NOTIFICATION A M. GAMBETTA
Nous avons aujourd'hui dans le Journal offidt* une nouvelle paraphrase de M. Gambette. Non» ne pouvons dissimuler que ee Membre nous parait abuser du pigeon. Nous le dirons naïvement, puisqu'il veut bien le souffrir. Au lieu de son perpétuel Irre la République, qu'il délaie toujours et qui serait capable de faire passer le goût de la chose, combien nous eussions préféré deux mots qui eussent rassuré le pays contre l'imbécile esprit de terrorisme que Ion voit poindre sous ces emphases.
M. Gambetta ministre parait croire que la France s'est donnée à Gambetta du café Voltaire, et que ce mariage au XXIe arrondissement est absolument in* dissoluhlo, comme si le notaire, le maire, le curé et la consommation y avaient passé. Point du tout, et il y manque au contraire tout cela! Par vue circonstance, infiniment regrettable, M. Gambetta s'est introduit dans la maison, et se trouve bon gré mal gré admis à faire sa cour. Voilà tout. Il fait sa cour, rien de plus. Selon nous, il la fait très-mal. Il abuse de la circonstance comme du pigeon. Il est bavard, il est suffisant, et il lui reste quantité de garanties à donner sur sou caractère, sur son esprit, sur ses moyens et
sur ses principes.il parle beaucoup de sa république, il lui reste à dire ce que c'est et ce qu'il entend par là. II loue sans relâche et sans trêve ses républicains; mais il n'a montré jusqu'ici que des gens de pipe, de chope, de « blague, • des habitués d'estaminet-billurd, dont l'aptitude au carambolage peut être fort brillante, mais dont les propos ne donnent nulle curie de les introduire dans la famille. Il prétend que l'on brûle de les embrasser : il se trompe. Ou il quittera cette compagnie, ou il ira la rejoindre dans ses comices enfumés. Des gens avec lesquels il prend l'habitude de compter trop peu, qui prétendent aimer la France autant que lui, et qui ne manquent pas de raison pour croire qu'ils la servent aussi bien > sont las jusqu'à l'excès de lui entendre si souvent dire qu'il n'y a de vertu, de mérite, de patriotisme, d'intelligence et de courage que parmi ces républicainslà. Cette façon de parler est sotte et n'avance pas ses affaires.
Est-ce qu'il veut nous ramener aux républicain de la vrille et de l'avant-veillc, que l'on a déjà vus, selon lui, deux fois déjà si brillants et si sauveurs! Qu'il sache que Ton est plus que jamais rassasié de ces héros et de ces génies. S'ils sont, comme il les en glorifie, revenus trois fois, c'est la preuve qu'on les a «liasses deux fois. Ils n'ont qu'à reparaître, et bientôt ils auront été chassés trois fois. Il existe en France beaucoup plus de républicains du lendemain que de républicains de la veille et de la surveille. Otix du lendemain sont les plus intelligents, les pius forts, les plus décidés. Ils admettent les autres, à
condition qu'ils seront sages et ne prétendront peser que leur poids et tenir que leur place, sans aucune revendication de droit d'aînesse. Voilà la vérité, contre laquelle tout l'enthousiasme que M. Gambetta peut soulever à Bordeaux et ailleurs ne prouve rien et ne fera rien.
La France veut ardemment échapper à la Prusse ; mais ce n'est pas pour subir la loi de Belleville et endurer le sceptre de M. Delescluze, ou l'épée de M. Flourens, ou les idées sociales de M. Gambetta, lequel jusqu'ici n'a pas parfaitement montré qull eût des idées.
République, très-bien; mais d'abord religion, famille, propriété, et rien de moins. Que M. Gambetta se gouverne là-dessus, sinon point d'hymen. Et quand même il soutiendrait, comme il y semble trop enclin, qu'il a sauvé le pays, point de ménage ! Il rentrera dans son café, et l'on y mettra des sergents de ville.
Même jour.
PfUM.
11 faut pourtant inscrire cet homme, assassiné l'autre jour à Madrid et mort, qui s'était fait par son bras, de rien, comte, marquis, grand d'Espagne et
le plus grand, maréchal, ministre, dictateur et audelà; qui avait arraché, ou plutôt dérobé la dernière couronne de Bourbon, qui l'avait mise à l'encan et vendue à un autre voleur; qui, en attendant marchand, lavait toute une année portée à la main, faute de cœur et de place pour la porter autrement ; qui n'eût eu besoin que de vivre encore un peu pour la voler encore et la vendre une seconde fois ; en réalité, le dernier des gredins, bas et au-dessous de ses crimes, plus escroc et hrelandier qu'autre chose, bourreau de bagne, à la taille de tout ce qu'il a pu abattre et élever. Il a rencontré un assassin, ée fut sa dernière escroquerie. II ne semble pas qu'il valût un coup de poignard; mais tout se prostitue en ce temps; et le poiguard aussi, prenant les vieilles et viles habitudes de la popularité, se met à décorer les faquins. Une fin plus légitime attendait le maréchal « faiseur de rois. » C'est ainsi qu'on appelle l'homme en question. Il devait mourir à Londres, dans le lit d'une pairesse refusée de Garibaldi, ou à Madrid, jugé et pendu.
On regrette le papier et l'encre que font dépenser d«» tels incidents. Une fois écartés de la scène, ces sortes d'hommes devraient disparaître dans l'éternel oubli. Plaise à Dieu que le genre humain devienne assrz sage pour décréter l'abolition de leur mémoire ! Sur les fastes des grands emplois qu'ils ont occupé? et avilis, le veile noir est encore trop. Ni portrait, ni nom , ni date , ni mention quelconque, pas même pour les flétrir! Qu'ils soient enlevés comme une tache, qu'on ignore quelle boue a été là. Les anh. »
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ciennes législations avaient cette raison profonde. Elles faisaient disparaître les noms de ces réprouvés, dont les crimes passaient la mesure, faisant à l'espèce humaine l'honneur de croire qa Us ne lui appai*» tenaient que par une mystérieuse usurpation. 0* déracinait la maison qui avait abrité leur l»*rretta; sur remplacement, on faisait passer la charrue ; on y semait le sel, comme pour purifier le sol chrétien et lui rendre, par le nouveau baptême de la pénitence, sa vertu et son honneur contaminés. La religion a conservé ce rite ; elle purifie les églises où un crime a été commis. Les peuples régénérés par le Christianisme étaient parvenus à ce degré de hauteur morale, que le sol qui partait leurs demeure» était aetsimLr au sol «pii porte le temple.
Pauvre Espagne ! Une nation si Hère, ai savante, si brave, si généreuse, si vaillante eu toutes sortes d'entreprises, d'arts et de combats : et des piqûre* d'insectes Tout ainsi perdue, et elle se voit mourir ignoblement! Ce gredin, capitaine de* aventuriers et des bandits qui l'ont enlin capturée, Ta soûlée d'ignominie. 11 était non-seulement félon, faquin, ribaud, mais béte. Son unique force était l'instinct du reptile qui sait mordre sa victime à la veine où il peut mieux instiller son venin et donner la mort. 11 a donc soùlé l'Espagne du venin de ses scandales et de ses trahisons. 11 a achevé de débaurlier fOB armée, de piller ses trésors, de la livrer aux chenapans. Il Ta jetée dans l'anarchie, dans le sang , dans le pillage ; il Ta rendue foJle, et, au tenne de celle suprême orgie, il lui a fuit signer la céilulo par