Tome II
sur les portes des boulangers.: Nous n avons pas de farine j ont fait foule autour des crieurs de journaux, et bientôt le calme a succédé à leurs alarmes, lorsqu'elles ont entendu le décret sur les grains et les dispositions pénales contre les fermiers contrevenants ; il leur semblait déjà que leurs maux étaient finis. Partout on a fait ces observations.
La Bourse devient de jour en jour plus nuisible à la République que profitable. C'est là que, sur la foi des décrets, les agioteurs, les accapareurs spéculent sur les calamités du peuple. Les farines, les vins, le riz, font la base de leur commerce illicite ; des énormes magasins sont offerts à Tavidité des capitalistes ; toutes les subsistances enfin paraissent ensevelies dans ce honteux réduit.
Hier soir, à TOpéra, en voyant les places à 50 livres bien garnies, on ne se serait pas douté de ce qui se passait au dehors ; les autres salles de spectacles annonçaient aussi Topulence et le bonheur.
Le nommé Bizouarre, boulanger, rue de Touraine, section du Théâtre-Français, dénoncé plusieurs fois dans les rapports, provoque au désordre, ainsi qu'il Ta fait plusieurs fois, en annonçant que bientôt on n'aura ni pain, ni riz. Il manquait ce malin deux onces k^j^ à chaque ration qu'il distribuait. Ce matin, huit heures, les marchands^ ^Es de pain ont été pillés sur la place du Jardin-Égalité. Les bourgeois,^ ^ss, pour en avoir, donnent leurs adresses aux marchands.
S'il faut ajouter foi aux bruits qui circulent et qui s'accréditent jM^^ Cambon, Thuriot, Léonard Bourdon et quelques autres se répanden^ .tf^r ot dans les quartiers les plus populeux pour opérer un mouvement aiienM'wsntatoire au nouveau gouvernement; on leur adjoint quelques membres^— les du Corps législatif.
Beaucoup de clameurs dans le faubourg du Roule relativement j» «// pain. Le nommé CuUier, boulanger, rue Caumartin, a exigé un s*- ^ol de chaque citoyen à qui il donnait du pain, et cela, disait-il, pour s» <s frais de chandelle.
Du bois, du charbon, c'est ce que le peuple demande encore.
(Arch. nat.» F » « III, Seine, 17.)
Journaux.
Courrier français du 24 brumaire : <( Paris, le 23 brumaire. — Ces jours derniers, plusieurs ouvriers employés aux assignats ayant refusé de travailler, le Directoire a fait mettre quelques-uns d'entre eux en arrestation. 11 a ordonné eu même lem[)s que tout ouvrier, de quelque atelier qu'il soil, ou public ou particulier, qui, appelé pour travailler aux assignats, désobéirait, serait mis
387 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [15 novembre 1795]
?n a.rreslation et poursuivi comme coupable de conspiration. » — « La cherté fa pain, que quelques marchands n'ont pas eu honte de vendre 50 francs la vrG, a été hier la cause de quelques mouvements près le Palais-Egalité. Des ou. tiques de pain ont été pillées. » — Journal des hommes libres du 24 bru- [ia.lre : « Paris, 23 brumaire. — Depuis quelques jours, la distribution du )a.in se fait très tard dans les sections. Plusieurs n'en ont pas eu du tout. — Hier nous fûmes témoins, sur la place du Palais-Égalité, d'une scène assez bien exécutée entre les marchands de pain et quelques individus qu'on s'obstine vainement à appeler le peuple. Le pain fut enlevé aux vendeurs ; mais il ne nous fut pas difficile de nous apercevoir que cette scène était préparée. î>' abord nous vîmes sur la place beaucoup d'agioteurs et grand nombre de domestiques de ce qu'on nomme toujours les bonnes maisons. Le pain, que l'on avait vendu jusqu'alors à 25 livres la livre, fut subitement porté à tô livres. Les hommes que nous venons de désigner jouèrent alors une petite insurrection, en ayant Tair de se jeter sur les marchands, et en enlevant le pain. C'était le signal pour se porter chez tous les boulangers et pâtissiers. Mais ^c peuple, le vrai peuple, calme dans ses souffrances, se méfiant avec raison de ceux qui cherchaient à l'agiter, ne se livra à aucun mouvement. Cependant ■es barbares agioteurs avaient acheté à la hâte tous les pâtés, toutes les ■brioches qu'ils avaient trouvés chez les marchands, et venaient ensuite les >"rir, en exigeant une triple valeur de ce qu'ils les avaient payés. — Plus I^o jamais le gouvernement doit porter un œil vigilant sur la misère actuelle ^ ï^euple. L'hiver est arrivé, et malgré les grandes promesses d'un homme, ^^^ heureusement la réputation n'a été qu'éphémère, nous n'avons pas de ^■^îsistances. La classe indigente et précieuse des citoyens manque de bois, ^^ fîhandelle et de tous les objets nécessaires à son existence, pendant une
*^on rigoureuse. Nos magasins sont pourtant remplis de tous ces objets, et " l:^cuple meurt de faim, de misère et de froid au milieu de l'abondance.
