‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire. Recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 137 sur 141 · Voici cet arrêté, d'après le Rédacteur du 19 pluviôse · texte numérisé non relu

Voici cet arrêté, d'après le Rédacteur du 19 pluviôse

« Extrait du registre des délibérations du Directoire exécutif du 12 pluviijse an IV.

« Le Directoire exécutif, considérant que le gouvernement ne s'est vu forcé de fournir à la consommation en pain et en viande des habitants de la comnume de Paris qu'à cause de l'extinction presque totale du commerce, occasionnée par les effets naturels de la loi sur le maximum ; que, depuis qu'il a encouragé le commerce à reprendre son cours, les approvisionnements ont été faits avec plus de sûreté et d'économie; qu'ils sont aujourd'hui dans un état aussi tranquillisant pour les citoyens que pour le gouvernement ; que cependant la distribution se fait aux citoyens à si bas prix, que le Directoire exécutif ne peut la faire continuer sans compromettre les intérêts de la République et sans nuire au rétablissement de ses finances ; que le gouvernement ne doit des secours en nature qu'aux véritables indigents, mais que sa sollicitude doit se porter à fixer les regards du Corps législatif sur la malheureuse position des rentiers, et à accorder une aug' mentation de traitement aux fonctionnaires publics, aux employés et salariés par le gouvernement qui sont privés de toute ration ; considérant enfin que, si le gouvernement doit porter l'attention la plus active à rapprovisionnement d'une comnume dont la population est aussi considérable et aussi intéressante que celle de Paris, il doit en abandonner le soin au commerce, en se chargeant de surveiller la solidarité et la fidélité de ceux à qui ce soin important sera confié, en s'assurant de leurs approvisionnements et en contenant les elTets de Tavidité

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que celte classe ne soit réduite à un très petit nombre d'individus. En un mot, cette mesure économique alarme les citoyens, cause beaucoup d'inquiétude et porte la consternation dans tous les cœurs.

Agiotage. — La classe indigente se persuade que la suppression des caries va donner un aliment de plus à la cupidité de ceux qui, depuis longtemps, sont accoutumés à spéculer sur la misère publique^ et à dévorer la subsistance de tous les malheureux. On craint, dit-on, que les agioteurs ne profitent de celle circonstance extrême, pour courir les campagnes afin d'accaparer à tous prix les grains et denrées, et qu*à moins d'une taxe fixée par le gouvernement, il ne soit plus possible de se procurer le nécessaire.

Ordre public. — Il règne encore une telle divergence d'opinions sur

par des taxes souvent renouvelées et proportionnées au véritable prix des denrées, arrôte ce qui suit :

» Art. 1. La distribution de pain et de viande faite par le gouvernement aux habitants de Paris, cessera à compter du 1*' ventôse prochain.

• Art. 2. Néanmoins le gouvernement continuera de pourvoir à la subsistance des hôpitaux, des prisons et des véritables indigents.

» Art. 3. La vente du pain sera exclusivement attribuée à quatre cents boulangers de Paris et celle de la viande à cent cinquante bouchers, qui seront, les uns cl les autres, choisis par le Bureau central du canton. Ils se chargeront, chacun en ce qui le concerne, de Tapprovisionnement nécessaire à la consommation de la commune de Paris, sous la surveillance du Bureau central du canton.

» Art. 4. La vente du pain et de la viapde sera faite au prix de la taxe qui sera établie le primidi de chaque décade par le Bureau central ; cette taxe sera réglée en numéraire et en assignats, et payeible au choix du consommateur en l'un et l'autre signe.

» Art. 5. Les boulangers forains seront aussi admis à vendre du pain à Paris, les jours et aux places qui leur seront indiqués et suivant la taxe qui sera réglée.

• Art. 6. Le ministre de l'intérieur fera fournir, par les moyens les plus sûrs et les plus économiques, à l'approvisionnement de pain et de la viande destinés k la consommation des hôpitaux, des hospices et des prisons.

» Art. 7. Toutes les rations autres que celles accordées par la loi seront supprimées à compter du !•' ventôse ; elles seront remplacées par un supplément de traitement accordé à ceux qui jouissent de ces rations en exécution de dispositions particulières.

I» Art. 8. Les différents ministres présenteront dans le plus bref délai, au Directoire exécutif, Tétat des augmentations de traitement qu'il sera convenable d'accorder, tant aux fonctionnaires publics qu'aux employés et salariés dépendant de leur département.

• Art. 9. 11 sera fait par le Directoire exécutif un message au Corps législatif, à reflet de Tinviter à prendre en considération la triste situation des rentiers qui n'ont pas de ressources suffisantes pour leur existence.

>» Art. 10. Le ministre de l'intérieur et celui de la police générale de la République sont chargés de l'exécution du présent arrêté, chacun en ce qui le

concerne.

