ÉLECTIONS POUR LA COMMUNE
L'insurrection épanouit ses proclamations dans le Journal officiel^ où elle est install ée, et ses chefs s'y font connaître mieux que par leurs noms. Ce sont de pauvres gens ! Ils, ont bien monté et bien exécuté leur coup, l'on ne ^saurait leur refuser cette justice. Ds
PàRIS PEKDAI9T LA COMMUNE. 277
ont habilement mis la main sur toutes les clefs, hardiment ouvert toutes les portes. Mais, cela fait, ils sont à court, et tout leur bagage se compose de phrases qui ont déjà servi. Ds répètent fidèlement ce que le noble gouvernement qui arrive a coutume de dire contre Tinfâme gouvernement qui s'en va.
Le gouvernement qui s'en va a été lâche, absurde, traître, même usurpateur. Il a tout perdu. Le souffle du peuple l'a fait disparaître, etc., etc. Mais voici des hommes nouveaux, suscités par la patrie : ils sont la moelle du peuple, intelligents, purs, justes, etc., etc. Ils vont ramener Tordre, la liberté, le travail, l'abondance ; ils vont fonder enfin la République, etc., etc. De vingt ans en vingt ans, cela peut produire quelque petit effet. Louis-Philippe l'a dit, Lamartine l'a dit, Bonaparte l'a dit, Jules Favre Ta dit avec Crémieux et Bizoin et les autres du 4 septembre. Mais au bout de six mois, c'est trop vite copier ce programme qui a manqué sur trop de points importants. La foi se refuse. Il fallait trouver autre chose. Ici cette belle conspiration trahit son défaut. Les conspirateurs peuvent avoir quelque chose dans la main, ils n'ont rien dans la tête. C'est inquiétant.
C'est inquiétant pour nous, parce que, n'ayant rien dans la tête, ils sont forcés de se servir de ce qulls ont dans la main ; et c'est inquiétant pour eux, parce que ce qu'ils ont dans la main ne saurait durer longtemps. Ils ne peuvent tous les jours, ou par mégarde, ou par un mouvement de vivacité légitime, faire ou laisser massacrer quelques citoyens. Encore que l'assassinat de Clément Thomas et du général
278 PMRtB PENDANT LÀ -MlOtSilC.
Lecomte leur paraisse ju^tecn ^, la fsufcoiidoat ^ mi parient laisse deviner qne eetle vietoîre est^gè» nmïte. Les maHreareia eommenceot par laisser massacrer sons lenrs yenx deux bommes de 'cœur, ot, ponr s'excnser« ils disent qu'ils l'ont ignoré I Mais comment se tirent-'ils de 0€^ a accident 'i> qu'ils prétendent n'avoir pn empêdher? Par une amnistie ! ScfaindeiiiannesîmettaftplHsd^iOTdpe d^ms sa troupe.
A la vérité, ils invoquent use raison. Us disent qifîls ne soclt pas un gouvernement. C'est leur cèté original, outre la manière dont ils sont 'entrés ea scène. La garde nationale, qui les a, selon eux, insti* tués pour nous Temeltre «en ipossession de « nos droits, » ne les a pas institués pour faire régner la justice.
Et à présent, ik veulent bien s'en aller. La nécessité seule les relient afux afiTaires. Màiss'ils veulent 'l>ien s'en aller, Us veulent ^bieu aussi rester. Ils nous invitent aux élections ; ils demandent un sacre à ce Paris qu'ils ont délivré. Nous n'avoMS qu'à les acclamer.
En vérité, c'est le comblede l'impertinenoe. «Et de quel droit nous appellent-ils aux élections? Est-*ce que <ï la garde nationale » de Pari-s, comme ils disent, les a aussi chargés de dissoudre l'Assemblée nationale, ou d'élever demain quelqu'un contre eDe? Est-ce que Paris constitue on peuple à part qui^doit n'obéir qu'à eux, et par eux se soumettre la France ; et doivent-ils encore accomplir ce mandat sous peine de mort (parmégarde) contre ceux qui se refuseraient de les seconder?
