OME II
les deux-tiers et vivent les sections/ que la troupe soldée qui y faisait patrouille fut obligée de se former en bataillon carré pour passer, qu'il y avait une autre patrouille, qui partout réunissait les applau* dissements, tandis qu*on insultait à celle du camp ; que, vers les huit heures du soir, il arriva un détachement des grenadiers de la Convention, et qu'une demi-heure après, on entendit des coups de fusil et crier aux armes, avec ces mots : La garde de la Convention tire sur le peuple^ et que le bruit s'en répandit aussitôt dans les rues environnantes. Le même inspecteur ajoute que, de tous côtés, on insulte ceux qui parlent en faveur de la Convention.
Spectacles. — Les spectacles de la rue Favart, Feydeau, de la République et du Vaudeville n'ont été qu'interrompus par la brusque arrivée de jeunes gens qui sont venus annoncer que la Convention venait de faire arrêter trois de leurs frères ; mais, sur la demande du public, ou a continué de jouer les pièces jusqu'à la fin.
Au théâtre de la République, l'acteur Talma a été traité de Jacobin par un particulier qui s'est évadé.
A celui du Vaudeville, deux couplets du Réveil du peuple ont été chantés par les citoyens, aux cris de Vive la République! A bas les deux-tiers/
Le théâtre des Variétés, Jardin-Ëgalité, est le seul que Ton ait fait fermer au milieu du spectacle, sous prétexte que l'on arrêtait les
jeunes gens
Hannocque-Guérin.
(Arch. nat., AF ii, 140.)
Journaux.
Gazette française du 4 vendémiaire : « Les Comités civils des sections avaient reçu ordre du Comité de sûreté générale de faire réarmer les terroristes. Ils en ont référé aux assemblées primaires, qui leur ont défendu d'obéir. »> — Messager du soir du 3 vendémiaire : « Aux représentants du peuple partisans des deux tiers :
Heureux sauveurs de la patrie, Le peuple, malgré votre zèle.
Sénateurs du peuple français, Ingrat et de mauvaise foi,
Eh quoi ! l'affreuse calomnie A ses commis devient rebelle,
Contre vous aiguise ses traits. Et prétend leur faire la loi. En vain vous prenez pour égide
Et vos talents et vos vertus, ^^^^ fûtes, dit-il, les complices
Par un accord lâche et perfide, ^" P^"' ^*il de tous les tyrans ;
Hélas!... personne n'y croit plus. Devant ses funestes caprices.
Esclaves, vous étiez tremblants ;
Quand vous -mrme, de votre ouvrage Vous frappez enfin la victime ;
Voulant assurer les desseins, Jour tardif! jour consolateur! '
Vous commandez, pleins de courage. Mais la main qui ferme l'abîme
Qu'on laisse le sceptre en vos mains, Creusa seule sa profondeur.
RÉACTION THERMIDORIENNE [26 septembre 1795]
leur haine impie Le vaisseau qu'un trop long voyage
incs clameurs ; Menaça d'un horrible sort
ploire et la vie, Redoute encore le naufrage,
leurs fureurs : Quand il est prôt d entrer au port;
mt vos têtes, Son timon alors se confie
vos remets, Aux mains d'un pilote nouveau ;
* les tempêtes : Que plutôt la mer en furie
Jeront la paix. Engloutisse votre vaisseau.
CDXXVII
Rapport du 5 vendémiaire.
lie. — Hier Paris a été beaucoup plus calme que la n'avons que peu d'observations sur les séances des asmaires.
— En général les inspecteurs annoncent que toutes les istent à protester contre les décrets des 5 et 13 fructidor, it avec indignation le sanctuaire des lois entouré de ces illés de meurtres et dont les mains dégouttent encore du ont versé. A cet égard, on sait que quelques-unes d'elles arrêter leurs terroristes et que plusieurs se proposent de néraes mesures.
îcteurs annoncent avoir entendu dire que quatre memlité de sûreté générale avaient envoyé leur démission, ils ne voulaient pas participer aux crimes qu'on voulait nmetlre.
vement récrié, à la section de l'Unité, contre la procla- -sée par la Convention aux Parisiens *. L'inspecteur qui )mpte de ce fait rapporte que le nommé Chauveau de monté à la tribune et a dit que Ton avait Injustement habitants de Paris, qu'il fallait faire connaître à toute la >ien cette indigne production était mensongère et calomproposé de rédiger, conjointement avec les quarante-sept ms, une rédaction tendant à faire connaître à toute la reté des intentions des Parisiens et de s'engager sur la
le la proclamation de la Convention, en date du 3 vendémiaire, X Parisiens amis de la Liberté et de la République ». On en trouans le Moniteur^ réimpression, t. XXVI, p. 53, (Cf. Zivy, p. 37.)
[26 SEPTEMBRE 1795] RÉACTION THERMIDORIENNE î
foi (lu serment de prendre sous la responsabilité desdites sections Convention en masse et ses membres en particulier, et que, d'ap cette mesure, dictée par la prudence, s'il arrivait, comme sera Tannoncer la proclamation, le moindre événement aux habitants Paris, la Convention deviendrait elle-même responsable de toutes calamités, qui ne pourraient être raisonnablement attribuées qu*À c seule. En conséquence, il a été pris un arrêté, lequel doit être co muniqué aujourd'hui aux autres sections.
Subsistances. — Comme de coutume, les gémissements et les mi mures se font entendre de toutes parts relativement à la cherté rév tante de toutes choses ; la mesure est comble et la misère extrên
Partie politique. Groupes. — Au dire de la majeure partie ( inspecteurs, hier les citoyens réunis en groupes au Jardin nalioi et aux carrés Denis et Martin prenaient très hautement le parti de Convention contre les sections ; on y blâmait avec force la condv que les jeunes gens avaient tenue au Palais-Égalité; un inspect( observe qu'au Jardin national, principalement, les principes jacobi y étaient plus ouvertement professés qu'ailleurs.
Cet esprit, comme nous l'avons déjà observé, n'est pas à beauco près le même qui règne dans les sections, où les citoyens qui s'y r semblent prêchent une doctrine absolument opposée. La Couvent y est peinte avec les plus noires couleurs; elle est accusée de lyranr on y déclare encore qu'elle ne cherche à perpétuer ses pouvoirs * pour appesantir le joug le plus odieux.
Tel est l'esprit du jour. Les gens paisibles sont très affligés craignent les suites de cette lutte, dont les caractères se prononc de plus en plus.
Cafés. — Il résulte du rapport de. . . . * inspecteur, d'après la co vorsation dont il a été témoin au café des Arts et autres, que I esprits paraissent très échauffés contre la Convention ; on y assure qu'il est absolument faux que les départements aient accepté à majorité les décrets des 5 et 13 fructidor. On y disait encore que proclamation faite au nom de la Convention n'avait pas été favor blcment accueillie par les assistants, qui se sont permis des invt tives contre la force année qui accompagnait le cortège. Enfin < excusait la conduite des jeunes gens, motivée sur la crainte qii' conçoivent d*un rétablissement de la Terreur.
Spectacles, — Aucun fait particulier contre le bon ordre et la Ira quillité.