• Signé : Le Tournbir, président,

Laoarue, secrétaire général. »

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le choix des membres qui doivent composer les nouvelles municipalitôs, que nous ne pouvons en ce moment donner un résultat positif. Tout ce que nous savons en général, sur cet objet, se réduit aux observations suivantes : les uns pensent que ces places importantes sont confiées à de francs républicains, capables par leur énergie de soutenir les intérêts du peuple et d*aflrermir les principes de la Constitution. D'autres, qui ne sont pas du même avis, et c*est le plus petit nombre, persuadés que les affaires seront mal gouvernées par ces nouveaux candidats, qu'ils envisagent comme d'anciens membres de Comités révolutionnaires, d'une ignorance et d'une immoralité profondes, craignent que le public ne soit encore exposé à de nouvelles persécutions. Un observateur rapporte avoir entendu beaucoup de femmes regretter amèrement les plaisirs de l'ancien carnaval. Plusieurs agents observent que les malveillants de toutes les classes cherchent à profiter des circonstances pour semer l'alarme parmi le peuple et exciter quelques mouvements. Presque tous les observateurs s'accordent à nous dire que le public, trop occupé dans ce moment-ci d'intérêts personnels et qui les [sic) touchent sensiblement, se livre peu aux discussions de la politique. Un seul observateur déclare avoir entendu dire, dans les cafés quUi a surveillés, qu'il existe une coalition dont le but est de se refuser au payement de l'emprunt forcé. Ua autre dit avoir rencontré beaucoup de citoyens qui lui ont paru remplis de la meilleure volonté pour iacquitter cette nouvelle contribution, mais ceux-ci assuraient en même temps que la taxe exorbitante & laquelle ils étaient imposés excédait toutes leurs facultés. Un troisième agent rapporte avoir suivi hier avec attention, au café de la République, un entretien entre plusieurs particuliers qui ne lui ont pas parus disposés en faveur du gouvernement républicain. Il était question de Temprunt forcé, que Ton disait ne pas se percevoir, ni h. Paris, ni dans les départements, parce que, personne, ajoutait-on, n'aimant Tordre actuel des choses, chacun ne payait que comme contraint. Ces assertions^ continue Tobservateur, ont été contredites par des militaires. La discussion s*est traitée avec beaucoup d'honnêteté de part et d'autre; on cherchait à se convertir mutuellement; mais chacun, suivant l'usage, est resté dans son sentiment.

Spectacles, — C'est au théâtre de la République qu'éclate spécialement le patriotisme. Tous les couplets de la Marseillaise ont été chantés et applaudis, et surtout celui : Tremblez, Chouans, mot substitué à celui de tyrans. Les cris de : Bravo/ A bas les Chouans! se sont fait entendre de toutes parts. Au théâtre des Arts, il y avait un monde considérable; Tobservateur dit n'avoir remarqué aucune

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application ironique. Au théâtre de la rue Martin, Thymne à la Liberté n'a reçu d'applaudissements qu'au couplet : Tremblez^ tyrans, qui a été accueilli avec transport au milieu des cris de bravo qui se sont fait entendre de toutes parts. La strophe : Français, guerriers ma" gnanimes, a été omise. Cette omission a été remarquée aussi au théâtre de la Cité^où l'on a fortement applaudi au couplet : Tremblez, tyrans. Au théâtre de Louvois, les airs patriotiques joués avant la levée de la toile ont été peu applaudis. Lliymne : Veillons au salut de V Empire^ a été chanté entre les deux pièces ; le refrain : Tremblez^ tyrans^ a été couvert de bravos et d'applaudissements nombreux. Les théâtres des boulevards n*ont rien offert de très intéressant. Au Vaudeville, le couplet : Tremblez, tyrans, de la Marseillaise, a été applaudi avec un enthousiasme dont il y a peu d'exemples; il a été redemandé, mais inutilement, attendu l'opposition d'une autre classe de citoyens qui, de leur côté, ont vivement accueilli la strophe de la Liberté, en criant : A bas les Chouans! A Feydeau, l'hymne des Marseillais a été chanté entre les deux pièces ; les deux couplets : Fran^ çais, guerriers magnanimes, et : Tremblez, tyrans, ont été très applaudis^ notamment le dernier, qui a été répété par l'acteur, qui s'est aperçu que la plupart des spectateurs semblaient l'exiger. On a remarqué que le dernier vers commençant par ces mots : Liberté^ liberté chérie, qui ci-devant était fort accueilli par le public, n'a pas excité un seul claquement«de mains. Le Bureau central a mandé plusieurs directeurs pour savoir d'eux la raison de Tomission affectée des couplets. Ils ont répondu que ces couplets avaient été ajoutés longtemps après la publication de l'hymne des Marseillais, mais qu'Us veilleraient à ce qu'ils fussent chantés désormais.

