DE LA FRANGE
On lit dans le Journal officiel :
Plusieurs journaux reprochent au gouvernement de suivre une politique indécise et de compromettre la défense par ses hésitations." Ils Taccusent aussi de ne pas mettre le public incessamment au courant de ses espérances et de ses moyens d'action, et de garder (juelquefois pour lui les dépêches qui lui parviennent.
Le gouvernement n'a pas de prétention de faire toujours ce qui serait jugé le meilleur par chacim de ceux qui ont le di^oit et le devoir de contrôler ses actes. S'il Toulait réaliser cet idéal, il serait forcé de faire à la fois plusiem's choses contradictoires. Ce à quoi il s'efforce, c'est d'accomplir sans arrière-penséo la n. 1
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lourde tâche qui pèse sur lui, et, sur ce poiut, sou programme est simple : combattre Tiuvasion étrangère jusqu'à ce qu'il Tait repoussée par la force ou par un arrangement honorable.
Ce programme, par lui formulé dès les premiers jours, n*a pas cessée ne cessera pas d'être'le sien. Paiis fùt-il seul à résister, le devoir continuerait à l'imposer. Mais, grâce à Dieu ! malgré ses fortimes diverses, l'effort de la province s'unit au nôtre et se prononce chaque jour davantage. Là aussi, aux ruines de l'empire la république a fait succéder des armées improvisées qui s'affirment par leur héroïsme. Dans la douloureuse situation où nous sommes, nous ne pouvons retracer l'histoire glorieuse de leurs combats de chaque jour sur tous les points du territoire. L'imperfection de nos communicalions ne nous permet de recueillir que des renseignements incomplets, et nos concitoyens voudront bien ne pas exiger de nous des détails qui ne nous parviennent pas.
Quand nous recevons des dépèches, nous ne gardons pour nous que les appréciations confidentielles; nous avons toujomrs publié, et nous publierons toujours les faits qu'elles renferment. De ces faits constants, il résulte pour tout esprit impartial que la nation accepte résolument la lutte et qu'elle ne se baissera pas dominer par l'étranger. Qui aurait pu croire, il y a quelques semaines, que nos jeunes recrues de la Loire airêteraient, par dix jours de combats, les bandes victorieuses de Frédéric-Charles, du prince de Mecklembourg et du prince royal de Saxe? Non-seulement elles les ont tenues en échec, mais elles les ont fait recaler ettleu» infligeant des pertes considérables.
Eîles forment une artuée intacte prêté à donner la main à BiàaTrt vers l*ouest, à Dourbaki au sUd, alors que le général Faidherbe, dont chacun sait la distiflctioil* et' le com^age, opère du côté du nord. Telle est notre situation résumée en quelques motfe. Nous ne* dissimulions ni sa* gmvlté ni' ses périls, mais' nous disons qu'elle est' simple, et-qu-elle ndus impose Tobligatiôn de tenir et* de* coifîbattre'.^ Dèpfuis trois mois Paris accepté lèis plus dur^s^ soef&anc^, et sa* constialiiec grandit avec réjptreuve. Il sait qu»'il pettt sdiïflÎPiridatantagei, et»l*^usèe
PAR» PXMMMT LE StCél. 3
ave» Borwuihridéeid'uBe câpitukttwn que- la orainte d« cette yggnavationJui.amBeherait.
Le.,g(»uveniement n'a d'autre mérite que de «'àeeocier kme setttimem et de se faire l'exécuteur de* cette volonté 11 est ré soltt àiy loettre tonte son' énergie, et U ne demande d'aufre ré" coa»peùBequ«den^être>p«8 indigne. du. déTouemeat ciwque de ceui qvà lui ont donné leur confiance. ILcombattra avec eta et, il en a le, ferme espoir, avec eux- et par eur, il vaiûcte' L'ennemi qu'il sagit de reptousser est puissant: mais otMilê que sdit sa fo>ce; elle est moins grande q«e celte de la nation françsase; et quand- Pasis, (jamâ le gouvernement de la défense natl«iale.ann«aeentî laap inébranlable dessein' de corn battKS et de. vaincre, ils peuv&it affirmer, sans craindre de se tromper, qi^^ils ont poureuï la France tout entière, et qa'awc la «arde nationale, la garde mobUe et l'armée il». réussiront dans leur sainte entreprise.
La note dn. Immaloffickl bous donne de ces bonnes raisons sdr kstjaelles il n'y a rien à dire et qui pourraient aussi opportunément n'être pas données. La situation es* difficile,, les hommes on» fait ■ce qu!ils«ot pojGelaeAt connu et admis detoutle laondo; PeBsoiin».Be dbute de la bonne volonté dés hommes, pecsonBe-n'ignoBè quece qm'ilsoat pu n'a pas. ét« brillant. Le^génie a^nianquê.
