DE LA FRANCE
On lit dans le Journal officiel :
Plusieurs journaux reprochent au gouvernement de suivre une {tolitique indécise et de compromettre la défense par ses hésitations. Ils l'acausenhaussi de ne pas mettre le public incessamment au courant de ses espérances et de ses moyens d'action, et de garder quelquefois pour lui les dépêches qui lui parviennent.
Le gouvernement n'a pas de prétention de faire toujours ce qui serait jugé le meilleur par chacun de ceux qui ont le droit et le devoir de contrôler ses actes. S'il voulait réaliser cet idéal, i 1 serait forcé de faire à la fois plusieurs choses contradictoires. Ce à quoi il s'efforce, c'est d'accomplir tans arrière-pensée la u. i
lourde tAche qui i>èse sur lui, cl, surce point, son procramm^ est simple : comliattre l'invasion étrangère jusqu'à #•#• qu'il l'ait repoussée par la force ou jmr un arrangement h« n«r *b>-
Ce progm mine, par lui formula dès les premiers jmii>. n'i pas cessé, ne rossera pas d'ùtrc le sien. Paris fut-il s* ni a r- sistt-r, le devoir continuerait à Timjiowr. Mais, prAcr à Uum* malgré ses fortunes divei*ses, l'etrort de la province s'uuit au notre et se prononce rltaque jour davantage. Là aussi, aux ruines de l'empire la république a fait succéder des année* improvisé* s qui s'atlii ment par leur héroïsme. Dans la douloureuse m tuât ion où nous sommes, nous ne pouvons retracer l'histoire glorieuse de leurs combats de chaque jour sur K»u« les points du territoire. L'imperfection de nos communications ne nous pi mut de recueillir que des renseignement» incomplets, et nos concitoyens voudront bien ne jus exiger d«* nous des détails qui ne nous parviennent (tas.
Quand nous recevons des dépêches, nous ne gardons |*»ur nous «pie les appréciations eoutidentielles; nous avons toujours publié, et nous puhlien ms toujours les faits qu'elle* renferment. De <t s f.tits constants, il résulte pour tout esprit impartial que la nation accepte résolument la lutte et quelle ne m laissera pl(< dominer par l'étrangi-r. (Jui aurait pu croire, il y a quelque* semaines, que nos jeunes recrues de la Loire arrêteraient, j».ir dix jours «le combats, les kindes victorieuses de Krêdérie-Uiarles, du prinre de MecklemUnirg et du prince royal île S.i\i"? Non-seulement elles les ont tenues en échec, mais elle* les ont fait reculer en leur in tli géant fies «idérables.
Il les forment une armer in tarte prêt*» è donner lu Bru ut \ei*s liiiifst, à Bourbaki au sud, alors que le Kaidlierlie. lioul rhaeiin nait la distinction et le courage, •lu roté «lu iinrd. Telle est notre situation résumée en pies nuits. Non*, ne diminuions ni sa arrnvia* ni ses périls niais nous «lisons qu'elle est simple, et qu'elle noua impôt* l'obligation de tenir et île combattre. I>epaiis tmis mois Pari* acceple les plus dures >outfïa lui»», et sa constance fmadit a\ec l'épreuve. Il sait qu'il |M-ut suiitfrirdavniitatrr.H
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.irec horreur l'idée d'une capitulation §«e la crainte de cette aggravation lui arracherait.
Le gouvernement 11' a d'autre mérite que de s'associer à ce sentiment et de se faire l'exécuteur de cette volonté. FI est rétolu à y mettre toute **n allergie, et îl*ne demande d'autre -rérmupeuse que 4e n'être pas. indigne du dévouement chique de oeux qui lui ont donné leur confiance» Il combattra avec eux, et, il en a le .ferme espoir, avec eux et par eux» il 'vaincra. L'ennemi qu'il sagit de repousser est puissant; mais quelle que s«»it sa force, elle est moins grande que celle de la nation française ; et quand Paris, quand le gouvernement de la défense nationale ouooncest leur inébranlable âessaiii de combattre et de vaincre, ils peuveat affirmer, sans craindre iae.se tromper, qu'Us ont pour eux la France tout entière, et qu'avec la garde nationale, la garde mobile et l'armée ils, réussiront dans leur sainte entreprise.
La note du Journal officiel nous donne de oee bonnes raisons sur lesquelles il jn 'y a rien à direct qui pourraient aussi opportunément n'étae pas données. Lu situation est difficile, les boiumes enttfait ce qu'ils out pu. Cala «est connu et admis de tout Je monde, l'ereonno »e doute de la bonne volonté des hommes, personne n'ignore que -ce qu'ils oui pu n'a pas été brillant. Le génie a manqué.
C'est nu ^rand sujet de regret, ce ne serait pas Août à fait un légitime sujet de reproebe. Nul n'est tenu d'avoir du génie, pas même lorsque Ton s'est proposé pour faire en oe genre des miracles. Il y a de* époques où tout le monde est persuadé de posséder je plus grand mérite et s'offre à jouer triomphalement uvee l'impossible, le véritable, Tunique impossible étant de ne pas triompher, il. lemaréobai Le Bu'uf a eu eette convict ion-là, qui était l'idée de
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Depuis un demi-siècle, le genre humain politique n'est guère que le même faquin ou le même sot tiré à plusieurs milliers d'exemplaires. La pauvre espèce humaine gémit sous ce mille-pattes qui l'avilit et la gruge. Elle attend un homme qui tire l'épée pour faire enfin ce qui est la seule vraie gloire de l'épée : obéir à la vérité, déchirer Terreur.
Il est certain cependant, comme dit l'Officiel^ que rien n'est perdu. La raison qui fait que [rien n'est perdu, Y Officiel no la dit pas et ne la connaît pas. Rien n'est perdu parce que les événements, à l'insu et contre la volonté de ceux ,qui les brassent ou plutôt les tripotent, forment toiit à la fois et l'homme que le véritable peuple attend, et le peuple dont cet homme aura besoin. Dans ce siècle de machines, les événements sont comme les rouages inconscients d'un mécanisme immense et mystérieux. L'ingénieur se cache. On ne saura son nom que lorsqu'on verra son ouvrage, et alors l'acclamation de l'humanité saluera Celui qui fait les mondes.
Oserons-nous dire que tout ce qui se passe depuis cent ans est ce que l'on appelle k vulgairement une lessive ? Et pourquoi ne le dirions-nous pas? L'œuvre est assez forte pour élever le mot à sa hauteur. Une telle lessive vaut bien une création. Mille souillures qui apparaissent à la surface de la formidable cuve, sont des parcelles immondes qui se détachent. Cette écume sera enlevée. En ce moment elle couvre tout, mais déjàellene tient plusàrien;et ce qui sortira de la cuve en sera tiré autre qu'il n'y fut mis, c'est-à-dire nettoyé, pur, salubre, préparé pour de nobles usages.
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son bon sons et toute sa vertu ! Mais ceux qui s'attribuent ici quelque chose, qui pensent que la France subit ce combat pour conserver les présents qu'ils lui ont fait et demeurer dans le cul-de-sac où ils encansent leur propre et imbécile idole, ceux-là ne? connaissent ni la France, ni eux-mêmes, et n'ont pas le pressentiment de l'avenir vers lequel s'élanceront nos drapeaux purifiés.
21 décembre.