Commerce, Pain. — Aux portes des boulangers et des bouchers de la section des Quinze* Vingts, on entend le public se plaindre très amèrement de la suspension prochaine des distributions journalières de comestibles^ ignorant encore, à ce qu'il paraît, les dernières dispo-

sitions du message du Directoire qui continue d'accorder ce secours aux indigents. Beaucoup s'écriaient qu'ils aimaient autant périr de mort violente que de se voir privés d'objets aussi indispensables, dans une circonstance où, tous les travaux arrêtés, il ne leur reste d'autres ressources que de vendre leurs effets

HOUDEYER.

(Arch. nat., AF iv, 1472, et F » » III, Seine, 18.)

Mœurs et opinions, — Quelques citoyens mal velus murmuraient beaucoup hier soir contre le gouvernement, à la lecture du journal, portant qu'au i'^' ventôse prochain la distribution du pain et de la viande cessera. Ils disaient : « Voyez déjà Taugmentation rapide de toutes les denrées. On nous promet de donner aux pauvres gratuitement, ce qui ne pourra avoir lieu à cause du trop grand nombre. Cette privation de pain et de viande va faire encore augmenter toutes les marchandises, de façon que ce sera toujours Tindigent qui payera Tamende. » Parmi toutes ces plaintes, l'ouvrier, le rentier et les gens même un peu aisés disaient que le mois prochain terminerait nos maux par les soins et la prévoyance du Directoire exécutif, <[ui ne cherche qu'à faire le bien du peuple et prospérer la République

Surveillance. — ... La Légion de police s'est transportée hier soir au café de Foy, et y a arrêté plusieurs jeunes gens de la réquisition. Plusieurs ont été arrêtés sous les galeries. Les patrouilles ont été fréquentes et ont inquiété les agioteurs

HOUDEYER.

(Arch. nat.AFiv, 1472.)

Journaux.

Gazette française du 20 pluviôse : u Avant-hier, le ci-devant Palais-Royal a été cerné une partie de la journée. Cette mesure était dirigée contre les

agioteurs, les maisons de jeu, d'autres disent contre des émigrés >»

— Courrier répubticain du 20 pluviôse : « Paris, 19 pluviôse, La chanson des Marseillais a été hier, au théâtre de la rue Feydcau, un nouveau sujet de tumulte, qui cependant n*a pas été plus loin que les cris ordinaires: Abas les Chouans, à bas les Jacobins, à bas les tyran s , dernière expression que chaquo parti applique aux chefs de celui qui lui est oi)posé. Pour éviter toute équivoque, toute application malveillante, un des chefs de la force armée qui assistent tous les jours au spectacle a fait substituer le mot Chouans au mot tyrans, expression qui ne change rien à la cadence de la versification ; mais qui no peut prêter aux mêmes applications ; aussi, au lieu des applaudissements ordinaires, on n'a entendu que des huées et des vociférations. Si on avait continué de donner exclusivement le mot de Chouans aux brigands qui assassinent, qui pillent, qui dévastent les départements de l'Ouest, certes on n'entendrait pas préférer celte dénomination odieuse dans son origine, odieuse par le brigandage de ceux à qui elle a été primitivement donnée, à celle de patriotes, d'amis do leur pays, do défonseurs des droits de l'homme ; mais dopuisqu'on ne sait parquolle fatalité ceux qu'on appelait honnêtes gens, c'eslà-diro bons et paisii)los citoyens, roroivcnt l'épilhète de Chouans, elle a" cessé

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d'dlre un outrage ; il n'est pas rare de voir dans les rues, dans les cafés, dans toutes les sociétés des hommes incapables de troubler l'ordre public, d'insulter à aucune espèce d'autorité quelle qu'elle soit, se saluer de celte manière : Bonjour, Chouan ; comment le portes- tu, Chouan? etc. C'est ainsi que, par des mesures déraisonnables, on nous fait tomber d'un extrême à l'autre, on nous précipite f e Charybde en Scylla. »

Rapport du bureau central du 20 pluviôse.

Esprit public. — Paris est calme, mais il existe une fermentation sourde.

Subsistances. — Le renchérissement excessif de toutes choses, joint à la suppression prochaine des cartes de pain et de viande, augmente de plus en plus le mécontentement public et propage les inquiétudes. Les marchands sont menacés; les malveillants s'agitent en tous les sens; les murmures éclatent; le gouvernement est injurié sans pudeur et sans ménagements; entre autres discours tenus par les ouvriers, on a remarqué ceux-ci : « 1^ Quand la Bastille a été prise, nous n'avions pas d'armes : nous marcherons de môme. » « 2* Pourvu que les hommes en place vivent et s'enrichissent, ils s'embarrassent fort peu de la misère du peuple. »

Agiotage. — On voit avec une peine extrême l'élévation considérable du prix des matières d'or et d'argent, et surtout du numéraire, qui a reçu hier un accroissement effrayant.