^ant mieux, disait dernièrement une dame de bon ton à quelqu'un dont la ^^sibilité le faisait gémir sur les circonstances, tant mieux, monsieur; ^*^ez-vous mieux que les républicains aient du pain, el que les honnêtes ^*^>î^ soient obligés de vendre à bas prix des marchandises qu'ils achètent si *^cr? » Quel siècle, grand Dieu ! que celui où l'on entend de pareils raisonnements, où l'on connaît, où l'on a les moyens assurés de fournir aux be- *^ins de la grande famille, et où l'on craint cependant d'attaquer de front ^*>ux qui calculent avidement sur ces besoins, pour grossir leurs fortunes ^Viandaleuses I »
Rapport du 25 brumaire.
Esprit public, — Toujours les mêmes plaintes sur la cupidité du marchand, les mêmes craintes sur le discrédit des assignats, la même
;riâ
indignation sur Tinsolence et l'audace de Tagioteur. Hier, dimanche, les boutiques des marchands en détail étaient fermées, et cependant leurs magasins sont encombrés de marchandises; mais, ils le disent hautement, ils aiment mieux ne pas vendre, et méprisent les assignats. Le peuple indigné, et qui ne peut ajourner ses besoins de première nécessité, jette les hauts cris; il se plaint de rinsouciance da gouvernement; il murmure contre les autorités; il s'écrie dans sa douleur qu'il n'y a pas de police, et que, s'il en existait une, le peuple ne serait pas le jouet et la victime des marchands de comestibles eo général. De là, les groupes se forment et les conversations roulen* sur la nécessité des visites domiciliaires; le peuple le désire, et onm.^ peut se le dissimuler : « Allez, dit-il, non seulement dans les boa—* tiques, dans les magasins, mais même chez les portiers de maison^ <• dans les greniers de ce qu'on appelle les grandes maisons, dans 1^^ boudoirs, dans les salons, dans les cabinets même des gens (L pratique et de justice : tout y est magasin, tout y est comptoir, et a milieu de cet amas énorme de marchandises de toute espèce, 1 peuple, pour qui l'assignat, malgré sa multiplicité, est très meurt de besoin et ne peut rien se procurer, et, chose inconce vable, l'assignat est déprécié par ceux-là même qui les encombren dans leurs portefeuilles, d Tel est le résultat de nos rapports.
Les murmures recommencent sur le marché de la place Ëgalité, quelques-uns de nos rapports nous font craindre qu'on ne prenne funeste commencement. On attend avec Timpatience du besoin et d ^ la nécessité le résultat du rapport qui a dû être fait au comité gêné ^^ " rai; chacun cherche à deviner les moyens pour rappeler le commerc^^^^ le crédit et labondance. Les uns prétendent que Ton démonétiser- * les assignats jusqu'à ceux de 100 livres; les autres, qu'ils seront tou-^*^* réduits au quart; d'autres enfin, et cette idée prend une certaine coi sistance, que l'on rétablira les impôts indirects. Dans tous ces raiso nements on n'épargne pas l'agioteur, le cultivateur et le marchandE^^-^^i qui seuls, dit-on, devraient payer les frais de la Révolution, puisqit:-^ J^^ pécuniairement elle n'a profité qu'à eux seuls. Le rentier et le créait -^3^' cicr de l'Elal, les créanciers des émigrés sont généralement plaintj^ -^ï^*- Mais si, d'un coté, les besoins fatigants exaspèrent le peuple, l'autre il ne clierche pas à troubler l'ordre public, et il a toute co^::::^^'' fiance dans le Corps législatif et le Directoire. C'est à la malver ^^Hlance seule qui Tégare, et à l'agiotage qui l'insulte, que Ton d ^.^oit attribuer ses écarts et les tentatives que l'on fait pour lui faire perc — ar/re de vue tous les principes de justice et d'équité.
Spectacles, — La tranquillité a régné dans les spectacles, exce^K'^^
de
389 DIRECTOIRE EXECUTIF [45 novembre 1795]
dans celui du Vaudeville, où la sottise, l'indécence et la chouannerie 3nt établi leur domicile. Une rixe s'est élevée à celui de la rue Feyle&u, où un représentant du peuple, dont on ignore le nom, a frappé le sa canne un citoyen. Le sujet était une loge occupée par des citoyens et réclamée par le représentant, qui l'avait louée. La voie de fait qu'il s'est permise a excité des murmures, qui n'ont eu aucune suite.
[Commerce. — Les femmes déclarent qu'elles ont tout vendu et se trouvent sans ressources pour subsister; on les entend crier : Il faut un î'oi, mourir pour mourir. Les distributions du pain sont tumultueuses. Les pommes de terre, à la Halle, ont failli être pillées ; elles se vendent i50 livres le i^oîsseau.]
