‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire; recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à Paris (volume 3)Chapitre 6 sur 254 · CHANT DITHYRAMBIQUE PAR LE CITOYEN LEBRUN · texte numérisé non relu

CHANT DITHYRAMBIQUE PAR LE CITOYEN LEBRUN

Réveille-toi, lyre d'Orphée;

Enfante de nouveaux concerts;

Jamais aux rives de l'Alphée Pindare ne chanta des triomphes plus chers ;

Jamais plus superbe trophée N'appela sur nos bords les yeux de l'Univers.

France heureuse, quelle est ta gloire ! Tu vois les chefs-d'œuvre des arts, Conquis des mains de la victoire. Embellir tes nobles remparts.

Dans sa course immense et féconde Le soleil même est fier de ton auguste aspect. C'est de toi que sortit la liberté du monde ; ,

Et le monde vengé t'admire avec respect. De ton char immortel préside à cette fête, Dieu du jour et des arts, radieux Apollon ; Digne de marcher à leur tète,

Reconnais le vainqueur de l'horrible Python. A voler sur ses pas les Muses empressées

"Viennent s'oll'rir à nos transports.

La nature, les arts, le trésor des pensées

Qu'une main fidèle a tracées De leur triple conquête enrichissent nos bords.

France heureuse, etc.

De talents créateurs quelle foule rivale ! Guidez, sœurs d'Apollon, un cortège si beau ; L'Olympe en est jaloux et n'a rien qui l'égale. La toile a respiré sous le feu du pinceau; Tous ces marbres vivants sont les fils du ciseau.

Devant leur marche triomphale

La gloire élève son flambeau.

France heureuse, etc.

Beaux-arts, rois sans esclaves, honneur de la patrie, Venez dans leurs palais succéder aux tyrans. Leur trône est abattu, leur mémoire est flétrie. De l'immortalité sublimes conquérants,

La vôtre est à jamais chérie.

Venez dans leurs palais succéder aux tyrans.

France heureuse, etc.

Jadis en merveilles divines Rome les enlevait aux Grecs industrieux ;

Et dans la ville aux sept collines ,

Notre Mars enleva ces larcins glorieux. 1

Riche des dépouilles du Tibre,

La Seine triomphante et libre

Pour jamais les offre à nos yeux.

Du» bonheur des Français que Rome se console : Rome a vaincu par nous le pontife et l'idole ;

Son génie est ressuscité ; Et les fils de Brennus rendent le Capitole

A son antique liberté.

France heureuse, quelle est ta gloire ! Tu vois les chefs-d'œuvre des arts.

Conquis des mains de la victoire, Embellir tes nobles remparts.

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