‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire. Recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 53 sur 141 · Tome II · texte numérisé non relu

Tome II

section de son arrêté, qui déclare attentatoire à la souveraînté nal nale le décret qui fixe la fermeture des assemblées primaires ^ menace de la générale et de la force armée Tautorité qui fe! arrêter un président ou un secrétaire, même un membre de Tassi biée primaire. On allait adhérer à cet arrêté, lorsqu'un citoyei demandé que, si cet arrêté était pris, chaque adhérent fût tenu d« signer. Nul n*a répliqué; on a demandé Tordre du jour, et la séa s*est levée sans rien décider.

Autre trait de courage, les électeurs réunis à la Comédie-Françai à neuf heures du soir, ont demandé au président de la section Peletier une forte garde ; rassemblée a décidé que vingt grenadi< vingt chasseurs et dix hommes de compagnies franches composerai cette forte garde. Le président a invité les citoyens à aller pren leurs armes pour former l'armée électorale ; les citoyens sont so en grand nombre, et peu sont revenus. La marche guerrière de a armée est sur Tair : Va-t'en voir s'ils viennent, Jean.

Suksistanees. — Cherté excessive des denrées de première nécé site, longs murmures et désespoir ; un rapport porte que Ton pai beaucoup de {)illage, et que l'on craint que le pauvre ne se porte quelques excès.

Groupes. — Des jeunes gens et quelques femmes applaudissent la coniéilie des électeurs ; les gens sensés, les bons citoyens blâme cette conduite et voient avec douleur qu*un grand nombre < citoyens sont encore la dupe des fripons et des intrigants, qui o abusé les sections.

La conduite de la Convention est approuvée, et si, malheureu? ment, il en fallait venir à un coup décisif, le parti électoral, re forcé même des Chouans, des journalistes, des belles dames et d queues retnnissées, n'aurait pas le dessus. Tel est le résultat d opinions recueillies dans les divers groupes. Le Jardin-Égalité et s envin^ns ont été tranquilles, même les environs du Théàlre-França les groupes dos |x>rtes Martinet Denis, compi>sés en paKie d*artisai sont tous portes pour la Convention, et leur opinion serait plus pi nonooo encore, si la cherté des denrées, du bois, du charbon venait les attrister.

Sf>ec:i7cU$. — Us ont tous été tranquilles : le b-jn ordre y a observe : quelques pn^pos lAi hês dans les couloirs du Vaudeville j dos jeiînes polissons ne peuvent occujvr l'attention du gouvert mont : le mépris dont les sacos les couvrant en est la punition.

L Voir ic .V*in,:<'fc-, wimpre«àoa* t. XXVI. p, tl4.

291 RÉACTION THERMIDORIENNE [3 octobre 1795]

Surveillance. — Hier, après-midi, entre quatre et cinq heures, la section des Quinze- Vingts a envoyé au Palais-Égalité un fort détachement, composé de garde nationale de son arrondissement, à l'effet de se joindre à la troupe de ligne et de renverser les projets des malveillants

Commerce, Pain. — Si Ton dit que les distributions sont parfaitement tranquilles, on doit entendre par là que chacun reçoit sans murmurer, et dans Tordre établi, la portion de pain qui lui revient ; mais les rassemblements, dont les mêmes distributions sont l'occasion, ne sont rien moins que paisibles ; on n y entend de tout côté que plaintes amères, échappées du désespoir contre la cherté des subsistances, les marchands et les accapareurs, et plus encore des plaintes à ce sujet contre le gouvernement. Les rapports ne dénoncent aucune contravention.

Marchés. — Il y a eu très peu de pommes de terre et beaucoup de personnes y prétendaient; ceux qui n'ont pu s*en procurer se sont jetés sur les racines. Lesdites pommes de terre se sont vendues 55 livres le boisseau. Le carreau de la viande fut le plus abondamment pourvu. Le nombre des voitures d'approvisionnements arrivées aux différents carreaux les il et 12 de ce mois se monte à 659.

Bourse. — Inscriptions à 15 1/2, 15 1/4, 15, 16, 15 1/2 p. 0/0 de bénéfice.

Change. — Hambourg : 7,600; Livourne : 4,300; Gênes : 4,100; Bâle : 2 1/4; Amsterdam : i 3/8 à 5/16; or fin : 4,900; argent lingot : 3,300.

HOUDEYER.

(Arch. nat., AF ii, 140.)

Voici trois bulletins (Arch. nat., AFii, 52), qui donnent des renseignements Sur les péripéties de celte journée : i^ « Comité de sûreté générale, seclUm €ie la police de Paris, It vendémiaire an IV, trois heures et demie. — La séance de la section du Théâtre-Français vient d'être levée et s'est ajournée à cinq heures du soir, fi n'y a eu que quinze sections qui aient envoyé jusqu'à ce moment des électeurs. Des commissaires sont nommés pour parcourir de nouveau les autres sections à l'effet de les stimuler d'envoyer leurs électeurs, ïiévée, le président, a proposé de placer les électeurs aux premières loges, ce qui a été adopté. On obser\c que cette assemblée, non compris les quatrevingts électeurs environ, n'était pas composée de cent personnes. Le président (le la section des Tuileries est venu demander une conférence pour savoir quel genre de pouvoir il est nécessaire de donner aux électeurs. Fiévée a fait, à l'ouverture de la séance, un discours dans lequel on a remarqué cette phrase : « Comment peut-on penser à rétablir la monarchie ? Ce gouverne-

