LVI
4 novembre.
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ut: l'hôtel de ville.
Hier, le gouvernement a été muni de cette sorte de >u<Tf <[ue peut donner un plébiscite. Sacre à bon marché, peu durable, nécessaire pourtant, et qui manquait trop. On a beau vivre en plein progrès : la conscience humaine a été faite une fois pour toutes. Elle se gâte fort avant ; elle ne se transforme pas et ne périt pas, et il reste quelques usages barbares dont elle ne permet point de se passer absolument. 11 faut aux pouvoirs humains une certaine parodie de
sacre, une certaine sanction manifeste de Dieu et do peuple. Sinon ils se trouvent sans titre pour remplir leur fonction, et ceux qui ne possèdent le sceptre que pour Tavoir enlevé d'une façon ou d'une autre ne sont que des larrons qui n'osent pas montrer leur butin. C'est le désespoir du pauvre Blanqui : — Quoi! Dieu est si rien et le peuple est si bute, et quand je me serai emparé du sceptre, il faudra encore que Dieu me le laisse et que le peuple me dise de le garder, sinon le dernier de mes saute-ruisseaux me le viendra prendre en m'administrant des giffles!
Cela dit pour montrer la persistance de la nature humaine et la permanence des lois sociales, revenons aux événements de l'hôtel de ville de Paris, qui ont rendu le plébiscite indispensable. Ils sont d'un comique sinistre, particulièrement amer. Mais que servirait d'en vouloir écarter la honte? Il nous importe, au contraire, de la déguster.
Donc, l'armée et les drapeaux sont aux mains de l'ennemi, l'ennemi cerne le rempart, l'angoisse est dans les cœurs ; et les séditieux, trouvant le moment favorable, selon l'usage, se déclarent. La garde nationale court à l'Hôtel de Ville, sanctuaire do la République et maison mortuaire de la France.
Elle y trouve M. Flourens, botté et éperonné, se promenant et pérorant sur la table du conseil, entre deux gouvernements, l'un qui se décompose, l'autre en formation. L'un, celui qui s'en va, est le gouvernement régulier : il rassemble notre dernier soldat et notre dernier politique. L'autre, celui qui vient, a pour bras ce fou botté qui pérore sur la table, et ce
vieux chicot de prison, l'illustre Blanqui, occupé à signer papiers sur papiers, afin de pourvoir aux emplois importants de la République. Blanqui nomme -des généraux, des ministres, des maires, des commissaires de police. 11 donne les clefs de la Banque, les clefs des forteresses, les clefs de nos maisons; et toutes ces clefs peuvent se trouver bonnes, car Flourens et Blanqui ont avec eux des fusils, et dans la ville un peuple et la terreur.
Leurs hommes de main les croient déjà maîtres : ils hurlent, menacent, frappent, pillent; tout à l'heure ils oseront assassiner, et tout sera perdu. Mais quelques-uns ont trouvé le chemin des caves, et peut-être que tout sera sauvé. En effet, pendant que l'homme butté pérore toujours, une partie de ses soldats s'engouffrent et s'attardent aux vignes, se soûlent, sont pris, prennent peur, demandent grâce, et finalement s'en vont la crosse en l'air. Le gouvernement régulier est tiré de peine, nous avons encore un soldat et encore un homme politique; les clefs de M. Blanqui ne valent plus rien ; c'est à recommencer.
0 risée! ô douleur! Et cela c'est la France! Et l'ennemi regarde par-dessus les murs et voit cela dans Paris! Et s'il se retourne, il voit Esquiros, un Blanqui plus grotesque, régnant à Marseille; et un autre de même espèce, régnant à Lyon; et le capitaine Kératry, généralissime en Bretagne; etuTojirs, le virux juif Crémieux et le vieux pantin Glais-Bizoiu s'embrassent avec lo vieux reître Garibaldi , tandis que le jeune avocat Ganibelta tombe de ballon ministre de la guerre !
