L. MlLLY
(Arch. nat., lîB » 88, et F ' 3841.)
Journaux,
Patriole firmçais du 14 rniclidor : « Pr//'(.s', 13 fructidor Toutes les
municipalités de Paris ont célébré le 10 la tète des Vieillards; ceux d'entre eux qui avaient reçu solennellement les honunages dus à l'expérience (jui est ie partage de longues années ont été réunis le soir et conduits par les officiers municipaux au théâtre des Arts, où des premières loges leur avaient été réservées. Le spectacle de ces citoyens respectables, qui parurent couronnés de fleurs, fit impression sur le ])ublic. On donnait Œdipe à Colone »
MCDL
CoMPTIi DÉCADAIRK DES OPÉRATIONS DU BUREAU CENTRAL DU CANTON
DE Paris, du l*"'" au 10 FRUCTmoR an VI.
Surveillance. Correspondance et exécution relatives à la sûreté . . . Paris, ex-capucin. — Le ministre de la police, en annonçant qu'il venait d'apprendre que le nommé Paris, ex-capucin, avait été arrêté lors des visites domiciliaires par la police militaire, comme ayant rétracté son serment dans l'église de Saint-Philippe-du-Roule, ayant invité le Bureau central, si ce fait était exact, à le faire interroger et à
lui transmettre l'interrogatoire, avec l'indication du lieu de sa détention, le Bureau central lui a observé que le citoyen Martin, juge de paix de service auprès de lui, semblait pouvoir seul lui donner connaissance de l'affaire de cet ex-capucin, puisqu'il l'a fait arrêter et qu'il a dû décerner son mandai d'arrêt sur le corps du délit à lui imputé.
Individus recherchés relativement aux assassinats commis à Lxjon. — Il a été répondu à une lettre du commissaire du Directoire près le Département, transmise par son collègue près le Bureau central, ayant pour objet d'avoir un état de tous les individus dénoncés ou arrêtés comme complices des assassinats commis dans la commune de Lyon, pendant la réaction royale, que, recherches faites dans toutes les prisons, même au dépôt près le Bureau central, il ne s'y était trouvé aucun détenu pour prévention de ladite réaction
Correspondance et exécution relatives aux mœurs et opinioyi publique. Temple Thomas-d'Aquin. — Le ministre de la police ayant annoncé qu'en chargeant le Bureau central de faire fermer le temple Thomas-d'Aquin, il n'avait point entendu que la clôture pût s'appliquer aux Ihéopliilantliropes, et l'ayant chargé d'en ordonner l'ouverture pour le décadi 30, le Bureau central a autorisé le commissaire de police de cet arrondissement à ouvrir ce temple aux théophilanthropes seulement.
Prétendue assemblée de membres d'un consistoire du culte catholique. — L'administration municipale du VI'"* arrondissement ayant, par une lettre qui n'est parvenue quo le 29 thermidor, prévenu le Bureau central qu'il devait y avoir, le 28, une assemblée de membres d'un consistoire du culte catholique chez le citoyen Lacroix, ancien tabletier, à l'effet de ctioisir un successeur à Marguarila, qui faisait les fonctions de curé, le Bureau central a écrit au citoyen Lacroix pour savoir si cette réunion avait eu lieu, et ce citoyen lui a répondu que cela était absolument faux et qu'il n'était venu chez lui que quelques citoyens laïques (vu qu'il était malade) pour conférer sur les frais du culte.