Hannocque-Guérin.
(Arch. nat., F»« III, Seine, 17.)
Rapport présenté au ministre de l'intérieur.
Les assignats se discréditent de plus en plus; on regarde leur enannihilation comme prochaine. On compte les moments; on vout pouvoir les abréger^ tant on est fortement convaincu qu'avec les ^^ignats, point de salut. Les habitants des campagnes des environs ^^tne de Paris, n'en veulent plus pour leurs denrées, qu'ils vendent -^ argent à un prix moindre qu'autrefois. A la foire de la Saint-Martin,
l^ontoise, tout y a été porté à un prix inconcevable. Des chevaux ^l été vendus jusqu'à cent mille livres.
L'opération qu'on attend sur les finances tient en haleine tous les ^prits; les uns en craignent l'issue, les autres espèrent beaucoup, )aîs généralement on désire que la vente du numéraire soit défen- Ue, parce que d'une part elle tue les assignats, qu'elle les a fait >inber au point où ils sont^ et que les marchandises suivent la proression.
Le discours qu*a fait le roi d'Angleterre sur la situation actuelle de i France produit un très mauvais effet, décourage les esprits faciles
se laisser séduire, et leur ôte toute lueur d'espérance d'un meilleur .venir. On est surpris que le gouvernement en permette la circulaion par la voie des journaux *.
De quelque côté qu'on se tourne dans les rues, on n'entend parler que de vols.
Au marché Saint-Martin, le peuple s'est fait délivrer ce matin du
1. On trouvera une traduction de ce discours dans le Moniteur du 21 brumaire au IV.
[l!) NOVEMBRE HOo] DIRECTOIRE EXÉCUTIF
pain à 10 livres la livre. Les pâtissiers, qui hier le vendaient 30 livres, craignant d'être pillés, l'ont sur-le-champ baissé à 23 livres.
La loi sur Tapprovisionnement de Paris a ranimé les espérances • ; on va soufTrir avec plus de patience, surtout lorsque Ton saura que la loi commence à s'exécuter; ce qui rassure encore, c'est qu'on es* persuadé que le ministre de Tintérieur a entre les mains tons \B^ moyens d'exécution.
Ce qui s'est passé au comité général n'ayant pas transpiré, 1^^ politiques ont fait des conjectures, chacun à leur manière; cependai^ ^ on était étonné que l'or eût baissé au moment où l'on devait craindr une démonétisation, et l'on pensait que le gouvernement avait occasionné la baisse afin de donner quelque crédit à l'opération finan cière qui occupait le Conseil des Cinq-Cents.
Les ouvriers du faubourg Honoré et quartiers environnants, convaincus que la disette momentanée du pain ne vient point de l'imprévoyance du gouvernement, mais de l'intrigue des fermiers et de" royalistes, ont dit qu'ils paieraient plutôt le pain cent livres la livr» que de s'insurger.
Le commencement de l'air de la Marseillaise^ hier, an Théàt Italien, a d'abord été applaudi, mais il a ensuite été couvert de bnir .^m^ ît jusqu'à la fm; le Chant du départ^ qui lui a succédé, a été général ment bien reçu.
Rue Tiquetonne, n' 7, à l'entresol, accaparement considérable c chandelles.
Les cafés du Jardin-Egalité, hier soir, étaient si pleins qu'à pei pouvait-on y entrer; il n'y était question que de flnances et du d crédit des assignats. Celui ci-devant Chartres était le seul où 1' parlait de marchandises d'or et d'argent.
(Aroh. nat., F» Mil, Seine, 17.)
Journaux.
Gazctir franrnhc chi 21) l^riiniairo : « Paris, le 24 brumaire. — On ne voitf>ll ^s ou |»n»S(|u»^ |»his do pain rlalô dans les rues. Ce n'est pas une grande priva*!-» ^^^ pour une infinité de personnes (|ui, ne pouvant le payer 40 francs la 11"%" ^ï^» voyaient à chatpie instant se renouveh^r pour eux le supplice de Tantale. >» — Cnurrirr rrpuhlirnin du 2!i brumaire : <« Paris, 24 brumaire. — La lâche la 'W^^ "^ piMiible que b» Directoire exéeutii* aura à remplir sera, sans contredit^ de r"*^"^'ver la morale publique, sans hupielle Kl liberté n'est que licence et brigand. ^»^^- Onlraee bien des tableaux palbétiques et malheureusement trop vrais de l'^^'st
\. Voir plus haut, p. ns:>, note!.