PARIS psNi^iiNt Là miOÊtmn. 27§
N«ms ^irvoQS ètm io^al^éft assêe bas pMir les mi« 'Mr 'qffif9lqoes JMiiPS. Lear ^béir serait to^ à la fois «t tP^ tàcbô eft tf^o^p bète. Aucun kamim d*iioanear tie V0iidita se ireadre à celte électieii. Qu'ils fassent TopéaM,imï en famille. Ow'iis reçoivent au vote les Imlietioe 'éperits du &ang 4e Clément Thomas et de Iie* comte, et si le scrufem n'e^ pas assez lourd, <}tt'ils j ajùGUîeBit leur plomb i Le t^itoyen qui tombera pour avancer, neffrt^ce qoe d'une heure, le moment prochain où ils de^ottt rendre compte, atura biea em- ^\oyé «a Yie.
C'est toute la réponse que taéritent leurs invitations et leurs menaces .
CLYII
21 mars.
l'ÉCROULEMEN i.
Pour dire- où nous en sommes, nous n'en savons rien, mais ce n'est point bon. Le gouvernement régulier est pitoyable. Il a laissé Paris sans défense sous la main de Belleviile, c'est-à-dire sous la main de cent ou cent cinquante mille hommes de grand appétit. Il y a une école qui reproche à Bazaine d'avoir trop longtemps défendu Metz. M. Thiors et ses ministres no mériteront pas ce reproche-là ! Sans prendre une précaution, sans laisser un ordre,
tout est parti, tout s'est sauvé non pas à Taspect de Tennemi, mais à son odeur, et c'est une question de savoir si Versailles leur parait assez loin. Ils ont, entre autres choses, oublié quinze batteries de canons. Sedan fait mode; tout le monde veut avoir le sien.
On se demande comment Belleville se sauvera à son tour. Il se sauvera néanmoins. Mais quand?
En attendant^ le gouvernement laisse la conduite aux députés et maires de Paris, qui se sauvent. On le voit à leurs affiches, de plus en plus plates.
La garde nationale conservatrice, qui ne manque ni de bras ni d'hommes^ semble disposée à se sauver. Elle laisse occuper ses mairies, déposer ses officiers, enlever ses armes. Un seul arrondissement refusenettement de se laisser envahir. C'est le deuxième. S'il pouvait donner un peu d'énergie aux autres, ce serait fini, et l'on délivrerait les chefs de l'insurrection eux-mêmes, qui commencent à n'être plus maîtres de leurs hommes. Ils se plaignent de la fâcheuse introduction de repris de justice dans ces rangs mal gardés. Esprit de Sedan, lèpre fâcheuse de la belle civilisation moderne, maladie funeste à la « reprise des affaires ! j>
On nous avait pourtant si bien élevés, et nous étions un peuple si brillant dans la fabrication du vaudeville, de la caricature, des armes, des lois, du roman-feuilleton, si brillant en tout 1
Et Paris est une forêt de Bondy. Liberté^ Fraternité^ Égalité I
Cependant il ne faudrait qu'un homme, tout le monde en convient; mais tout le monde convient
aussi que cet homme ne se trouve pas. Ce n^est pas même M. Assi. Bien plus, M. Assi et ses collègues, comme M. Thiers et ses collègues, comme la Chambre issue du suffrage universel, respectable d'ailleurs, sont la preuve trop évidente que cet homme n'existe pas.
Si au moins nous étions humbles, Dieu pourrait avoir pitié de nous.
Mais nous sommes au contraire très-fiers, et nous ne cessons pas de dire que Tannée prochaine, l'an* née d'après ou plus tard, nous prendrons notre revanche de la Prusse !
0 Dieu, Dieu de nos pères, devenu si terrible à leur race dégénérée, rendez-nous humbles, mais ne permettez pas que nous descendions dans cette abjection où l'on s'accoutume et d*où l'on ne sort pas. Suscitez-nous un homme, et qu'au moins nous ne périssions point tout à fait sans honneur!
Versailles, 25 mars.
SÉANCE DE l'assemblée.
