‹ Paris pendant les deux siéges (volume 3)Chapitre 36 sur 150 · BLANQUI · texte numérisé non relu

BLANQUI

Uue forte manie du citoyen Blanqui et de son clan de phraseurs généralement féroces, mais plus généralement ridicules , est de croire qu'ils prouvent quelque chose lorsqu'ils traitent de jésuite ({uiconque les contredit ou les bride un peu. S'ils consentaient à être moins niais, on serait peut-être moins éloigné de s'entendre.

M. Blanqui, en personne, déclare « jésuites » les trois bataillons du faubourg Saint-Germain qui l'ont dérangé l'autre jour, quand ses affaires étaient si bien emmanchées : « C'est l'année catholique qui a gagné par une trappe la bataille de l'Hôtel de Ville. Que Y Univers illumine. » Blanqui.

Eh bien ! jésuites, catholiques , entrés par une trappe. Et après? N'a-t-on pas le droit d'être catholique autant pour le moins que d'être blanquiste ? Et où est le tort d'entrer par une trappe quand M. Blanqui, dans la maison, barricade la porte? Il fallait barricader aussi la trappe et empêcher le catholique d'entrer par la fenêtre ou par la cheminée. Lorsqu'il plait à M. Blanqui de livrer la bataille, pourquoi serait-il interdit au jésuite de la gagner?

Ul'mvers ne veut pas illuminer pour cette victoire.

Il nous plaît d économiser les lampions, qui pourront servir à faire de la soupe. La Patrie en danger va-telle se fâcher, parce que Y Univers n'illumine pas quand Blauqui est battu?

Tout cela est bien nigaud. On s'étonne queM.Blanqui, un homme si « fort, » fasse entendre de telles plaintes et emploie de pareils arguments, lorsque ces sortes de plaintes et d'arguments n'assassinent plus.

AI. Blauqui semble se regarder du même œil dont le contemplent les pierrots rouges dont il s'entoure. Il est à ses propres yeux un citoyen à part, un pontife, un père de la patrie à qui l'on ne peut toucher saus sacrilège. 11 s'accorde tout le respect qu'il refuse à Dieu. 11 se persuade que ce sentiment est g é ué rai.

C'est une grande fatuité et une grande illusion. Pour notre compte, nous ne donnons point du tout dans cette religion-là. A nos yeux et à beaucoup d'autres, M. Blanqui n'est pas ce quun tain peuple /tetise. Nous voyons bien sa barbe blanche, ses années de prison, son clan de phraseurs presque tous positivement ineptes. Avec tout cela, il n'est intellectuellement et politiquement qu'un assez pauvre sire, n'ayant jamais bien réussi qu'à se faire enfermer.

Ce qui distingue peut-être un peu .M. Blauqui, c'est une certaine nostalgie de la prison. Ouand il a vécu à l'air libre pendant deux ou trois mois, il monte un coup pour se Jaire réintégrer, et il y parvient, non pas toujours sans peine, grâce aux gouvernements qu'il rencontre; nuis enfin on le coffre. Il

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y a convié depuis trente m tons les gûmnernements, aucun n'a pu s'en défendre.

Accordons que ce parti pris ne manque pas d'une certaine grandeur. Ou dictateur ou prisonnier! S'il avait été dictateur une petite fois, ce serait pli» joli. Mais il a perpétuellement manqué la dictature, et il n'est, après trente ou quarante ans, que le prisonnier le plus amnistié du monde.

U a été honoré par beaucoup de condamnations, c'est vrai ; méritées, c'est vrai ; voilà sans doute de quoi faire le fier. Mais il ne doit pas oublier qu'il a été défleuri par beaucoup d'amnisties. Méritées 01 non, ces amnisties devraient le porter & l'humilité.

Il appelle cela « souffrir pour le peuple. » Libres lui. Mais libre à d'autres de trouver que le peuple français ne doit aucune reconnaissance à M. Blanqui pour son aptitude à se faire boucler. Si c'est son jeu, d'autres en font les frais. Nous préférons l'aptitude d'un bon joueur de violon, ou même celle de l'homme à la boule. L'homme à la boule aussi souffre pour le peuple, et le jeu est plus périlleux pour lui et moim coûteux pour nous.

Quant aux idées de M. Blanqui, elles sont détestables, niais nous nions qu'il en soit l'inventeur. C'est très-connu, très-usé, et il n'y a pas là-dedans, pas plus que dans tout le reste du parti révolutionnaire, une parcelle de saine nourriture pour la faim intellectuelle du genre humain. Proudhon figurait beaucoup mieux 1 animal qui pense! Une phrase d'un monsieur du clan Blanqui, dans le

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y a convié depuis trente on tans leagoorernements. aucun n'a pu s'en défendre.

Accordons que ce parti pris ne manque pas d'une certaine grandeur. Ou dictateur cm prisonnier! SU avait été dictateur une petite fois, ce serait pins joli. Mais il a perpétuellement manqué la dictature, et H n'est, après trente ou quarante ans, que le prisonnier le plus amnistié du monde.

Il a été honoré par beaucoup de condamnations, c'est vrai ; méritées» c'est vrai ; voilà sans doute de quoi faire le fier. Mais il ne doit pas oublier qu'il a été défleuri par beaucoup d'amnisties. Méritées ot non, ces amnisties devraient le porter à rimai* lité.

Il appelle cela « souffrir pour le peuple. » Libres lui. Mais libre à d'autres de trouver que le peuple français ne doit aucune reconnaissance à M. Blaaqd pour son aptitude à se faire boucler. Si c'est son jeu, d'autres en font les frais. Nous préférons l'aptitude d'un bon joueur de violon, ou même celle de l'homme à la boule. L'homme à la boule aussi souffre pour k peuple, et le jeu est plus périlleux pour loi et moi» coûteux pour nous.

Quant aux idées de Al. Blanqui, elles sont détectables, mais nous nions qu'il en soit l'invente*. C'est très-connu, très-usé, et il n'y a pas lànfakos, pas plus que dans tout le reste du parti révolutionnaire, une parcelle de saine nourriture pour la bm intellectuelle du genre humain. Proudhon figurait beaucoup mieux l'animal qui pense! Une phrase d'un monsieur du clan Blanqui, dans le

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méro de ce jour» nous livre tout l'homme et toute l'école :

Maudit sois-tu, dogme fatal de la Providence, qui, t'infiltrant du surnaturel dans rhumain, tues dans leur germe les initia* ttoes et amènes Jacques Bonhomme à roir des sauveurs là où û n'y a que des bourreaux.'

Voilà de leur nouveau, et de leur fort! Nous nions formellement que l'homme qui dit ou laisse dire de telles platitudes soit autre chose qu'un maniaque, et puisse rendre d'autre service à la patrie que celui de se faire habituellement mettre en prison. Le plus clair de son mérite est d'être aux trois quarts fou.

4 novembre.

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