Ce rapport est sans date
2. On appelait ainsi les séances non publiques du Corps législatif.
DIRECTOIRE EXÉCUTIF [12 novembre 1795]
nière nécessité, sur le pain ; cependant le retard qu'on éprouve i la distribution, tantôt dans une section, tantôt dans une autre, 3tient encore le mécontentement.
(Arch. nat., AF iv, 1472.)
Extrait des rapports (commission de police) '•
œurs et opinions, — On rapporte que les citoyens gémissent sur lisère, et surtout de voir que quelques cito3'^ens ne vivent que de la te quantité de pain qu'ils reçoivent de la section et de ce qu'ils assent dans les ordures. On vend tous ses meubles pour vivre. Des mes disaient hier que, puisque Ton ne voulait point faire inuer les denrées, elles iraient, le couteau à la main, punir les pareurs et ceux qui les soutiennent.
1 fait courir le bruit que Pichegru a été fait prisonnier et que son §e de soixante mille homme a été taillée en pièces. ^mmerce. — Peu d'arrivages. Tout d'une cherté excessive. Les mes de terre sont à 130 livres le boisseau. La livre de pain, sur les ^s, monte jusqu'à 30 livres la livre. Des femmes achètent le 3 livres la livre ; elles disent qu'il sera bien plus cher sous peu de s. On dit que les fermiers, les marchands et les regrattiers prêtât la guerre civile par leur cupidité. Cependant la cupidité partout. Le prix du port du charbon excédera bientôt le prix de oie.
iirveillance. — ... Un seul factionnaire pour toute garde à la icre d'Ivry; encore se chaufTait-il dans le corps de garde, pense qu'il serait bon d'établir un corps de garde et de la force îe sur le boulevard Antoine, près la rue Amelot ; on vole les mts.
Houdeyer.
(Arch. nat., AFiv, 1472.)
Journaux.
zelle française du 22 brumaire : « Paris, 21 brumaire. — L*hiver, qui nonce à se faire sentir, donne depuis quelques jours à celte cité une îonomic sombre. La hausse sensible et journalière dans les prix des écs et marchandises ne contribue pas peu à entretenir cette tristesse. Les ques, qui autrefois formaient à Paris la plus brillante illumination jusqu'à heures du soir, sont prcscjue toutes fermées à sepL Peu curieux de
Cet extrait est sans date.
[13 NôVKiiBKE ITO:;; DIRECTOIHE EXÉCITIF 378
vendre, les marchands ne veulent pas consumer, à attendre les acheteurs, om bougie infiniment précieuse et rare. Le pain éprouve aussi quelquefois des retards bien fâcheux pour la classe indi«;ente. Aujourd'hui, le pain n'a été distribué que dans la soirée. Au reste, le calme le plus profond règne, et semble ne devoir pas être troublé de longtemps. >»
CDLXXV 22 BRUMAIRE AN IV (13 iNOVEMBRE 1793).
Rapport de la cosixission du 23 brumaire.
Esprit public. — Le mouvement, dont nos rapports nous menaçaient depuis quelques jours, a éclaté hier sur la place du Palais- Égalité. Le pain s y vendait le matin 26 et 30 francs la livre ; mais 1« marchand, instruit que la plupart des citoyens n'en avaient pas dans leurs sections, a eu l'audace de le faire 45 et 30, et même 60 francs la livre. L'indignation s'est manifestée, les tables ont été brisées, renversées, la plupart des marchands mis en fuite, et leur pai* pillé. Cependant quelques individus Tont payé 20 et 30 francs 1* livre.
Les mesures proposées par le Directoire exécutif, adoptées ^^ étendues par le Conseil des Cinq -Cents, ont dissipé les alarm^^^ conçues par les amis de l'ordre et de la sûreté, et ont fait frémir! instifjjatours de ce mouvement. Mais ce matin, nonobstant les effor du gouvernement pour adoucir la misère du peuple, le pillage a e "^ lieu encore sur le marché, et le pain était volé à mesure qu'->^ arrivait.
