‹ Paris pendant les deux siéges (volume 3)Chapitre 17 sur 150 · SOUSCRIPTION POPULAIRE · texte numérisé non relu

SOUSCRIPTION POPULAIRE

Dés que les frais de cette érection provisoire auront été payés, la commission publiera le bilan de la souscription.

Le secrétaire trésorier,

A. ScilAFFER.

A Voltaire, souscription populaire, c'est sans doute ce que M. le préfet Chevreau a trouvé de plus modeste et de plus conciliant, par un reste d'épards

paris Vendant le siège. 29

pour la partie du peuple français qui n'a pas souscrit. Cependant souscription populaire étend à tout le peuple la responsabilité de cette canonisation. C'est un mensonge public que M. le préfet de la Seine a permis d'ajouter à un blasphème public. M. Chevreau avait le droit de s'associer au blasphème, c'est son affaire. 11 n'avait pas le droit de permettre le mensonge qui impute à trente millions de catholiques ce qui n'est que !e fait d'une cohue de libres penseurs, dont le plus illustre fut le risible llavin, mort millionnaire, sans que personue ait su ni lui-même s'il croyait ou ne croyait pas en Dieu.

Lorsque M. Chevreau, la semaine dernière, passa ministre de l'intérieur, nous l'avons traité d'administrateur intelligent. Nous nous hâtons de retirer cette parole hasardée. Ce que vient de permettre M. Chevreau n'est pas intelligent. Quand même il serait, en matière de religion, l'égal et le pareil de notre illustre ilavin, il ne peut pas ignorer qu'il existe en France des catholiques, des gens qui adorent ce même Jésus-Christ, tant et si ignoblement injurié de Voltaire. Il devait comprendre que l'érection d'une statue à Voltaire (et dans quel moment, grand Dieu!) leur serait une sanglante et abominable injure, et capable de jeter dans leurs cœurs non-seulement la colère, mais l'épouvante. S'il ne Fa pas compris, il est inintelligent. S'il l'a compris, il est inintelligent et quelque chose de plus.

Il faut avouer que le moment est dur ! On nous demande des prières et de la fidélité pour un gouvernement qui fait ériger une statue au blasphème, et

Fou nous présente d'autre part un programme de liberté dont les auteurs ne sont bien fixés que sur la nécessité de renverser l'autel, en attendant de lui substituer la guillotine. Et pendant ce temptr-là le sang coule, la France est envahie et le trouble est dans la rue, dans la bataille et dans les conseils.

0 Empire ! à République ! ni l'un ni l'autre v<H*> n'êtes et vous ne connaissez la liberté, ni l'un ni l'autre vous n'êtes et vous ne connaissez la patrie. Avec uoe égale frénésie l'un et L'autre vous reniez le baptême du peuple fraie.

Dieu prendra pitié de nous» La justice ne dépassera pas la miséricorde, nous ne serons pas flagellés au-delà du besoin de notre santé future, nous trouverons le breuvage salutaire dans la coupe du châtiment. L'amour de la patrie élève les cœurs au-dfessus des chagrins vulgaires. On veut bien être ruiné, on veut bien mourir. Mais ces choses abjectes et ineptes, mêlées aux choses tragiques, ces chaa&Ms avinées quand le sang le plus généreux arrose la terre, ces hommes d'Etat qui demandent des prières et qui autorisent le blasphème, ces blasphèmes sous la foudre qui tombe, ces assassins sur le pavé et ces orateurs à la tribune, toute cette révélation de la star pide multitude qui ne veut pas être sauvée, c'est cela qui tient les âmes sous la meule.

On étouffe et on est brové.

PAE1S PENDANT LE SlÉii*:. „ ${

10 août.

Ù. FACHEUX AUDfi LUYSOK,. PMOFESftEUB EN SOIBOWNt.

Un ecclésiastique officiel vient appuyer les idées de M. le citoyen Girault. Le maire du V* arrondissement a reçu la lettre suivante :

9 Monsieur le maire.

L'esprit et la loi de l'Eglise ne permettent pas au prêtre de prendre les armes, si ce n'est dans le suprême danger de lu patrie. Ce danger, s'il n'est pas épargné à la France , trouvera certainement tous ceux d'entre nous que le ministère sacerdotal n'enchaînera pas ailleurs, fidèles sur no» remparts au devoir du citoyen. En attendant* rien ne s oppose à- ce que nous concourrions à la défense nationale en maniant la pelle et la pioche.

Veuillez donc nr"mcHqueT à quel, chantier je dois me rendre pour prendre part aux travaux de terrassements des fortifications de Paris. Dès demain, après ma messe je me tiens à vos ordres.

