L. MiLLY, Lessore
(Arch. nat., BB » 88, et F ' 3bH.)
85 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [16 septembre 1798]
MGDLXIV
Rapport du bureau central du 1"" jour complémentaire '.
. . .Journaux. — Le Révélateur, feuilles des 30 fructidor et l^"" complémentaire ', motive les observations suivantes. Dans la première, il écrit avec beaucoup d'étendue sur le considérant par lequel on a prétendu motiver la suppression du Journal des Francs. Ce litre est en petites majuscules; il est suivi d'un extrait de l'ancien prospectus à.a Journal des Francs., dans lequel, à l'occasion de la liberté de la presse, les mots de muets et de bon plaisir du maître sont en lettres italiques. Le Révélateur observe, à cet égard, que les principes du Journal des Francs n'ont jamais changé ; il se récrie contre le système des considérants, disant que le pouvoir qui sent sa force croit n'avoir pas d'autres devoirs à remplir que de donner des ordres. Voici quelques fragments de la paraphrase qu'il fait de l'arrêté du Directoire qui supprime le Jownal des Francs : « Nous avons déjà retiré trois fois la parole à ces journalistes qui négligent trop l'art de nous plaire et le devoir de nous flatter ; ils continuent sans intention à diffamer le Corps législatif. » Et par note : « Ils l'honorent au contraire et voudraient l'aider à se relever. » — Sur l'imputation faite aux écrivains frappés par l'arrêté du Directoire, de chercher à fomenter la guerre civile dans la République balave, il s'écrie qu'on ne peut, qu'on ne doit plus contenir les mouvements de la plus juste indignation, et, à l'occasion de cet arrêté, il demande positivement « s'il serait supportable chez un peuple libre de reconnaître une puissance qui commanderait le silence à ceux qu'elle ferait ou laisserait diffamer, et si on n'aurait pas le droit de la traduire devant les tribunaux », ajoutant que l'auteur de ce considérant, quel qu'il puisse être, ment à sa conscience. Une note porte que le moment est venu oii les nations ne doivent plus être victimes et dupes du machiavélisme de quelques ambitieux et de la perfidie des diplomates. — 11 annonce que les généraux Moreau et Beurnonville sont réintégrés depuis le 23 ; le mot réintégré est en petites majuscules. — Dans la feuille du l»"" complémentaire, il y a plus d'évidence encore à outrager l'autorité, à jeter des soupçons sur l'esprit qui l'anime, à présenter