‹ Paris pendant la réaction thermidorienne et sous le Directoire. Recueil de documents pour l'histoire de l'esprit public à ParisChapitre 55 sur 141 · M- de StaëL · texte numérisé non relu

M- de StaëL

taine-de-Grenelle, les citoyens Quatremère et Mevolon ont dit qu'on avait voulu faire marcher le camp sur Paris, mais que les soldats s*y étaient refusés. Un représentant du peuple annonce en ce moment qu'on témoigne dans un groupe, rue Neuve-des-Petits-Champs, près la Trésorerie nationale, d'avoir rendu les canons. Il a été observé qu'en un tour de main on pouvait s'en procurer; il parait qu'il s'agissait de ceux qui peuvent être à la Trésorerie. Avis qu'il peut être important de ne pas négliger. » — 4° « Section du Muséum. L'assemblée a terminé la nomination de ses électeurs, au nombre de seize, qui n'ont point communiqué avec les autres. Elle est fermée. Cet après-midi, on trouvait mauvais dans quelques groupes que la Convention eût réarmé les terroristes. » — 5® « On a battu la caisse sur les quatre heures et demie et invité tous les citoyens de se rendre à l'assemblée générale. On a annoncé que ceux qui ne s'y rendraient pas seraient responsables des événements qui pourraient arriver. » — 6® « Section du Théâtre-Français, sLx heures du soir. On y bat un rappel redoublé pour qu'on se rende sur le terrain en armes et dans le lieu des séances; les électeurs en grand nombre y sont tous armés, et l'on dit qu'ils sont décidés à mourir plutôt que de céder. Les citoyens ne montrent pas beaucoup d'empressement à aller chercher leurs armes. Les citoyens voient avec peine qu'on ait armé beaucoup de terroristes, tels que Loyer, Brochet, Peyre et quelques autres. » — 1^ « Les meneurs de la section des Marchés ont commencé par vouloir effrayer tout le monde en prêchant que l'on réarmait les scélérats de terroristes pour désarmer tout Paris et ensuite égorger la moitié des citoyens. Voyant que cela ne faisait pas de sensation, à cause que l'on leur objectait que les terroristes s'étaient armés pour défendre le pouvoir légitime contre celui que les électeurs voulaient usurper, et voyant que presque tout le monde blâmait cette mesure, ils ont arrêté qu'ils rappelaient leurs électeurs du Théâtre-Français avec ce considérant, que l'enthousiasme du bonheur public l'avait seul dicté {sic). Il est bon d'observer que lorsque cet arrêté a été pris... *. A la suite de cet arrêté, ils ont fait venir le Comité civil pour lui demander s'il obéirait au gouvernement ou à l'assemblée primaire; il a répondu qu'il n'exécuterait jamais aucun ordre tyrannique contre aucun citoyen, et qu'il donnerait communication du tout à l'assemblée primaire. On a de même mandé les chefs de la force armée, qui ont à peu près répondu dans les mêmes termes. Je n'y ai resté que jusqu'à huit heures ; j'ignore ce que l'on a fait le reste du temps; seulement je sais que toute la nuit on a carillonné les portes des citoyens pour leur faire prendre les armes, et qu'à cinq heures on a battu la générale. Ils ont proposé de délibérer armés : les citoyens l'ont rejeté. » — 8*^ « Les citoyens Vivier et Rivicrre, revenant de la section Le Peletier, rapportent que la séance de ladite section a cessé à une heure, mais que leurs électeurs sont toujours en permanence au Théâtre-Français. Il reste dans leur salle d'assemblée deux cents hommes de force armée, et il y en a cinquante au Jardin-Égalité, tant grenadiers que chasseurs. — Crément. » — 9° « Deux citoyens déclarent que, dans la section du Pont-Neuf, on vient en ce moment, sept heures et demie du soir, do faire une proclamation invitative à tous les citoyens de la section de se rendre armes au lieu des séances de l'assemblée. Le cortège armé est de cinquante personnes, qui accompagnent les tambours et le proclamateur. C'est

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