391 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [16 novembre 1795]
de détresse où nous nous trouvons, mais l'on ne voit pas se former, comme en Angleterre, dans les temps des calamités, des cotisations, des banques, où le riche va de son superflu fournir au nécessaire du pauvre. 11 semble que les longues crises par lesquelles nous avons passé aient entièrement desséché nos cœurs. On n'a pas même la pudeur de cacher sa dureté et sa voluptueuse insouciance. Il n'est pas rare de voir, sur le midi, une file de phaétons, de wiskis élégants, attendre près de la Bourse que leurs maîtres aient englouti par leurs spéculations monstrueuses les dernières ressources de TÉtat épuisé. Corps législatif. Directoire, c'est vers vous que se tournent les regards de ce malheureux qui foule de ses pieds demi-nus la terre humide ; adoucissez d'abord nos maux, mais donnez-nous des mœurs. Le reste de ce que vous avez à faire ne sera plus qu'un jeu pour vous. » — Le Censeur des journaux du 24 brumaire annonce la résurrection du Courrier républicainy après l'invitation du ministre de la justice de ne pas a se prostituer » aux ennemis de la patrie. Le Courrier proteste, affirmant ses intentions bonnes et saines et son patriotisme, ce qui paraît étonnant, son rédacteur ayant été condamné par une Commission militaire. Cependant le C(?/i5eur joint ses vœux à ceux du ministre, et se réjouit de ce que le Courrier annonce qu'il ne connaîtra désormais que la loi.
Rapport de la commission du 26 brumaire.
Esprit public. — Si nous rendons un compte exact de la situation e Paris, sous le rapport de Topinion publique, nous sommes obligés ^e dire que les têtes sont dans un tel état d^exaspération, qu'il sem- Herait annoncer un mouvement assez violent. Le Directoire en général, chacun de ses membres en particulier, est l'objet des sarcasmes et des propos les plus outrageants de la multitude pressée par le besoin et désespérée par l'impossibilité d'atteindre aux objets nécessaires à son existence. Dans les groupes, aux portes des boulangers, aux chantiers, aux portes des revendeurs de bois en détail, on est occupé à faire la comparaison de la situation actuelle avec celle du régime de Robespierre, et de là on passe au temps de la monarchie, et les regards s'attachent avec complaisance sur le gouvernement des rois. Plutôt un roi que de mourir de faim ! est le refrain de ces conversations. Quelques autres de nos rapports sont plus satisfaisants et portent un caractère de vérité. Ils nous disent positivement que l'agioteur et ses adhérents, éparpillés sur la place du Perron, ont l'air de perdre toute espérance; ils cherchent moins à
[10 NOVEMHRE i795] DIRECTOIRE EXECUTIF 3»
acheter de Tor qu'à en vendre, et, malgré raugmentation du loms, on n'en voit ni vendre ni acheter. — Dans les cafés, les citoyeiks raisonnent paisiblement et en gens qui désirent le bien de leur patrie et le retour du commerce et de l'abondance ; ils sentent et disent qim.^ le bien ne peut se faire avec rapidité ni avec enthousiasme ; qa* A-^ faut un peu de patience, et, se reportant au temps de Tagio, sousl-^ ministère de Law, ils peignent la France plongée dans le mèia. -^ chaos à regard des finances, et cependant ayant peu à peu retrouv sa richesse numérique. On y ajoute qu*il est impossible de ne p9u faire de sacrifices, et qu'il n y a pas de bons citoyens qui ne le ^ fassent librement ; quant aux autres, on est bien persuadé qu'E -^ faudra toute la force et la sévérité des lois pour les faire contribuer- ^ Ces autres sont les agioteurs, les fermiers et les marchands, qik. ^ n'excitent que deux sentiments : Tindignation et le mépris. L'impôp* '^ indirect serait vu avec plaisir, et regardé comme une grandi ressource pour le gouvernement. Les malveillants sont aux écoutes^ et il n'est pas difficile de croire que ce sont eux qui vont pérore dans les groupes et exciter les murmures du peuple, et qui, crai gnant un trop prompt retour de Tordre, cherchent à entraver pi tous les moyens possibles les mesures que Ton prépare dans 1 silence pour arrêter les effets des brigandages qui se commettent, dont le peuple se lasse d'être victime.
Spectacles. — Toujours pleins. Quelques-uns sont composés comme à l'ordinaire, de filles publiques, de militaires et déjeune étourdis, dont la conduite et les conversations ne sont ni décentes morales.
[Commorce, — Arrivée tardive dos farines clicz les boulangers, d*où plaint- -^-"^s et mécontonlcmont. Sur la place des ci-devant Jésuites un rassemblcmc^r »"*t s'est formé autour de deux inarchauds qui vendaient le pain à 33 francs 1 ii livre; on se disposait à les piller. Le prix des denrées augmente.]
Pasté.
(Arch. nat., F * Mil, Seine, 17.)
Rapport au ministre de l'intérieur.
L'organisation des administrations municipales devient de plus ^ ^ plus difficile. Les agents élus refusent d'accepter, et ceux qui avai^^*"*^ accepté donnent leur démission.
