‹ Paris pendant les deux siéges (volume 3)Chapitre 2 sur 150 · H INTRODUCTION · texte numérisé non relu

H INTRODUCTION

do douleur, j'ai éprouvé beaucoup de colère; ni la douleur ni la colère ne m'ont fait sciemment altérer la vérité. Jamais mon âme n'a moins cédé aux entraînements de parti. J'aurais voulu que les hommes pour lesquels j 'avais le moins d'estime fussent sages et même grands ; je demandais aux choses, qui s'annonçaient si cruelles, de n'être pas du moins sans majesté, et de nous laisser l'honneur en nous écrasant. Si j'ai quelquefois failli à rendre exactement mes impressions, c'est de ce côté -là. Je taisais mes alarmes, j'exagérais l'espérance. Je m'ohstinaisàattendredes actions sublimes, quand je voyais trop que la source du sublime s'était tarie; je poussais encore au combat des hommes que je sentais déjà morts, et plusieurs même, me semblaient n'être pas nés pour vivre et n'avoir jaunis >écu.

En ce point, je gardais bien la vérité de notre situation particulière parmi tout ce désastre. Je parle de notre situation à nous catholiques, qui savions que la patrie souffrait pour avoir péché. Nous la trouvions plus châtiée qu'éprouvée ; nous cherchions à lui faire rencontrer Je salut dans la coupe du châtiment. Mais, hélas! tout cela n'est pas de l'histoire, et l'expression variée et répétée de ce vœu dominant ne constitue pas une relation historique.

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