La séance de nuit n'a été ouverte que pour être levée. Il y avait à discuter une proposition ambiguë de M. Arnaud (de TAriége), homme bienveillant, qui se flatte de contenter tout le monde. On a déclaré
<t*fllborâ <{M le Tappoit n'^aôt pas prêt, pnîa ^'il qjte devait pas !*étre, et ^'il ne iallaài pas ioucher à ces poudres, craîrile d'une ^ étmœlk cpii pouirait iaire cotfler des terrents de sang. » M. de Peyramoat l'a "fit avec graTÎtë, M. Arnaud avec émotion. AumeonB favorables, clameurs contraires. M. Tbiers a insisté pour la remise «vec im redoiiblement de gravité et d'émotion, et une teinte marquée de maovefise liiii* «near, ajoutant ^qu'ansnrphis le gouvememeiit a'avait rien à^erarncke du jugemeot de j'opinioa. S^ las! 'le jugement de TopHiioft... Et oà esi l'qpiniim, et qu'importe le jugement de l'opinion?
Depuis longtemps, en France^ il n'y a guère ^e les gouvernements ««f ai s'efforcent on peu de compter avec l'opinion, et il n'y a guère- que les geuvome**ments qm me puissent pas oempter sur repînîen.
'Enfin, la parole d un ohef du pouvoir exécutif^ même le plus incapable d'exécuter 4[JBm «que oe eeit, ne laisse pas de produire son impression. Lorsqu'il affirme que l'on est au moment de sauter, il y a un léger temps d'arrêt. M. Grévy a saisi le cheveu de l'occasion et levé la séanoe.
Dans les tribunes, on cberchait à se rendre compte. La scène était manifestement concertée. Le gouvernement parlementaire est essentiellement un gouvernement de coulisses; personne ne Tignore plus. Ayant préparé le thème, les acteurs, se cachant en général leur vrai dessein, s'abandonnent à Vimprovisation, et remettent plus ou moins consciencieusement le dénouement au hasard.
Et nou3^ pour notre argent^ nous sifflmis les acteurs.
PÂKES nEWDAirr ul (Gohmiiiik. Jitô
i^laîsîr înmioral et diès-eouteuau
Enfin, on cherchait le seci»t de lar tenikle leamàdie, «t Ton flairait iquelque plan de conciliation. H était lirait 'de piludieurfi baAaJllons « diftsidflwtB j) qjui don^ naÔBnt des n)dice6.d'un esf^rit plus pacifique^ jftt I'ûh ^^entrevoyait Tespoir de romqpre ce qn!il*eat «ietvâaiL^ urgent et si difficile de disBocidre.
Les nonvelles >de ee matin ne oosifiiriiient pas cette attente. L'angoisse est gcaade. EUe doditrêtare pavtout. Mais «i l'âsigoiaBe est «gaie, Im Msolulbifm iie Test pas.
Il y a trois jeux : celui de lU Sédîtd0a, oelni <dii Gk^ureroement, eelui des députés et <des meûdres de Paris, lesquels se font «eniremetteurs et soaiA pao^ties.
La Sédition et le GouYememenrt œ yeulent ni ne peuvent rien partager; les maires et les députés veulent; et croient pouvoir tout prendre, à la Sédidon, la force, au Gouvernement, la légalité. Réassirointils? Tout est possible, et cène serait pas la premiène fois que la a oonciliation » ferait avorter définitivement le bien^ en désarmant le mal pour le réalisa correctement. Le triomphe de la révolution, c'est-tàdire de la destruction, Tanéantissement du principe de salut, est dû à l'esprit de conciliation. Il concilie par la mort.
La politique des maires ôtera à la Sédition Paris, et lui donnera la France.
Ce n'est pas fait néanmoins. Les séditieux ne semblent pas disposés cette fois à travailler par procuration. Us ont de l'audace, de Taudace, de l'audace.
Ces trois choses manquent à Versailles et sur le chemin entre les deux eamps.
Les séditieux ont intérêt à traîner jusqu'à ce qu'ils aient fait leurs élections. Ensuite ils se diront légitimes. C'est un grand point! Alors ils s'installeront législateurs et juges, et ayant enflammé les villes, ils allumeront les campagnes.
C'est ce qu'il faut pour que la Prusse institue en France un intendant fidèle, qui lui assurera la perception de ses rentes, et qui sera Napoléon IIl.
