‹ Paris pendant les deux siéges (volume 3)Chapitre 56 sur 150 · KNCOKE LES FILS HUGO · texte numérisé non relu

KNCOKE LES FILS HUGO

La jeunesse Hugo étale ce qu'elle a coutume de montrer, et ce n'est pas honnête. Mais puisqu'il est très-utile de faire connaître le personnel pensant et littéraire du vieux parti républicain, il faut oser laisser un moment au jour cette ligure du Rappel, telk qu'elle trouve bon de se produire. On entend ici le

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propre auteur du Cochon de saint Antoine, âgé de 46 ans :

Un vieux numéro de l' Univers, celui d'hier, nous est tombé ce malin sous la main, — est-ce bien sous la main? — dans cet excellent cabinet de lecture dont parle Molière et que La Fontaine qualifie de « certains lieux. » Et nous avons lu là, non sans quelques délices, un long article. . .

Inutile d'aller plus loin. Vld V Rappel! et voilà ce que la jeunesse Hugo peut offrir à la République. Pour le génie de la pensée et de l'expression, nous retrouverons là tout ce que savaient fournir les blanquistes de la défunte Patrie en danger.

Nous n'avons plus besoin de M. Charles Hugo ; néanmoins, nous le prions de rester.

11 ne sait pas se tenir, c'est visible, et probablement il ne se corrigera pas. Mais ce malheur lui laisse des devoirs. Les journaux ont aunoncé, il y a quelque temps, qu'un fils lui étant né, il l'a fait porter au baptême. Contrairement à ses principes politiques et conformément, sans doute, à ses principes privés, il lui a fait inoculer « l'espèce de maladie » qu'on appelle le catholicisme. Nous croyons même nous souvenir que le parrain a été M. Rochefôrt. Nous louons son inconséquence. U a le plus grand tort de mépriser le Christianisme qui est infiniment plus fort que lui, mais il a eu grandement raison de vouloir que son (ils fût chrétien. A titre de chrétien, nous lui recommandons cet enfant. Qu'il ne dégrade pas son baptême après le lui avoir donné, qu'il ne lui fasse pas lire le Cochon de saint Antoine, ni le Rappel, ni les Chansons des rues et des bois, ni aucun

des livres de la maison. Eu vérité , il y a autre chose à faire pour le mettre en état do servir Dieu et la patrie et de bien porter son visage.

Les deux grandes coquilles qui servent de bénitiers dans l'église SaîntrPaul-Saint-Louis, au faubourg Saint- Antoine, furent données ù cette parois* par M. Victor Hugo, à l'occasion de la premier* communion de sa fille. Plus tard, il adressa à cette enfant une pièce de vers {Ma fille, va prier) qui, être parfaite, n'a pas nui à sa gloire. Il priait doute lui-même en ce temps-là, ou du moins il voulait qu'on le crût. Il représentait sa femme conduisant ses quatre enfants à l'église, où va la foule [Date lilia), et c'est encore un de ses bons ouvrages, et qui lui fait plus d'honneur (pie cette platitude de son fils le Rappel : « Pascal disait «pic le catholicisme était une espèce do maladie, et nous accordons bien volontiers au journal des sacristies que l'accumulation dan* les églises est altsolument pernicieuse, s

Hélas ! en ce temps, voici comme on parlait :

Quand vers Pàque ou Noël, l'église, aux nuits tombante*.

S'emplit «le pas confus....

Si loin des feux, des voix, des bruits et des splendeurs.

Dans un repli perdu parmi les profondeurs.

Sur quatre jeunes fronts groupé* près d'un mur sombre.

Vous voyez se pencher un regard voilé d'ombre

Où .se mêle, plus doux encor que solennel.

Le rayon virginal au rayon maternel ;

Oh! qui que vous soyez, bénissez-la...

Chez les Hugo, la sottise présente est flagellée par la gloire passée ; mais il ne faudrait pas risquer d'en-

gloutir enfin tant de perles dans le Cochon dejaint Antoine. '

AL Charles Hugo, auteur du Cochon^ peut retourner à son cabinet de travail.

Même date.

LANC1C» TOGO

Nous tenions tout à l'heure un volume de M. Hugo, cherchant quelques beaux vers pour les faire lire à cette vieille funeste marmaille du Rappel. La citation faite, le volume nous est resté dans les mains, et il a fallu lui donner le reste du jour. C'est vraiment plein d'accents justes et profonds, de belles sincérités, de belles douleurs, de belles grandeurs.