Signes du culte catholique. — Le ministre de la police ayant annoncé qu'au mépris de la loi sur la police des cultes, on voyait fréquemment dans les rues de Paris des insignes représentant des objets du culte catholique, notamment à la maison garnie rue du Monceau- Gervais, où est l'enseigne du Saint-Esprit, qui était effacée avant le 18 fructidor et que l'on venait de rétablir; que l'on rencontrait encore des mendiants et charlatans chantant des cantiques religieux, portant des figures de Jésus et Marie, et ayant recommandé de sli-
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muler le zèle des commissaires de police et officiers de paix et de lui rendre compte du résultat de leur activité, le Bureau central a envoyé sur-le-champ aux endroits désignés des officiers de paix, qui ont rapporté que les inscriptions avaient été effacées et que le propriétaire de la maison [de la rue] de Monceau où était le Saint-Esprit avait prétendu que, l'inscription étant effacée, ce n'était plus un Saint-Esprit, mais un oiseau. Le Bureau central, en rendant compte de ces démarches au nnnislre, l'a assuré que le zèle des officiers de paix était chaque jour stimulé, et qu'à chaque instant il faisait efTacer des signes du culte catholique ou de la féodalité.
Concert. — Il a donné acte de leur déclaration, à la charge de payer l'impôt au profit des indigents, aux frères Pétrides, artistes musiciens, qui étaient dans l'intention de doimer, le 14 de ce mois, un concert dans la Chamhre philharmonique, rue Nieaise.
Mots de Monsieur et de Madame à supprimer dans les pièces de théâtre. — Les administrateurs du théâtre des Variétés, Jardin- Egalité, en accusant la réception de la circulaire du 28 thermidor, relative aux mots de Monsieur et Madame à supprimer des pièces où ils se trouvaient, ayant soumis une nomenclature de pièces burlesques faites avant l'ère de la République, en demandant si elles étaient susceptibles des mêmes changements, le Bureau central a répondu que les devoirs des entrepreneurs étaient clairement énoncés dans la lettre du ministre du 22 brumaire et qu'ils devaient s'y conformer strictement.
Crieurs de journaux. — lia fait réimprimer et afficher, avec et en conséquence de son arrêté du 26 thermidor dernier, les articles 1, 2 et 3 de la loi du 5 nivôse an V, portant défense d'annoncer publiquement les journaux et les actes des autorités constituées, autrement que par leur tiire '. — Le général de la 17" division militaire, en accusant au Bureau central la réception de l'arrêté ci-dessus énoncé, lui a mandé avoir donné des ordres pour faire arrêter les contrevenants à la loi.
Bals. — Le ministre de la police, en annonçant être informé que, le 25 thermidor, jour correspondant au dimanche, on avait dansé dans tous les cabarets de la Gourtille, à l'exception des Marronniers, ayant chargé le Bureau central de s'en faire rendre compte par le commissaire de police de cette division, il a été écrit à cet efï'et aux commissaires de police de Bondy et du Temple, lesquels ont répondu que plusieurs teneurs de bal avaient cru que le quintidi était une fête
l. Voir plus haut, p. 46, 50.
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nationale, vu que l'on dansait extra-inuros ; il a pris des mesures pour empêcher à l'avenir cette contravention.
Bureau de la loterie nationale. — Le même ministre ayant transmis une lettre du ministre des finances, par laquelle il invitait à prévenir tous les receveurs de la Loterie nationale que leurs bureaux pouvaient rester ouverts les décadis, attendu que le Corps législatif avait prévu dans un article de la loi le cas de nécessité où elle pourrait soufTrir une exception, le Bureau central a pris toutes les mesures nécessaires pour l'exécution des ordres du ministre des finances, dont il a ensuite renvoyé la lettre au ministre de la police.
Loterie clandestine. — Une loterie clandestine, tenue par la veuve Aubert, rue de Buci, n" 1002, a été saisie par le commissaire de police de la division de l'Unité, et celle citoyenne conduite chez le juge de paix, auquel la minute du procès-verbal a été remise.
Filles publiques. — L'accusateur public du tribunal criminel ayant fait passer un exemplaire de la circulaire du 7 du courant, adressée au tribunal de police correctionnelle et aux officiers de police judiciaire relativement aux filles publiques, et ayant invité à s'occuper des mesures les plus sévères pour faire arrêter et traduire toutes celles qui seront rencontrées provoquant à la débauche, le Bureau central lui a répondu qu'il seconderait de tout son pouvoir sa juste sévérité envers les prostituées.