ment est usé ; ceux qui le tenteraient ne réussiraient qu'à établir la gucivile. » Et cependant la conclusion de ce discours a été de ne plus reo» naître la Convention ni comme Corps législatif, ni comme gouvernement» Qi^ a ajourné à la séance du soir à délibérer sur Tadoption de cette dernière p»*c>position. Plusieurs sergents-majors ont donné leur démission pour ne pas ol>^i|. aux ordres de la section, en ce qui peut concerner la force armée. Tout c^st calme au Palais-Égalité en ce moment. » — 2*» « Comité de sûreté génércÊri^^ section de police, 11 vendémiaire an IV, deux heures. — Lebois, vice-pj sident du tribunal criminel, préside en ce moment l'assemblée des électeur il a fait prendre un arrêté portant que la Convention n'est plus rien et qu'e^H^ n'est qu'une autorité simplement administrative. Nicole et Riche, qui ne s^ pas de la section du Théâtre-Français, et qui ont intrigué pour se faire no mer électeurs par elle, font autant de mal que Lebois. L'ex-duc de Niv< nois, électeur, a déclaré que c'était malgré lui qu'il allait à l'assemblée; L ajouté (ju'on le conduisait à la mort. » — 3° « Rapport des officiers de pai 11 vendémiaire an IV. — Nous arrivons de parcourir les sections de Bnili du Mail, de Le Peletier et de la Butle-des-Moulins. La tranquillité la plus p£ faite règne extérieurement. Point de force armée dans leur enceinte, si n'est à la Maison-Égalité, où il y a un détachement de deux cents homme Dans rintérieur de l'assemblée de la Butte-des-Moulins l'on v entend bea coup de confusion. — Range, Guérin, Crément. » — 4® « Rapport certa à une heure. La réunion des électeurs à la section du Théâtre-Français s'élè*^ ' à soixante ou quatre-vingts personnes. Ils ne font rien. Les électeurs adra^: sont des sections des Arcis, l'Arsenal, les Champs-Elysées, Le Peletier, Fo taine-de-Grenelle, Rrutus. Des commissaires de la section Le Peletier venus demander si la majorité des sections avait envoyé leurs électeurs. Gel question a jeté le plus grand trouble dans l'assemblée ; on l'a trouvée fc indiscrète, et l'on commençait déjà à rejeter sur la section du Théàlre-Fn çais la fausse démarche de la convocation du corps électoral, et celle-ci la section Le Peletier. Ce prétendu corj)s électoral paraît fort embarrassé. » ^^

Journaux.

Courrier républicain du 12 vendémiaire : « Du H vendémiaire, — ÏL.c's soldats du corps ont renversé les barrières dont on les avait environnés ; l^z^*"^" qu'on a fait des plaintes sur leur conduite, ils ont répondu qu'ils ne voula*^^*'^ pas être marqués comme des moutons ; lorsqu'on les a sondés pour sa.^^*^"* s'ils étaient décidés à se battre, ils ont répondu : « Oui, contre les ennemie ^^ « la République, mais non pas contre les Parisiens. » Tout cela expliquo ^^ ordres donnés de faire approcher de Paris l'armée de Saint-Omer, com[>o«*^c en grande partie de Liégeois et de Brabançons. » — Courrier français ^^ 13 vendémiaire : « Xouvelles de Paris, // vendémiaire, — Tout prend ^"" tour de nous un appareil de guerre. De nouvelles troupes entrent d'un iDsl-^°^ à l'autre. La Convention nationale est hérissée de baïonnettes et de cano *^- Les hommes désarmés ont reçu des armes. Les sections sont en permancr»- ^^• Les électeurs de plusieurs sections se sont réunis hier au Théàtre-FranÇ^ '^ » leur séance a été prolongée assez avant dans la nuit. A deux heures, les ^' présentants chargés de la force armée se sont mis à la tête de deux r»"»'^'^

293 RÉACTION THERMIDORIENNE [4 octobre 1795]

homnaes, pour exécuter le décret qui ordonne la fermeture du corps électoral; ils n'ont trouvé personne. Ils ont pris la sonnette du président et quelques papiers. La veille, la proclamation de la Convention avait été accueillie par des huées. — Messager du soir du 11 vendémiaire : « La réunion de tous les purtis :

Si... ' à tous les partis commande en souveraine ; Toutes les factions assistent à sa cour ; Chez elle on voit s'assembler, nuit et jour, Le Ventre, le Marais, la Montagne et la Plaine ; Le matin, clandestinement.

Elle reçoit royaliste et feuillant ;

Puis, à diner, sans craindre qu'on la fraude,

Elle reçoit messieurs les gouvernants ; Lorsqu'on vient à sabler le Champagne à la ronde.

Arrivent les indépendants ; Elle admet au dessert messieurs de la Gironde ;

Lorsque Ton sert le thé, des louvetains EUe reçoit la troupe immonde ; Au souper sont reçus messieurs les Jacobins, Le soir, les Montagnards, et la nuit tout le monde. »

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