Avant' de descendre à sa folie d'à présent, hélas! incurable, M. Hugo a été l'homme moderne plus qu'aucun autre contemporain. Entre ceux qui n'ont qu'un cerveau et ceux qui n'ont que des sens, entre ceux qui ne font qu'un métier et ceux qui ne savent que jouer un râle, il est l'homme vrai, sollicité d'eu haut, tenté d'en bas, hésitant à monter, craignant de descendre, troublé d'avoir à choisir, se laissant embouer dans les pentes inférieures sans avoir encore résolu de s'y engager ; puis le pied devient plus lourd, puis la boue gagne les ailes, puis il tombe,

puis il roule, et c'est en bas qu'il cherche la profondeur. Mais, précédant ce dénouement sinistre , il y a de nobles efforts pour s'emparer d'une meilleure destinée.

On ne trouve point cela chez Lamartine, qui est un orgue, ni chez Musset, qui est un oiseau. L'orgue n'a jamais contenu que du vent, quoique parfois ce fût un beau vent. L'oiseau jamais n'est sorti de sa cage, encore qu'il s'y soit fort ennuyé à chanter sa chanson convenue ; jamais il n'a essayé d'un coup d'aile contre le fil de laiton qui le tenait ignominieusement captif. Il y serait resté £ent ans à rossignoler tout ce que le sansonnet de Lelia pouvait avoir de tendresse dans le cœur et de philosophie dans le cerveau. M. Hugo est plein de feu, de sang, de larmes et de tempêtes. C'est un homme. 11 se sent vivre et il se sent mourir. 11 est attaqué, il combat, il est non pas en querelle, mais en guerre avec lui-même. Il prend l'énigme au sérieux ; il va au sphinx, il l'interroge au seuil de l'antre, parmi les débris.de ceux qui furent dévorés.

Il a été vaincu. A-t-il su le mot de l'énigme? A notre avis, il ne l'a pas voulu savoir. Comme tous ceux qui ont péri, probablement (Dieu connaît ce secret) au moment de vaincre, il a préféré la défaite. Mais quiconque voudra l'étudier le plaindra plus que d'autres qui paraissent plus malheureux. Il est pjus vaincu, parce qu'il pouvait mieux vaincre. Les ossements qu'il a laissés sont ceux d'un géant.

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Ecoutez :

Là me eu wvant s'altère ; et qotiàque&iemt zàwâc

La tin soit transparente et laisse T-«r 1* ciase,

On vieillit sous le vice et l'erreur alocits:

À force de marcher, 1 "borna»? erre. Fesacâ &ml

Tous laissent quelque cbase amx àwsss*Hi£* ne ia riim^.

Les troupeaux leur totsoo et FfemaK1 sa v^r^!

Va prier p>ur ton père ! — A&a ^*» j* §*»ïs cforiiff- De voir passer en rêve un ans» k* th^ àt eyrn». Pour que mon àme fcràle avec ks e»f**m«tHr* I Efface mes péchés svos Um semË&t emB&fe A tin que mon ctrur soi! va&#XËâ et fçéeft&o» Comme un paré d'autel qu'ua Ia*e V«t*

Tout le monde, excepté loi pest-êtrc connaît ce noble po^me. On m\ trewr? a i*£ROtâPi qu'une sorte d'excès, non date la <4nrâte-r «m !«£«-* n'est pas possible, maïs das* mm exfFzssà&ËL *Jfc. pour ramener nos rcfiexioas an f*»?i«œaç#tfii*fii* ôa moment, voici Techo p>Iit>js^ & 2a f*3â** -tact— tienne dont le poêie était ak.-** r^fy"^ *m*i Tj»fluence de cette pensée §or I aare àt v2*f*a~ C«# encore une prirre :

O Fh»*u' *i tou* *t<z li Frise* m«b§ *» sjI*»sl- Ne s^uffr*-/ pi*. Sfsis^sr. se* jîTvs *î*ss3*«1*» ; t>s tr»*»ne* qu'on è*r*e et fi'-A àr^ei ^tinrmî::: O n<ar terrent 4e k**, 4e ;a>5>iap. £ 'jù&s^, <Jui répand fur le* ircera? se* v*jrî>»» t**t>tc<**s Ce^ tnlHins opposant, krsça'^a >s ^«if Lue charte de pliîre aux *l*ki &t xnsaîî; Ce* flux et 'es reflux de l'v&fe m«cr» J*a§ôe: • >tte truerre. ti*i joars p^* «*voâr» et ^ôis jmtiuMfe

Des partis au pouvoir, du pouvoir aux parti» :

I/aversion des grands qui ronge les petits ;

Et toutes ces rumeurs, ces chocs, ces cris sans nombre:

Ces systèmes affreux échafaudés dans l'ombre;

Qui font que le tumulte et la baiue et le bruit

Emplissent les discours, et qu'on entend la nuit,

A l'heure où le sommeil veut des moments tranquilles..

