‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire; recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à Paris (volume 3)Chapitre 76 sur 254 · L. MiLLY, Lessore · texte numérisé non relu

L. MiLLY, Lessore

(Arch. n.it., I!B » 89, ol F' 38 i2.)

187 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [31 octobre 1798]

MDXIII

Rapport du bureau central du 11 brumaire.

... Journaux. — Les feuilles du journal la Correspondance, des 10 et H de ce mois, paraissent nécessiter quelques observations; celle du 10, en ce qu'elle contient des plaintes sur la manière dont le général Ménard traite à Briancon les quatre officiers de la garnison de Turin qui ont participé aux événements du 30 fructidor; le journaliste parait considérer comme du plus mauvais effet les poursuites qui se dirigent contre ces officiers et dit même que le gouvernement devrait se hâter d'en éteindre le scandale ; celle du 11, en ce que les rédacteurs ne considèrent les derniers événements de la République cisalpine que comme un acte de la volonté du peuple, auquel le général Brune n'aurait participé en rien et dont il n'aurait pas même été spectateur. Un journaliste (le Surveillant) s'était récrié contre les dangers qui devaient résulter de la conduite de quelques généraux français près des Républiques alliées, si, contre le vœu du Directoire, ils s'érigent en proconsuls, en changeant à leur gré les autorités près desquelles ils résident. A cette réflexion, les rédacteurs de la Correspondance Yé^or\àe.ni qu'il est difficile d'établir une différence entre le proconsulat des généraux et celui des ambassadeurs. « Au reste, ajoutent ces rédacteurs, ce qui pourra consoler ces messieurs, c'est qu'on assure que Faipoult est chargé d'un second perfectionnement, que Fouché et que notre Xénophon* partent pour l'Italie. » — On observe que le Journal des Séances annonce affirmativement, dans son sommaire, adoption par le Conseil des Cinq-Cents d'un impôt sur fenêtres, portes et cheminées. — Il faut remarquer le mauvais esprit du journal le Bulletin de VEurope. Il le manifeste dans l'affectation avec laquelle on fait un calcul et presque un total monstrueux de toutes les forces que Naples, l'Autriche, l'Angleterre et même la Prusse peuvent mettre sur pied contre la République française ; après avoir déclamé contre la conscription militaire, comme devant entraîner des dépenses qui obéreront l'Etat, on considère encore cette institution comme dangereuse en ce qu'elle peut servir d'exemple aux puissances coalisées elles-mêmes; on cite à cet égard Naples, qui arme tous ses sujets de l'âge de dix-sept à quarante-cinq ans. Enfin, on ne peut reconnaître

1. Peut-être veut-on parler de Ginguené, ambassadeur à Turin.

une bonne intention au Messager des relations extérieures dans le choix qu'il fait des nouvelles venant de Londres, notamment de celle qui porte que la fille de Louis XVI a écrit au roi d'Angleterre pour le prévenir qu'elle cautionnait ses oncles de toute sa fortune.

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