FUNÉB AILLES DE L' ARCHEVÊQUE DE PARIS
Aujourd'hui Paris a entendu le canon. C'était pour annoncer les funérailles de T Archevêque. Le corps, quittant le palais archiépiscopal, est porté triomphalement à Notre-Dame ; ce corps, massacré il y a quelques jours contre le mur intérieur d'une prison, et enfoui avec d'autres à l'angle d'une lue 1 Demère lui marche la France , représentée officiellement par l'Assemblée nationale ; devant lui s'avance la croix, proscrite, à vrai dire, depuis neuf mois ; car le gouvernement régulier l'avait laissé chasser des écoles, avant que le gouvernement insuorgé la fit tomber du fronton des églises et l'arrachât même desautels. La croix revendique et reprend ses droits parle martyre. Il y a une voix du sang et du témoignage qui l'appelle impérieusement. Il faut céder^Dieulô veut. Les barricades s'abaissent, la passion du sauvage s'impose le frein, la passion plus rebelle et plus sourde du lettré s'impose le silence, la croix passe. Vous ferez demain comme il vous plaira, vous comprendrez ou vous ne comprendrez pas, vous changerez de voie ou vous continuerez dans votre voie mauvaise : mais voici un martyr, et vous laisserez passer la croix !
Il y a deux grandes palmes sur ce cercueil, deux
PAUIS PENDANT LA COMMLNE. 451
palmes immortelles. La palme de Tobéissance est unie à celle du martyre. Avant de mourir avec cette sérénité qui accepte et qui pardonne, l'Archevêque avait fait un acte de foi et d'humilité plus précieux même que sa mort. Entre la captivité du siège et la captivité de la prison, il s'est soumis à un décret de rÉglise qu'il avait combattu. C'est la gloire de sa vie, sa couronne plus resplendissante que la couronne de sang^ le triomphe de son âme sacerdotale. C'est par là qu'il a sauvé son Église, et qu'il obtiendra de Dieu pour son peuple un autre pasteur qui le gardera dans la foi.
Que la mémoire de Georges Darboy, archevêque de Paris, témoin de Pierre vicaire du Christ, et témoin du Christ, fils unique de Dieu, soit bénie à jamais!...
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