‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire; recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à Paris (volume 3)Chapitre 34 sur 254 · Il n'y a pas de rapport du 20 fructidor · texte numérisé non relu

Il n'y a pas de rapport du 20 fructidor

idée qu'il est naturel d'attribuer cette unanimité plus grande, cette affluence plus générale avec lesquelles on se porte aux. solennités qui retracent le souvenir d'un triomphe sur un parti quelconque. Découragé par cette haine de tout extrême, le royalisme n'ose plus se permettre ouvertement les conjectures perfides, soit sur notre situation intérieure, soit sur nos relations au dehors, qui tendaient à nous mettre en opposition avec nous-mêmes, ou à faire naître parmi nos alliés des méfiances continuelles sur les dispositions pacifiques du gouvernement français. Les espérances de paix, se soutiennent ; au contraire, celles que les ennemis de la République fondaient sur une division dans les républiques naissantes se dissipent sensiblement. Il est encore une cause au changement avantageux qui s'effectue dans l'opinion publique : c'est la certitude où l'on est aujourd'hui que, tout au contraire de ce que certains journaux se sont plu à publier, le général Buonaparte n'a éprouvé aucun obstacle dans l'expéilition qui lui est confiée, qu'il a débarqué sans opposition, et qu'il n'a reçu, à son arrivée, qu'un accueil tel qu'il devait l'espérer de la part d'un allié (le la République. — Enfin une autre nouvelle, regardée comme certaine, contribue encore beaucoup au retour d'une entière sérénité dans les esprits. C'est celle de Pévacuation que les Anglais ont effectuée du terrain dont ils s'étaient rendus maîtres dans l'île de Saint- Domingue. Cette circonstance fait une assez grande sensation dans les lieux de réunion, et elle peut être la cause du bruit qui a couru dans plusieurs cafés que les Anglais songeaient secrètement à traiter avec la République. Il n'y avait, à la vérité, rien d'affirmatif dans ce sentiment, dont on ne rend compte que pour prouver que les idées sur la force de notre gouvernement se rafi'ermissent encore, loin de s'affaiblir. Cependant, on doit le dire, les plaintes continuent sur la rareté des paiements de la Trésorerie nationale ; la circulation du numéraire est toujours aussi rare dans le commerce ; beaucoup de salariés font entendre des murmures; il en est aussi [qui se plaignent] de la taxe trop forte d'une assez grande partie des citoyens portés au rôle de la contribution mobilière ; on s'entretient avec le ton du regret et de l'inquiétude de l'état actuel de nos finances, et l'on fonde surtout sur l'amélioration de celte partie d'administration l'espoir de voir la République atteindre le degré de prospérité qui convient à son rang parmi toutes les autres puissances. — Le calme est général dans toutes les parties de celte commune.

Culte et spectacles. — Le culte a eu lieu sans qu'on ait vu plus d'afïluence que d'ordinaire dans les temples, où, du reste, il ne s'est rien passé contre le bon ordre et contre les lois. — Les spectacles,

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toujours très suivis, n'offrent aucune particularité; une nouvelle pièce a été donnée au théâtre de la rue Favart, sous le titre de La Dot de Suzetle * ; les plaisanteries y sont soutenues, mais avec la décence convenable, contre ceux que des spéculations hardies et peu délicates ont enrichis dans les orages de la Révolution ; la probité obtient de son côté des traits qui la consolent du malheur qui est souvent son partage. Ces divers tableaux sont accueillis sans malignité.

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