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Rapport de la Commission du 7 frimaire.
Esprit public. — La misère est à son comble ; les rues de Paris ofTrent le spectacle douloureux de femmes et d'enfants affaissés par le besoin ; les hospices ne seront bientôt plus assez vastes p<jur contenir la foule des malades et des malheureux. La misère et la fain^ sont sur le point d'étouffer leurs voix; si elles se ranimentjusqu à présent, ce n'est que pour faire entendre de longs murmures contre le gouvernement. Des plaintes sont entendues de toutes parts contre la mauvaise foi des boulangers. Le bois et le charbon sont montés a un prix inaccessible : le charbon est à 300 livres la voie; sous peu Je jours, disent les marchands, il sera à 500 livres. L'assignat est nul aux yeux du marchand, et, nonobstant les effets du gouvernement, » est à craindre que bientôt il ne soit publiquement refusé. Voilà la situation de Paris à l'égard de ses subsistances et de la valeur de l'assignat. Au tableau de cette misère nos rapports n'opposent que la cupidité, l'avarice, la dureté du marchand. L'égoïsme est aux prises avec la misère, le luxe avec Tindigence, l'abondance avec le dénuement le plus absolu. Le nœud est tellement serré qu'il est prêt à
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mpre ; quel sera Teffet de cette rupture? Dans les groupes, on n'enid que des regrets du régime de Robespierre, on parle de Tabonjice sous sa tyrannie et de la misère sous le gouvernement actuel, agiotage semble se présenter sous des formes plus hideuses que les hafauds dressés il y a deux ans par la barbarie. Le royalisme s'élève rec audace. Le bruit court de la destitution de Pichegru. On parle un rassemblement qui a eu lieu faubourg Saint-Denis. On dit que, ! huit heures à neuf heures du soir, on voit entrer plus de cent pernnes qui se réunissent dans une maison qui parait être au haut du ibourg. — Le louis est augmenté; les marchandises sont encore
delà de sa valeur. Le sac de farine est à 20,000 francs. Le pain, s rare chez les marchands, se vend 60 francs la livre* — Le plan
finances occupe beaucoup ; le système des cédules ne parait pas voir opérer un grand bien. On craint toujours que le possesseur de aucoup d^assignats ne s'en serve pour continuer Tagiotage, qui est
seul ver rongeur des subsistances du peuple. Au surplus, dans toutes •s conversations où la situation des finances est examinée, on Dmple beaucoup sur le zèle et les efforts du gouvernement. Cepenant, il faut Tavouer, on tient à des mesures répressives et à Texamen es grosses fortunes qui se sont faites en si peu de temps et qui ne vivent leur origine qu*au brigandage. . .
[Commerce , — Trois voilures, seulement, de pommes de terre, qui se ndaicnt 160 et 200 livres le boisseau. ... ]
HOUDEYER.
(Arch. nat., F » « III, Seine, 17.)
Rapport au ministre de l'intérieur.
On a toujours remarqué que Tesprit public, dans les campagnes ;s environs de Paris, était tout au moins très équivoque. Les obseritions qu'on a faites à cet égard se vérifient tous les jours. Les derères élections ont eu le sort des précédentes. Les officiers nommés it notifié leur refus ; c'est le quatrième essai. Ce n^est pas seulement ^puis la nouvelle Constitution que les habitants des campagnes dé« înent les fonctions publiques ; leur dégoût pour le nouvel ordre de loses s'est constamment manifesté depuis le 9 thermidor. Sous Tanen régime de la Terreur, les uns cédaient à la crainte, les autres aient alléchés par Tappât des dilapidations, du désordre et de la tynnie. Depuis la chute de Robespierre, les premiers se sont retirés ir une suite de leur indifl'érence ; les autres, parce qu'il n'y avait us de pillages à exercer, plus de brigandages et d'exactions à com-
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mettre que dans le commerce des subsistances. Plusieurs fois on a été forcé de renouveler les autorités constituées; le désordre et l'abandon n'ont fait que s'accroître. Lors du dernier renouvellement fait par André Dumont •, ce représentant a senti la nécessité d'introduire dans ces autorités des sujets actifs et sincèrement amis de la République. Les anciens membres conservés ont toujours éludé de se réunir aux nouveaux. Il n'y a pas d'exemple que Ton ait pu parvenir à rassembler une seule fois le conseil municipal ; il y a même des communes qui sont sans maire depuis plus de trois mois, soit parce que ceux