Le lourd canon rouler sur le pavé des villes!

Quel homme annonçaient ces vers en 1832, et quel homme est yenu vingt ans après ! Quel changement ou quel ensorcellement, et qui oserait dire et qui saurait prouver à cet homme lui-même qu'il a gagné à changer, qu'il est plus heureux, plus sage, plus honorable, meilleur à lui-même et aux autres?

Il était donc cela, et il est ceci que nous voyons. II est ce séditieux qui ne se lasse de hurler la sédition en célébrant •

Cette fille qui dans la Marne Lave des torchons radieux.

Et ceci a dévoré cela, et c'est grand dommage, eu vérité !

17 décembre.

al koi i>e prisse, sur l avenir et sur les services

ni 'lL NOUS REND.

Seigneur roi, vous gouvernez une nation savante, vous commandez une savante armée, et vous avez le

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grand avantage de n'être pas un roi savant. Tons ne faites ni gravure, ni peinture, ni musique, ni jardinage ; vous n'êtes ni historien de César ni pnbli ciste, ée qui garde votre bon sens' et votre dignité; vous avez de bonnes mœurs, qui vous entretiennent dans la vigueur du corps, et qui vous assurent l'estime de vos peuples charmés de n'être point avilis. On voit bien que Dieu voulait faire quelque chose de vous ! Sans doute, vous êtes haut , vous avez la main dtire et vous finirez par coûter cher; mais les peuples pardonnent même leur misère et même leur obéissance au prince qui ne les a point corrompus. Vous avez un autre mérite, vous ne voulez pas être impie. Vous professez une croyance religieuse. Il est certain que cette croyance est fausse, et il est probable que sur le peu qu'elle exige vous faites encore du rabais. Néanmoins vous ne dites pas qu'il n'est point de Dieu et ne vous targuez point tout à fait d'être Dieu. Tous avez le sentiment d'une mission à remplir que vous ne vous êtes pas tout seul donnée. Ce sont de grands avantages sur le vulgaire des rois contemporains.

De là, vous avez infuse la maltresse science humaine, celle qui fait ramper le savant, plier le fier, servir le fort : vous savez vouloir, et vous parlez la langue victorieuse à l'oreille du monde, la langue du commandement. Car il y a deux langues victorieuses, la langue du commandement et la langue de l'amour; mais la langue de l'amour n'est qu'à l'usage de Dieu. Les professeurs, surtout les vôtres, et les orateurs, surtout les nôtres, prônent une autre langue qu'il* appellent la langue de la raison. Seigneur, ce sont

des cuistres. La langue de la raison n est <ju éloquente parfois. Pour qu'elle obtienne une victoire, il faut que Dieu lui prête sa flamme, ou le roi son bâton.

Mais avec tout cela, roi, avec tous ces avantages que la science vous fournit, avec tant d'autres plu précieux que votre bonbeur a voulu qu'elle ne vouf ôtàt point, il est pourtant vrai quo Dieu se réserve la connaissance exacte des choses d'hier, d'aujourd'hui et de demain, absolument comme aux époques ténébreuses où la science humaine ignorait à peu près tout et ne réglait à peu près rien. Et ni Votre Majesté ni mon néant ne savent guère où nous en sommes, seigneur roi, et où nous allons.