Ordre public. — Nous avons dit, dans notre feuille précédente, qu'il régnait une grande divergence d'opinions sur l'organisation des nouvelles municipalités. Les choses à cet égard paraissent être encore au même état. D'une part, on dit qu'elles sont composées d*hommes flétris par l'opinion publique, d'agents de Comités révolutionnaires, choisis parmi les membres du club du Panthéon, pour lesquels, diton encore, on n'aura ni respect ni confiance. On citait particulièrement un nommé Baudin, ex-vicaire de l'évéque Gobel, l'homme le plus immoral, souillé de tous les crimes, qui, dans le temps de la Terreur, a fait incarcérer un citoyen dont il a ensuite épousé la femme. D'un autre cùté, on prétendait que ces hommes prononcés pour la République donneraient le mouvement nécessaire aux affaires.

Un observateur rapporte avoir entendu dire hier, dans un cabaret de la rue de la Loi, ci-devant Richelieu, que dans les départements on avilissait d'une manière très indécente les assignats, au point que, dans les rues de la ville de Melun, on avait, le 17 courant, publiquement crié à 7 sols l'assignat de iOO francs. — Le retnfnchement du pain et de la viande trouve des apologistes ; quelques habitués des cafés prétendaient qu'on avait blessé les principes de Tégalilé en admettant les Parisiens seuls à cette faveur exclusive. D'autres observaient que cette mesure dans le temps avait été nécessaire pour soutenir les opérations de la représentation nationale, qui, sans ce moyen, si elle eût habité une autre commune, n'existerait plus depuis longtemps.

Finances, — Dans plusieurs lieux publics, où l'on s'entretenait hier de Temprunt forcé, on disait que les riches propriétaires et les agioteurs n'avaient pas encore acquitté leur contingent, et qu'on avait envoyé des avertissements à nombre de citoyens dont toute la fortune ne leur permettait pas de donner le quart de ce qu'on exigeait d'eux. Un observateur rapporte avoir appris que les inscriptions perdaient déjà 60 pour iOO ; il a aussi entendu dire que bientôt elles seraient aussi discréditées que les assignats. On désire que le gouvernement prenne les mesures nécessaires pour se faire rendre compte de la valeur réelle de l'hypothèque des assignats, et l'on dit qu'il n'y a que ce moyen de donner de la confiance aux nouvelles inscriptions.

Spectacles. — Au théâtre de la République, il n'y a eu d'autre différence entre la représentation d'hier et celle du jour précédent, si ce n*est que le couplet : Tremblez, tyrans, auquel on a substitué le mot ChouanSy a été répété au milieu des cris de bravo et d'applaudissements nombreux, nonobstant quelques oppositions. Au théâtre de la rue Louvois, l'hymne Veillons au salut de CEmpire a été applaudi, surtout le refrain commençant par ces mots : Tremblez^ tyrans

Surveillance. — Dix agioteurs, retirés dans les galeries de bois du Palais-Egalité, à cause de la pluie, ont été arrêtés hier à dix heures et demie, surpris en flagrant délit, et ont été conduits au corps de garde du poste de l'Égalité. Cette opération s'est renouvelée dans le milieu de la journée, et quinze autres ont été pris et conduits au même poste

HOUDEYKR.

(Arch. nal., AF iv, li72, et F » ^ m^ Seine, 18.)

753 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [8 février 1796]

Rapport du bureau de surveillance.

Mœurs et opinions. — On atlribue Taugmentation rapide du prix des denrées à Tarrêté du Directoire qui supprime les cartes au pain et à la viande. Des malveillants profitent de Tignorance de la classe peu fortunée pour interpréter en mal les dispositions du Directoire. On désire que celles concernantje pain et la viande soient affichées à tous les coins de rues pour rassurer tous les citoyens. Les cabarets du faubourg Marceau étaient tous remplis hier d'ouvriers de toutes les classes, qui se répandaient en murmures contre le gouvernement, disant qu*ils allaient manquer de pain et de viande. — Hier, à deux heures précises, une partie du Palais-Égalité a été cernée du côté du Perron, et tout le monde consigné. Le commissaire de police de la Butte-des-Moulins a établi un bureau au café de Chartres^ où tous les individus ont été scrupuleusement examinés ; vingt-neuf personnes, tant hommes que femmes, ont été arrêtées et interrogées ; trois femmes et quatre hommes ont été renvoyés, et les autres devant le juge de paix de la section des Tuileries; de ce nombre sont dix agioeurs, prévenus de vol, trois jeunes gens de la réquisition et sept femmes publiques, y compris la maîtresse du lieu dans lequel ils ont été arrêtés. Cette opération a fini à une heure du matin

HOUDEYER.

