‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire; recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à Paris (volume 3)Chapitre 5 sur 254 · L. MlLLY · texte numérisé non relu

L. MlLLY

(Arch. nat., BB » 88, et F^ 3841.)

Journaux.

lîédacleur du 6 tliermidor : « D'aprôs lo |)rogranime arrôlé par le Directoire exécutif, les diilërciUcs sociclés libres^ savantes et littéraires, seront

1. La Bil)l. nat. (Le 2 071, iii-i) n'a ((irm\ exemplaire incomplet de ce journal, et il ne s'y trouve aucun numéro de tliermidor an VI.

5 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [25 juillet 1798]

invitées à faire partie du cortège qui doit accompagner le grand convoi des monuments recueillis en Italie, dans leur entrée triomphale à Paris, le 9 thermidor. Comme le peu de temps qui reste avant cette époque ne permettrait peut-être pas aux présidents de ces sociétés de rassembler les membres qui les comjjosent pour leur faire part de l'invitation, le ministre de l'intérieur se sert de la voie des journaux pour inviter les présidents des sociétés Philomatique, Lycée des Arts, d'Histoire naturelle, Philotechnique, des Amis des Arts, de Belles lettres, d'Agriculture à se rendre le 7 de cette décade, dans la matinée, à la 5*^ division de son ministère, rue de Grenelle, maison Conti, afin de recevoir les cartes qui leur seront nécessaires à cet effet. Le lendemain 8. les membres de ces sociétés pourront se rendre chez leurs présidents, qui distribueront les cartes qu'ils auront reçues la veille. »

RaPPOUT du bureau CKNTUAL du 7 THERMIDOR.

Journaux. — Les journaux ne présentent aucune observation

essentielle à faire; plusieurs ont manqué, et notamment le Journal des Francs.

Lessore.

(Arch. nat., BB » 88, et F ? 3841 )

MCDXÏX

Rapport du bureau central du 8 thermidor.

Journaux. — Le caractère des feuilles périodiques de ce jour

est généralement bon ; il y ressort très peu d'articles qui présentent des réflexions particulières. Les pièces du ministère des relations extérieures, relatives au départ de M. Gerry et la réponse de la députation française aux plénipotentiaires allemands, les remplissent en presque totalité. — Il est dans le Journal des Fi^ancs une expression à remarquer dans ce qu'il publie des visites domiciliaires à Toulon : « Gomme elles ont été faites sérieusement, dit-il, et par des fonctionnaires républicains... », etc. Cela ne semble-t-il pas renfermer un reproche pour les autres fonctionnaires publics et sur leur conduite

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en la circonstance dont il s'agit? — Les autres journaux ne donnent lieu à aucune observation. . .

Cousin.

(Arch. nat., BB ^ 88, et F ' 3841.)

.loUltNAUX.

Journal du Soir des frères Chaignieau du 1 i thermidor : « Paris, le 10 thermidor. La pluie qui a tombé hier toute la journée n'a pas empêché de célébrer conformément au programme la partie de la fètc du 9 thermidor assignée à ce jour. Le concours des spectateurs a élé très nombreux. Cette cérémonie n'était en quelque sorte que préparatoire de celle qui doit être célébrée aujourd'hui au Champ-de-Mars, et à laquelle assisteront le Directoire, les ministres, les ambassadeurs et les autorités constituées. On a généralement regretté que l'époque des fêtes de la Liberté, trop raitprochées de l'arrivée de ces morceaux jirécicux, n'a pas permis de les exposer à sa vue des spectateurs. Les quatre chevaux de Corinlhe, un des ours de Berne, trois lions et quatre

chameaux vivants ont surtout attiré l'attention » — Rédacteur du

11 thermidor : « Paris, le 10 thermidor. La fête d'hier a présenté tout l'intérêt et la pompe qu'annonçaient les dispositions heureuses conçues par les auteurs du programme. Le temps ne l'a point favorisée; il semblait, par une lutte continuelle des éléments, figurer les combats contre la liberté et la tyrannie, dont la cruelle incertitude se prolongea pendant toute la journée dont on célébrait l'anniversaire. Ce ne fut que vers le soir que le ciel reprit sa sérénité, et ce n'est aussi qu'après le 9 thermidor que la République a commencé à compter ses beaux jours. Au reste, la pluie n'a pas empêché le cortège d'être très brillant, et les spectateurs d'être aussi nombreux que satisfaits. Une longue file de chars, couverts des tributs du génie de tous les peuples et des richesses de Tantiquilé, inspiraient des idées do grandeur, images de nos destinées, et nous rap))ehiient ces superbes triomphes qui signalaient et excitaient la valeur des Romains, différents cependant en cela des nôtres, qu'on ne voit dans ceux-ci ni ennemis enchaînés, ni ces amas d'or, monuments de la ruine des peuples vaincus et qui attestaient l'avarice de ces anciens conquérants du monde dont nous serons les libérateurs. Des animaux rares des quatre parties du globe st'mblaient représenter la férocité enchauiée au 9 thermidor j»ar les mains de l'humanité et la barbarie des nations esclaves rendant hommage aux progrès de notre civilisation. De nombreux détachements des défenseurs de la patrie entouraient les députés des sociétés savantes; ces braves guerriers, dont le courage eût suffi sans art pour vaincre leurs ennemis, et qui, avec son secours, ont fait tant de j)rodiges, figuraient la victoire j)rotégeant pour la première fois les arts, dont les anciens conquéi'ants ne furent que le fiéau, et ceux-ci, à leur tour, leur témoignaient leur reconnaissance par des hymnes

7 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [27 juillet 1798]

nui rappelaient à nos soldats la gaîté avec laquelle ils marchent aux combats. Il ne manquait à la beauté de ce spectacle que la vue de 1 heureux triomphateur; mais sa gloire était présente, cette gloire qui va ^'auS'^e^t^^.l^/^^^"^^ qu'il s'éloigne de nous, et pour laquelle l'Europe est deja un théâtre trop étroit. Voici les hymnes et couplets qui ont été chantés pendant la marche du cortège :

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