Agréez, monsieur le maire, l'assurance de ma considération r«'*|HHtueu$c et de mon dévouement patriotique.

L'abbé Jt i.Es-Tu. Lovsox»

Profctweur d'éloquence sacrée à la Fucoltr de théologie de Porta.

En 03, les chanteurs du Ça ira avaient, une autre chanson, qui commençait ainsi : fous un curé //atriote. La suite n'indiquait pas que le curé patriote fût le modèle des serviteurs de Dieu. Eu général T cm

a ifttito opinion de ces prêtres qui demandent à faire *. U> wup do feu sur le rempart, et, en général, on ne $*> trompe pas. La fonction du prêtre est de défendre Uv* Ames. Dans les plus grands périls, c'est assez qu'ils* aillent assister les mourants, exposant euxw^mes leurs jours, comme viennent de faire M. l'abbé V . do Bouvron et M. Gardet , l'un peut-être mort,* - I autre prisonnier. Ceux qui prennent les armes peuvent avoir beaucoup de vertu, mais Ton peut douter qu'ils aient la tête solide et le ferme cœur qui empêchent la vertu de broncher.

Nous osons donc conseiller à M. l'abbé Jules- Théodose Loyson, professeur d'éloquence sacrée, etc. , de laisser aux terrassiers la pelle et la pioche. Les terrassiers s'en serviront mieux que lui. Son rabat dérangerait les autres travailleurs, plus peut-être que sa pioche et sa pelle ne les édifieraient. Il est d'ailleurs fort en chair, et il aurait plus tôt fait de gagner une pleurésie que d'élever un bastion.

Que demain, après sa messe, il reprenne l'étude de l'éloquence sacrée, où il lui reste à apprendre, quoique professeur. S'il sait démontrer aux autres et à lui-même que la transgression des lois de Dieu attire la colère de Dieu sur les peuples, il aura trèsbien et très-opportunément travaillé aux remparts.

L'Italie régénérée veut, comme on nous le propose, que le noviciat du sacerdoce se fasse aux armées, et il en est ainsi. En outre, depuis Passaglia, cette même Italie n'a pas chômé de prêtres qui ont offert de travailler aux remparts, commençant par déserter le rempart de l'Église. Elle a même un général, Sir-

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tori, qui est prêtre, et qui n'a pas gagné la bataille de (lustozza. Tout cela n'a nullement mis l'Italie régénérée sur un grand pied d'honueur, soit dans la guerre, soit dans la paix. Les prêtres militaires sont aussi ehétifs militaires que ehétifs prêtres; et quant aux prêtres terrassiers, nous verrons comment se tiendra le rempart de l'Italie, si jamais l'Autriche, — oui, l'Autriche et pas davantage, — y revient.

Tous ces prêtres-là sont pour servir de dernier argument à M. Girault, qui demande à quoi bon des prêtres?

17 «ioùl.

Ol'ELQUEâ PAGES J)£ LUISTOIHE SAINTE.

Quand les dix tribus d'Israël, prenant prétexte du sot orgueil de Roboam, tils de Salomon, eurent rejet»* ia maison de David et se furent donné Jéroboam pour roi, celui-ci leur fit des veaux d'or, suivant leur désir et le sien. En même temps Roboam, le roi légitima, retiré dans Jérusalem, songea à reconquérir tout sou royaume, et Juda et Benjamin, restés fidèles au sang de David et à la loi de Dieu, lui fournirent cent quatre-vingt mille jeunes gens propres à la guerre. Mais lorsqu'ils étaient prêts, Samaias vint à eux, disant : « Voici ce que dit le Seigneur : Ne partez pas, ne combattez point vos frères les fils d'Israël, car cette chose est de moi. » Ils obéirent à

l'ordre de Dieu, et reuoncèreht à marcher Contre Jéroboam.

Cependant Roboam bâtit plusieurs villes en Jtoda et en Benjamin, toutes villes de reda parts. U leur donna des chefs auxquels il assigna des vivres, de Thuile et du vin; il approvisionna chacune d'elles de lances et de boucliers, et multiplia leurs défeasfte*. El les prêtres et les lévites et tous ceux d'Israël, qoà dévouaient leur cœur à chercher le Seigneur Dieu, venaient de toutes parts à Jérusalem, abandonnant le territoire schismatique ; car Jéroboam leur avait ôté le service divin, exigeant qu'ils adorassent les idoles et se soumissent aux prêtres qu'il avait institués pour servir ses veaux et les autres dieux qu'il s'était faits. Et par le concours de ces justes exilés, Juda fut fortifié et Roboam affermi.