qui y étaient n'ont pas voulu continuer leurs fonctions, soit parce que les nouveaux n'ont pas voulu obéir à la réquisition d'André Dumont. Des représentations ont été faites aux administrations de districts. Ces administrations, aussi mal organisées que les municipalités, mécontentes de leur suppression prochaine, ont mentalement applaudi à cette défection des esprits. On doit au moins en juger ainsi d'après leur inaction. On a essayé de faire parvenir des observations aux Comités ; la faiblesse du gouvernement les a rendues inutiles ; elles sont restées sans effet. On peut regarder comme certain que, sans la vigilance et l'activité des nouveaux membres introduits par André Dumont dans les autorités constituées du département extra muros^ les recensements n'eussent pas été faits, aucune loi n'eût été promulguée, aucunes notes relativement à la contribution en nature n'eussent été expédiées, tous les grains eussent été soustraits, etc. Il n'est peut-être pas inutile d'observer au ministre de l'intérieur que les habitants des communes environnantes ne se sont pas bornés à cet abandon de la chose publique, mais qu'ils ont eux-mêmes provoqué la dissolution de l'ordre social en sollicitant des agents ou préposés de l'Agence des subsistances des enlèvements de grains. Effectivement, des marchés simulés ont été faits avec de prétendus agents, munis de soi-disant pouvoirs, lesquels n'ont pas été visés. Des représentations ont été faites au Comité de salut public, communiquées par des commis infidèles des bureaux aux parties intéressées, et des lettres, tant de l'Agence que du Comité, sont parvenues à ces mêmes parties intéressées en minute, avant même qu'elles eussent été adressées aux > autorités constituées réclamantes. Au moyen de cette collusion cri — i minelle, des enlèvements ont été faits. Des voituriers se sont pré— ^ sentes avec des voilures de l'administration, avec des destinations .^c pour le magasin de l'École militaire, etc.; on les a suivis ; on les is. vus changer de route, décharger en chemin, etc. On a écrit aux Comf
1. 11 s'agit, comme on le verra plus loin, des communes suburbaines dudépa^r-tcmenl de la Seine.
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)s : tout a été intercepté dans les bureaux ; au moins est-il vrai que )ul est resté sans réponse. Tel est exactement Tétat de choses au loment où le ministre de Tintérieur prend les rênes du gouvernelent. Il ne doit donc pas être surpris des obstacles qu*éprouvent tant organisation des agents municipaux dans les communes, que celle es chefs-lieux de canton. II peut regarder comme certain, d'après la ésertion des non- cultivateurs, en raison du défaut des subsistances, lie cette organisation ne se fera que par la voie de réquisition. Encore aura-t-il à lutter sans cesse contre la faiblesse, Tinsouciance, Fignoince, la répugnance et la corruption des fonctionnaires, à moins que choix des commissaires ne soit excellent et qu'ils ne soient investis une autorité suffisante pour activer les administrations et leur en iposer.
(Arch. nat.. F* «111, Seine, 17.)
Autre rapport au ministre de l*intérieur.
On a distingué, parmi les articles réglementaires de la Société du mthéon, ceux qui suivent : « Il y aura un orateur et un vice-orateur argés de maintenir Tordre et de faire lire les papiers publics, de cueillir ceux auxquels la réunion sera abonnée et ceux que chaque dividu pourra journellement apporter.» — « V orateur et le viceateur seront changés alternativement tous les quinze jours. » — On s'y occupera de questions politiques. » — « Cinq membres proseront les matières à traiter dans la réunion. Une commission, com- )sée d'abord des cinq premiers membres inscrits, sera renouvelée utes les décades. » — « Les observations qui seront recueillies seront ivoyées aux écrivains patriotes, etc. » — a La présente organisation ra imprimée et distribuée à tous les membres de la réunion; la inute sera signée d'eux tous. »
Dans la séance d'avant-hier soir, cette Société, qui se dit seule lie du peuple et de la République^ s'est occupée de la rédaction jne seconde adresse au peuple pour lui demander la prompte exétion de la loi du 3 brumaire, et le renouvellement des Comités rils et de bienfaisance, en attendant la nouvelle nomination des unicipalités. Dans la séance d'hier soir, ces seuls amis du peuple et
la République ont signé individuellement cette adresse au Direcire exécutif.
