paralysie, à signer une déclaration de guerre même contre les chevaux. » — On regarde comme très répréhensible cette partie affirmative du sommaire du Journal des Francs : « Établissement d'un droit d'entrée sur les vins dans toutes les communes. » Les sorties du Journal des Francs contre les autorités constitutionnelles delà République batave sont toujours aussi violentes que de coutume.