K THIERS
La vraie politique de M. Thiers est sa personnalité, laquelle tient plus de place quelle n'est grande. On parle de décadence : il est aujourd'hui ce qu'il fut toujours, agile, audacieux d*esprit, borné sur quantité de points et sur sa propre valeur ; irrésistible à force d'adresse, s'il savait se résister à lui-même et s'empêcher de courir sur le parapet jusqu'au point fatal où il n^ enjambe plus. En sa longue vie, il
a fait maintes culbutes graves. Elles lui ont réussi parce qu'il s'est toujours pekrvé, mads il a toujours recommencé. Présentement il se hâte yers la deiv nière. Elle sera mémorable pour lui, et probablement, hélas ! pour nous. Il y perdra le bénéfice qui lui reste de toutes les autres*, sa renommée surfaite d'homme d'esprit et de fin politique. Nos pertes, à nous, seront plus longues à additionner. Le malheur . de M. Thiers est d'ayoir vu dans sa jeunesse un général gui iui parut de ^etle taitte ; le nétre est d'avoir mis notre confiance dans ce César de marais.
Pour bien comprendre M. Thiers, il faut se souve-nir du temps où il est né et des facilités de la fortune politique sur le courant qui le prit au berceau. Il date de 1797. On peut l'appeler un louveteau de la Révolution. Il ne reçut de l'anciftn ordre social détruitque*le baptême, dont personne jamais ne lui apprit à faire grand cas. Lorsqu'on le mit à l'école a sous les auspices d'un magistrat libéral, » dit Vapereau, la race révolutionnaire était assise. Elle régnait lorsqu'il entra dans la vie publique, bachelier,' avocat, lauréat d'académie, ignorant de toutes choses divines et quasi de toutes choses humaines, mais bien résolu de s'attribuer un grand emploi.
Il semblait qu'on l'attendît. 11 trouva tout de suite des patrons et tf eut point le temps de gueuser, comme tant d'autres, survenus depuis, qui se sont enflés de haine contre Tordre social, parce qu'ils avaient peine à percer. LaïBtte lui ouvrit le Consti-tuticffmel ; son talent était à la juste mesure de ce monde subalterne et victorieux. Rien ne le tenta de
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fa'ire le serment d'Annibal, ni pour lui qui ne manquait de rien, ni pour d'autres qui pouvaient manquer de tout sans qu'il éprouvât le besoin de leur rien donner.
Il y a deux choses dont M. Thiers a toujours ignoré l'existence, envers lesquelles du moins il ne s'est jamais crii lié d'aucun devoir : Dieu et le peuple. Par la grâce de la Révolution, qni a créé la Bourgeoisie, il est né pour gouverner la Bourgeoisie. Seulement cette Bourgeoisie de 89, qui entend être elle-même son culte, ses traditions et son avenir, il l'appelle la France. Le reste lui est inconnu et lui devient aisément odieux. C'est l'aristocratie ou la a vile multitude. » Il est conservateur de la Bourgeoisie, destructeur ou dominateur du reste.
Il entra donc dans la Bourgeoisie comme chez Ini, et cela commença tout de suite d'aller tout seul. Ce petit garçon de vingt-quatre à vingt-cinq ans, descendant du coche de Provence, ne rencontra point d'obstacles. Malgré de nombreuses disgrâces de taille, de mine et de tenue, malgré sa voix qui rappelle la corneille de Virgile évoquant la pluie, improba voce, il s'installe soudain dans les journaux, dans les salons, dans la politique, dans la littérature, jusque dans les arts. M. About, qui a tant raté, avec tant d'aptitudes supérieures, doit s'étonner des commodités de ce temps-là. M. Thiers ne savait pas encore ce qn*il roulait, et le sceptre ai^courait à ses main«. C'était vraioicnt le dauphin de la Révolution. Elle le reconnaissait et préparait son règne. On voit apparaître autour de lui ses janissaires, ses capitai-
ues, ses rivaux qui seront battus, c'est-à-dire qui recevront le croc en jambes.