Il a été impossible hier, dans les communes environnantes, ^^ rassembler les habitants pour procéder à de nouveaux choix ; i- *^
DIRECTOIRE EXÉCUTIF [16 novembre 1795]
n'influent pas peu sur ces refus ; ils persuadent secrètement bitanls que les fonctions des adjoints comme officiers publics, ui concerne les naissances, les mariages, etc., sont une attribu* sentiellement attachée au sacerdoce.
ente du résultat du comité général relativement aux finances e spéculateur dans une incertitude qui influe d*une manière ; sur les subsistances ; on s'attend à une démonétisation parles assignats ; si elle n'est que partielle, on prédit qu'elle sera reuse ; si elle est totale, l'ébranlement sera effroyable, mais il i pas de longue durée.
ait des vœux pour qu'il n'existe plus d'assignats, et, tant qu'il era dans la circulation, on est persuadé que la confiance ne se ra jamais; on observe que la France ne sera pas le premier ji ait eu recours à ce moyen violent, et l'on cite Venise, qui en rent donné l'exemple. Le peuple parait un peu moins inquiet subsistance de première nécessité, sur le pain. Cependant le
qu'on éprouve dans sa distribution, tantôt dans une section, dans une autre, entretient encore le mécontentement. Le bruit couru que le Directoire allait rétablir la garde parisienne, per-
n'a paru se soucier de reprendre les armes, que Ton ne t pas avoir mérité de perdre ; il est douteux que Ton s'enrôle
une fois.
, le peuple, voyant sur le Pont-Neuf des marchands vendre n à 30 et 35 livres, se Test fait donner à 10 livres, sans causer idre tumulte. 11 veut en faire ainsi des autres denrées.
soir, vers les sept heures, une douzaine de personnes se sont )lées au café des Bains-Chinois; leur entretien annonce qu'elles naissent de longue date. Ce matin, onze heures, il n'y avait ne.
commissaires qui distribuent depuis cinq mois, et sans interruppain chez le nommé Petit-Jean, boulanger, rue de Chartres, ont
les citoyens en leur disant, à l'instant qu'ils coupaient deux lu lieu d'un sur les cartes : Ne vous effrayez pas d'avance, cela jiisqud Pâques. Plaintes très vives, notamment dans la section [le-Grenelle, sur la mauvaise qualité du pain. Peu de pain sur e du Jardin-Egalité.
ilence que garde le gouvernement sur la Vendée inquiète beaues patriotes; ils craignent des revers dont on ne veut pas T le public. Beaucoup de républicains appellent la surveillance vernement sur de prétendus négociants qui arrivent d'Orléans ne viennent à Paris que pour recruter pour la Vendée, ou pour
\U\ NMMMiiiir I7î»:;] niHKCTOIHE EXKCITIF m
iip|)ni trr ili»s rnrrtw|)()nilanro< des chefs qui ravagent cette contrée. I.M MiispciisidM (lu piDn^s de Cnmiatin est généralement mal vue, nit IIP |itMd croire tpril y ail des raisons îissez fortes pournepash jum»r *.
^Arrh, iml., K»MII. Srino. 17.^
JoiRNAUX.
./.•îirt.M/ ii'if l*^^f^h^'mmr AVi*/i.i,i/ du 07 brumaire: «. Pari<, 'ZT» Imimaire. lo ponpio. LiNNi« i!,» MMiiîm, a pillo plusieurs l'omeslilile'^. Hier, un marfhind ili» p.uit I,' \,'îiil,u! ,^ .î.t 1:\;vn Î,i ii\ri\ pn""» lo inar\*hi* do^ J'-'iuiles : K*^ aohoiiMM-N» n'.njf.! p'.î î\»bî,vv.r :i 10 '.:\re^. l'ivi: or.îî^x»- de fori'f Dans U rui* «lu U»»;î'ii\ .îi'N i.vv".'.,»N, :: ,-,\.;::; y\\ el^:,'".ir :t^< ^K'kv.îv.i^'S li-.* tr»nv à |i¥i livres le 1»o:^^,m;;. ,;■.'. ,'-^ \.','.".-, ; \/". \\ . •>■* " \ro<. l.i x-.-iv.iro a « :■"' p:''.'^e ; la force ir-
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DIRECTOIRE EXÉCUTIF [16 novembre 179n]
qu'il avait un manteau, et désire, pour l'utilité des artistes qui osent que pour être vus, et des amateurs qui veulent voir, qu*on connaître au public ce qu'il ne faut pas avoir pour entrer au , et même ce qu'il faut avoir.
