LETTBE DU CITOYEN CADET
12 décembre.
Citoyen Veuillot,
J'arrive du champ de bataille, et on me commmûque votre article me concernant.
Ma réponse est bien simple. Si mon arrêté eût obtenu vos éloges, citoyen Veuillot, je me serais demandé si je n'avais pas pris une décision insensée, immorale, injuste et déloyale.
Mais, du moment qu'elle mérite votre désapprobation, permettez-mcH de vous dire, citoyen Yeuillot, que ma conscience est tranquille, persuadé que je sui&dans la bonne voie, c'està>^dire dans la justice, l'honnêteté et la moralité.
Passons maintenant à vos insinuations.
Dans un entrefilet comme vous savez les faire, vous dites :
« On assure que le directeur général des ambulances du « XI* arrondissement touche 500 francs par mois. »
TANT QU'A mes appointements, vous saurez pour votre gouverne, citoyen Yeuillot, que mes fonctions sont gratuites, et puisque vous me forcez à parler de moi, voici ce que j'ai fait dans l'intérêt des ambulances.
Espèces 420 fr.»
Notes de médicaments, payées 420 fr. 80 c.
Boite d'amputation, etc., achetée chez Charrière 170 fc« »
Total 710 fr. 80 c.
Agréez, citoyen Yeuillot, mes remerciements,
Cadet, di ecteur général des ambulances.
PARIS PSNDDTNT LE 81É0R. 19
Citoyen Cadet^
Sortir d'une bataille et combattre à Tinstant !
Un nommé Sanche^ roi de certaines Elspagnes, parlait ainsi à un nommé Rodrigue, surnommé le Cid^ chef de hataillon d'un arrondissement de ces quartiers-là. Seulement, c'était un 106* bataillon, et ce Cid était un jésuite. Mais dans votre genre , vous le valez bien. Quoique votre adversaire, je salue en vous le Cid des ambulanciers.
J'apprends avec plaisir , citoyen Cadet , que vous vous êtes fendu de sept cent dix francs et quatrevingts centimes au profit de vos ambulances. Jésus- Christ n'a donné que son sang pour le salut des âmes que vous cherchez à lui prendre. M. Mottu doit trouver que vous faites mieux les choses. Non moins généreux que vous, il saura vous faire rentrer dans vos frais.
S'il faut avoir dépensé de l'argent pour mériter l'honneur de vous parler, sachez, citoyen Cadet, que la guerre et La République m'ont ^ à ma connaissance actaelle, eoûté cent cînquaiite ou deux cent mille francs^ et que je dépense environ cinq cents francs par jour afia de ne point Uceacier mon atelier. Je néglige ks ceoitimes»
Et YCH1& arrive;?, du champ de bataille ! Voilà qui est merveilkux et bien flatteur pour le champ ide bataille. Le frère ignorantin qui s'y est fait tuer ne serait pas capable d'en dire autant.
Mottu mettra là une colonne aux frais du XP arrondissement :
Ici SE FIT VOIR MON CADET.
De l'autre côté il évidera la colonne et il y collera des prospectus de son dictionnaire Larousse, pour rentrer dans les frais de Tarrondissement.
TANT QU'A moi, citoyen Cadet, je ne reviens pas du champ de bataille, mais je me porte bien, tout comme vous, Dieu merci.
Et TANT QU'A votre lettre, je la publie avec un vrai plaisir, citoyen Cadet.
A votre service.
24 décembro,