Or, quand Roboam eut organisé son royaume et s'y fut affermi, il abandonna les commandements du Seigneur, et tout le peuple suivit son exemple. Et la cinquième année de son règne, parce qu'il avait péché contre le Seigneur, Susacim, roi d'Egypte, marcha contre Jérusalem avec douze cents chars, soixante mille chevaux et une multitude innombrable de geûs de pied, Libyens, Troglodytes et Ethiopiens. Ils prirent toutes les forteresses de Juda et arrivèrent devant Jérusalem.

Samaïas, le prophète, alla trouver Roboam et les priuces dv Juda qui s'étaient réunis tremblants à Jérusalem. Il leur dit : « Voici ce que dit le Seigneur: Vous m'avez abandonné et moi je vous abandonne* rai pour vous livrer à Susacim. » Et le roi et les

chefs Je Juda eurent honte, et ils dirent : « Le Seigneur est juste, »

Quand le Seigneur vit qu'ils s'étaient repentis, la parole du Soigneur vint à Samaïas , disant : « Ils se sont repentis, je ue les détruirai pas; je leur accorderai comme une ombre do salut , et (toute) ma colère ne tombera pas sur Jérusalem. Ils seront asservis; ils connaîtront la différence de ma servitude avec la servitude des rois de la terre. »

Et Susacim, roi d'Egypte, entra dans Jérusalem ; il prit tous les trésors du temple du Seigneur et tous les trésors du palais du roi, il prit tout. Il prit les boucliers d'or qu'avait faits Salomon. Il mit audessus du roi des capitaines de ses gardes pour le surveiller partout; et lorsque le roi entrait dans le temple du Seigneur, les gardes y entraient aussi: Mais parc» qu'il s'était repenti, le Seigueur détourna de lui sa colère et il ne fut pas entièrement détruit, car il y avait encore en Juda de bonnes pensées. Le roi Roboara se raffermit en Jérusalem. Il fit le mal parce qu'il ne dirigea pas son cœur à la recherche de Dieu. Et entre Roboam et Jéroboam la guerre dura toujours.

Abias, fils de Robtara, monta sur le trAno de Juda, et ue cessa pas d'être eu guerre avec Jéroboam. La troisième année, il rangea en bataille une armée de quatre cent mille hommes vaillants. Jéroboam lui en opposa huit cent mille, vaillants aussi. Alors Abias monta sur la colline de Salomon qui est dans la montagne d'Ephralm, et il dit : Jéroboam, écoutemoi ; que tout Israël m'écoute !

Ayant rappelé comment Dieu, par une alliance sacrée (in pactiim salis, une alliance de sel, indestructible, inaltérable), avait donné le royaume d'Israël à David et à ses fils, et comment Jéroboam et les hommes de pestilence qui s'étaient joints à lui avaient divisé le peuple, il ajouta ces paroles, qui sont un chant de guerre et une profession de foi : .

« Et maintenant vous dites que vous résisterez au royaume du Seigneur que possèdent les fils de David tft que vous êtes en nombre, et que vous avez avec vous les veaux d'or qu'a faits Jéroboam pour qu'ils soient vos dieux !

« IVavez-vous pas chassé les prêtres du Seigneur, les fils d'Aaron et les Lévites? Ne vous ètes-vous pas fait des prêtres parmi le peuple de toute la terre? Quiconque arrive pour se consacrer, avec un bœuf et sept béliers, le voilà prêtre de ce qui n'est point Dieu!

« Nous, nous n'avons point abandonné le Seigneur; ce sont les prêtres, lils d'Aaron, qui le servent, qui offrent les holocaustes, qui brûlent les parfums, qui déposent sur la table pure les pains de proposition, qui allument pour la nuit le chandelier d'or et les lampes. Nous observons les préceptes du Seigneur Dieu de nos pères, que vous avez abandonné.

« Voyez, le Seigneur et ses prêtres sont avec nous, à notre tête ; ce sont les trompettes sacrées qui nous donnent le signal. Fils d'Israël, gardez-vous de combattre le Seigneur. »

Cependant Jéroboam, eu homme de guerre habile, se souciant peu des menaces de Dieu et des trom-

pettcs sacerdotales, manœuvrait pour envelopper l'armée d'Ahias. Juda, se retournant, regarda, et voilà que la bataille était devant et derrière lui. Alors il cria au Seigneur, et les prêtres sonnèrent de la trompette. Et pendant qu'il criait au Seigneur, le Seigneur frappa Jéroboam et Israël devant Abias et devant Juda. Et cinq cent mille hommes vaillants succombèrent du côté d'Israël. Et en ce jour-là, les lils d'Israël furent humiliés et les Gis de Juda prévalurent, parce qu'ils avaient espéré en Dieu.