(Arch. nat., AF iv, 1472.)

Journaux.

Rédacteur dn 23 pluviôse : « Arrêté du 19 pluviôse an IV. Le Directoire exécutif, vu le n» 164 du journal intitulé Le Censeur des journaux, par le citoyen Gallais, rue Saint-Dominique, n» 1317; considérant que Fauteur diffame le gouvernement, et| cherche à détruire la confiance du peuple, seule garantie de Tordre et du bonheur public, en accusant les autorités d'ouvrir la porte aux délations, aux vengeances et aux inquiétudes, et en leur supposant rinlenlion de ressusciter Robespierre ; considérant qu'il outrage la nation française et encourage les ennemis extérieurs et intérieurs de' la République en affirmant que les deux tiers de la France m; haïssent les rois que sur parole ; considérant qu'il invite presque ses lecteurs à se jeter dans les bras d'un roi, en leur faisant craindre de tomber sous la main de cinq ou dix tyrans ; arrête, en vertu de l'article 145 de l'acte constitutionnel, ce qui suit : Les rédacteur et imprimeur du journal intitulé f^ Censeur des journaux seront mis en état d'arrestation, et les scellés seront apposés sur leurs papiers, pour l'examen en être fait, ainsi que la description, s'il y a lieu, par l'officier de police Tome II. 48

judiciaire de la section des Arcis, devant lequel ils seront traduits, et qui procédera, à leur égard, conformément à la loi. Le ministre de la police générale de la République est chargé de Texéculion du présent arrêté. Signé : Le Iovk- NEUR, président, Lagarde, secrétaire général. » — Voir plus loin, p. 760.

DLXIII

Rapport du bureau central du 21 pluviôse.

Esprit public. — Le calme se soutient.

Subsistances. — Les murmures du public sur la cessation prochaine des distributions journalières de pain et de viande et sur le prix effrayant de toutes choses semblent de plus en plus prendre un caractère dangereux. Les propos les moins ménagés contre le gouvernement se débitent de toutes parts, avec tout le fiel que peuvent sug* gérer la vengeance et la colère, surtout de la part des ouvriers sans travail, qui comptaient au contraire sur une augmentation dans la distribution. On conçoit également les plus grandes inquiétudes sur la manière dont les objets de première nécessité sont taxés. Un observateur rapporte que, chez un marchand de vin, rue Martin, en face du marché du ci-devant Prieuré, il y avait beaucoup de monde et surtout de femmes, qui, dans le langage qui leur est propre, débitaient les plus fortes invectives contre le Corps législatif; on s'exprimait de la manière suivante : « La belle b de République de

voleurs! Après nous avoir fait guillotiner, ils nous font mourir de faim. Encore Robespierre ne nous faisait pas languir; il ne faisait mourir que les riches; mais ceux-ci font mourir le peuple tous les jours. » Ces femmes ajoutaient que les députés avaient bien soin de se faire payer leur traitement en grains. Un autre agent annonce que, dans les cafés du Palais-Égalité qu'il a surveillés hier, on disait que le public ne pourra ajouter foi aux promesses que fait le gouvernement que lorsqu'il en ressentira les effets ; car, ajoutait-on, on a été trompé tant de fois que la confiance est perdue.

Agiotage. — On n'a vu que très peu d'hommes connus pour brocanteurs, agioteurs et marchands d'argent, hier, au Palais-Égalité.

Ordre public. — On a vu hier quelques gens masqués, que ci-devant on appelait chie-en-lit. On répand, dans ce moment-ci, beaucoup

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d'inquiétudes sur la formation d'une nouvelle compagnie de voleurs, que Ton dit très adroits et possédant le secret d'ouvrir facilement les portes. On craint qu'à l'époque de la suppression des cartes, le nombre ne s'en multiplie. — On est également inquiet de la stagnation du commerce; un des agents dit formellement, d'après ce qu'il a entendu, que l'avenir fait frémir, surtout quand on pense que le marchand ne vend pas, que l'ouvrier ne travaille plus, et que, pour surcroît de malheur, on va enlever à celui-ci les moyens d'exister. — Un observateur rapporte que, s'étant approché d'un groupe au Jardin- Égalité, il a entendu dire à des citoyens, quoiqu'ils parlassent très bas entre eux, que les municipalités n'étaient composées que des membres des anciens Comités révolutionnaires ou Jacobins, et que c'était l'ouvrage du Directoire, et on ajoutait : « D'après tout cela, vous devez juger comme les choses iront. » Un autre agent déclare expressément que le public crie beaucoup contre la plupart des individus choisis pour exercer les fonctions municipales ; on redoute leur gestion, et l'on s'attend bien que les suites en seront mauvaises.