Léonard Bourdon, étant arrivé à Melun, a rassemblé une troupe
terroristes et s'est livré avec eux à des orgies, dans lesquelles les
membres du Directoire ont été affreusement calomniés et les mini^. très traités de contre-révolutionnaires. CiCS terroristes et leurs che/s s'assemblent secrètement et correspondent avec le café Chrétien. On est singulièrement étonné que le gouvernement n'empêche pas la réunion de ces hommes dégoi'^tants de crimes, et Ton est encore plus surpris de voir Léonard Bourdon à la tète des subsistances
Les raisonneurs prétendent que la disette des subsistances n'a
lieu que parce qu'elle est Touvrage d'un parti caché derrière le rideau, et qui se montrera alors que le peuple se soulèvera. Peu de pain sur les places; les marchands le vendent actuellement chez eax<« parce qu'ils craignent d'être pillés.
Les plaintes, les imprécations contre la République sont toujours les mêmes, aux portes des boulangers et dans les groupes. — Toull^ monde paraît persuadé que le Directoire veut retirer aux Parisien.'^ la distribution quotidienne du pain
Au théâtre de la République, hier soir, le public a applaudi dan ^ les Deux Amis tout ce qui touchait la morale privée et les mœur^"^*^ publiques.
Café Chrétien. — Le local qu'on cherche pour la Société du Pan— ^^ -** théon parait, jusqu'à ce moment-ci, n'être connu que des chefs. On ^^ parlé de la destitution de Pichegru, et Ton a déchiré Merlin (d^-*^^ Thionville), à qui on attribue la cause de cette destitution, parct» ^^^ qu'il est r(>yaliste et que Pichegru est patriote. On a assuré que de? ^^^s députés disaient partout que, sous trois jours, le pain vaudraiî'-^^^ 1(K) livres. Les sociétaires envoient des émissaires dans les fau-^-^" bourgs pour y agiter les esprits ; doux de ces derniers sont veni»^-^' "^^ annoncer ce soir que les ouvriers étaient décidés à faire un coupar -P« Cette nouvelle a été accueillie avec transport. On voit évidemmen -^r^tt par les propos de ces patriotes exclusifs, que les fondements de ia
nouvelle Constitution vont être sapés. Des militaires sont entrés dar^ — tns ce café, en jurant de ce que beaucoup de soldats n'avaient pas eu * de pain hier; à ce discours, ils ont été invités à se réunir au peuple, (f lui ne veut plus des royalistes déguisés qui ont été mis en place.
Des femmes criaient ce soir qu'il fallait un roi.
Il y a encore un rassemblement de Jacobins, dans les environs de
Sain t-Jaccjues-la -Boucherie et la rue des Arcis; on n'y entre qu'a" vec des billets d'invitation imprimés.
On a trouvé dans la rue Cassette un placard sur lequel étaient c linq
potences, assez bien dessinées, avec l'effigie de cinq individus ; on
lisait en gros caract^TC : Directoire exécutif. (Arch. nat., F»<^I1I, Seine, 17.)
DIRECTOIHE EXÉCl TIF [28 .novembre 1795J
Journaux.
Gazette française du 7 frimaire. — « On parle de nouveaux clubs où se -ndent ceux que Tanmistie de la Convention a rendus à la liberté. Le chef- <>u, le point du départ est, dil-on, le café Chrétien. Louvet a adressé aux labiiués du café des exhortations à la paix et à la concorde et surtout de déouemcnt sans bornes à la République. II est question de plusieurs autres lubs qui n'ont point encore de correspondance aussi publique que le café 'hrétien, mais qui, dirigés par Barère, Amar et quelques autres personnages le Ce genre, laissent assez entrevoir leurs intentions ultérieures. »
Rapport de la commission du 8 frimaire.