Des hommes, qui semblent apostés exprès, applaudissent à c- ' pillage; ils y excitent même, sous prétexte que les marchands son ^ des insignes fripons, et de ces propos séditieux il en résulte une fer-mentation iiui ne tend h rien moins que d'aller piller chez tous less^ ' marchands de comestibles. Queliiues rapports nous disent que le^^ même mouvement a eu lieu sur d'autres places.
D'une part, les murmures se font toujours entendre contre le gou — vcrnement et les autorités qui le composent; d'autre part, on^ applaudit à toutes les mesures qu'il prend pour éviter le renversemen -^ d'une Constitution ipii ne fait que de naître et qui effraie beaucoup 1er sangsues du peuple, puisque tous les efforts se réunissent pou,-^ em[)è(:her son affermissement.
11 n'y a plus que deux partis : le républicain constitutionnel et
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royaliste, ennemi de toutes les lois. L'un désire une proclamation vigoureuse du Directoire; Tautre crie : Du paini Le républicain attend en silence le résultat du comité général qui va se former pour discuter les divers plans de finance. Le royaliste cherche les moyens d'en dérouter la marche, et crie d'avance qu'il faut supprimer tous les assignats. Ce cri est dans la bouche de ceux qui vendent le louis 3,000 livres.
L'ouvrier, que Ton a précipité hier et ce matin dans une mesure dangereuse, crie après tous les scélérats, et, sous cette dénomination, il entend parfaitement les agioteurs et les fermiers. Tous les bons citoyens attendent du pouvoir exécutif des mesures propres à comprimer les uns et à tranquilliser et adoucir le sort des autres. Il en est temps.
Spectacles. — Ils ont été assez remplis et tranquilles. Dans quelquesuns on a remarqué que le public qui y assistait n'était pas aussi gai et paraissait tristement rêveur.
Le Palais-Ëgalité est toujours troublé par les militaires et les filles publiques, qui y tiennent publiquement des propos qui outragent la «lécence et les mœurs
Commerce, Pain, — Les rassemblements étaient encore plus
^Ombreux aux portes des boulangers que les jours précédents,
P^rce que les malveillants avaient fait courir le bruit qu'il n'y aurait
P^^ de pain pour tout le monde. Il ne paraît, par aucun des rapports,
HU.^ personne en ait été privé partiellement ailleurs que sur la section
^^ Peletier
HOUDEYER.
(Arch. nat., F » «= III, Seine, 17.)
Autre rapport du même jour.
Mœurs et opinions. — L'événement arrivé à la place du Palais égalité a produit différentes réflexions; les uns blâmaient ce qui ^*était passé, comme attentatoire aux propriétés; d'autres voulaient ^aire regretter le règne de la terreur; d'autres prétendaient que le gouvernement autorisait ce désordre pour obliger le peuple à demander un roi; d'autres enfin disaient que l'administration des subsistances supprimée jouait un rôle en dessous main pour entraver la marche de la nouvelle Constitution; on ajoutait même que le marchand, qui vendait son pain 45 à 50 livres la livre, s'était laissé piller avec certitude d'être remboursé. Le mot de révolte se fait entendre de toutes parts; on disait même que, depuis deux jours, on ne cessait
[13 NovEMBKE 17951 DIRECTOIRE EXÉCUTIF 380
même de danser au Luxembourg, et que c'était insulter à la misère publique.
