L. MiLLY
(Arch. nat., BB* 88'.)
1. Il y a bien, dans F' 3841, une autre expédition de ce rapport; mais elle est datée du 27, et ne contient pas l'article sur les spectacles.
81 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [12 septembre 1798 |
MCDLXII
Rapport du bureau central du 27 fructidor.
Journaux. — Le Journal des Francs, dans ses feuilles et suppléments du 26, remis aujourd'hui seulement à l'administration, entre dans les plus grands détails des derniers changements opérés dans la constitution de la République cisalpine. Il les blâme généralement tous, avec des expressions plus ou moins fortes. Il paraît important de produire ici les principes, notamment ceux que le journaliste identifie avec la Constitution française, ou dont il semble vouloir faire l'application au gouvernement. Il s'écrie avec regret que tout est consommé sans qu'aucune consiilération ait pu empêcher les changements qui viennent d'avoir lieu; il observe qu'on a substitué le serment de haine à la monarchie et à l'anarchie à celui qui se prêtait de haine à l'aristocratie et à l'oligarchie, d'où il infère que ces deux objets « ne sont plus de haine ». Il remarque que la force armée à la disposition du Directoire fournira la garde des Conseils et ajoute, en parenthèses : « Avis aux amateurs de vacances. » Il marque en italiques la faculté accordée au Directoire de limiter la liberté de la presse. D'une disposition qui est relative aux finances, il tire celte conséquence : « Donc le Directoire français aura les finances cisalpines à son éternelle disposition... » etc. — Sur ce que le citoyen Trouvé a dit que les maux de la Cisalpine ne venaient que des deux défauts de la Constitution, il dit : « Remarquez que c'est absolument la même que celle de France dans tous les principes. » Toutes les opinions qui ont pu se trouver en opposition avec les vues du citoyen Trouvé sont textuellement produites. Il rapporte que plusieurs ont accédé à ses vues avec cette clause : « Puisque tel est le bon plaisir de la France. » Ailleurs il dit que Gol Franceschi, en remettant une lettre qu'il avait reçue portant invitation de se rendre à une assemblée chez le citoyen Trouvé, s'écria : « Puissent la France et les autres nations redevenir libres! » Cette phrase est en italiques dans le journal. Les nouveaux membres du Corps législatif sont appelés les élus de Trouvé; le journaliste, dans l'intitulé des proclamations de la République cisalpine, dislingue par de petites majuscules les mots par ordre de la République française. Il appuie par de plus grandes Tome V. 6
majuscules encore sur les mots de la fin : arrêté par moi, ambassadeur, etc. Enfin il donne la majeure partie du discours du citoyen Trouvé, prononcé la nuit, dit-il, de la saturnale politique, et nombre de mots sont en italiques dans le corps de ce discours, tels sont ceux de: Constitution trop souvent violée; nécessité d'une régénération ; je vous déclare; un délai prolongerait Vanrtrchie; le gouvernement français respecte les lois fondamentales des peuples libres; c'est l'intention du Directoire executif français, etc., etc. — Mais il paraît essentiel de donner textuellement l'article suivant du discours du citoyen Trouvé, à cause de la parenthèse que le journaliste y a insérée, a II me serait également facile de justifier chaque article de cette Constitution ; elle est en quelque sorte le fruit de l'expérience ; elle est le perfectionnement (le votre Constitution actuelle ; elle est même celui de la Constitution romaine, qui pourtant offrait déjà une amélioration considérable dans le système représentatif (cl était, comme on nous l'a dit, le perfectionnement de la française; mais il ne faut pas tout dire k la fois). Enfin, en donnant plus d'ensemble et d'énergie aux différentes parties du gouvernement, elle garantit d'une manière plus sûre l'égalité, la liberté, la sûreté, la propriété, ces droits si chers aux hommes et qui sont à la fois la base et les conditions essentielles du contrat social. » — Le même journaliste, à la fin de sa feuille, passe à la critique de quelques endroits de prospectus de journal annoncé par le citoyen Rabaut jeune * ; celui-ci ayant dit qu'il serait de l'intérêt public que tous les partis se réunissent au gouvernement, le rédacteur du Journal des Francs répoml : « Au gouvernement, dites-vous? Mais est-ce aux principes mêmes qui fondent l'autorité publique, ou aux volontés des individus qui l'exercent, que vous prétendriez nous réunir? Car ce sont là deux choses bien distinctes, qu'on affecte sans cesse de confondre. » Il ajoute enfin que cette observation et celles qui la suivent sont essentielles à rappeler et qu'elles reçoivent même des circonstances très connues un nouveau degré d'importance. — Ce prospectus est aussi critiqué par \q?, Nouvelles de Paris, et cette critique est susceptible d'être interprétée au détriment de l'opinion; suivant elles, on ne peut écrire qu'en flattant le gouvernement, ou en combattant les abus, ou en parlant sans rien dire; dans le premier cas il y a bassesse ; dans le second, danger; dans le troisième, nullité. — Dans ce journal on donne, à l'article Philadelphie, à croire que le Congrès a été félicité d'avoir témoigné de l'indignation sur la manière dont la France a reçu les négociateurs et de rejeter la
1. Ce journal, qui était intitulé la Feuille du bon ciloyen, commença à paraître le i*"" vendémiaire an VII. Bibl. nat., Le 2/iOOi, in-4.
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maxime : Divide et impera. Comme ces phrases sont en italiques, elles prouvent l'intention d'en faire une application très répréhensible. — Une animosilé déclarée contre le théâtre de la République prouve le mauvais esprit dont le journaliste est imbu. Tout devient pour lui l'occasion de témoigner du mépris pour la chose publique. Par exemple, il se surprenil disposé à l'humeur, parce qu'il allait voir la nouvelle salle des Cinq-Cents; la futilité des objets qu'il traite en est d'autant plus blâmable, qu'elle fixe de préférence le goût de certain monde peu attaché à la République. — Le PahUciste annonce qu'il vient de s'opérer un 18 fructidor dans la République ligurienne.