A sa régna à la place d'Ahias. Il fit ce qui est bon et droit devant le Seigneur, et Juda fut en paix dix années.

Le roi répudia les autels des dieux étrangers, il brisa leurs colonnes, il abattit les bois sacrés. Il dit à Juda de chercher le Seigneur Dieu de leurs pères et de pratiquer sa loi et ses commandements. Il leur disait aussi : « Fortifions nos villes, nous prévaudrons sur la terre. Car, de même que nous avons cherché le Seigneur notre Dieu, il nous a cherchés. Il nous a donné la paix tout alentour et nous a fait prospérer. »

Or, il y avait en Juda trois cent mille hommes portant javeline et bouclier, et en Benjamin deux cent quatre-vingt mille archers ou fantassins armés à la légère, tous gens de cœur et aguerris.

Et Zara l'Éthiopien marcha contre eux avec une armée d'un million d'hommes et trois cents chars. Asa sortit à sa rencontre et rangea sou armée en bataille dans la vallée, au nord de Maresa. Là, voyant la force de l'ennemi, il cria au Seigneur son Dieu, et

vH8 PARIS PENDANT Lfc 8IÉGB.

il dit : « Seigneur, il ne voua est point impossible de sauver, soit avec beaucoup, soit avec un peu. FortitUw»nous, Seigneur notre Dieu, car nous avons eu foi ou vous, et c'est en votre nom que nous avons marché contre cette multitude. Seigneur notre Dieu, qui' l'homme ne prévale pas contre vous? »

Et le Seigneur frappa les Ethiopiens devant Juda, et ils s'enfuirent. Asaet son peuple les poursuivirent jusqu'à Getsor. Les Ethiopiens tombèrent jusqu'au dernier. Ils furent broyés devant le Seigneur et devant son armée, et les fils de Juda recueillirent d'innombrables dépouilles.

Lorsqu'ils rentraient chargés de butin, l'esprit de Dieu descendit sur Azariaa, fils d'Obed. Il leur dit: a Écoutez-moi, Asa, et tout Juda, et Benjamin : le Seigneur est avec vous parce que vous êtes avec lui ; si vous le cherchez, vous le trouverez.; si vou* l'abandonnez, il vous abandonnera.

« Il y aura bien des jours en Israël sans vrai Dieu, sans prêtre qui le révèle, sans loi. Mais Dieu les convertira au Seigneur Dieu d'Israël, et il sera trouvé par eux. Et en ces jours-là, il n'y aura point de paix pour agir, car un grand trouble, venant du Seigneur, est sur tous ceux qui habitent la terre. 11 y aura guerre de nation à nation, de ville à ville, et toutes sortes d'afflictions. Fortifiez- vous donc ; que vos mains ne viennent point à défaillir, car il y a une récompense pour vos œuvres, p

Ayant entendu ces paroles, k* roi se fortifia, proscrivit plus rigoureusement les idoles ; et lui et son peuple, et ceux d'Israël qui étaient venus en grand

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nombre se joindre au roi, parce qu'ils avaient vu que Dieu était avec lui, tou« en grande allégresse prêtèrent serment au Seigneur à haute voix, au son des trompettes et des cors. Et tout Juda se réjouit d'avoir juré, car il l'avait fait de tout son cornr, de toute son àme et dans une pleine volonté de trouver le Seigneur. Ils le trouvèrent, et il leur donna la paix tout alentour. Et il n'y eut point de guerre contre % Asa jusqu'à la trente-cinquième année de son règne.

Mais, passé ce terme, Asa déchut de sa foi et de sa vertu, et l'ingratitude et la crainte entrèrent dans son cœur. Eu sa trente-huitième année de règne, voyant que Baasa, roi d'Israël, se levait contre lui «»t bâtissait la ville de Rhtuna sur sa frontière, il trembla. Il prit «loue tout l'argent des trésors, tant du temple que du palais, et il en acheta l'alliance du pillard de Damas, roi de Syrie, disant : Disperse le roi d'Israël ; qu'il s'éloigne de mon royaume! Le roi de Syrie envoya ses armées contre Israël, lui dévasta plusieurs villes et força Baasa d'abandonner la construction de sa ville menaçante. Asa en prit les matériaux déjà rassemblés.