Au café de la (irolte, Palais-Égalité, des individus, dont on ne peut donner que le signalement, assemblés en assez grand nombre, disaient à des citoyens qui discutaient sur Tévénement arrivé pour le pain, place Egalité : «Allez au Luxembourg; vos cinq députés (ta pouvoir exécutif vous en donneront; ce sont vos cinq rois; il faut se présenter à plus de vingt factionnaires avant que de parvenir jusqu'à eux; ils ont mis en réquisition toute l'argenterie de la couronne et font faire un parc qui est projeté sur le boulevard. »
On assure qu'on a été contraint, pour approvisionner Paris, de prendre sur les farines des subsistances militaires. Les murmures se font entendre de toutes parts de ce que les commissaires chez les boulangers comptent sur les cartes deux jours d'approvisionnement, tandis qu*ils n'en donnaient que pour un. Section Poissonnière, dans les groupes, on y tenait les propos les plus révoltants contre les membres du Corps législatif; on y disait qu'ils étaient les auteurs de tous nos maux, les soutiens de Tagiotage et les premiers accapareurs^ qu*il fallait ouvrir de force les magasins : sans cela la chose publiqa^ serait perdue. A la place Maubert, où les pommes de terre se son'' vendues 180 livres le boisseau, les femmes criaient : < Au diable 1 République! Le règne de Robespierre valait mieux; au moins l'on n^ mourait pas de faim. » Le môme esprit régnait et les mêmes propo^ se sont fait entendre dans les faubourgs Jacques, Victor et Marceau— A la Halle, la consternation était peinte sur toutes les figures, parc^ que, malgré la cherté de toutes les denrées, il n'y avait pas de quoi approvisionner les consommateurs. Sections du Roule et de la Place— Vendôme, les femmes, désespérées d'attendre à la porte des bou — langers, se répandaient en injures contre le Corps législatif; elle^ disaient que le gouvernement faisait exprès de laisser vendre du paie et de la viande, ainsi que les autres denrées, à un prix exorbitantpour que les malheureux se portent à des excès et afin d'avoir un: prétexte de les punir d'avoir soutenu la Révolution, que les 750 députés étaient autant de tyrans, qu'ils Tétaient autant et plus que le ci-devant qui étaient à la tète du gouvernement ; que, si le pouvoi ^ exécutif ne mettait fin, il faudrait bien que le peuple se fît justice lui-môme; qu'il était horrible de voir d'un côté le peuple manqua de tout, et de l'autre ses représentants nager dans l'abondance. 0^ a entendu des femmes dire, à la place Maubert : « On désarme nc^ hommes, mais ils ont encore des bâtons; nous y mettrons nouss^ mêmes des lames de couteau; cela fera plus d'effet que des pétitions^
381 DIRECTOIRE EXÉCUTIF [13 novembre 1795]
Beaucoup de marchands de comestibles el autres choses de première nécessité refusent de vendre pour des assignats; ils veulent de Targent. Les assignats de 400 livres surtout sont tombés dans le plus grand discrédit; personne n'en veut. On dit que le gouvernement a escamoté aux habitants de Paris une journée de subsistances, mais que cela n'en restera pas là. Sur les sections du Temple et des Gravilliers, la plus grande partie des ouvriers n a pas travaillé, faute de pain; à chaque instant, ils allaient chez les boulangers, et en sortaient désespérés de voir qu'ils étaient obligés de s'en aller les mains vides; ils se rassemblaient et disaient entre eux qu'ils commençaient à être bien las de ce manège, que Ton faisait tout cela pour les faire lever, comme au iO août : « Nous voulons la République, disaient-ils, mais avec elle nous voulons du pain. » Quelques malveillants circulaient autour de ces groupes; un d'eux a élevé la voix et a dit : «Vous voyez; voilà les fruits de la journée du 13 vendémaire; ils nous tiennent maintenant.» Rien n'a été répondu par les Ouvriers, qui se sont séparés.
Commerce, — L'on s'est transporté hier, sur les une heure, à la place <3u Palais-Egalité, où l'on a forcé les marchands à livrer leur pain à **aison de 3 livres la livre; un d'eux s'y étant refusé, voulant le ven- ^Ire 45 à 50 livres, a été pillé ; on a fini par casser les tables et emporter les morceaux. Le calme étant revenu, un marchand est ^aru sur cette place et a effrontément vendu son pain à raison de ^^ livres la livre, en disant au peuple qu'il le paierait 100 livres aujourd'hui. Un de ces marchands s'est présenté ce matin sur cette lème place, a vendu son pain à raison de 50 livres la livre ; la vente s'est Vaite en un instant. Le pain n*a point été délivré hier sur la section ^es Plantes, ce qui a occasionné beaucoup de murmures. Aux marchés ^u pain de la porte Marceau et de la place Maubert, aucun marchand Ott'a étalé hier après-midi. Ce matin, il n'y a de pain sur aucun marché *
(Arch. nal., F * « III, Seine, 17.)
