‹ Paris pendant les deux siéges (volume 3)Chapitre 55 sur 150 · DE POSE · texte numérisé non relu

DE POSE

M. Adolphe Viollet-le-Duc revient à la démarche tentée par l'archevêque de Posen auprès du roi dé Prusse en faveur des droits souverains du Saint-Père. Il en conteste toujours la « convenance. » A son gré, nous n'avons pas réfuté les raisons sur lesquelles il a établi cette inconvenance ou celte non-convenance. Nous trouvons, de notre côté, que lui-même nous répond médiocrement, et nos réfutations nous semblent bonnes. Mais puisqu'elles ne l'ont pas satisfait, qu'il vienne à notre secours. Il avoue quo le primai de Pologne était dans son droit* Ce seul mot vaut tous nos arguments. Avec un peu do réflexion, M. Viollet-le-Duc comprendra et avouera que, si l'ar» l'hovèque de Posen ne se fût pas senti dans tontes les convenances, il n'eût pas cru être assez dans son droit.

Il n'a pas agi suivant les convenances exclusif*» ment piémontaises de M. Viollet-le-Duc et du Journal des Débats. Cela est certain. Mais telle n'est point la question. Autres sont les convenances piémonUms

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et autres les convenances catholiques. Celles-ci ont été parfaitement observées et servies. Nous catholiques français, nous remercions hautement Mgr l'archevêque <le Posen d'avoir demandé à son souverain, dans l'intérêt commun de la catholicité, ce que nous demanderions au même titre à notre gouvernement, si nous avions un gouvernement.

Après tout ce que l'unité italienne nous a coàté, sans lui demander aucune garantie de reconnaissance pour le passé ni de sécurité pour l'avenir, le Journal des Débats lui reste fidèle. Nous n'avons jamais été partisans de l'unité italienne, nous la regardons comme uu travail d'iniquité qui ne peut être achevé que dans le sang, et qui ne sera jamais solide. Nous demandons qu'il soit défait et que le droit soit rétabli. Et le plus tôt sera le mieux.

C'est une nouvelle guerre que nous voulons provoquer, s'écrie M. Viollet-lo-Duc. Mais sans doute ! et s'il dépendait de nous, ce serait fait tout de suite et par nous. Quelle guerre est plus nécessaire et plus juste que celle qui a pour objet de sauver la liberté des peuples et de protéger la conscience du genre humain ? Lu France n'étant plus en état de rendre cet éminent service au monde et à elle-même, qu'une autre nation s'en acquitte. Nous regretterons de n'en avoir pas l'honneur et de ne tirer que notre part du profit Politiquement, nous aimons mieux voir l'unité italienne défaite par la Prusse que de voir demain l'Italie alliée de la Prusse contre nous, ce qui ne manqueru pas d'arriver si la Prusse est victorieuse. Nous aimons mieux voir le roi de Prusse rendre

Rome au Pape, que de rendre nous-mêmes Nice et peut-être la Corse à cette vile et ingrate Italie. Nous aimons mieux le Pape* indépendant et arbitre futur des conflits européens, que sujet perpétuel de cette Prusse italienne, qui obéira toujours à la grande Prusse. Religieusement, ce n'est plus une question à traiter.

Du reste, la guerre ne nous parait pas une éventualité dont la philanthropie de M. Viollet-le-Duc se puisse alarmer. Il connaît son Italie, et la question de Rome est diplomatique. L'Italie est campée a Rome. Quand l'avertissement de décamper lui sera donné, que l'avertissement vienne de Paris ou vienne de Berlin, il n'en résultera que des frais de roulage.

Même date.

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