L. MlLLY
(Arch. nat., BB ^ 88, et F' 3841.)
Journaux.
Patriote français du 12 fructidor : c Paris, Il fructidor. ...La police a fait fermer une partie des boutiques du Palais-Égalité, qui étaient entièrement occupées par des fdles publiques. Il était bien temps qu'on fermât toutes ces cavernes de la débauche. N'était-il pas affreux de voir, le soir, ce ramas impur d'empoisonneuses publiques, qui font roiigir l'innocence et gémir la pudeur, tenir atelier de corruption? Sans ces mesures sévères, qu'il faudra renouveler autant de fois qu'il sera nécessaire, pourrait-on jamais voir la génération engloutie dans la fange de l'obscénité la plus désastreuse en sortir pour s'élever pure, glorieuse et républicaine ? Mais si l'on a pensé enfin de fermer les repaires de ces pestiférées, étalant leurs dégoûtants appâts aux yeux d'une jeunesse imprudente, qu'on songe donc aussi à nous débarrasser de ces nuées de misérables, encroûtés d'infamie, qui inondent les tripots dans lesquels le libertin va chercher le désespoir, qui le fait s'arracher la vie, ou la honte ou la misère, qui le réduisent aux expédients les plus funestes pour lui, pour sa famille et la société. Qu'on fasse donc un autodafé de tous ces romans obscènes qui corrompent l'âme tendre de nos jeunes filles, dont c'est la lecture favorite. Sans cela, craignons que les funestes effets de la contagion soient bientôt sans remède. »
65 DIREGTOIHE EXÉCUTIF [30 août 1798]
MGDLII
Journaux.
Ami du Peuple du 12 fructidor : « Un voyageur nous rapporte que
l'on fait encore la guerre aux collets et aux cheveux à Lyon, et même dans plusieurs communes du département de la Seine-Inférieure, plus voisin de Paris. Nous rappellerons à ce sujet les réflexions pleines de sagesse que mit, il y a peu de temps, à l'ordre le général commandant à Paris, sur la liberté des costumes, et nous ajouterons que l'ennemi de la République n'est pas celui qui porte des cheveux plus longs ou plus courts, un collet de telle couleur ou de telle autre ; prenons-y garde, c'est bien plutôt celui qui excite les citoyens les uns contre les autres. C'est la seule ressource des Anglais que de diviser nos rangs. Nous invitons nos braves frères d'armes à éprouver si les paladins qui s'escrimaient ainsi contre les collets et les perruques marcheraient de front, au besoin, pour le salut public, et s'ils ne sont pas ses véritables ennemis, comme ils le sont des droits et de la tranquillité des citoyens »
MCDLIII
Rapport du bureau central du 14 fructidor '.
.«. . Journaux. — Il n'est sur les feuilles périodiques de ce jour aucune observation importante à faire; seulement on remarquera que les Nouvelles de Paris ne perdent rien du mauvais esprit qui les a caractérisées jusqu'à ce moment. Tout en reconnaissant que l'idée suivante n'est pas bonne à publier, elles la reproduisent : « La suppression des impôts fut une ruse dont on se servit pour faire la guerre à l'ancien gouvernement. » — Ailleurs elles se plaisent à redire quelques mauvais mots contre le ministre des finances.
(Arch. nat., BB > 88, et F "> 3841.)
Journaux.
Journal des Francs du 21 fructidor : « Un citoyen, habitué de la Biblio-
1. Il n'y a rien pour notre sujet dans les rapports des 12 et 13 fructidor, non plus que dans celui du 15.