Politique. — Un observateur rapporte qu'ayant passé hier une grande partie de la soirée dans un café, il a été témoin d*une discussion sur rétablissement prochain d'une banque nationale, et, quoique tous les habitués ne fussent pas sur tous les points du môme avis, on convenait assez généralement qu'elle pourrait être d'une très grande utilité pour faciliter la circulation du numéraire. — Hier, les habitués du café de la République faisaient la paix avec l'empereur ; ils débitaient que les Chouans avaient été battus; ils assuraient encore que la taxe des denrées de première nécessité allait produire un bon effet, et que bientôt on verrait circuler la nouvelle monnaie. Au café Valois, les avis étaient bien différents ; on y critiquait avec la plus grande sévérité les opérations du gouvernement, et on prétendait que les choses allaient au plus mal.

Spectacles, — L'affluence a été considérable hier. Le théâtre de la République a offert l'image du patriotisme le plus ardent; les airs et chants civiques ont été applaudis de tous les points de la salle avec transport, sans ironie ni applications malignes. Aux autres spectacles, à quelques oppositions près, résultantes de la diversité d'opinions, qui n'ont eu aucune suite fâcheuse, le bon ordre et la tranquillité publique n'ont pas été troublés; on a remarqué, comme à l'ordinaire, que le couplet : Tremblez^ tyrans, a été couvert d*applaudissements dérisoires par les spectateurs qui paraissent toujours opposés à Tordre des choses actuelles.

Commerce. Pain. — Les inquiétudes du public s'accroissent de jour

[la HtnoÊM iTfq Dmcroos executif

6D jovr : « Qa'alkni-aoaB detcnr, si Tod nous Ate le pain et la ▼ûuide? CoflUMil 7 supplécrm-l-cMi? Qoei «en le prix des denrées?» Teb sont les diicwirs qve Ton entend aux portes des boolangen. D'antres dtojeni, pins Tiolaits, s^exhalent en iiyures eontre le goufcrnement éi semMent ^onfcwr inspirer des orainles pour la suite

HOUDBTBB.

(Aich. Btf.» AT ir, 1412, et F> « m, Sciae, 18.)

BArronr nu scnnAu ns suitiolakce.

Mœun ei ojnmimu.'^ Des tfiurmnres assez Tifs se sont fait entendre hier et ce matin, dans les groupes qui se forment aux portes des boulangers el boucliers du XD* arrondissement au sujet de la suppression des cartes de pain et de Tiande. — Des ouvriers disaient à la Halle : « Comment pourrons-nous acheter du pain à 40 livres la livre? Nous sommes la miyeure partie du temps sans ouvrage. On veut donc nous flaire soulever. » «^ Des ouvriers du faubourg Antoine disaient, en parlant des cartes au pain et à la viande, que si on leur ôtait les moyens de subsistances, ils sauraient bien Caire comme en 89, où ib n'avaient pas de fusils. « Mais, disaient-ils par observation, le Directoire est formé de bons patriotes qui ne nous laisseront pas chô« mer >

HOUDETER.

(Arch. nat., AFiv, !472.*,

Journaux.

Censeur du 20 {iluviùsc : « .trnVre-dii/, organiser, hécatombisles, mois nouveaux, mote souvent employés, mois dignes de Panlalon-Phébiis, mais à qui tous les efforts des modernes néologues ne paniendront point à donner le droit de )>ourgeoisie, comme a dit un de nos amis. >»

Rapport du bureau central du 22 plu\iose.

Esprit public. — Paris a conservé pendant la journée d*hier la même apparence de tranquillité que les jours précédents.

757 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [10 février 1796]

Subsistances, — Cette partie importante nous parait, en ce moment plus que jamais, de nature à fixer toute l'attention du gouvernement. L'inquiétude se propagé; les incertitudes sur la suppression des distributions journalières du pain et de la viande, ainsi que sur la taxe de ces denrées de première nécessité, agitent tous les esprits ; les murmures se reproduisent sans cesse. Tel est le résultat des rapports de la surveillance.

Agiotage. — Nous remarquons encore, par ces mêmes rapports, que ce trafic infâme et dévorant, quoique moins apparent aux Palais et Jardin Egalité que ces jours passés, ne discontinue cependant pas. Cette observation nous conduit à en faire une autre non moins véridique : elle est depuis longtemps dans le cœur et dans la bouche de tous les bons citoyens, qui ne dissimulent pas leur indignation à la vue de Taccroissement rapide que reçoit chaque jour à la Bourse le prix des valeurs métalliques. La diflTérence du numéraire, comparé avec le papier, est en ce moment hors de toute proportion, et, pour peu que le premier s'élève encore, on craint que le second ne soit absolument sans crédit et presque sans valeur.

