CDXXVI 3 VENDÉMIAIRE AN IV (25 SEPTEMBRE
Rapport du 4 vendémiaire.
Esprit public. — Des rapports du jour il résulte que Paris a et ealme hier, et que ce n'est qu'au seul Jardin-Égalité où il y a ui mouvement assez violent, dont la commotion a retenti dans les sec tions et a donné lieu à des arrêtés et à des députations fréquentes e successives.
Sections, — Plusieurs assemblées primaires sont restées perma sentes la nuit dernière.
Sur le rapport fait à la section de TUnité que la gendarmerie aval tiré sur les citoyens, on a proposé de battre la générale, mais la sa gesse du président a fait écarter cette mesure. Un orateur a encor proposé la suppression de la gendarmerie de la haute police, comm dangereuse à la liberté ; on n'a rien décidé à cet égard.
La section de THomme-Armé s'est prononcée hier avec beaucou de force contre la réélection des deux tiers; les propos les plus inji rieux se sont tenus contre le gouvernement actuel, taxé d'appesanti sur le peuple le joug le plus lyrannique.
La section du Temple a reçu hier beaucoup de députations, dor les commissaires étaient porteurs d'arrêtés tendant à regarde eomme non-avenue la loi qui dit que la majorité du peuple françai a accepté les décrets des 5 et 13 fructidor; l'assemblée y a formel lement adhéré et a arrêté que, pour en prévenir authentiquemen tous les citoyens, elle ferait faire aujourd'hui, dans Tétendue de la dite section, la proclamation de Tacte crmstitutionnel et du rejet de deux tiers.
Subsistances» — Même indignation du public sur le prix révoltai! et toujours croissant de toutes les denrées et marchandises, et à c( égard les propos les plus injurieux se font toujours entendre conti le gouvernement, accusé d'insouciance, de mauvaise foi et de ci pidité.
Partie politique. Groupes. — La lutte entre les partis oppose devient plus vive que jamais, et toujours à l'occasion des décrets d(
213 RÉACTION THERMIDORIENNE [25 septembre 1795]
5 et i3 et de tout ce qui est la suite. Les citoyens, dans les groupes du dehors, ne paraissent pas partager Topinion des jeunes gens et des autres citoyens réunis dans leurs sections respectives.
La rixe survenue hier au Palais-Ëgalité, semblable à une étincelle, a failli allumer le feu de la guerre civile. D'après les observations que nous avons pu recueillir dans les rapports des inspecteurs, les uns disent que les jeunes gens ont été les provocateurs; d'autres, que rémeute a commencé par Timprudence d'un chef de patrouille qui a fait mettre la troupe en bataille et Ta fait marcher au pas de charge. Quoiqu'il soit bien constant qu'il y ait eu des coups de pistolet et fusils tirés, nous ne voyons pas que personne ait été victime da combat.
Nous répétons que l'esprit public est très divisé ; les opinions sont partagées et soutenues de part et d'autre avec cette animosité qui caractérise la fureur des partis. Quelques inspecteurs rapportent que la masse des bons citoyens est disposée à soutenir de tout son pouvoir la Convention et à lui faire un rempart de leurs corps. D'autres annoncent que la majorité parait se prononcer contre la Convention, que Ton accuse de favoriser les terroristes, que les esprits sont tellement aigris qu'il y a toujours à craindre pour les représentants.
On dit encore que ceux qui excitent les troubles au Palais -Égalité sont également royalistes et terroristes, dont les factions, quoique très opposées, cherchent, chacune dans leur sens, à tirer parti de J anarchie et parvenir au but qu'elles se proposent en prenant la même voie.
^'i assure que les sections de Paris ont pris des arrêtés portant Çûil serait fourni deux hommes par compagnie à l'efTet de faire des Palrouilles fréquentes pour maintenir le bon ordre et dissiper tous '^s groupes.
J^^ Publie ne voit pas de bon œil les grenadiers de la Convention -immi^gçp de faire la police au Jardin- Égalité.
A" i*^pporl de quelques inspecteurs, les décrets des 5 et 13 fruc- /. Quoique acceptés par la majorité, ne sont pas regardés comme ^'sd^ l'Etat par les sections, qui doivent recommander à leurs élec- ^"J^ fie ne pas s'y conformer.
y^ inspecteur, particulièrement, rapporte que, vers minuit, on
^^*^ ^ans la rue Honoré que la Convention était à l'agonie, et qu'elle
* ^ ^ns le plus grand embarras pour rendre ses comptes.
^^^5. — Un inspecteur rapporte qu'à celui de Feydeau et autres
^ disait qu'au Jardin-Égalité, les jeunes gens s'étaient promenés
*^ vint sous le bras, chantant le Réveil da peuple et criant : A bas