PRISON DES CONDAMNÉS, A LA ROQUETTE
Jeudi, 25 mai, 45« jour de détention, quelques moments avant ma mort.
Je remets mon âme à Dieu.
Je me mets sous la protection de Marie et Joseph.
J'envoie à ma bonne mère mes dernières respectueuses et affectueuses salutations. — Un souvenir à mon cher père, mort en 1840.
Adieu, chère mère, bonne sœur et bon frère. Adieu, Monseigneur d'Arras,
Que Monseigneur d'Arras veuille bien les consoler !
430 PABIS PEKDANT LA COMBnTNE.
J'ai désiré être curé de Paris; c'est l'oocaBicRi de ma mort : c'est xm. mï(Àe». prasse&ti&ie&i et peuUètre uod pitniiMQ«
Adieu à Dugny (où il avait été curé)^ aux pauvres e#mine aux riches. Croyez tous à mon amour en Notre-Seigneur Jésus- Christ. Adieu ! Adieu î
Je demmde pardon à Diea^ A ma mère de mes manquements^ A mes Irères et sœurs de mes duretés> A mes paroissiens de mes défauts^ A mes pénitents que j'ai mal dirigés.
Je demande pardon de certaines oppositions ^e ramonrpropre m'a fait faire à l'égard de deux eurés^ M. Haniclô «t M. Barot.
Je demande pardon à tous ceux que j'ai offensés et scandalisés.
Je pardonne à tout le monde^ sans le moindre , mouvement d'animosité. A ceux qui^ par imprudence, auront oocasioiBé mon arrestation et ma mort.
Au ciel, parents et amis, au ciel !
Pardon, mon Dieu, pardon î
Que ceux qui sont ennemis aujotu'd'hui, demain soient d'accord, et que Paris devienne une ville de frères qui s'aiment en Dieu.
Tout à Dieu, tout pour Dieu .
Que Dieu soit aimé . — Que ines paroissiens croient à la parole d'un moiu-ant.
Je me prépare comme si j'allais monter à l'autel.
Que l'on dise tien aux paroissiens| et aux enfants que je meurs parce que j'ai voulu rester à mon devoir et sauver les âmes en ne quittant pas Paris.
Que tout le monde prie pour moi.
Dieu merecevra-t-il?
PilBTS PE1IDA5T LA COMMUEE. 43 i
Je prie que l'on me recommande partout aux prières. Priez pour le repos de Tâme du malheureux curé de Bomie-Nou- • velle, si pécheur en sa vie.
Au commencement de nos malheurs, au mois de septembre , je m*étais offert en état de victime pour Paris, Dieu s'en est souvenu .
Que mon sang soit le dernier versé!
Mgr Daveluy, mon sous-diacre à ma première messe^ a été martyrisé en Corée, en 1865.
Je meurs dans la foi et l'union à la sainte Église. Qua Dugnj, que Puteaux se convertissent 1
Je pardonne, je pardonne avec Jésus Christ en croix.
Je meurs à 57 &it et jours.
- Si j'en avais profité ! . . .
Ce vendreâi, 26 mai, 6 henraB et demie du soir.
Je meurs dans l'amour de mon C^u, avec soumission à sa volonté sainte.
Confiant dans Marie, Nonobstant mes péchés.
Mes parents, mes amis, mes paroissiens et même ceux qui ne me connaissent pas personneUement, priez poiir moi. Je prierai pour vous si Dieu me met dans son saint Paradis .
Depuis deux jours, je faid mon sacrifiée d'heure en heure. Heureux celui que la .foi seulÂoat dans oetenribte jbomenti Dieu v«ut toujours notre plus grand bien pour l'éternité.
S'il avait voulu faire im miracle
Il ne l'a pas voulu.
Tout à sa volonté !
Un de mes confrères ayant une sainte hostie, j'ai reçu la communion en viatique.
Même date.