Ordre public. — Le bruit se répand que les patriotes se disposent à célébrer une fête, décadi prochain, 30 pluviôse, à la ci-devant église Notre-Dame, et que, dans les départements, la même cérémonie doit avoir également lieu. L'agent de police qui rapporte cette nouvelle, vraie ou fausse, ne nous fait point connaître les motifs ni l'objet de cette fête. — L'établissement d'une banque nationale, confiée à des étrangers, faisait hier la matière des entretiens entre les habitués du café de Chartres, où Ton disait que les banquiers s'étaient engagés envers le gouvernement de lui fournir par mois 50 millions de numéraire, moyennant la cession qui leur serait faite d'une partie des forêts nationales et du château Trompette de Bordeaux. Les uns regardaient ce projet comme très utile pour opérer [de] plus en plus le retirement d'une grande masse d'assignats. D'autres regardaient comme très dangereux et fort impolitique de donner à des étrangers une prépondérance aussi considérable. Trois observateurs rapportent que le public prend très peu de confiance dans les membres choisis pour composer les nouvelles municipalités, et qu'il manifeste ses regrets de ce que ces fonctions n'aient pas été acceptées par des hommes probes et paisibles. Un autre observateur rapporte avoir entendu dire, aux cafés de Foy, Chartres et autres, que le Directoire ne doit faire cesser les distributions de pain et de viande que pour exciter un mouvement à la faveur duquel on se défera des membres qui déplaisent dans les deux Conseils. Enfin, du rapport d'un de

[10 FKVRiER 1796] DIRECTOIRE EXÉCUTIF 758

agents de police, présent aux entretiens que tenaient entre eux des citoyens au café de la République, il résulte que les esprits étaient très échauffés contre le gouvernement, et que Ton y disait que, si le pain était taxé trop chèrement, il éclaterait un plan de conspiration, dont le mot d'ordre, écrit au chapeau des principaux factieux, servirait de point de ralliement, et qu'il serait conçu en ces termes : Peuple^ lève-toi^ il est temps/ Du pain ou la mort l

Politique. — Un observateur rapporte que, dans les cafés qu'il a surveillés, on s y entretenait de la guerre de la Vendée. Plusieurs citoyens assuraient avoir reçu des lettres particulières de ce pays-là, qui annonçaient l'invasion des Chouans sur notre territoire. On attribuait aux progrès de ces féroces ennemis de la République la hausse subite du louis.

Finances. — On dit dans le public qu'il est de l'intérêt et de la politique du gouvernement de soutenir le numéraire à un taux très élevé pour retirer de plus grands avantages de l'emprunt forcé. Grand nombre de citoyens sont persuadés que, si les diverses professions étaient réunies en corporations, la police se ferait beaucoup plus facilement, et que Ton aurait beaucoup moins de peine à asseoir rimposilion.

Spectacles. — Au théâtre Feydeau, le refrain Veillons au salut de VEmpire a reçu, comme de coutume, beaucoup d'applaudissements ironiques de la part des jeunes gens placés à l'orchestre. Un militaire, qui était au parquet, a crié : A bas les Chouans/ Une lutte allait s'engager, mais le calme s'est rétabli au moment où l'acteur a paru sur la scène pour la seconde pièce. Au théâtre de la République la substitution des mots : Tremblez^ C/iouans! à ceux : Tremblez, tyrans^ a été accueillie par les applaudissements les plus vifs et aux cris répétés des bravos; on a demandé bis. L'observateur qui surveillait ce théâtre rapporte, à cette occasion, un fait particulier; il dit qu'un gendarme s'étant opposé à ce que le couplet soit répété, on lui observa qu'il n'avait pas le droit d'empêcher le public de manifester son vœu, à quoi il répondit, avec un ton très cavalier, que cela ne lui faisait pas plaisir, et proposa le cartel au citoyen qui s'était permis de faire ces observations; ils sortirent l'un et l'autre. L'observateur, n'ayant pu quitter son poste, ignore le résultat de la querelle. Tous les autres théâtres n'offrent rien de bien intéressant. On y a remarqué, comme à l'ordinaire, que les royalistes et les frondeurs actuels saisissent toujours avec une espèce de délire tous les passages qui peuvent prêter aux applications contre ce qu'ils appellent aujourd'hui la tyrannie.

•739 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [10 février 1796]

Commerce, Pain. — L'on ne s*entretient toujours que de Tarrêté du Directoire qui supprime pour le mois prochain les distributions de pain et de viande, et chacun se communique ses craintes et ses inquiétudes à cet égard

Viande, — Les bouchers sont pour la plupart fort arriérés, et c'est principalement à leurs portes qu'un grand nombre de citoyens, aigris d'être déjà plusieurs jours de suite frustrés de leur portion, après avoir attendu longtemps, manifestent leur mécontentement par les propos les plus indécents et les plus aviHssants contre les autorités constituées

Marchés, — Toutes les denrées sont encore augmentées de prix ; les bottes de carottes et de navets se sont vendues jusqu'à 32 livres, et les pommes de terre, dont il arriva deux voilures foraines, étaient à 140 et 210 livres le boisseau

Maisoxcelle.