Il y a dix ou onze ans, ù Home, je regardais un vieillard chétif qui descendait péniblement le petit escalier ruineux du palais des Césars. On le hissa dans une voiture. Il faisait compassion. Quelqu ua me dit le nom de ce bourgeois malade et triste. C'était un grand connaisseur de livres, un grand artiste, un grand priilce , un homme d'esprit aimable et de bon cœur. Il avait refusé l'empire d'Allemagne, non qu'il le dédaigmU, mais il ne voulait pas l'accepter parce qu'il le voulait prendre. Il était encore roi de Prusse et pape de Prusse, et il ne l'ignorait pas; en mémo temps il se croyait simple lieutenant de armée , attardé dans sa carrière. Mystérieuse folie, ombre transparente d'une raison supérieure ! U erf mort aspirant au grade de capitaine, le pauvre digne homme de roi, si savant et si lier! Voila ce que nous trouvons sur le chemin de l'empire, ce qai

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nous arrive sans que nous en soyons avertis. C'est fait et nous n'en savons rien, et nos savants ou ne le savent pas plus que nous, ou savent ne nous en dire rien ; car un bon roi peut casser un bon savant qui le prévient qu'il est fou.

Donc, seigneur, quand finira la guerre? M. de Moltke ne le peut pas dire à M. de Bismark, ni M. de Bismark au roi, ni le roi à moi, ni moi à personne. Et comment fiuira-t-ellc, cette guerre? et où ira-t-elle finie?

Roi ! nous sommes de pauvres hommes, et si nous étions sages, nous nous appliquerions d'abord à u'être pas fiers. Nous demeurons en arrêt devant des problèmes dont nous n'aurons pas la solution en ce monde. Voilà des choses commencées de nos mains (et encore !) dont la conduite nous échappe, dont le cours dépasse la vie humaine, dont la fin nous est totalement inconnue. Au niépris de nos conseils et à rencontre de nos attentes, Dieu y jette des germes et y enveloppe des suites qui nous dérobent l'avenir et même le présent. Non, nous ne savons pas même ce que nous faisons. Ce que nous faisons n'existe plus, n'est pas fait, commence d'être ce que Dieu fera sans nous.

Qui gagne la bataille? que devient un traité? A Waterloo, dix ans après, la France perd d'un seul coup toutes les victoires de l'Empire, tout le gain de Waterloo était pour la France, gain durable et immense si la France lavait voulu. D'un autre côté, il se trouve aujourd'hui que nous avons eh réalité perdu, il v a dix ans, la bataille de Solférino. La victoire,

alors, nous mit air pied le boulet de l'Italie; elle enfla e pauvre empereur d'aventure, que vous avez si ruellement dégonflé à Sedan, d'un second et peutêtre dernier coup de l'aiguille de Sadowa.

Avec cette aiguille, d'ailleurs, Dieu coud comme il lui plait. L'aiguille et la main sont à lui et font le vêtement qu'il veut faire pour le corps qu'il veut vêtir. Parce que vous tenez l'aiguille, vous croyez que vous ferez tout l'habit; vous pourriez avoir tort ; plus tort encore de croire que l'habit fait, vous le mettrai sur vos épaules. L'oserai-je avouer? Je crois plutôt, moi, que le vêtement sera pour nous. Je peux me tromper; mais j'observe que nous sommes nus, et je sais que Dieu pardonne; et je suis quelques antres choses encore que Al. de Bismark, plus grand politique que moi, ne sait cependant pas. Et nous avons une guerre à faire que M. de Moltke, « le dieu de la guerre, » ne connaît pas. Cette guerre est la guerre de Dieu.

Sans doute, seigneur, à Sedan, par vos mains, Dieu nous a terriblement déshabillés; et de notre dépouille vous avez tiré une belle pièce à coudre dans votre manteau. Néanmoins il faut voir oe que Dèeo voudra.

Nous autres, après la sensation de froid, après la sensation plus aiguë de honte , nous avons écouté la conscience, vt nous ne désespérons point , au contraire, il nous reste plus et mieux que cette « rafle intime » dont a parlé notre soldat Ducrot : noua sentons en nous la sérénité fortifiante de la justice cornprise et acceptée; nous reconnaissons l'opportunité

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du châtiment; nous rendons justice à Dieu et à nousmêmes. Ce n'est point ce que disent nos orateurs ; mais nos orateurs et ce qu'ils disent nous importent aujourd'hui fort peu. Rien, sicen'estCrémieux, n'est autant rien que Gambette.

