SUCCÈS MORAUX DE LA COMMUNE
LaCommime de Paris, combattue parmotre «rmée semble réservée à une prompte fin 'militaire. Les généraux Clusenst, Dombrowski.et autres ne îtioadront
PAR» PENDANT LA COMMl?NE. 3!t
pas cinq nnois, et tes « 'PriKsiens de Versailles, > leomme les nomme le canonnier îlochf^fort, feront ce quen'ont pu faire les 'Prussiens de Berlin : ils entrerontj'en dépit des fBmllets- de Rochefortle lantemier, «bon assassin de 'prêtres, faible soldat.
Cependant, la justiee veut que bjous ne méconnaissions pas les succès de la Commune. Elle en obtient, et d'assez grands. Elle est hautement flattée par des politiques qui ne manquent pasd'iraportance, les uns républicains, les autres bonapartistes. Ils lui promettent à peu^rès de fmre à peu près ce qu'elle veut, et ik sont en cela, selon nouSk.'plus sincères^ qu'ils ne pensent.
Du côté des républicains, on distingue M. Thiers^ M. lx)uis Blanc, M.Dufaure et M. -Henri Martin, qui vient d'écrire une lettre « émouvante » à laquelle Ve/ficie/Ae M. Thiers s'est rallié. Et l'on sait d'ailleurs si M. Thiers est républicain! Il en oublie la prudence, et même quelquefois le français.
Du côté des bonapartistes, il y a ce fameux prince Plon-Plon, l'ennemi de la calotte, sorte de Rochefort timbré de lacouronne impériale ; ert l'on distingue encore le publieiste Hugelmann, qui est une manière de Bîllioray.
■Entre républicains et bonap'artistes, il existe toujcnrrs, à travers le perpétuel échange de coups de poing, un certain accord, une certaine affinité que rien n'a pu dissoudre et qui «e manifeste par-dessus ou par-dessous les hostilités personnelles. On passe d-u3î bord à l'autre sans difficulté de conscience, à cause de l'identité findle du but. M. Thiers est bona-
partiste parce qu'il est révolutionnaire, et Bonaparte disait : Je suis la Révolution. Napoléon III, qui se donnait Tan passé pour l'homme de 92, a toujours admiré M. Thiers. Condamné à se jouer de M. Thiers, il s'est exécuté, ce qui empêche M. Thiers de lui rendre amour pour amour ; mais 92 est toujours le nœud, et M. Thiers, tout glissant qu'il est, n'y échappe pas. Il fait des fuites, il revient. Cela est plus fort que ceci. Malgré lui il crie : Vive la République, et sa perspicacité ne Tavertit jamais que c'est crier : Vive Bonaparte. Pas plus, du reste, que Boliaparte ne s'aperçoit que crier : Vive la Révolution, c'est crier : Vive la République et à bas la couronne. Il y a bien des confusions dans ces fortes têtes, qui ne sont pas fixées sur l'existence de Dieu, et qui ignorent la distinction du bien et du mal.
Vers la queue, les deux partis, républicain et bonapartiste, se confondent tout à fait. On est indifféremment l'un ou l'autre, et généralement l'un et l'autre. Or, suivant l'usage de tout ce qui est à l'envers, cette queue mène au socialisme.
De là le succès de la Commune de Paris.
Le prophète Henri Martin ne fait aucune différence entre Paris et ce qui s'est a])pelé la Commune, Au fond, pour lui c'est tout un, c'est la même chose, sauf peut-être quelque malentendu léger. Or, Paris est ft la tête et le cœur, de la France; » donc la Commune est la tête et le cœur de la France ; donc la France veut ce que veut la Commune. Si la France voulait autre chose, elle aurait tort. Mais la France, qui n'est que la marche charnue de Paris a tête
et cœur, » ne se donne pas un tort si grave. Par conséquent, il n'y a pas de division, et Versailles, le « rural » Versailles veut ce que veut Paris. Ainsi raisonne M. Henri Martin, approuvé de V Officiel de Versailles : ce Les idées qu'exprime avec tant de force et d'autorité Thonorable M. Martin ont déjà été plusieurs fois exprimées par le Journal officiel; mais il est bon (?) qu'elles soient répétées par les voix les plus autorisées au milieu de tant d'aberrations ! »
Cependant que veut Paris. — Écoutons le prophète autorisé :
« Paris, le vrai Paris^ répond M. Martin, veut deux choses : le maintien de la République en France et l'établissement des libertés municipales dans Paris. // a cru^ non pas unanimement^ mais en majorité , qu'on voulait renverser la République et refuser à Paris ses libertés. »
Voilà le malentendu. C'e§t peu de chose au fond, surtout à présent que le malentendu est réparé par la loi municipale provisoire^ laquelle sera amplifiée et consoUdée et donnera alors tout ce que « le vrai Paris » désire; c'est peu de chose, surtout depuis que la République est reconnue à Versailles comme la forme constitutive et définitive de la France. On ignorait sans doute un peu ce second point; mais M. Martin l'atteste dans sa lettre approuvée ; il en est témoin presque garant.
