DIVERTISSEMENTS DE PARIS
ITn journal du soir nous apprend qu'hier une immense foule s'est portée dans la matinée au Théâtre- Français, où Ton jouait une pièce de feu Scribe, intitulée linttiille de Dames. La même affluence, diton, favorisait quelque concert qui se donnait, à la même heure, quelque part, également hors de la portée d^s obus. Ainsi cet heureux peuple parisien, muni de tout ce qu'il faut pour rendre la vie douce, a la sagesse supérieure d'en user. Il éteint le bruit du bombardement sous le chant des flûtes et sous le clapotement du rire. Car son bonheur va jusque-là, qu'il est doué de la faculté de rire à l'esprit de Scribe, même pendant le pillage de la France et au bruit du bombardement.
il rit (l'un certaiu rire à lui, qui clapote.
Or, le bruit du bombardement ne se compose pas seulement de l'explosion de l'obus. H est à lui seul tout un cniicert, et l'artillerie avec ses chants diversifiés n'en furnu» que la basse : là-dessus, en guise de violons, voltigent le gémissement des blessés, le râle tics mourants, le sanglot des veuves et des mères; on y peut même distinguer les murmures et les blasphèmes des soldats qui souffrent le froid et la faim
PARIS PEXDAffT LE SIÈGE. 103
dressé ses batteries de bombardement « pendant La nuit de Noël, * avait besoin de quelque antre distraction et te donnait le régal de quelque scribouillage? Nous croyons qu'ils ne manqueraient pas de hurler contre cette insulte à l'humanité. Ils y signaleraient la continuité du rabaissement et de 1 effondrement moral. A notre avis , ils auraient raison.
Mais quand il s'agit du peuple, du peuple saint et sacré, la < pies t ion change. Alors c'est le relèvement, c'est la belle vertu républicaine qui surgit des infâmes décombres monarchiques, qui se débamtsse du fard, des oripeaux, de toutes les fanges de l'iiietriomierie et qui, le fer à la main, fait voir ce q*e c'est qu'un peuple devenu enfin digne d'avoir Jules Si 11 h m pour maître d école, MoUu pour intendant et Cadet pour eréonissenr .
11 est vrai aussi qu'il faut des spectacles aux peuples corrompus.
Mais Bataille de Dames! du Scribe! qui l'eût pu vroire? Quel Aristophane, quel Archiloque, quel railleur impitoyable etforeené de la détrépitude humaine eût osé jamais prédire qu'on verrait cela, et 4fue Paris assiégé viendrait laper ce café de portine servi froid !
Véritablement, il nous reste des gens de génie, des yeux d'aigle. Bans doute, nos aigles se sont ai dans la littérature ni dans la politique, ni jusqu'à 'présent, à c<> qu'il semble, dans les armées. Mais il faut re- 4'oimaitre le coup d'œil du génie, l'intuition de l'âme populaire en ceux qui ont deviné qu'à ce peuple,
LE SYLLABl'S PP.OTESTAM1.
LU autre pasteur, collègue, c'est-à-dire co-isolé de M . de Presseusé, nous atteste la foi et l'orthodoxie de sou de mi- frère. Il nous adresse [une pièce qui doit nous en fournir l'irrécusable preuve. C'est le Syllabus que " les relises évnngéliques » appellent leur profession de foi. n M. de Pressens* a sigué ce syllabus; donc le libre-pasteur rédacteur du Journal des Ovb'it* est ortliodoxe.
.Nous n'avons point dit le contraire, et il n'y a ici qu'un malentendu. En parlant des orthodoxies protestantes, envers lesquelles M. de Pressensé prend de fortes libertés, nous n'avons pas nié qu'il n'eut la sienne, laquelle, eomme toutes les autres, peut varier inliniiiieut sans cesser d'être fidèle au principe même du protestantisme. En matière de croyance, celle religion, constituée sur l'adhésion corporelle, conserve jalousement la ressource du divorce et même de la polygamie. Il n'y a que cela qui rende la vie douce. Les catholiques disent : Cor unum et anima una ; entre les protestants, au contraire, ce qui fait le lien, c'est la séparation.
Le principe développe ses conséquences à mesure
Cttion des églises évangéliques de France.