Gazette nationale et YAbréviateur rapportent des cruautés que il de parti a fait commettre dans le midi. idis que Tagiotage, sous le nom de commerce, disent les Annales niqueSy a corrompu toutes les classes et brave toutes les lois , à , le vrai commerce languit dans nos ports de mer; la source en rie. On serait effrayé, si Ton comparait Tétat des vaisseaux çers, entrés dans nos différents ports depuis trois mois, avec de Tannée dernière à la môme époque. Dans ce temps-là, les 'ers regardaient la France comme une excellente vache à lait, Hait instant d'épuiser; aujourd'hui elle est pour eux un squelette, tremblent d'approcher, etc.
sieurs journaux rendent compte du pillage de pain qu'a occa- §, hier, sur la place du Palais-Égalité, l'insatiable et révoltante ité des vendeurs.
Censeur des Journaux dénonce une friponnerie nouvelle des rs chargés de la vente des savons pour le compte de la Répu- 5. Le gouvernement, dit-il, leur fait remettre du savon de ille ; il a le vendeur (sic) pour leur compte 130 livres et )uent au public du savon de Gênes qu'ils achètent 100 livres *. Messager du soir dénonce, de son côté, un individu très bien pii, au milieu d'un groupe nombreux, chantait avant-hier, sur le "îotre-Dame, à sept heures du soir, une chanson contre-révoluire et exhortait à chasser le Corps législatif. 11 ajoute que, dans urs places publiques, il se fait des rassemblements, où des urs disent au peuple que la France ne peut être gouvernée s la nouvelle Constitution, qu'il faut rétablir le maximum et le rnement révolutionnaire, sans quoi l'on mourra de froid et de
Petitjean.
Arch. nat., F»» III, Seine, 7.) Ue phrase est textuelle.
[17 NOVEMBRE i795] DIRECTOIRE EXÉCUTIF 396
Rapport de la Commission du 27 brumaire.
Esprit public. — Une loi sage excluait les riches de la distribution du pain et de la viande, à la charge par eux de s'en pourvoir par la voie du commerce. Cette loi, dit le peuple, ne s'exécute pas, car nous ne voyons pas Taugmentation qui doit en résulter pour nous ; au contraire, notre ration se diminue, et le peu qu'on nous donne est de pire qualité; de là les plaintes contre le gouvernement, qui promet beaucoup et ne tient rien, les murmures contre les commissaires des Comités de bienfaisance, qui sont accusés de favoriser les riches au détriment du pauvre. Ces réflexions fermentent dans les têtes, et les projets de pillage se concertent; cependant Taudace manque toujours pour les mettre à exécution. Les boulangers ne sont pas regardés d'un bon œil, et ils sont soupçonnés d'agioter aussi la farine ; le pain qu'ils fabriquent est mauvais, parce qu'ils ne veulent pas se donner la peine de le bien manipuler. Le poids n'est jamais exact, et cette fraude retombe également sur le boulanger et le commissaire qui surveille la distribution. Nos rapports ajoutent que beaucoup de fermiers sont à Paris; ils font des repas splendideset fort chers chez les restaurateurs du Palais-Égalité, chez lesquels on ne voit que des agioteurs et des cultivateurs. Celte audace à affronter ainsi la misère publique devrait être réprimée. Ils ont l'air de se moquer des efforts du gouvernement et de se mettre bien peu en peine de livrer les 250,000 quintaux qu'ils sont tenus de livrer. On compte beaucoup sur la fermeté du gouvernement pour l'exécution de cette loi. — Dans les conversations particulières, où se mêle quelquefois un pei»d'aigreur, rien ne paraît menacer la tranquillité publique. L'esprit est toujours porté sur les finances, et Ton soutient toujours qu'il est important que chacun fasse un sacrifice pour alléger le fardeau de la dette publique. L'agiotage continue toujours; le pauvre vend ses effets pour subsister; l'ouvrier, malgré les 100 livres qu'il gagne par jour, murmure et menace. Le seul lien [sic) qui arrête ou semble arrêter les effets de tant de mauvaise humeur est la vigueur et la sévérité du Directoire, qui pourrait employer tous les moyens que l'autorité suprême lui donne pour contenir la malveillance et les efforts du royalisme.
397 DIRECTOIKE EXÉCUTIF [17 novembre 1795]
Peut-être, et on a tout lieu de Tespérer, les plans pour vivifier le ommerce, arrêter Tagiotage, punir les brigands, faire rendre gorge ux sangsues du peuple, examiner les comptes des divers agents des Libsistances, remettront tous les esprits dans leur état naturel. Le avaliste et le républicain sont toujours en présence, et, si nous en ro yons nos rapports, la chance n'est pas favorable aux royalistes. 'lus d'agiotage et du pain, et le vaisseau de la République peut enrer dans le port.
Spectacles. — Ils sont pleins et tranquilles. La foule était prodi- ;îeuse à rOpéra; les billets de parterre se sont vendus 300 livres ; càsilgré la quantité des spectateurs, ce spectacle a joui du calme et de SL tranquillité
La plupart des directeurs des spectacles désirent que la police la ^Itis vigilante s'exerce dans leurs spectacles, les corridors et les ojers, pour contenir la foule des filles publiques^ des militaires et les étourdis qui y font régner le trouble, le scandale et Tindécence.