Regardons aussi, nous, regardons bien 1 Regardons cette décadence abominable et cette foudroyante démence. Dans la nuit où nous descendons, emportas ces flétrissures perpétuellement brûlantes. Ayons-les sur le Iront, ayons-les dans le cœur, Qu'elles ne noes laissent pas de repos, et que la huée de l'Europe nos* réveille si nous voulions dormir! A force d'ignominie , il faut que nous confessions la logique inexorable qui nous roule dans cette boue, et que noas sachions à quels maîtres devra enfin obéir une nation qui s'est targuée de ne plus obéir à Dieu. France, France ! nation de tant de siècles, de tant d'hommes et do tant de gloire, pliée sous la botte de Fleurais en présence du Prussien !
Et ceci n'est point l'aventure ni le mal d'un instant. C'est la profonde maladie révolutionnaire, iacuruhlc à tout l'art humain. C'est la Révolution eflomême, la puissance devenue inexpugnable de l'anarchie et. de la cacocratie. Jusqu'à cette émeute di 4 septembre, qui s accomplit si facilement et dont 1* suites menacent d'être si longues et si dures, nous ne connaissions encore la France que révolutionnée. Tout triomphe de la Révolution lui coulait queiqai combat. l)epuis 69, quels efforts n'a pas faits la Fiaoct pour se tirer des mains de la Révolution, quels pleas pouvoirs na-t-clle pas livrés ? Mais tons ceux à fi la France a demandé sa délivrance de la Révolntiot appartenaient eux-mêmes à la Révolution, on n orf pus tardé d'embrasser ses maximes. Tous ont doua* leur coup et fourni leur engin pour arracher Dieu 4* l'aine française. La France est sortie moins chlt-
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tienne, partant plus révolutionnaire, défi mains da premier Bonaparte, des mains de la Restauration, des mains de Louis-Philippe, des mains du second Bonaparte, qui fut surtout un séide humanitaire; et la voilà révolutionnaire absolument, sans Dieu, sans tète, et peut-être, hélas! sans cœur. Ce démocrate en hottes, et qui n'a de luisant que ses hottes, se promenant sur la table du conseil, tandis que sa bande distribue des coups de poing et pille les petits meubles ; ce caporal dévoyons, de Vandales et d'ivrogne*, monsieur Flourens, à meilleur titre que Louis XIV, Napoléon et Blanqui même, peut dire : L'État, e est moi ; la Révolution, c'est moi ; et Voltaire, et Paris, et la France, c'est moi. Je me moque de Dieu, je me moque des gouvernements, je me moque de la patrie. Je mets mes bottes, je monte sur la table du conseil, je pérore et je fais des révolutions, et je suis
Mo|!
Elle était là tout entière la France révolutionnaire, et elle pou va»' se reconnaître dans toutes ses nuances, de [mis le catholique libéral qui récuse l'autorité soriale de l'Église, jusqu'à l'athée brut qui veut abor lir Dieu. Pas une figure qui ne représentât la Révolution, ses orgueils, ses insolences variées et obstinées envers la vérité , ses trahisons sans nombre envers les besoins éternels du pauvre genre humain, sou incommensurable sottise, son irréparable désarroi, s/ m châtiment terrible dont elle ne sait pas même comprendre la cause, et dont elle ne profitera point. Voilà ces docteurs et ces infaillibles qui ont si peu cm à Dieu et tant à eux-mêmes, qui ont été si satis-
faits de leur sagesse et si pleins de leur gloire, qui ont pensé que ce n'était rien de renverser l'autel, et qu'ils se substitueraient au sacerdoce et à la divinité et referaient un monde. Voilà M. Jules Favre , qui i donné de notre part Rome à Victor-Emmanuel, et qui a reçu en échange Garibaldi. Voilà M. Jules Simon, qui se servait si bien du maire Mot tu et qui laissait tomber dos coups de canne' sur le crucifix : il vient d'être orné d'une paire de soufflets. Voilà M. Arago, qui promenait dans Paris la statue de Voltaire, parce que Voltaire nous a « enseigné à vouloir. » Il voudrait, pour le moment, trahir, mais si volonté n'ayant pas sufli, Voltaire lui enseignera tout à l'heure bien plus aisément la volonté de » rendre pour trahir une autre fois. Voilà le terriWr Blanqui prêt à lâcher de sa poitrine le souille qui renverse les allumeurs de cierges; mais un c sacristain » va tout à Theure lui donner une courbature, et il sera heureux de rencontrer ensuite un jésuite «jui lui apportera un verre d'eau ; et ce qr i est cruel pour Blanqui, c'est que Dieu tiendra compte à ce jésuite de ce verre d'eau. 0 Blanqui ! ayant bu l'eau du jésuite et l'ayant trouvée si nécsesaire et si boue, lisez l'histoire de l'homme qui implorera étemelle ment une goutte d'eau et qui ne l'obtiendra jamais! Voilà, jêle-mùle avec les hommes de Flouitas, l'honnête et lier peuple parisien, bourgeois, rentier, avocat, ancien gros marchand ou grand fonctionnaire, armé de son fusil, cuirassé de garanties constitutionnelles, palissade de toutes les sécurités de0v de la civilisation et de la science, qui l'assurée