Esprit public, — Les murmures se répètent de tous côtés sur la misère et la disette du pain. Les propos les plus indiscrets, les menaces les plus violentes se manifestent. Le pillage s'est opéré chez un marchand de pain, faubourg Denis; les vitres de sa boutique ont été cassées; cependant ceux qui s'étaient permis cet excès ont, par jne espèce de pudeur, payé le pain qu'ils ont enlevé sur le pied de 15 livres la livre. Le voisinage, effrayé, a craint pour la violation de ^es propriétés. Le peuple, témoin et acteur de ce brigandage, disait lautemcnt que le temps était arrivé de prendre partout où il trouverait de quoi subsister, puisque le gouvernement ne s'occupait pas de 'objet le plus important, celui de pourvoir à la subsistance de tous, rAT les moyens qu'il a en son pouvoir. Les fermiers, les boulangers, Agence des subsistances, les commissaires des Comités de bienfaiance, sont en butte aux menaces qui se profèrent de toutes parts. Il ;sl à craindre qu'un mouvement général n'ait lieu, et qu'il ne soit [irigé, tant par la misère que par la malveillance, contre tous les narchands et les fermiers, qui sont traités de vautours, — Dans les croupes, dans les cafés du Jardin-Égalité, dans les conversations qui >'v tiennent, la plus grande défaveur est jetée sur le gouvernement. 3n ne parle plus que de sa mollesse, de son incurie ; on disait qu'il semble désirer une insurrection ; on ajoute qu'il vit très heureux au sein de l'abondance, tandis que la famine ronge la classe la plus nombreuse de gens qui ont fait tous les sacrifices pour le maintien
[28 NOVEMBRE 1795] DIRECTOIRE EXÉCUTIF m
de la Révolution. — Si quelques citoyens veulent détourner l'efife t; de ces plaintes et murmures, en représentant le gouvernement occiip^ d'améliorer le sort de la France, de chercher les mesures les x>Iu« efficaces pour réprimer et détruire Tagiotage, rappeler le commerce à sa véritable institution, ils sont honnis et menacés ; on les taxe d'être payés par le gouvernement pour enjôler le peuple. De 1& les provocations au pillage et même à l'insurrection. L'afOche de Boises}' d'Anglas, relative aux subsistances, est conspuée par tout le mondai et les épithètes les plus infâmes lui sont distribuées. L'ancien go^jMvernement n'est pas épargné; le nouveau n'est pas plus favorable" ment traité. Les noms de Robespierre, Billaud-Varenne sont répét avec complaisance. La situation du commerce et des finances, soi cette tyrannie, est présentée sous des couleurs très favorables, lier ^ aisé de voir, par cet extrait exact de nos rapports, que l'esprit publ:^^ n'est rien moins que bon. Si le peuple semblait voir un terme ac^ maux qu'il endure, il est facile de croire qu*il abandonnerait bienti * les maximes qu'il professe. C'est à la sagesse, aux efforts et au bonnes intentions du gouvernement à faire cesser ces tumultueu opinions, et à attacher solidement à la République cette classe nom breusc et soufl*rante qui ne laisse jamais échapper le mot de royauti dans ses plaintes, tandis que l'agioteur opulent et engraissé ne rêv( que contre-révolution et monarchie.
[Spectacles. — Hruil au Vaudovillo ot aux Variétt''S du Jardin-Égalité; coi plels applaudis ot sifllrs. Lo cahnc s'est rétabli par des couplels patriotiqu( jçénéralenieut applaudis. — SinTeillfiiicc, — l.es malades affluent dans 1< hosjuees. — Pain. — Les fcuiuies ont obligé les boulan{i:ers do cuire le soi — ï^» ])ar suite de la (lislribullon tardive des farines. Désordre ci scandale jusqu^^B^ *^ minuit. — Commerce. — Les choux vendus 15 francs j>ièoe ; les caroll 12 et 14 franes la botte ; les pommes de terre rouges, 230 francs le boisscai
HOUDEYER.
(Aroh. nat., F* « IIL Seine, 17.)
Extrait des rapports particuliers.
Mfpurs et opinions. — En général, TafTiche de Boissy-d'Anglt ^ -^^*' contenant sa justification relativement aux subsistances, ne fait py P^^ forlune; on dit après l'avoir lue : « Bah î c'est un coquin qui nc^ M^ons trompe comme les autres.» — Le calombourg fait sur la démonétisr M -i^*' lion d(îs 500 et des 250, a produit dans le peuple TefTet de lui p» ^rz^^^' suador (pie les assignats do 500 et de 250 livres ne valaient plus rie^ •^*^' en conséipienco, [dusieiirs per>onnes font des difficultés de les re ^^^^^"
DIRECTOIRE EXÉCUTIF [28 novembre 1795]
- Le mécontentement du peuple est à son comble ; la faim, la î et le froid Texténuent ; il est impossible de calculer jusqu'où de ce mécontentement peut aller. — C'est un bruit commun, ms huit jours les assignats ne vaudront rien du tout; on désire le cetle mesure, si Ton ne doit pas trouver de moyens de leur r une valeur réelle. — Une des choses qui irritent les femmes ns les sections manquant de pain, forment queue aux portes des gers, c'est que les sections Le Peletier et de la Butte-des-Mouui se sont insurgées contre la Convention^ ont toujours eu réguent leur distribution journalière, à ce qu'elles disent. — Le ;me se lève avec audace. — Le bruit court de la destitution de ru. — Saisie de deux ouvrages pamphlétaires; Tun est VHisde la Révolution du 10 août, Tautre VHisioire des Jacobins. ts décernés contre les imprimeurs.
