INTRODUCTION. III
D'un autre côté, je ne peux donner ici que mon travail personnel. Or, encore que je n aie presque pas quitté la plume durant les deux sièges, surtout le premier, tant s'en faut que j'aie pu aborder tous les incidents dont ils furent remplis. 11 en est plusieurs dont j'ai à peine fait mention. Pour être complet, j'aurais dil reproduire aussi les articles de M. Eugène Veuillot, qui a été, en cette circonstance comme toujours, selon l'heureuse fortune de ma vie, mon aide dans le travail, mon appui dans le «langer et ma consolation dans le chagrin. Mais alors j'aurais dû dépasser de beaucoup cette limite do deux volumes, déjà si étendue.
Ce sont les raisons qui me défendaient de céder aux amis trop bienveillants qui m'ont demandé ce recueil. Il faut expliquer pourquoi néanmoins le \oici. Je répondrai sincèrement que je n'ai pu me résoudre à perdre des pages où je crois avoir parlé comme le devait faire en pareille circonstance un Catholique et uu Français. Il m'a paru bon de laisser ce témoin à une œuvre souvent approuvée, mais aussi trop longuement et trop ardemment calomniée pour l'exposer au jugement de l'avenir avec sa seule mémoire et son seul nom. Un journal est un véritable personnage politique. Plus son action a été longue, plus elle est attaquée. Il y a bientôt quarante ans que le journal Y Uni-
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trr.v laxiste sans avoir, pour ainsi dire, changé de rédacteurs, suivar.t toujours la même voie. On sait quo les adversaires, les contradictions et les accu* Mitions ne lui ont pas manqué. A travers ces temps (roubles et ces combats perpétuels, parfois si violents, combats du dedans et du dehors, il n'a connu, il n'a servi que deux intérêts, lesquels, à vrai dire, n'en font qu'un seul, l'Église et la Patrie. L'Église pour la patrie, la patrie pour l'Église. Je suis bien aise de montrer combien cette pensée unique, je pourrais dire cet unique amour, s'est formulée dans les angoisses du naufrage, en présence delà mort. Ceux qui pensent et qui aiment comme nous, et qui souhaitent à la France les destinées que nous lui souhaitons, liront ces pages; ils les légueront à ceux qui viendront après nous, afin qu'ils ne rougissent pas de nous.
Car ou nous a accusés aussi de n'avoir pas de patriotisme. 11 y a, en effet, un patriotisme que nous n'avons pas , ou plutôt que nous réprouvons. C'est cet orgueil païen de la force qui se flatte de dominer par le bras sur tous les peuples et de les réduire à la servitude et au tribut. De ce patriotisme-là, le patriotisme des victoires et des conquêtes ainsi, qu'on la appelé, notre peuple en a eu les jouissances mauvaises. Elles ont disparu et nous les payons encore, nous les paierons long-