Gest un. grand suj«t de regret, ce ae serait pas tout à fait unlégitime sujet de reproche; Nul n^st twm,d;œw>iiidtt.gÉBie, pas même lorsque, l'on s'est proposé pour. faice-en-ce, genre des mirades. D y a deaépo^pws où tout, lenaonde est persuadé de posn «éd« Ift plu» grand mérite ets'offi-eàjeueïtriomiphaiemaat av«c* l'impossible, la véritable,, l'unique iaipoasible«tà«t.dena jjagtriQinplieru M. le marédial Le Bœuf a eu cçtte «onwiçtiontli <(m était. Uidée de
l'Empire. Dans le moment que M. le maréchal Le Bœuf voyait fuir son illusion, les illustres députés de Paris, MM. Favre, Crémieux, Glais-Bizoin, Ferry, etc., se sentaient absolument capables de rétablir les affaires et les prenaient en maîn très-gaillardement, comme on Ta vu, attendu qu'il est impossible que la République ne triomphe pas, surtout conduite par MM. Ferry, Crémieux, Glais-Bizoin, Favre, etc., lesquels sont l'amour des peuples et l'espérance du monde. Le Journal officiel en est encore persuadé. 11 nous le dit, selon sa fonction qui est de nous le dire jusqu^au dernier jour et jusqu'à la dernière minute. Merveilles à Paris, nous en sommes tous témoins; merveilles en province, les pigeons l'attestent : « Là aussi, aux ruines de l'Empire, la République a fait succéder des armées improvisées qui s'affirment (?) par leur héroïsme. »
Il faut avoir beaucoup de pitié et beaucoup de clémence pour les époques où tout le monde est plein de génie, où les officines d'avocat, les coulisses des théâtres, les boutiques de libraires, les bureaux de rédaction, les cafés et les cantines regorgent d'hommes universels, tous également certains de sauver le pays, moyennant quelque petit appointement. En fait de génie militaire, que peuvent à bon droit se reprocher le ministre impérial Le Bœuf et le ministre républicain Gambetta , et dans toutes les autres branches du génie de gouvernement tous les autres ministres impériaux et tous ,les autres ministres républicains, et des deux côtés, ces couches remuantes que l'on appelle le peuple politique ?
Depuis un demi-siècle, le genre humain politique n'est guère que le même faquin ou le même sot tiré à plusieurs milliers d'exemplaires. La pauvre espèce humaine gémit sous ce mille-pattes qui 1 avilit et la gruge. Elle attend un homme qui tire l'épée pour faire enfin ce qui est la seule vraie gloire de l'épée : obéir à la vérité, déchirer l'erreur.
Il est certain cependant, comme dit Y Officiel^ que rien n'est perdu. La raison qui fait que rien n'est perdu, V Officiel ne la dit pas et ne la connaît pas. Rien n'est perdu parce que les événements, à l'insu et contre la volonté de ceux ^qui les brassent ou plutôt les tripotent, forment tout à la fois et l'homme que le véritable peuple attend, et le peuple dont cet homme aura besoin. Dans ce siècle de machines, les événements sont comme les rouages inconscients d'un mécanisme immense et mystérieux. L'ingénieur se cache. On ne saura son nom que lorsqu'on verra son ouvrage, et alors l'acclamation de l'humanité saluera Celui qui fait les mondes.
Oserons-nous dire que tout ce qui se passe depuis cent ans est ce que l'on appelle ^vulgairement une lessive? Et pourquoi ne le dirions-nous pas? L'œuvre est assez forte pour élever le mot à sa hauteur. Une telle lessive vaut bien une création. Mille souillures qui apparaissent à la surface de la formidable cuve, sont des parcelles immondes qui se détachent. Cette écume sera enlevée. En ce moment elle couvre tout, mais déjàellene tient plusàrien; et ce qui sortira de la cuve en sera tiré autre qu'il n'y fut mis, c'est-à-dire nettoyé, pur, salubre, préparé pour de nobles usages.
oll y a ûoniipi6 uae mystérieuse attente ide oebiepfait d^s la p^itience inviDci})le avec laquelle la France su|ipof te çti^ême béait les douleurs de Topération. EJsleveut être lavée, elle veut renaître, elle veut tospl^ndîr, et elle a ioi dans le succès de la « sainte e^tjr^priae ;» Sians avoir aucune foi dai^s les hommes qui en ont la conduite, lesquels, en vérité, ne sont ' p^s dignes, ejt, en réalité, ne. conduisent rien.
iS^ïifite mtrepj^el.c'es^ le Journal officiel lui-même q\ii écrit ce mot étrange <l(^ns ses colonnes. Homme il e^t vrai ! Çt <;omme il ne le s^it pa»!
-Ou escompte Thistoire^ on se décerne des couronnes doQt il ne sera plus ^àre question au jour du véri* table jugement. Qni a fait ce qui est fait ? C'est un nK>UYement d'instinct et de multitude, dont nul ne pQut discerner les cajises. Presque partout la digue et le ilôt se sont également trompés. Les accoucheurs de:la République croyaient mettre au monde la paix. La plupart de ceux x[ui hurlaient le cri de guerre ne voulaient point se battre. Les murailles de Paris seraient tombées d'elles-mêmes s'il leur avait été dit qu'elles tiendraient 6i longtemps. Jamais Dieu n'a davantage montré l'obstination de §es miséricordes sur la France.
Depuis cent ans, l'histoire des Français n'est pas glorieuse, celle de la France l'est infiniment. Quelle audre nation soumise à 4^ tels guides, renversée par tant de surprises et de séductions contoaires de la glaire, de la prospérité, .de l'esprit,. de l'orgueil et de la honte, auraj^t pu espérer d'en sortir, comme le monde en aura le spectacle, avec toute ^a foi, tout
PAIM^ PENDANT ,L£ SIÉOE. 7
senibon sens et tgute-^a vertu ! Mais cqux qui s'attribvient ici quelque. ({bo«e, qui peuvent que la .France subit ce eonibat poi^r. conserver les présents qu'ils lui ont fait et denaeurervdans le cul-çle-,sac où ils encçnsent leur propre et imbécile idole, ceux-là ne coan^iissenti ai la Fr^nap, ni €;uxi-m4me^, et n'ont pas le pressentiqaeqt de l'.avenir .vçrs,J^q^el;s'41çi.nceront nos;drap:^UX. pwifife.
^1 décembre.