Rapport au ministre de l'intérieur.
^it des journaux. — Plusieurs journaux renouvellent leurs réions contre la loi du 3 brumaire. Le Républicain joint à Tappui mparaison de cette loi avec la Constitution, et fait voir combien i est opposée. — On lit dans le Bonhomme Richard que la des chansons continue entre le militaire et les citoyens, et que il s'en est suivi des rixes, qui appellent toute la surveillance torilcs constituées; que les cafards et les fanatiques font cire faux décrets et de faux arrêtés, signés de prétendus repré- Is du peuple, pour engager les idiots k faire rouvrir les églises nistres du culte qui ne veulent pas reconnaître la République, blir des confréries de pénitents, de masques, de vauriens et de ids bénits. — La plupart des journalistes déclament toujours la cupidité des cultivateurs, et appellent la sévérité du gouverl contre ces affameurs inflexibles. La Gazette nationale cite une ue ces avares emploient pour éluder la loi qui les oblige d'aponner les marchés. Ils envoient à la Halle, dit le journaliste, tain nombre d'habitants de leur commune , déjà approvi- », auxquels ils distribuent d'abord la plus forte portion de leurs
sous prétexte d'à-compte sur ce qui leur est di^ en nature, ur les travaux de la moisson, soit pour leur service courant, insi que le pauvre citadin voit une partie de sa portion enencore paie-t-il fort cher celle qu'on veut bien lui laisser. Car imes apostés font le cours du marché en ouvrant les prix, et
bien qu'ils les portent le plus haut qu'ils peuvenL — Le Cour-
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rier de Pains dit qu'il y a des rassemblements nocturnes chei ut^ nommé Cardinaux, à l'Estrapade, près le Panthéon français, où \0^ a vu entrer Barère, qui probablement met en délibération les moye^^** de nous tailler de nouvelles Carmagnoles ; que cette Société mère ^ pour affiliés des conciliabules qui se tiennent nuitamment aussi ^m — ^ café Chrétien et au café des Bains-Chinois; que le vénérable Vadie malgré le poids de ses soixante années de vertus, se traîne tous l soirs à TEstrapade et qu'il a été nommé président de la nouvelle ciélé, qu'on assure avoir déjà une correspondance très active, qi»- < Tex-conventionnel Cambon a été élu tout d*une voix contrôleur gcî3néral des finances de ces patriotes par excellence, qu'il a été nomnM. ^ même officier municipal de la ville de Montpellier, sa patrie. (^ e journal dénonce aussi les dépenses énormes et scandaleuses que for"»t dans les prisons quelques aifameurs du peuple, qui sont sub has^ ^m. pru'loris. Voici encore une recette qu*il offre pour que les citoyeirz^s ne manquent plus de pain. « Prenez, dit-il, quelques douzaines cz^e fermiers; traduisez-les devant les tribunaux, qui scruteront sévèr cément leur conduite; que tous ceux qui seront convaincus d'avec- i'' affamé le peuple, en resserrant leurs grains, ou en ne les venda :^^^ qu'à un prix exorbitant, soient promptement punis de mort, et leu"^*^ immenses biens partagés entre tous les indigents du canton, qu'^c^^* ont ruinés; on garantit, ajoute-t-il, reflicacité de cette recette. » — • — On SI» plaint, dit la Gazette française, de la disette prolongée et ^■»- de rinquiélu<lc où le gouvernement laisse le peuple sur ses subsi .^^^' tances; on se plaint surtout de n'avoir du pain que de deux jours V ce qui réduit la portion journalière à six onces, et encore distribu à faux poid< ; et Ton s étonne que ce soit là le résultat des opcratio du nouveau gouvornenienl, sur lequel on fondait sa dernière esp ranco. — On se j)laint du défaut absolu de police, qui rend les impraticables, qui fait que cette grande cité n'est ni balayée, éclairée, ni ^^ardée; que les spectacles soient troublés par Tachar ment puéril mis à protéger certains airs de préférence à d'autres que ce soit le gouvernement qui jette lui-même ce ferment de dise sion, (jue les commissaires de police ne soient pas surveillés, et q maltraitent le peuple en lui refusant la subsistance et en protég ceux qui la lui volent*. » — A ces plaintes, le Courrier de VÉg ajoute aussi lu sienne. On se plaint, dit-il, que le pain ne nourrit |E^~'">a5, i\\u) l'huile ne brûle pas, que la chandelle n'éclaire plus, que les ih marchands sont trop fiers, que les commissaires de police ne font ^oKvs