‹ Paris pendant les deux siéges (volume 2)Chapitre 37 sur 77 · LE BILAN · texte numérisé non relu

LE BILAN

Cinq milliards à payer aux Allemands,

Quatre milliards environ de frais de guerre,

Une (Jette antérieure de quatorze milliards,

Le territoire honteusement amoindri ,

La gloire passée détruite.

Le désordre et la sédition partout,

Le bon sens public plus amoindri que le territoire,

La conscience générale plus dévastée que le sol, plus ruinée que le trésor, plus souillée que l'histoire ;

Pour contrepoids :

L'alliance politique, civile et religieuse de Gariialdi ;

Voilà le bilan des « immortels » principes de 89, dans la 82* année de leur règne.

S'ils vont de ce train, qu'espérez-vous de l'immortalité de la France ?

Et sous quels maîtres et en quelles langues les Français célébreront-ils le premier centenaire de leur « régénération ? »

2fe'4- FAillS HERDMir CE SIÉKCB.

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Bordeaux. 3 mai*s.

UN MOT SUR l' ALGÉRIE.

L'Algérie est en péril!. L'inBorreetioni que le& dernières nouvelles disaient éteinte, les nouvelles plus dernières et plus vraies la disent généraloi

Cette insurrection est le présent, particulier de M. Crémieux. Il l'a- déterminée par deux petits décrets qu'il' ai rendus en; se jouant à désorganiser la paix pendant que M. G«mbetta:iOiiganisaitla.victoiiie. Ces deux. décrets> dont Tuni bouleverse les condi** tions de la propriété et dont l'autre donne aux juifc le droit électoral, ont inquiété les Arabes sur leurs propres droits. Ils ont pris les armes.

Depuis longtemps l'Algérie civile appartenait en très-grande majorité aux. idées du. parti révolutionneire, lequel s'y montrait violent, irréligieux etidésorganisateur comme partout.. De. aoiLcôté, legouivemement l'avait» garnie- de fidnetionnairea et de petits employés qu'il n'aurait.pu déeemmentiourrer ailleurs, quoique sous ce rapport il ne se gênât nullement.

Le principe gouvernemental de T Algérie était de n'y point permettre l'acclimatation de la religion catholique. Là-dessus l'administration impériale et

ropposition [républicaine travaillaient d'accord et avec émulation.

On se souvient des difficultés véritablement imbéciles que le gouvernement, en dernier lieu, opposa au zèle intelligent et charitable de l'archevêque.

L'utile Crémieux est venu à point pour ajouter par décret ce qui manquait au mal, et pour détruire par décret une des rares mesures dont on pouvait attendrediibien,

Cen'eôl pas que M. Crémieux soit méchant. Mais le' pauvre homme est'vieux, avocat, révoltitioimaire, lîbre-penseur et juif ; et tout cela était si bon pour faire, un douzième ou un treizième de dictateur !

Dans le gouvernement de la défense nationale^. M. Crémieux était de ceux dont la/ présence rassurait les^ honnêtes gens modérés, les gens d'ordre et de bon sens, comme ils se nomment.

Envoyé à Tours, il a donc, pour s^occuper, expédié en Algérie ses deux, petits décrets réclamés par les révolutionnaires eépar les juifs, lesquels sentaient également le besoin de tondre les Arabes^ etil aainsi mis le feu aux poudres dans le moment le plus opportun.

Quant à ses amis les patriotes de l'Algérie, ils foati deaavances^ à d.' Angleterre; A leur avi»^ l' Angleterre s -entend' à coloniser beaucoup mieux que la Franoe; etleurs propriétés, arrosées de tant de sang français acquerraient une grande valeur, une fois couvertes du.paviUon britannique.

Bordeaux, 5 mars.

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