Gazette française du 23 brumaire : « Paris, le 22 brumaire, — Le pain hausse tous les jours de prix; il était hier à 30 livres, et Ton parle d'une nou-
1. Ce rapport n'est pas signé, mais il y en a une brève analyse, signée Hou- DEYER. Il émane donc bien de la Commission. — On trouvera dans le môme carton un « Bulletin du 3« bureau, police de Paris », non signé et subdivisé ainsi : Arsenal^ Assignats, Subsistances , Distributions^ Menaces ^ Filles publiques.
i'A NovEMBHK 1795; DIRKCTOIRE EXÉCLTIF 3%t
\('\\o aujçincnliition. Oitc rhorlr oxcossive, jointe aux retards dans la distri> l)ulion jourrialiiTe, fait iminiiurer la classe dos indigents, devenus en graxid nombre. On assure qu'il y a «mi hier des rassemblements dans divers quartiers. <JueI(|ii('s malheureux, égarrs ]iar le besoin, parlaient même de pillage, n est temps que le Directoire, sur lequel tous les yeux de Tespérance et de ramlulion sont fixés, prennt» des mesures qui déconcertent les agioteurs, et adoucissent au moins, s'ils ne peuvent couper court aux maux affreux que les rij;ueur> de la saison vont rendre de plus en plus intolérables. C'est principalement sur Tailministration des subsistances que plusieurs journaux appellent la surveillance du Directoire. » — Courrier français du 23 brumaire r <« Du 22 brumaire. — Les scellés apposés sur les presses du Courrier républicain ont été levés. Le ministre de la justice, dans sa lettre aux imprimears <le cette feuille, leur déclare qu'il a signé Tordre de la levée des scellés « comme ministre ne connaissant que la loi, et dévoué sans réserve à son <( exécution stricte et littérale, ►> — Journal du Bonhomme Richard da 23 brumaire : « Paris, 22 brumain?. — Des cabriolets à la Bourse, fort élégants, et des savates fort chères pour le pauvre; des louis montant si haut, si haut, qu'un jour, qui n'est pas loin, ils se casseront le cou; des nouvellistes dans tous les cafés, (|ui barbouillent (sic), ])arlent des armées comme s'ils les voyaient, prennent des villes comme des bavaroises, et donnent des places de finances à faire dormir debout; des chiens qui ont le ventre creux comme des réverbères; des adonis sans patentes, qui lampent pour 1,000 francs d'hullrcs à déjeuner; des tripoteuses qui vous font les yeux doux à (2 sols la pièce en numéraire et à 20 francs en assignats; des revendeurs qui recèlent jusqu'aux enfants au marché des Innocents; <les marchands de vin qui, de peur de ne pouvoir plus baptiser leurs tonneaux, seraient bien fâchés que la rivière fût à soc; des boutiques fermées le dimanche sous prétexte de dévotion, parce que les marchandises qu'on ne vend i)as la veille se vendent plus cher le lendemain ; la inémo nian'handise passant et repassant par cent mains dans un jour; la peur de la démonélisalion des assignats (qui ne se fera pourtant pas, qnoi([u'en <lisenl les lrafi(iuanls d'ori, faisant .acheter leurs louis, leurs maidits LOUIS, tout ce qu'ils veulent; le diable et les capitalistes désespérés des projets vigoureux du gouvernement; le pain à 30 livres, quand il y a des montagnes de blé (|ui finiront par aller au moulin, malgré les Chouans et les avares; la -■ chan(h»llo plus chère que la cire, quoiqu'on n'ait plus de grands cierges aux .s-s enlenonienls; des voleurs qui ont eu le secret de trouver avec une pince de — z^.e
beaux dianianls, dans la mine du secrétaire d'un citoyen; des intrigants cou jg:^'
rant les belles places, comme les chiens après les lièvres; un Directoire (\\i^ Mz^mi\ n'a i>as la baguette d'une fée, mais qui aura la massue d'Hercule; gare le^^^rz^a aiïameurs, les fripons, les anarchistes, les fanatiques et les royalistes! >>
383 DIRECTOIHE EXÉCUTIF [U .novembre 1795]
Rapport de la commission du 24 brumaire.