[Commerce. — Les denrées n*avaicnt pas augmenté de prix hier, ce qui ^*<»8l pas arrivé depuis longtemps. Le bois neuf se vend 2000 livres [la voie], ^llc bois flotté est à 1500 livres.]
Hannocquis-Guêrin.
(Arch. nat., F « « III, Seine, 17.)
Rapport au ministre de l'intérieur.
On voit avec chagrin que l'intrigue s'attache à poursuivre le ministre de l'intérieur; on prétend que ses principaux ennemis sont dans l'Agence des subsistances, qu'ayant donné quelques commissions particulières à des citoyens probes et instruits, à Teflet de faire des approvisionnements, l'Agence a détaché les plus intrigants de ses préposés pour entraver leurs opérations; que des mesures perfides ont été prises pour les faire échouer, et que celles qui ont réussi, ou qui sont sur le point de réussir, sont entravées par les obstacles secrets que l'Agence fait apporter à Tacquit des bons donnés en payement aux fournisseurs. Le bruit de sa démission a fait changer de batterie les intrigants, qui, ne pouvant réussir par la corruption de l'opinion, se coalisent pour contrecarrer ses actions.
La disette, dans les campagnes qui entourent Paris, est à son comble. L'inexécution des lois et la contradiction de celles que l'Agence a surprises au gouvernement, pour se rendre maîtresse absolue de cette partie, ont tout désorganisé. Ces campagnes se dépeuplent; les honnêtes gens fuient, et le gouvernement ne trouvera per-
[17 NOVEMBRE 1795] DIRECTOIRE EXECUTIF m
sonne, s'il n*assure pas de pain à ses fonctionnaires. A Ivry, on y est à la queue pour avoir de la viande de cheval. — Cinquante ou soixante personnes étaient hier soir au café Chrétien, la majeure partie membres d'ex-comités révolutionnaires; les propos les plus injurieux ont été tenus contre le gouvernement. L'éloge de Maral ^> été fait; Pache et Bouchotte ont été regardés comme capables i^ sauver la chose publique. Vers les neuf heures, deux femmes son ^ entrées et ont paru rendre compte de leur mission. Les mêmes per'-^ sonnes fréquentent le café des Bains-Chinois. Dans quelques cafés 9 entre autres dans celui qui est vis-à-vis les ex-Prémontrés, rue d^s Sèvres, certains terroristes, reconnus pour tels, se déchaînent contres le gouvernement; cette caste commence à se répandre dans le: groupes. D'après les renseignements pris dans Téglise Saînt-Gervais sur la messe qui a été dite dimanche dernier (v. s.), il parait qu 01 n'a pas chanté : Domine salvum fac regem mais : Domine salvam fa legem. — Dans ce môme quartier, dit un autre observateur, il parai qu'on n'a pas vu, ou qu'on n'a pas voulu voir de mort pendant qu'o chantait la grand'messe.
On a beaucoup crié contre l'approbation que le Conseil des Anciei a donnée à la résolution du Conseil des Cinq-Cents tendant à aut* riser le Directoire à nommer les autorités constituées du départem^ x\i de la Seine. Cet acte a été regardé comme une violation de la Cons- ^1tution. Depuis que le Conseil des Cinq-Cents est établi en comité ^^énéral, les marchands ne vendent plus et achètent tout ce qu'ils tr(^»uvent sous la main, à quelque prix que ce soit
La feuille de Babeuf, ou Le Tribun du peuple^ qui a paru aujoi d'hui, prêche ouvertement l'insurrection, la révolte et la ConstituI de 93. On crie toujours contre les assignats, et les observations qi a faites aujourd'hui sont les mêmes que celles qui ont été données jours-ci. Vers les cinq heures, on a pillé le pain qui était étalé su place du Jardin-Egahté; les marchands voulaient le vendre & 60 livres la livre; pluï^ieurs de ces individus, la majorité ouvrL l'ont payé à raison de 10 livres. Beaucoup d'épiciers refuseni vendre, à moins que ce ne soit en numéraire.
(Arch. nat., F » « m, Seinc, 17.)
Journaux.