(Arch. nat., AFiv, 1472, et F * <^ III, Seine, 18.)

Rapport du bureau de surveillance.

Mœurs et opinions, — Des marcandiers de la commune deBelleville disaient ce matin, aux halles, que l'arrêté du Directoire exécutif qui iixc le nombre des bouchers à cent cinquante était un acheminement au rétablissement des maîtrises, et que, sous six mois, on reverrait les jurandes et les rentrées rétablies. — Les gens de campagne refusent d'apporter des pommes de terre à Paris, dans l'espérance de les vendre plus cher la décade prochaine, au moment de la suppression des cartes au pain et de viande. — La majeure partie des ouvriers a travaillé hier, décadi, jusqu'à cinq heures ; ils ont quitté leurs travaux pour se réjouir et chômer le Mardi-Gras. L'on se réjouit partout de la chasse que l'on fait aux agioteurs : quarante-cinq ont encore été arrêtés hier, tant hommes que femmes, qui ont été bien examinés et dont on a pris les noms et demeures. Sept seulement ont été envoyés devant le juge de paix de la section des Tuileries. La chasse va recommencer aujourd'hui. Le Bureau central apprend à l'instant que cinquanle agioteurs ont été arrêtés aujourd'hui au Palais-Egalité. De ce nombre est un commis de la Trésorerie. — Cinq particuliers, qui ont cherché à exciter une révolte, ont également été arrêtés

Houdeyer.

(Arch. nat., AFiv, 1472.)

Journaux.

Courrier républicain du 22 pluviôse : « On continue de donner chasse aux agioteurs dans les divers coins du Palais-Royal où ils se réunissent. On en arrête plusieurs, et, par la même occasion, on se saisit de jeunes gens de la première réquisition qui se trouvent dans les galeries ou les cafés. Les filles publiques sont aussi pourchassées; mais, malgré Tactivité des recherches et la sévérité des arrestations, les filles et les agioteurs re|)araissent un instant après la battue et reprennent chacun leurs opérations. La seule différence qu'on remarque dans la conduite de ces misérables, c'est que les filles vous proposent le cartel un peu plus bas, et que les agioteurs vendent leurs effets un peu plus cher. Ceux des étrangers qui ont vu cette superbe promenade avant ou même pendant les premiers temps de la Révolution, ne la reconnaîtraient plus aujourd'hui. C'est bien le plus hideux cloaque qu'il est possible d'imaginer. On n'y rencontre que des soldats et des filles, des agioteurs et des voleurs, qui n'attendent pas les ténèbres de la nuit pour piller les boutiques. On a hier dévalisé entièrement celle d'un bijoutier sous les arcades de bois; il n'était encore que neuf heures du soir. Voilà les Chouans que la police devrait poursuivre, au lieu de tourmenter par des chansons ceux qui vont se délasser de leurs fatigues, oublier un instant leurs soucis dans nos spectacles. — Le mot tyrans dans l'hymne des Marseillais fournissant aux malveillants le moyen des applications indécentes qu'on applaudissait avec un enthousiasme qui tient de la fureur, on a jugé à propos de substituer le mot Chouans, La première fois ({ue cette correction a été entendue, les uns ont applaudi, les autres ont hué. Aujourd'hui tout le monde applaudit, mais en riant, et on demande l'auteur. Tous ces moyens de chansons sont usés, et sont tout au plus un sujet de discorde ; il n'y on a plus qu'un j)0ur nous faire agir, c'est do nous prendre par notre intérôt. » — Le Censeur du 22 pluviôse prétend que (iallais, arrêté par ordre du Directoire, au lieu d'être traduit devant le juge de paix de sa section, Ta été devant celui de la section des Arcis, qui cumule avec ce poste celui de commis du ministre de la police ; de sorte que l'interrogatoire a eu lieu au ministère mémo. Il considère cette marche comme contraire à la Constitution et rappelle qu'en 1792 on a protesté contre l'instruction faite aux Tuileries parles juges de paix sur les faits du 20 juin.

Ce journal rapporte ensuite l'arrêté du Directoire du 19 pluviôse, qui ordonne la mise en état d'arrostation du rédacteur et de l'imprimeur du journal le Censeur des journaux \

Puis il donne rarrèté suivant du Hureau central : « En exécution do l'arrélé ci-dessus, Pasté, ex-officier de paix, est invité de se transporter au bureau du journal //,• Censeur, assisté d'un ooniuiissaire de police, et do procéder à Farrestation du rédacteur et de l'iniprimcur de ce journal, et d'examiner leurs papiers, (jui auront été mis sous les scellés. 19 j)luviôse. Sitjnr ; Han-

NOCgUE-GuÉHlN. »

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