L'armée de Catilina finit toujours par servir César. Les insurgés, après le succès de leur conspiration, prendront leurs invalides au soleil de Cayenne, et nous, France, nous aurons notre repos dans la honte. Le généralissime Garibaldi, devenu Tallié de la Prusse, nous emportera la Savoie, Nice et la Corse.
Et nous pensions avoir épuisé le calice, lorsqu'après cette résistance plus longue que haute, nous avons enfin subi le joug!
Voilà ce que devient un peuple à qui ses philosophes se sont flattés de montrer comment les dogmes périssent.
Mais heureusement les dogmes ne périssent pas, et c'est pourquoi, malgré tout, le monde verra comment les peuples renaissent.
Versailles, 26 mars.
SÉANCE DE l'assemblée. — LOI SUR LES JUGES RÉVOQUÉS PAR M. CRÉMIEUX. M. DUFAURE.
Pour la première fois depuis la veille du 2 décemhrel851,je suis entré ces jours-ci dajis un local législatif. Je n^ai trouvé d'un peu changé que la salle. L'Assemblée^ également souveraine, est en proie aux mêmes préoccupations, aux mêmes émotions. Elle cherche également le moyen d'exercer sa souveraineté, elle est troublée delà même incertitudede vivre. Elle sent planer sur elle la dictature, elle en est déjà fascinée et paralysée. Elle est divisée; elle n'a point de tête, ou, ce qui revient au même, elle en a plusieurs; elle veut et ne veut pas; elle est trahie en ellemême et trahie par elle-même ; elle s'en va, ou plutôt elle s'écoule.
Décidément, la solidité, l'accord, l'assurance de durer ne sont point Tapanage de cette forme de la souveraineté, et l'expérience lui est de peu de profit!
Voici M. Thiers, M. Favre,M. Dufaure et d'autres, déjà connus et en pleine lumière il y a vingt ans, aussi embarrassés pour le moins qu'il y a vingt ans; et l'on peut, hélas! prédire que, s'ils sortent d'embarras, ce sera, comme il y a vingt ans... parla fenêtre!
286 PARIS PBNDANT LA GOMMUBiE.
Mais ainsi le v ù la logique! 0 sagesse humaine, tu n'es qu'un mol, e^4e plus vain et le plus menteur des mots, quand tr ne veux pas reconnaître que le diable est logicien.
On parle. I ..rté, ordre, république, patriotisme, concorde, etc., etc., tous ces mots sonnaient très-fort il y a vingt ans, sonnent très-fort aujourd'hui; et aujourd'hui comme il y a vingt ans, la sonnette du président se mêle très-fort à cette sonnerie oratoire ; et c'est un concert qui ressemble très-fort au tocsin. Oi^ s'agite, on crie qu'il faut éteindre le feu^ et, dans leur empressement à bien faire, ceux-ci allument d«s torches, ceux-là vident les réservoirs. La sagesse humaine, en ce temps, s'est soumise à une logique qui le veut de la sorte et qui marche inflexiblement à son but de destruction.
Le parti de la destruction monte à la démence et ne voit plus, rien d'impossible ; le parti de la conservation descend au-dessous de l'imbécillité et parait incapable d'essayer quoi que ce soit. Il faut voir ce désarroi, cet atTaissemcnt indescriptible,cet universel effondrement. Tout le monde y sent quelque chose de surnaturel. On se récrie, ons*indigne, on a la conviction qu'il ne faudrait qu'une main, qu'une voix, qu'un signe pcut-êtrcpour dissiper l'horrible fantôme, mais tout manque, la main, la voix, le geste; et il devient vraisemblable que ce gouvernement et cette assemblée issus du suffrage universel vont périr au milieu de leur armée, étouffés par la terreur d'un ennemi qui n'ose pas attacjuer.
