‹ Paris pendant les deux siéges (volume 2)Chapitre 36 sur 77 · A PUOPOS DES CONDITIONS DE LA PAIX · texte numérisé non relu

A PUOPOS DES CONDITIONS DE LA PAIX

Depuis que nous avons écrit les lignes qui précèdent, les conditions de la paix ont été révélées. On les prévoyait dures et cruelles. Elles le sont !

A quoi bon se plaindre ? Puisqu'on a osé les pro-

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posera Versailles, et puisqu'on a osé les^apporterde Versailles à Bordeaux,. il faut que 1b refus paraisse impossible; et pour que le refus paraisse impossible, il faut qu'il le soit. Dès lors, un adoucissement ja^e serait qu'une grâce pire que le fardeau.

Soldons les comptes réunis de rEmpire et de la République, cesdeux fruits de 89.

Dans rÉcriture sainte, le roi Adonizebec, vainqueur de soixante-dix rois, à qui il avait fait couper les extrémités des mains et des pieds^ vaincu à son tour, est soumis au même sort. Se rappelant le temps de sa gloire, il dit : Sicut feci^ itareddiditmihi Deus ; comme j'ai traité les autres, ainsi Dieu ma traite.

JS[onorons*nous au moins par Ja sincérité de ce barbare, et ne demandons d'adoucissement qu'à Dieu.

Si nous sommes trop abêtis présentement pour nous reconnaître vaincus de Dieu et pour lui demander miséricorde, alors tâchons au moins d'imiter la fierté du sauvage attaché au poteau des tortures.

Pour notre part, c'est notre avis qu'il faut se tourner vers Dieu. Sans nous ôter le fardeau, qui est à la fois le poids de sa justice et le crime des mains qui nous l'imposent, la miséricorde divine nous donnera un esprit de force, de lumière et de repentance qui nous le fera porter noblement et fructueusement.

Nous paierons notre dette et nous attendrons l'avenir. Avec l'aide de Dieu, on peut rendre glorieuse la cicatrice même d'un «oufflet. .

Redevenons la France catholique : te compelle mtrare qui nous ramène dans la voie de notre vocation

PARTS VET^Am XE SIÈGE. 2M

abandonnée et méconnue, nous fera monter lÉipidement, car la vraie voie de la France est en haut.

A présent, la Prusse et l'Allemagne vont compter ensemble, et bientôt avec le monde. Sous le joug de la Prusse se multiplieront partout et jueque dans l'Allemagne les âmes et les nations qui auront besoin de la France catholique.

Voilà notre avenir, si nous le voulons.

Bordeaux, '2 mars.

C'est fait, nous voilà sortis des horreurs de la guerre... Nous entrons dans les horreurs de la paix.

Nous y entrons et nous y demeurerons jusqu'à ce qu^ nous sachions sortir de la Révolution. Mais pour savoir sortir de la Révolution, U faut d'abord le vouloir, et il n'est pas certain que nous en soyons même là. Jusque-là cependant en vain nous dirons paix, en vain nous achèterons la paix, il n'y aura point jde paix.

La vraie paix ne s'achète point à prix d'argent. Avec de l'argent on n'achète qu'une trêve douloureuse et douteuse. La vraie paix se conquiert. Pour conquérir la paix, il faut l'ordre, il faut la hauteur, il faut la droiture, la persévérance des volontés du ' cœur.

Que la justice et la paix s'embrassent, que Tune et l'autre s'affermissent dans ce baiser.

Donnons-nous une loi de miséricorde, mais aussi une loi de justice. U y a des hommes de mal que l'on peut excuser, mais qu'il faut écarter. Us sont ennemis de Tordre. Soit que leur ignorance se fasse uu droif des ténèbres morales dans lesquelles ils sonl nés et vivent, soit qu'ils méconnaissent volontairement et criminellement les conditions de la paix sociale, aucun accommodement n'est possible avec eux. Désarmons-les et écartons-les, afin qu'ils ne nous contraignent pas. davantage à ces détestables combats qui ne peuvent finir que par d'effroyables proscriptions.

Il ne faut pas continuer de décliner par l'emploi de la force ; il faut remonter au respect des lois.

Sur l'immense abîme comblé par l'amnistie, élevons le trône sévère de la justice.

Qu'ils soient absous, mais qu'ils ne puissent reparaître que repentants. S'ils refusent cette condition, qu'ils s'attendent à rencontrer des lois inflexibles et inexorables comme leur orgueil.

S'il n'en est pas ainsi^ la France aura enfin toucha les portes honteuses de la mort. Elle devra les franchir, et ce sera bientôt.

La miséricorde divine ne s'obstine pas à jamais contre l'obstination insensée et coupable qui refuse la vie.

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M<'in3 date.

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