Esprit public, — Les esprits sont plus calmes ; il n'est plus question de pillage. Les regrets s*exhalent au contraire sur le mouvement qui y a donné lieu. Quelques ouvriers et quelques femmes se rassemblent encore pour épier l'occasion de voler le pain, mais l'audace nécessaire leur manque et la situation de la masse générale, son opinion actuelle, sont les meilleures sentinelles pour la conservation des propriétés des marchands de pain. On a remarqué, dit un de nos rapports^ des militaires soldés qui cherchaient encore à agiter le peuple et à le provoquer au pillage, mais il n'en est rien résulté. La mesure prise par le gouvernement pour faire payer par les cultivateurs et propriétaires 250,000 quintaux de blé, à valoir sur leurs contributions en nature, a seule rappelé le calme et la confiance. Ceci est une vérité constante, qui fait voir clairement que, pour peu que le gouvernement s'occupe ostensiblement et vigoureusement d'améliorer le sort du peuple, il est très disposé à rester calme et môme à souffrir avec patience. En vain le royaliste voudrait lui ôter ses bonnes dispositions; en vain il voudrait lui faire perdre le fruit de tant d'années de peines et de sacrifices : le peuple ne voit dans le royaliste que son ennemi juré et la harpie qui salit et dévore ses subsistances ; et ses espérances sont dans les gouvernants, dont les efforts et le but sont le bonheur et la félicité publique. Le comité général, qui doit aujourd'hui s'occuper des finances, donne aussi de bonnes espérances et du calme. L'agioteur attend en silence et est aux aguets. Le peuple espère qu'il résultera du travail du comité une baisse dans toutes les marchandises et un surhaussement des assignats.
Dans les conversations qui se tenaient à ce sujet, on désirait que le Lié seul fût la base de toutes les valeurs, et non l'or ou l'argent; qu'à cet effet le blé fût déterminé à un prix invariable, et que toutes les autres marchandises, même l'or et l'argent, qui ne sont et ne doivent être que des marchandises, seraient subordonnées à la valeur du blé. Ce raisonnement était fort goûté et assez généralement. Mais l'on soutenait d'un autre côté qu'il fallait la paix pour se bien tracer une ligne juste et invariable en finances, et qu'il fallait retirer une grande
[14 novkmbre 1795] DIRECTOIRE EXÉCniF 3»
partie des assignats. L'opinion générale n'est pas éloignée de cette idée, qu'il faut que chacun fasse un sacrifice, mais tellement ordonné que chacun ne puisse perdre qu'au prorata de ce qu'il tient; et de là les portefeuilles des capitalistes agioteurs ne sont pas épargnés. On désire encore le rétablissement de l'impôt indirect, tel que celui d'entrées, comme étant utile pour le gouvernement et peu gênant pour le consommateur. Les agioteurs et les marchands n'étaient pas du tout d'avis de ces plans et ne partageaient pas ces raisonnements. Spectacles. — Toujours pleins et assez tranquilles. Le Vaudeville seul s'agite, et quelques sifflets se font entendre, lorsque Ton joue l'hymne des Marseillais. Cependant ces siffleurs honteux sont vertement rappelés à l'ordre parles amis de la tranquillité et du bon ordre.
[Commerce. — Presque toutes les distributions de pain se sont faites le soir ; quelques scclions sont arriérées d'un jour, et on ne distribue plus de riz. Aux femmes, qui se plaijçnaicnt, des soldats disaient : « Prenez des pavés i)Our enfoncer les portes des boulangers. » On a arrêté un de ces soldats, mais il a été délivré par les mêmes femmes. Grand désordre et confusion * la Halle ; on demande de prendre des mesures pour arrêter le mécontentement.]