Qui peut donc empêcher la Commune de mettre bas les armes et de prendre l'ours de la République et de M. Martin, c'est-à-dire M. Thiers prolongé? A
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et s'il sait où il va, et même s'il sait où iL voudrait aller !
Une. graaide assemblée ne peut rester longtemps à mâcher ainsi le vidfe et à tâter ainsi la nuit. Il faut lui mettre quelque chose sou&la.dent, quelque chose dans la main. Elle»s*ennuie, elle s'irrite, elle soupçonne ;, les proBlèmes deviennent des fantômes. Ces divers mouvements méritent qu»'on y prenne garde. L'appréhension d'être trahie peut provoquer, au moment le plus inopportun, l'explosion qjie L'oa se flattait d'éviter.
Véritablement, poar tant d'honnêtes gens qui. ont tant de grands intérêts en jeu, sans compter la res^ ponsabilité de conscience et d'honneur qui les oblige d'y pourvoir ; pour ces propriétaires, pour ces industriels, pour ces pères de famille, pour ces représentants DU PEUPLE enfin, il est dur de n'être que des petits garçons menés sans savoir où, par M. Thiers^ escorté de ces trois autres ï^arisiens illustres, IVL Far vre, M. Simon, M. Picard!
Que font là ces trois génies de. la Bastille, le lampion à la main, le pied levé, habillés de leur gloire du 4 septembre et de la défense nationale, en d'aur très termes, absolument nus (sauf M. Favre,. qui porte en guise de feuille de vigne les petits papiers de M^ Millière)? Quelle monarchie ou quelle république nous veulent-il& donner? Quel honaeur nous sauront -ils rendre? Quels kitérêts respeclafcles peuvent-ils servir? Et, pour articuler le dernier mot de la conscience française, q^el' sentiment, hnnorabfe et fîe:cn'àlannent-U$ pas 7
PARIS PENDAiST LA COMMUNE. ÎM.O
M. Thiers sait certainement conduire une affaire. Il en aurait remontré à Scribe pour filer ces fines négociations où le grand vaudevillistes déployait ses qualités de diplomate. Scribe bâtissait deux, trois et jusqu'à cinq actes, sur 1^ question de savoir quel* prince épouserait enfin la princesse, et si la paix serait faite ou la guerre déclarée. Il y avait des rubans, des robes, des verres d'eau, des chambellans, des caméristes qui jouaient' de grands rôles ; le diplomate Scribe mettait tout en œuvre, venait à, son dessein, et la pièce était finie et le parterre conteut. Ainsi compte finir M. Thiers. Mai^ ce n'est plus le temps de jouer cette pièce-là, et le parterre indigné, sentant l'ennemi aux portes, menace de monter sur la scène et de chasser les acteurs.
Il faut trouver le secret d'occuper plus sérieusement et plus noblement les esprits ; il faut les élever àun point d'où ils voient venir autre chose. C'est véritablement trahir l'Assemblée de ne pas la mettre dès à présent en mesure dé se connaître elle-même, de savoir quels hommes elle possède, quelle, vue d'avenir la préoccupe^ et à qnelle forme définitive la France aspire. Brùlerons-nous toujours des gargousses uniquement pour avoir occasion d'^en fahriqjner et d'en brûler d'autres ?r
La France Vicut être constituée. Cela est nécessaire à tout ; nécessaire même,, peutrêtre, pour prendre Paris. Si l'opinion de Paris est îndrspensable à connaître, l'Assemblée peut s'écFairer dans Fétaf présent des choses*: les Parisiens,, hélas ! nTy mancgtient. jas.
28 avril.