ANDRÉ LA VERTU J ON, F. HÉROLD, A DREO, DURIER
Nous approchons de l'heure décisive, peut-être y sommes-nous déjà. Malgré le secret cpii couvre la résolution du général Trochu, il parait certain que l'opération dont il prend la conduite est plus et mieux qu'une sortie. On y pressent quelque chose de hardi qui avait paru jusqu'ici manquer à ses combinaisons, nous ne disons pas à son courage. Son courage ne faisait doute pour personne, mais on le trouvait trop prudent. C'était son défaut au gré de l'impatience publique. On le trouvera plus grand, ayant su se contenir et résister à la pression violente qui lui demandait et exigeait l'action. Sa persistance à attendre le II. ^
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moment lui fait honneur. Elle inspire une confiance qui devient une" force considérable. L'opinion est une puissance dangereuse. Elle brise aisément qui lui résiste et plus encore qui lui obéit ; mais elle a cela de bon qu'elle ne hait pas d'être vaincue, et au contraire elle se porte alors volontiers au service de son vaiû*queur.
Le gouvernement civil de M,. Trochu nous a païu mériter de graves reproches, et nous les lui avons adressés. Il a donné trop de marge à laiméchan«i^té et à la sottise révolutionnaires. Cependant, sauf l'immense tort moral dont nous restons cliargés dans la question religieuse, il faut convenir .pour tout le reste que le mal n'est pas aussi grand qu'il est hideux et révoltant. Si le gouverneur a deviné que les clubs, les journaux et les maires rouges n'auraient qu'un moment, il a pu compter comme bénéfice le spectacle répugnant de leurs doctrines et de leurs essais. Ce ne sera pas un petit .profit d'avoir vu ces ignominies bêtes et d'en avoir tâté Timpuissance.
M. Trochu pourra toujours dire qu'en sommeil ne s'est, pas trompé sur le bon sens puïlic, qu en somme la paix civile a été maintenue, et qu^il n'avait pas besoin d'opposer au léviathan démocratique la baïonnette de son fusil, puisque la crosse suffisait. Nous vivons en un temps où cette raison paraîtra suffisante, et il ne s's^git pas déparier de justice et de principes à des hommes qui n'ont pris le pouvoir Ôe les défendre qu'en donnant l'exemple de les viol^. Contentons-nous de réserver ce point.
Quant à la conduite militaire au gouverneur âe
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Paris, nous nous sommes abstenus de toute critique, ei nous nous eu félicitons aujourd'hui. Nous tenons à grand honneur de l'avoir toujours cru là-dessus plus compétent que la mulfitude de ses censeurs, même caporaux. Ces grands tacticiens n'ont pas peu contribué à accroître le principal obstacle du général en chef, qui était l'indiscipline du peuple et de l'armée, obstacle que sa situation et peut-être même son caractère le portaient à ne pas attaquer vigoureusement. Il lui était difficile d'appliquer aux sol- <lats indisciplinés les rigueurs du Code militaire, lorsqu'il devait les épargner aux gardes nationaux militarisés. Il est tels chefs de bataillon de la garde nationale dont l'intérêt a couvert les délits et les crimes que Ton a pu imputer à la troupe. Chacun nomme les héros démocratiquas qui ont été le bou- <îlief des insoumis et des fuyards.
En résumé, sous le commandement de M. le général Trochuj Paris, investi d'une armée victorieuse «t placé, à l'intérieur, sur l'abîme de la sédition, s'est rendu inaccessible et a tenu quatre mois, donnant à la France le temps de se relever, ce qu'elle a glorieusement fait. Voilà qui couvre les fautes de détail. Ceux-là nous semblent hardis,, mais peu croyables, qui ne balancenlpas à publier qu'ils se fussent mieux tirés d'une semblable improvisation.
Si M. Trochu rëuesit, îl aura pris une belle place dans notre histoire. £!il éelfeone, la posténîté^ filus juste que ses contefflporain&, lui pardonnai» d'avoir été malheureux. "Quoi qu'il arrrve, nous nesuccctoberons pas sans honneur, at nous lui devrons tme
bonne partie de cet honneur qui tombera dans notre fosse comme le grain dans le sillon, c'est-à-dire comme une semence de vie et de gloire.
Quant à la proclamation des membres du gouvernement, elle est ridicule, comme tout ce qui sort de leur fabrique. Pour l'acquit de notre conscience, nous protesterons jusqu'au dernier moment contre ces plats et pâles sonneurs de fanfares païennes. Au moment du suprême combat, sur le bord de la fosse où peut sombrer la pairie, ils ne savent pas, ils ne veulent pas , et peut-être ils n'osent pas se souvenir de Dieu. Ils mettent leur gloire à nous faire mourir comme dans l'ambulance et dans les bras de Cadet.
Et ils ont peur !
Vous entendre exhorter à mourir par Dréo pâle et Laver tuj on qui verdit !
Même date.