Hannocque-Guérin.
(Arch. nal., P^ » Mlï, Seine, 17.)
Autre rapport du même jour *.
Mœurs et opinions. — Le café du Caveau était rempli de citoyen^^^ et notamment de beaucoup de jeunes gens habitués du café d^ " Canonniers, fermé depuis quelques jours. Le maître du café du Gavea ^ témoignait ses inquiétudes sur cette cohorte de jeunes gens, qui s'e^^ tenue cependant sur la réserve. — Hue Honoré, des particulier assemblés disaient : « Si l'on continue de faire la guerre aux riches^==^ nous serons toujours malheureux, parce que ces riches faisaient tra-^ vailler tout le monde. » Ils criaient : a A bas le gouvernement ! » -^^ Les citoyens de toute classe refusent de monter la garde, parce qu'il ^ n'ont point de subsistances ; les femmes sont les premières à en em pécher leurs maris. — Les sociétés des cafés Chrétien, Bains-Chino et chez Naï, rue Favart, sont composées de vainqueurs de la Bastille et autres patriotes de 1789; leur but est de rétablir une espèce société pour le maintien de la République. Les cafés du Palais-Ég
1. ('o rapport est intitulé : Rapport du bureau de surveillance. II n'est signé, mais il y en a une analyse signée IlANNocQrE-GuÉRix.
DIRECTOIRE EXÉCUTIF [14 novembre 1795]
taient hier remplis de citoyens ; on s'y entretenait de la cherté ubsistances ; chacun donnait ses moyens pour faire cesser cette se; les conversations, en général, tendaient à attendre patiem-
le résultat des opérations du gouvernement, qui s'en occupe
ce moment.
/mmerce, — Le pain, chez les traileurs, se vend 36 à 40 livres. — Les 'urs de bois exigent 2a livres par voie. Prix dû bois: 1400 livres la voie. ande manque dans certaines sections. A la Halle, les prix sont inabor- ^s; on voit des mères de familles s'en retourner chez elles en pleurant, ne antrien acheter.]
(Arch. nat., F»cIII, Seine, 17.)
Rapport présenté au ministre de l'intérieur.
1 milieu des maux et des souffrances qui exaspèrent le peuple, ies vœux, tous les suflFrages hâtent Faction et la sévérité du gouement, pour nous faire sortir du chaos où nous sommes plongés. >pinion publique indique comme urgents les changements dont éprouve le besoin. Elle demande : 1® Qu'on s'occupe, sans délai, Serrer les mains des cultivateurs qui retiennent les subsistances, ne les paie au poids de For et hors de proportion avec le prix Uitres marchandises. Elle applaudit bien sincèrement au décret îr relatif aux 250,000 quintaux de grains', mais elle désire qu'il soit pas de ce décret comme de tant d'autres, qui n'ont pas été à exécution, â® Elle regarde aussi comme très urgent de s'apler à la prompte amélioration du système de nos finances; elle *e qu'on s'empresse de diminuer, ou pour mieux dire, annuler la ïure partie des assignats, qui ne sont plus reçus à Paris qu'à >n d'un pour cent, et qui valent bien moins dans certains départe- Is. 3® Elle appelle une réforme sévère sur toute espèce de régie, articulièrement sur toute espèce de commissions et d'agences de islances, de commerce, charrois, transports, etc., regardant tous établissements comme composés d'ignorants, de dilapidateurs, oleurs impudents qui, aux yeux du public, enlèvent ou détério- - les efTets de la République et font en peu de temps des fortunes idaleuses.
€s femmes, qui poussaient des cris de désespoir en voyant écrit
" s'agit du décret du 22 brumaire an IV, ordonnant que, pour aâsurcr l'ap- 'sionncnient de Paris, il serait perçu, par voie de réquisition dans les dépar- -'its environnants, 250,000 quintaux de blé, imputables sur la partie de ^^ t payable en nature.