d'avoir toujours un gouvernement de son choix et <lu bœuf à la mode, sans aucune obligation de rien demander à Dieu; mais peut-être qu'il faudra demander quelque chose à Blanqui ou au roi Guillaume. Tous ces hommes, la semaine dernière, croyaient posséder une armée, une administration, un peuple, une patrie. Il n'y a rien ! Rien que le Prussien autour des remparts et Plourens botté sur la table du ronseil.
Les gens de Flourens ayant bu, Flourens a glissé sur le parquet, le gouvernement prisonnier a été délivré, et c'est le gouvernement Blanqui et Flourens <|ui se décompose. Si Flourens était sorti à cheval, Uochefort à sa droite, et tous deux proclamant Blanqui, que serait-il arrivé ? Flourens sur le parquet, il était à craindre que ses hommes dégrisés ne le relevassent sur la barricade. On y a pourvu. On a fait bien vite ce plébiscite, quine permet plus autant à Flourens de tenter contre le gouvernement républicain ce que le gouvernement républicain a fait contre l'Empire. On a mis l'emplâtre. Ilélas ! qui guérira la plaie?
Enfin la rue est tranquille, on a cessé de battre le rappel et la générale ; il y a un gouvernement, un chef. Nous avons devant nous quelques jours et tout citoyen de Paris peut espérer que ce soir sa tète sera encore sur ses épaules et ses pieds sur un lambeau du sol de la patrie. Quant à l'avenir, l'avenir de demain, Dieu le connaît. Mais ce que nous ne pouvons plus ignorer, c'est qu'il existe parmi nous deux impiétés mortelles, et qu'à l'impiété envers Dieu s'est ajoutée l'impiété envers la patrie.
Dieu nous est témoin que nom ne maudissons personne. Après un siècle et plus de déviation, le péché d'un peuple devient une maladie plus qu'un riee; et, même parmi ceux qui poussent en avant dans la mauvaise voie avec une ardeur sauvage, il y a beaucoup plus d'insensés que de vrais coupables. Ce ne* pas le Prussien qui nous conquiert ni le révolutionnaire qui nous tue, c'est la Révolution. La Révolution est la grande impiété, le grand crime qui a perdu la patrie. Que seraient un Flourons, nn Blanqui et tant d'autres, sans cette immense perturbation des intelligences qui les fiait monter à la surface d leur permet d'y rester? Ce quelque chose d inconsistant et d'avili que le Prussien peut battre et que le révolutionnaire peut prendre et tenir, cette truie proie de la force et de la sédition, ce n'est plus la France du Christ, c'est la France de la Révolution. Elle a gardé le nom, elle a répudié le cœur. Au bout de cent ans, la Prusse hérétique vient, suivant la prédiction et le vœu de Voltaire, prendre possession du présent que l'enfer lui a fait le jour ou la France a permis que Voltaire travaillât à la séparer du Christ
Que ceux qui ont consenti à l'apostasie, sans prévoir la défaite, s'irritent contre les mains qui précipitent et déshonorent l'agonie. L'heure est venue. Elle a sonné quand l'homme de Sedan a retiré le drapeau français du premier et du dernier poste d'honneur qu'il ait occupé en ce monde. Il a capitulé devant la Révolution, à Rome, ce fut le préliminaffS de Sedan. Beaucoup ont applaudi le jour de la capitulation de Rome ; peu ont réclamé. Nous
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connu ce jour-là, nous fils et sujets du Christ, que nous étions dépossédés de la France par un jugement de Dieu, terrible pour nous comme pour les autres, mais non pas inexorable. Perdant l'illusion chère qui nous montrait encore une France du Christ dont nous étions les citoyens, et comprenant que nous n'y demeurions qu'à titre de captifs tolérés, nous n'avons pas cependant perdu l'espérance. Nous n'abdiquons ni pour le Christ ni pour nous. Dans la France étrangère au Christ, nous saurons être la France du Christ, et cette France vivra toujours. Nous avons trop à prier pour prendre le temps de maudire. Maudit soit seulement le crime; maudite soit la Révolution parce qu'elle a défait la France en la séparant du Christ.