Au milieu de cette angoisse et à travers le vacarme
des mauvaises nouvelles de Paris^. od a fait kier une loL On â restauré les juges ré vo<pii.i illégalement, par M. Grémieux. Il s'agissaitde sauy< rie grand principe de l'inamovibilité ; toute la discu '^iona été pour le détruire* Ces malheureux jauges n' 1 pas été. seulement accablés des reproches qu'ils avaianl pu mériter^ en consentant à faire partie des* commissions mixtes de 1852 ; ils ont été vilipendés de toutes parts, noyés dans Tignominie. L'Assemblée ne. contenait sans doute que des gens sans péché ; tous ont jeté la pierre^^et les ministres comme les autres. Âpres quoi ces pelés, ces galeux, ces juges « infâmes » ont été restaurés, mais à une condition que M. Dufaure s'est laissé dicter. Us devront s'exécuter eux-mêmes, se déclarer indignes de monter sur le siège qu'on leur rend, sinon on leur fera procès, et alors ils seront régulièrement révoqués, flétris par la Cour de cassation. En fail de flétrissure, on peut se demander ce qui leur manque.
M. Dufaure les met ainsi dans l'heureuse condition de ces criminels d'élite que l'on gratifie d'un pistolet pour se brûler la cervelle, afin de s'épargner l'échafaud : cette grâce équivaut à leur aveu ; elle prouve aussi la foi de M. Dufaure aux principes qu'il défend.
Dans la réalité, il paraît bien que ces juges qui ont péché, mais qu'il ne fallait pas soustraire àleurs juges légitimes, ont été sacrifiés par M. Crémieux pour satisfaire les rancunes révolutionnaires et surtout pour placer certains amis révolutionnaires de M. Crémiftux. On les a recherchés après vingt ans , ils ont été destitués pour avoir, par faibless^e peut-être
OU par erreur, trahi les convenances de la justice, et ceux qui les ont frappés se sont mis eux-mêmes audessus de toutes les lois et de tous les intérêts de la société.
Cependant M. Crémieuxne les avait que persécutés, et M. Dufaure, qui veut les réintégrer, les déshonore. H ne les réintègre pas, il les replace. C'est leur place et non leur rang qu'il leur restitue, et à condition cpie cette place, ils ne la reprendront pas ! Ils la reprendront comme une chose cpii leur appartient, et qu'on rie peut leur ôter qu'en vertu d'un jugement, qui n'est pas rendu.
27 mars.
SÉANCE DE l'assemblée. M. JULES FAVRE. VOTE
d'un MONUMENT EXPIATOIRE.
Hier l'Assemblée paraissait disposée à se déchirer sur la question de savoir si elle tiendrait séance aujourd'hui. La séance a eu lieu, et tout le monde a paru d'accord pour ne rien dire. Pas un mot des choses de Paris. Ce silence est éloquent. A Paris, en ce moment, on vote, et personne à Versailles ne se dissimule que l'objet du vote est la création d'un gouvernement. M. Louis Blanc en a averti hier, et même il a réclamé un décret de satisfaction pour MM. les
PARIS PEM>A]VT LA COMML'N£. 289
Maires qui ont fait ce petit coup d'autorité. Le Gouveraement n'a rien dit; l'Assemblée a laissé tomber la proposition dans le sein de la commission d'initiative. Les formes sont gardées; mais la pudeur?... Qui ne dit mot consent, et il s'agit bien un peu de viol.
M. Favre^ au début de son mémorable règne, parlait, non sans fatuité, du rare « eflFondrement » de l'empire. Et lui-même, que dit-il de la façon dont il s'effondre, et du poids de la logique sous laquelle il a placé son front fier? Adieu, bourgeois de Paris, avocat, député et membre de Tlnstitut! C'est fait. Comme ceux du 2 décembre, les lauriers du 4 septembre et du 31 octobre sont coupés.
Nous n'irons plus aux bois I
Il est à supposer que la commission d'initiative ne se saisira jamais de lapropositiondeM. Louis Blanc; (ît si quelqu^un à cette heure voulait penser que l'Assemblée a tenu aujourd'hui sa dernière ou son avantdernière séance, il ne s'exposerait pas beaucoup.
MM. les maires de Paris se féliciteront eux-mêmes.
Mais s'ils espèrent se féliciter longtemps, ils ont tort. Eux aussi se placent sous la main d'une logique qui les promènera dans des sentiers rudes et peu faits pour les bottes vernies.
Cependant rendons compte de la séance de Versailles. Il s'agissait des propositions expiatoires de M. le général Trochu touchant l'assassinat de Clément Thomas et du général Lecomte.
Le terrain était brûlant, on l'a franchi à la course.