Oui, roi, vous êtes un vengeur, et c'est ce qui vous rend fort ; mais vous avez résolu d'être un larron et un bourreau, et c'est ce qui vous perd. Oui, roi, notre bel habit, que vous nous avez enlevé, était plein de taches, de trous et de vermine ! Secouez la vermine afin qu'elle tombe, et faites-nous connaître les taches afin que nous les enlevions, et les déchirures, afin que nous les réparions. Mais vous ne coudrez pas à votre manteau la noble pièce que vous vous réservez. Vous la rendrez avec tout le reste. Il y a là dedans des trésors qui ne sont point pour vous, ni pour votre Prusse, ni pour votre Allemagne. Il y a des cathédrales, des églises, des demeures de l'Eucharistie. Il y a des âmes catholiques, des épées de justice, de lumière et d'amour dont le Christ a besoin. Et votre mission sera finie, seigneur roi, quand vous aurez dérouillé ces épées.

Encore quelques jours, seigneur roi : ou vous aurez quitté les rives de la Seine, ou vous les aurez franchies, et le flot de vengeance, du même coup, touchera le parvis de Notre-Dame et la limite du courroux divin. C'est le moment de vous rendre grâces, puisque si vous reculez vous serez trop loin et trop occupé pour m'entendre, et si vous avancez, vous serez alors trop près pour ne pas exiger que je parle trop bas»

i. Il

482 PAH1S PEMUNl LK S1É4.K.

Donc, sire, à voix haute comme il convient à la dignité du catholique et du Français, pleurant le châtiment, d'ailleurs mérité, que Dieu, par voua, inflige à la Frauoe d'hier et d'aujourd'hui, je remercie Dieu du grand et déjà visible bienfait qu'il apporte par vous à la Frauoe de demain : la grande France. pauvre, fière et forte, qui sera encore la France de Dieu, qui combattra encore pour le Christ, pour la vérité de la lumière, pour la vérité de l'honneur, pour la vérité de la liberté.

Vous êtes venu, sire, nous montrer à fond le mensonge du temps présent. Nous ne connaissions que sou visage, qui nous trompait et nous corrompait ; vous nous avez montré ses entrailles et son cœur. Aujourd'hui, nous connaissons lo roi et le peuple du progrès. Ce sont deux vieilles choses, mais nous ne le savions pas. Nous le savons ineffaçahlemant. Cr roi-ci fut jadis le pharisien, et ce peuple-ci frit jadtf le philistin, et l'uu et l'autre furent aussi le conquérant païen et l'envahisseur barbare, c'est-à-dire l'es des plus effroyables parmi les fléaux dont le Christianisme avait délivré l'humanité. Vous nous avet ouvert les yeux sur ce progrès.

Vous nous avez montré la Science ! Nous en etioo* entichés jusqu'à lui donner le rang d'honneur et même le sacerdoce daus la société bumainc. Nos imbéciles révolutiouuaires, ce vil et sot abattis des sanguinaires oisons de 93 , qui veulent proscrira le Chiistianisme et qui no savent pas le français, disaient carrément que désormais s la science remplir cerait la théologie » C'est la propre parole d'un cer-

tain Robinet, médecin, dit-il, qui nous a fait une affiche où il demande que quelqu'un s attacha avons assassiner, et il prêterait sans doute sou bistouri. Notre civilisation hébétée laissait dire ces Robinets et répondait : Peut-être! Votre artillerie et la nôtre, votre campagne do France, votre siège de Paris, la discipline civile et militaire dans ce qu'elle a de bon chez vous et dans ce qu'elle a de défectueux chez nous, nous ont fait voir co que la science moderne promet aux nations. Vous avez comme un bélier démoli toute cette canaille scientifique. Son procès sera instruit plus tard, mais son arrêt est rendu. Nous savons, et personne n'en doute, que noua ne serons pas sauvés du désastre abominable où elle nous a précipités, sinon par toutes les vieilles vertus qu'elle s'entendait si bien k détruire.

Vous aves flagellé la Révolution, vous son fils et son princo, voue, roi de «on peuple doctrinal, en l'obligeant de mettre au jour non^seulement sa sottise, mais sa couardise. Ses chefe vous ont demandé la paix et sa pU'he ne veut pas se battre contre vous, et le résultat de votre effort sera do lui arracher cette langue de blasphème dont elle a pourri le monde. L'honneur français qui se réveille, et qui commandera demain, la percera du fer rouge de ses mépris. Vous nous avez dénoncé l'égolame sauvage et ingrat de l'Europe, le mensonge ou plutôt la trahison des alliances, la fourberie ignoble des diplomaties, la lâcheté dos princes. Par vous, nous savons que nous n'avons pas d'amis parmi les puissants du vaste domaine de Terreur. Nous savons combien nous

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