Et que ceux qui veulent comme nous la résurrection viennent avec nous. Qu'ils viennent à l'autel du Christ. Nous saurons leur dire où il est ; nous connaissons la catacombe et le lieu où le Christ est vivant. Là nous leur montrerons le vrai tombeau qui doit se rouvrir un jour. Ils sauront que la France n'est pas morte, et ils connaîtront l'impuissance de la mort.
Mais partout ailleurs où ils croiraient trouver encore les restes de la France, il n'y aura que des pourritures que ne feront revivre ni le sang ni les larmes, et près descelles s'épuisera en vain tout l'art des nécroraan ts. Les nécromants n'évoqueront que des fantômes prompts à disparaître, plus faits pour emporter les espérances que pour laisser la consolation. Il faut aller à Celui qui seul est la voie, la vérité et la
«lu devoir militaire, et d'entrevoir les récompenses de la vie éternelle. Mais quelques citoyens libres de Saint-Denis, grands républicains, de ceux qui demandent que le bourgeois les habille et les nourrisse et que le soldat meure pour eux, ayant estimé que ces conférences étaient « réactionnaires, » ont décidé qu'elles cesseraient.
Il n'en a pas fallu davantage. Ces messieurs ont commencé par faire une perquisition dans l'église, sans autre mandat que leur volonté, avec l'assistance bénévole du maire, lequel parait appartenir à l'école aragouine. Quelques mobiles parisiens étaient avec eux. Ils ont visité la sacristie, les confessionnaux, réalise souterraine. Ils voulaient voir sans doute si les soldats n'y avaient pas caché leurs armes au détriment de la patrie. Tout cela ne s'est point passé <ans beaucoup d'insolence; et il a fallu qu'un soldat, engagé volontaire, les avertit d'<îter leurs augustes casquettes. Le maire leur disait : « Mes amis, pas de bruit ! L'église est un édifice national, respectez l'éditire. Qinmt aux conférences, je les interdis, il n'y en aura plus ! » Quelques observations lui furent adressées par le volontaire qui venait de faire décoiffer « ses amis. » Il revendiqua son droit d'assister aux conférences et de prier Dieu dans la seule église du pays qui soit ouverte au public ; mais «un maire aragouin a bien souci de ces raisons-là! Sorti de l'église insultée, le maire répéta son discours à un citoyen aviné qui lui exposait comme quoi le « parti clérical veut abrutir le peuple. »
« Triste spectacle, ajoute le soldat qui nous écrit
ces détails ; triste spectacle que celui d'une population affaiblie an moral, cernée par l'ennemi, refusant de revenir à Dieu qu'elle oublie et qu'elle blasphème, et qui, non contente de ces stupidités accumulées, prétend encore interdire aux autres le culte divin que méconnaissent son abjection et sa folie. Voilà le grand danger. Dieu nous fustigera tant que nous ne demanderons pas miséricorde. »
Nous avons voulu connaître la suite de cette affaire. Il n'y en a pas eu d'autre, sinon que les conférences sont interdites et supprimées. Ou aucune ré* clamation n'est venue de l'autorité compétente, on aucune n'a été accueillie. Les dix ou douze gredms qui ont trouvé bon de faire une perquisition dans l'église, ayant trouvé bon aussi que les soldats n'y vinssent plus le soir chanter des cantiques et recevoir des instructions, M. le maire a fulminé son interdiction et c'est fait.