Alois le prophète llanani vint fi ce roi, jadis lu glorieux, maintenant si abaissé par une indigne alliance. Il lui dit : « Farce que tu t'es confié au mi de Syrie et que tu n'as pas eu foi en ton Dieu, l'armée de Syrie a échappé à tes mains.

« Le* Ethiopiens et les Libyens n'avaient-ils pas i nue armée nombreuse, pleine d'audace, forte par ses cavaliers et sa multitude? Tu as eu foi en Dieu, et il te l'a livrée.

jour de l'érection de la statue, le peuple, si nous en croyons le Siècle, a crié : Vive Voltaire! Que des inscriptions gravées sur le piédestal mettent bien en lumière toute cette idole, tout ce peuple, et tout cet événement!

a Pendant toute sa vie, dit M. de Tocqueville, « Voltaire ne cessa de dénigrer la patrie devant les « étrangers. » Ecoutons là-dessus Voltaire lui-même. La commission des souscripteurs choisira ensuite les textes qu'elle jugera les plus propres à faire chérir son héros.

A diverses dates, Voltaire écrit à Frédéric, roi de Prusse :

Vous êtes fait pour être mon roi, bien plus assurément que saint François d' Assise on saint Dominique pour être mes saints. C'est donc à mon roi que j'écris. . .

Votre esprit, votre ardeur guerrière f>es Français se feront chérir; Vous aurez le double plaisir Et de nous vaincre et de nous plaine.

L'envoyé de Votre Majesté peut dire à présent : les fr\nçais *ont Tors prussiens. . .

O Paris, sois digne, si tu peux, du vaitxjueur que tu reretras tUms Ion enceinte irrégulière et crottée. . .

Sire, m«« voila «tans Paris; c'est, je crois, votre capitale. .

Frédéric avait gagné contre nous, en 1757, la sanglante bataille de Roshach, qui fui une sorte de Waterloo. Un homme adressa en français des félicitations joyeuses au vainqueur. C'était Voltaire. Il écrivît coup sur coup deux lettres à Frédéric, qui

lui répondît : « Je vous remercie de la part qut vaut prenez aux heureux hasards tja\ m'ont secondé. •»

Six mo» après Voltaire y revient, cotte fois en vers :

Héros du Nord, je savais biee Que vous aviez vu les derrières Des guerriers du roi tre*-chrélicn, A qui wmsfeiHei des croupières, etc.

La suite est i^nohle.

Sept ans après, il y revient encore. Le misérable ne pouvait épuiser sa joie de Roshach. 11 écrit à Frédéric (27 avril 1775), qui lui avait envoyé son portrait :

Il n'y a point dp Welrlie qui ne tremble en rayant ce portrait-Ia. C'est prérisfment te que je roulais.

Tnut Welche qui vous exaniiiu' n.- terreur panique est atteint, Et chacun dits votre mine Qm' Ja us RosImcIi on vous a peint.

Déjà Voltaire disait à Frédéric, le 28 mars 1775 :

Toutes les foisquej'écris à Votre Majesté sur une affaire un peu sérieuse, je tremlilc comme nos rq/imea/* à Uosbarh.

Ailleurs :

Tandis que Votre Majesté ffiit probablement maneeuvwr trente ou quaraele niUr frueiriors, je crois ne pouvoir uieui prendi-c mun Viùps puni- lui pimenter lu UtLtilIt- lie R»»taeh dessinée par d'K«UlliHnl«. ...

Ch.iijiit! [H'iipli', à sun tour, ,i rû^iié ai»' la leriv, l'di- les lois, |i;ir le* arts, el surtnut par la guerre. le n<vh '/c ta IVtUM est i laflnremt.

Le 7 déecrohre 1774, encore la pensée favorite :

Vous si'iivf-nei-vous d'une nii'rc tharmante que tous daignâtes m riiToyw ily a plus de quinze uni, dans laquelle vous dtyelgiiH'i si Lien :

Cp ppiiplr m( H vnltiffp Aussi imtlimt «u jàllaç*

UlUt LACJU llATt- US lïl»*»TH ?

En niai 1775 :

I imif.iniif [înmim ne doit srrrirqn'à faibe mettre a gk- KMii lis Huxues.

Moveunaiil ces inscriptions , on peu! conserver celle i|ue M. Chevreau, préfet de la Seine et ministre de l'inlérit'iir, a approuvée. Elle fuil méuietrès-bieu, pourvu iju'uii y ajoute la date :

A VHM-ATRE

SOUSCRIPTION I'OITLAUtE

VEUX* 1E L'tBMmw

El si Voltaire se trouve avoir été prophète, M. lia vui. la commission et M. Chevreau n'eu seront H»h plue glorifie*.

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