Courrier français du 27 hruiiiairo : « La querelle entre vous et loi \>sMrais' suit décidée depuis loni;lenii)s à l'a\antage du premier. Toutefois plttsà-wi//^ admiuislralions ayant dans ces derniers temps prétendu rendre à toi s*i pré'
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nincncc, le citoyen Guiraudet, dans une petite brochure, qui paraît chez ï<^enne, prend ainsi la défense de vous. . . » Suit une analyse de celte brourc. — Messager du soir du 28 brumaire : « Paris, le 27 brumaire. — Nous :ions d'un de nos législateurs, témoin auriculaire, que le 26 brumaire, vers idî, un de ces chanteurs politiques, déjà plus d'une fois précurseur d'ésutcs, chantait, aux environs du Palais-Égalité, des couplets qui demandaient T¥iaximum, le gouvernement révolutionnaire et le renvoi du Corps légisiif . » — Journal des hommes libres du 26 brumaire. Long article sur la TCiction, 11 déûnit ce mot, explique les deux manières dont une réaction sut s'opérer : par des mesures justes, ou par des moyens criminels. Celle ni a suivi le 9 thermidor a été opérée par des moyens criminels. Examen de eut où Ton était avant le 13 vendémiaire et de Tétat où Ton se trouve encore. - La révolution du 9 thermidor est l'œuvre des patriotes, parce qu'ils ne vouaient pas que le sang des républicains coulât avec le sang impur des royalistes, ussi les patriotes n'ont aucun intérêt à ramener le régime qu'ils ont détruit, ais ils ne permettront pas que les royalistes puissent cueillir les fruits de la ctoire du 13 vendémiaire, comme ils ont cueilli ceux de la victoire du Ihermidor. L'article se termine par un appel aux patriotes pour affermir la •publique: réaction de justice, qu'il conseille et qui est nécessaire, sans latcllc les patriotes resteront éternellement sous l'oppression des royalistes.
CDLXXX
Rapport de la commission du 28 brumaire.
Toujours des rassemblements. Hier je vous ai parlé de ceux des afés Chinois, Chrétien et Gauvin ; le premier, boulevard Vieux ; le econd, au coin de la Comédie-Italienne; le troisième, rue du Bac, au oin de la rue de TUniversité; mais le quatrième, plus grand, plus rageux, se tient dans Tintérieur de la ci-devant église Sainte-Geneiève, actuel Panthéon français. Là se rassemblent tous les Jacobins înforcés et ceux sortis de prison dernièrement. On y vocifère contre ! gouvernement actuel; enfin Ton veut renouveler la Société popuire des Amis de la liberté. Us disent même, les honorables membres, rils ont du gouvernement des pouvoirs, qu'ils ont son assentiment, , hier on a discuté pour savoir quel nom auguste ils prendraient. Il été question des 71 députés proscrits qui, dit-on, travaillent encore organiser une journée du 13 vendémiaire, contrairement à la preière. Un d'entre eux, dont je me ferai dire le nom, a fait jeter à sa jrte un pauvre homme qui, s'étant bien montré dans cette fameuse )urnéey a obtenu un certificat de sa bonne conduite, et qui, le lui
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présentant, lui dit : « Vous voyez, représentant, que je n'ai jamais dévié. » Sa réponse fut que la journée du 13 couvrirait à jamais la France de déshonneur, qu'il avait servi à l'augmenter. EnGn, la guerre la plus forte s'est prononcée contre les 71, et l'on doit bientôt, suivant toutes les espérances fondées qu'ils ont, relever la Sainte Montagne, comme les royalistes à Clichy veulent faire renaître le parti d'Orléans. Les deux partis sont en grande opposition ; les rassemblements autres que celui de Clichy veulent la Constitution de 93 ; on sait ce que veut l'autre, surtout le marquis de R... *. On crie contre Lanjuinais, Defermon, Daunou, etc. Enfin Paris est divisé plus que jamais. On va dans les maisons suivant les intentions qu'on a connues à chacun, et l'on se demande : « Es-tu de telle ou telle société? » Il parait de la plus grande urgence de dissoudre ces rassemblements, où l'on veut absolument nous replonger dans l'anarchie.
HOUDEYER.
(Arch. nat., F \ 3840.)
Rapport au ministre de l'intérieur.
On distingue aisément, en palpant l'opinion, deux partis bien prononcés : l'un est celui qui veut la Constitution de 90, l'autre est celui de la Terreur. Ce dernier est le plus hardi, se montre ouvertement, se répand dans tous les coins de Paris, prêche l'immoralité et Tanarchie, prétend que la Constitution ne peut pas tenir, et qu'il faut mettre en vigueur celle de 93. Ces deux partis, quoique bien opposés, se rencontrent dans tous les lieux publics, et chacun de son côté se tient sur la négative, lorsqu'il s'agit d'affaires politiques. Le café Chrétien est actuellement converti en Société populaire. Vadier y fait présider ses soixante ans de vertu, et Léonard Bourdon leur succède, lorsqu'elles sont fatiguées. C'est là qu'on distribue à chacun le rôle qu'il doit jouer, dans tel ou tel quartier, et c'est là qu'on rend journellement compte sur l'effet qu'a produit sur le peuple les grimaces de l'acteur. Les sociétaires, peu sûrs de leur succès, calculent ce qu'ils doivent faire, et il paraît qu'ils ont décidé de faire l'éloge de Danton, Camille et Phihppeaux, qu'ils disent avoir été égorgés par Robespierre seul, pour mieux cacher leurs projets, faire (les prosélytes et attirer dans leurs filets le parti thermidorien. Les membres des anciens Comités révolutionnaires de diverses sections