Nous croyons que l'autorité a tort de rester muette devant cet excès ignoble. Il est impolitique k tous les points de vue de laisser ainsi violer la liberté et la religion, et de montrer ce mépris des âmes. A li fin, elles se lassent du devoir. Ces soldats exproprié* de l'autel peuvent trouver qu'on leur diminue trop la patrie lorsqu'ils donnent leur sang pour lui conserver sa grandeur.
L'aumonicr, après avoir réclamé sans résultat, nt pas voulu accepter en silence la volonté brutale qui prétend s'imposer à ses frères et à ses concitoyens, autant et plus qu'à lui-mémo. Il a adressé au maire la protestation suivante :
Monsieur le maire.
Le 31 octobre, dans ce délire populaire qui a tait fermer le giise, une main a écrit sur le portail le mot de liberté. — Estce au nom de cette liberté qu'on nous empêche de nous réunir? On nous appelle des réactionnaires. Que dire de ceux qui continuent au proflt de leurs préjugés la liberté du voisin? Et parce qu'ils ne mettent le pied à l'église que pour la profaner, défendront-Us aux autres d'en franchir le seuil pour prier t
Et voila cependant les hommes qui sont approuvés, et nous sommes condamnés, menacés, simplement pour avoir voulu exercer nos droits.
Or, qu'on le sache bien, wms cédons parce que de toute part on nous y forée. — Mais ce m'est pas sans protester avec toute l'énergie que nous inspire notre légitime indignation.
J'ai recueilli les plaintes des soldats dont on a méprisé la foi, en ne leur permettant pas de la professer comme ils en ont le droit et je tiens à honneur de m'en faire l'écho.
Rappelez-vous, monsieur, que ce coup monté a été exécuté lâchement à une heure où îl n'y avait dans l'église que des femmes auprès des confessionnaux, pendant que nos militaires étaient consignés dans leur quartier, le lendemain d'une journée douloureuse, où ils avaient laissé une partie de leurs camarades sur le champ de bataille du Bourget, et vous comprendrez ce qu'il nous en a coûté pour céder; mais nous protestons et nous dénonçons à tout esprit loyal et de bonne foi l'injustice domt nous sommes les victimes.
Signé i Gros, Aumônier militaire (1).
Ou ne saurait trop applaudir à l'énergique dignité de ce langage. Si de semblables protestations étaient
(t Cet excellent et vertueux prêtre a été tué par un éclat d'obus prussien. On peut croire qu'autrement la Commune ne l'iiirait pas manqué.
moins rares, si elles s'élevaient toutes les fois qu'elles sont nécessaires, appuyées comme elles devraient l'être par les gardiens supérieurs du droit, Ton verrait bientôt diminuer le nombre et l'insolence des oppresseurs.
Le chef qui n'exerce pas sa fonction perd la grâce de sa fonction. Il compromet ce qu'il veut sauver pu des concessions sans profit comme sans courage; il se perd lui-même. L'agresseur marche toujours contre celui qui recule toujours, il marche jusqu'à ce qu'il l'ait fait disparaître absolument.
La détresse actuelle du pouvoir, humainement irréparable, est la conséquence de ces abandons. Le pouvoir meurt partout, pour avoir partout rencontré des dépositaires trop prompts à décliner le devoir de le défendre. Des choses sacrées qu'ils avaient et garde, s'ils ont omis d'en trahir une, c'est que le mal ne leur en a pas donné Tordre, ou que Dieu ne lear en a pas laissé le temps. Mais le jour de la rétribution arrive. Méprisés du monde, ils voient crouler ignoblement leur chère fortune, et ce n'est que k commencement de la justice de Dieu.
Le chef militaire ou autre qui laisse violer le droit et mépriser l'àme do ses subordonnés deviert lui-même envers eux un serviteur infidèle : au joV du danger, il ne retrouvera plus leur obéissance, et c'est à lui surtout que Dieu redemandera les vertu qu'il a laissées périr.
Qui habet aures audiendi audiat.
Même date.