TOME II
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ment que l'esprit est bon et qu'il devient d'autant meilleur dans ces circonstances que les bases du nouveau gouvernement plaisent infiniment à la partie saine de la population immense de cette commune, où chacun, d'après les rapports de ce jour, se dit : « Nous allons donc enfin avoir une Constitution libre, mais juste ; nous avons la certitude d'être pour toujours délivrés du règne d'un monarque despote et de la fierté insolente des grands qui composaient sa cour; et nous ne serons plus exposés aux férocités des factieux, dont le souvenir fait encore gémir. »
Groupes, — Quoi qu'il en soit, certains inspecteurs ont remarqué que plusieurs mécontents, répandus dans des groupes, ayant essayé de débiter encore certaines opinions trop populaires, avaient été aussitôt combattus d'une manière victorieuse par nombre de bons citoyens, lesquels annoncèrent franchement que la nouvelle Constitution ne renferme que les principes les plus sages, observent qu'il ne pouvait y avoir que des esprits malfaisants et toujours inquiets qui chercliassent encore à fronder les travaux de la représentation nationale.
Cafés, — Nous ne trouvons rien d'important à citer d'après l'examen des rapports de ce jour.
Spectacles. — Aucuns faits particuliers contre l'ordre et la tranquillité.
Commerce. Pain. — Le plus grand nombre des inspecteurs rapportent qu'il né s'est rien passé de contraire à la tranquillité chez les boulangers ; chacun, presque partout, a reçu 6 onces de pain et du riz à l'ordinaire. Berthelot rapporte que le pain n'a été délivré qu'à une heure après-midi sur la section de Montreuil, parce que les boulangers n'avaient point de riz, et que personne, sans cela, ne voulait prendre son pain. — Nota. Il a été écrit au commissaire de police de cet arrondissement pour savoir si ce fait est parvenu à sa connaissance.
Jeanson annonce que, sur le Pont-au-Change, il y a eu un peu de rumeur à l'occasion d'un particulier qui vendait du pain de boulanger, et que ce citoyen, maltraité par plusieurs personnes, a abandonné la place. — Nota. La Commission fait surveiller cet individu. Viande. — Dans les sections des Gravilliers, du Nord, de Bondy et de l'Indivisibilité, chaque jour il y a toujours beaucoup de monde aux portes des bouchers, et beaucoup n'ont point de viande.
Il paraît, par plusieurs rapports, qu'on a saisi et fait jeter du sang fricassé ou en boudin, d'une très mauvaise qualité, qu'on exposait publiquement en vente.
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Marchés. — Les arrivages en maquereaux sont assez considérables ; ceux de fèves de marais, qui se vendent 2 livres iO sols le litron, se multiplient; les racines sont toujours rares et très chères; Baré dit qu*il n*y avait pas autant de viande qu^à Fordinaîre.
Bois. — On a compté 75 trains le long des murs de Bercy ; le bois neuf à rUe Louviers s'est vendu jusqu'à 350 livres la voie, mais la plupart des marchands le donnent à 275 livres ; ils en vendent peu ; les chantiers se remplissent.
Bourse. — Quatre inspecteurs annoncent que la baisse, qui d'abord avait été très considérable, n'existe plus que sur les inscriptions, qui se sont faites à 20 et les dernières hier à 17 p. 0/0 de bénéfice. L'or fin, de 3000 livres à 3100 livres ; l'argent en lingots, de 1200 à 1300 livres le marc.
Surveillance. — Poulet dit qu'un bruit court dans le faubourg Antoine que demain il doit bombarder [sic). Un autre bruit court qu'il existe au Comité (on ne dit pas lequel) une boîte fermée à cadenas, contenant des projets de Constitution, qui ne doivent être mis au jour sous peine de mort que ce soir à sept heures. La Commission fait surveiller ce faubourg
Lemarié dit qu'un nommé Drouet, miroitier, rue et section des Arcis, a rapporté qu'il avait entendu dire que demain, 8, il devait ^Ire ouvert dans toutes les communes de la République un paquet cacheté de cinq sceaux et ficelé en fil de fer. — Nota. La Commission instruit sur-le-champ le Comité de sûreté générale de ce propos et a envoyé chercher le nommé Drouet. . . .
Boys de Loury, Alletz.
(Arch. nat., F«« IIÏ, Seine, 16.)
Journaux.
Courrier républicain du 8 messidor : « Il y a quelque temps qu'on Taisait un crime aux jeunes gens de porter des cadenettes ou des habits carres; aujourd'hui on en veut à ceux qui portent des cravates vertes et des collets noirs. Hier au soir, au Palais-Égalité, un individu, portant Tuniforme d'adjudant général, ayant aperçu un de ces jeunes gens portant habit à collet noir, s'est permis de l'arrêter; mais, pour donner le change sur le motif de sa violence, ol mettre le public dans ses intérêts, il s'est mis à crier au voleur. Un citoyen est accouru à ce cri, et a voulu prêter main-forte au prétendu adjudant général ; mais le jeune homme, qui se défendait vigoureusement, a appliqué au nouvel assaillant un coup de poing, qui lui a fait sur-le-champ entier la ligure, en criant de son côté : A tuoi! au terroriste! au Jacobin! etc. Effectivement, une foule de jeunes gens sont accourus ; l'affaire s'est éclairée; le terrorist»; adjudant, car c'en était un effectivement, a été secoué et culbulé à son tour ;
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sans la jçardo, Thabil qu'il déshonorait par une conduilc aussi indijçne lui cûl ôté anaclu*; on no sait pas trop quel parti on lui eût fait à iui-mémc. On Fa jctô au rorps de jçardc, d'où il n'était pas oncore sorti à huit heures du soir. On a su (|uc cet honinu% qui disait avoir des ordres pour ces singulières arrestations, est le fils d'un tabellion garde-notes au ci-devant bailliage de Montou, département du Puy-de-Dôme, créé adju<lant général par Coulhon, lors de la levée en masse contre les insurgés de la Lozère, et qu'il a été destitué depuis le 9 thennidor. On ne peut croire que les Comités aient donné des ordres pour arrêter des hommes, parce qu'ils ont tel ou tel collet à leur cou ; car, si le gouvernement pensait que ces sortes de vêtements puissent nuire à l'ordre public, il les aurait fait prohiber par un décret ou au moins par une pro<'.lamation. »> — Gazette f mur aise du 8 messidor : « Les choses sont ici au même état qu'elles étaient il y a trois jours. Le change parait être le même; cependant le prix des marchandises augmente continuellement. Celui de la chandelle, par exemple, est parvenu à 30 francs la livre, et la mauvaise huile de colza se vend jusqu'à 18 et 20 francs la livre. On attend avec empressement la nouvelle Constitution, qui apportera sans doute un remède à tant <le maux. »