‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire; recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à Paris (volume 3)Chapitre 81 sur 254 · L. MiLLY, Cousin · texte numérisé non relu

L. MiLLY, Cousin

(Arch. nat., F ' 3449.)

MDXX

Célébration des décadis.

Ministère de l'intérieur. — 5® division, département de la Seine. — Objet de la demande ou réclamatioyi.

Proposer les moyens de faire inspecter la manière dont se célèbrent les décadis dans les douze arrondissements, et m'en faire rendre compte (organiser ceci pour le 30).

Il n'y a point de gradins. On fait beaucoup de bruit. Les lecteurs ne savent point lire, etc. On se plaint particulièrement du VI» arrondissement, église ci-devant Nicolas, aujourd'hui temple de l'Hymen.

Réponse de la 5* division.

Le ministre demande qu'on lui présente quelques moyens de connaître la manière dont se célèbrent les décadis dans les douze arron-

197 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [5 novembre 1798]

dissements de Paris. On peut déjà assurer, et le ministre en est averti, que ces réunions décadaires n'offrent ni majesté, ni intérêt, ni utilité. Cela tient à plusieurs causes. D'abord on a commencé sans avoir de plan ; on s'est rassemblé sans savoir ce que l'on ferait, ce que l'on dirait et sans savoir presque où l'on se placerait. L'instruction que le Directoire a rejetée comme minutieuse aurait été extrêmement nécessaire; mais, puisque le Directoire ne veut pas une instruction minutieuse, on en rédige en ce moment une autre, que l'on tâchera de rendre plus conforme à ses vues. On observe encore que, sans chorèges, il est impossible d'organiser ces réunions décadaires. Qui se chargera de tous les détails préparatoires qu'exigent les cérémonies, les chants, etc. ? Mais le Directoire croit voir une mesure législative dans l'établissement de ces chorèges. Cependant on pourrait bien lui représenter qu'une administration peut bien prendre un agent pour telle ou telle opération qu'elle ne peut exécuter par elle- . même, surtout lorsqu'elle ne paye point cet agent. — Une autre cause du non-succès des réunions décadaires à Paris, c'est que nos anciens temples ne sont nullement propres au nouvel emploi. Il aurait donc fallu, avant d'ouvrir les temples décadaires, y former des espèces d'amphithéâtres, d'où l'on pût tout voir, tout entendre ; il aurait fallu surtout rendre ces temples moins retentissants par un moyen quelconque. — Il est plusieurs autres causes de non-succès, qu'un plus mûr examen fera apercevoir, et c'est pour cela qu'il faudrait, suivant les intentions du ministre, envoyer dans les divers temples des personnes capables d'observer et de rendre compte. Il n'est pas facile de trouver ces explorateurs bénévoles de la conduite des administrations municipales ; peu de personnes, surtout de personnes instruites, acceptent des missions aussi ennuyeuses. Cependant six employés dans la cinquième division ont bien voulu se charger d'aller, décadi prochain, chacun dans un temple différent, et de prendre des notes qu'ils remettront le lendemain au chef de cette division. De toutes ces observations réunies on fera un rapport général, dans lequel on proposera les remèdes aux abus qui peuvent exister.

(A. Schmidt, Tableaux de la Révolution française, t. III, p. 350 '.)

1. Nous n'avons pas retrouvé, aux Archives nationales, l'original de cette pièce.

MDXXI

16 BRUiMAlRE AN YIl (6 NOVEMBRE 1798).

Rapport du bureau central du 17 brumaire.

. . .Journaux. — Des feuilles périodiques de ce jour, le Publiciste nécessite une observation ; elle frappe sur le soin qu'il prend constamment d'annoncer des dommages causés à la République. Suivant le journaliste, la valeur des confiscations faites sur les Français dans tout le Levant serait de 90 millions. — Plus loin, à l'article Paris^ le rédacteur, dans une note qui lui est personnelle, croit justifier l'habitude où il est de puiser des nouvelles dans des gazettes qu'il avoue rédigées sous la censure et l'influence même des puissances ennemies, en reconnaissant qu'elles répandent à plaisir les bruits les plus désavantageux à la République française. Son raisonnement est qu'un journal n'est pas destiné à ne représenter que les événements heureux pour sa nation, et qu'il ne mériterait aucune confiance, si on s'interdisait tout à fait de parler de ses disgrâces.

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