De 1823 à 1827 (quatre ans !) il publie les dix volumes de V Histoire de la Révolution^ et ce fatras périlleux n'est point méprisé. En 1829, il est l'ennemi capital du gouvernement. 11 fonde le National et ses articles battent le trône. Les barricades siu'gissent ; il n'est pas derrière, mais il se tient près, et enfin, le 9 août 1 830, Louis-Philippe est roi des Français et M. Thiers sous-secrétaire d'État. D mène Laffitte, son ministre ; il se met en train d'allumer le feu dans le monde. Il parie de franchir le Rhin et les Alpes, de délivrer la Pologne et l'Italie.
On entrave ce zèle ; Laffitte tombe, M. Thiers fait semblant de tomber ; première culbute. C'était le 1 3 mars 1 83 1 . Le patron Laffitte devient chef du mouvement; le 5 avril, M. Thiers passe avec éclat 'au parti de la résistance^ accepte les traités de 1818, refuse la Belgique, défend l'hérédité de la pairie, se fait chérir du bourgeois conservateur dégrisé du vin de Juillet. Le Roi et les Chambres le jugèrent seul capable de succéder à Casimir Périer, enlevé par le choléra.
C'est durant ce ministère que M. Thiers s'entendit avec le juif Deutz et débarrassa Louis-Philippe de la duchesse de Berry. Peu de temps après, ministre des travaux publics, il commença d'embellir Paris et de ressusciter l'Empire. Il emprunte cent millions , replace Napoléon sur la colonne, termine l'Arc de Triomphe, achève l'hôtel du quai d'Orsay et met une fontaine à la place du monument expiatoire de Tas-
sâssinat du duc de Berry. On voit l'homme. Selon Vapereau, « c'est la belle époque de la vie politique de M. Thiers. » La vie politique de M. Thiers n'a jamais perdu ce genre de beauté. En ce temps-là, ses chers républicains l'importunaient ; pour se délivrer d'eux, il ranimait le souvenir du maître. Il montrait le bâton et s'efforçait d'élargir la pâtée. Contre les idées et les appétits révolutionnaires, son art ne va pas plus loin.
Mais quelque chose lui manquait. Il n'était pas premier ministre, et il ne trouvait pas de premier ministre ni de majorité qui se voulussent passer de M. Guizot. Attelé à ce rival sous divers présidents, il finit par sortir du minbtère, fit ainsi sortir le compagnon, et rentra le premier, par un détour où le prince de Talleyrand, qui l'estimait, lui prêta la main. Ce fut un maljieur pour lui d'être estimé de cet évêque. Le voilà premier ministre avec le portefeuille des affaires étrangères. Incontinent il songe à guerroyer. La vision impériale l'a tourmenté toutes les fois qull s'est vu seul. M. Guizot disait : La paix toujours^ c'était la politique conservatrice; M. Thiers, étant seul, dit : La guerre partout^ c'est la politique libérale. Il voulait intervenir en Espagne. Pourquoi? Il n'en donna jamais de bonne raison, sinon qu'il eut pris plaisir à montrer ses talents militaires. Mais tout frémissait à la pensée d'une prise d'armes ; on sentait gronder la Révolution. Le prudent Louis- Philippe arrêta les frais, M. Thiers se retira; culbute. Sa présidence avait duré six mois, et il n'en pouvait plus.
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Da 23 août 1836 m 1^ mars 1840, il fit de l'opposîlîon, ce qalï en fallait pour s'aitretenîr populaire et cependant possible. En même temps, il s'abandonnait à la dai^erense contemplation du Consolât et de l%mpire, et se préparait à en écrire, sans se garder assez des négligences et des longueurs. Homme d'opposition ou ministre d'opposition, c'est un bon poste pour être loué, mais détestable pour rencontrer la critique et apprendre à écrire. Jamais surinietidani ne trouva de cruels.
Le i^' mars, M. Thiers rentra ministre des affiûres étrangères et président du conseil. De nouveau^ tidèle à lui-même, il chercha noise à FEorope. Ce fut le temps de son amour pour Méhémet-Ali. Ce pacha lai semblait le premier ou peut-être le second grsmd homme de l'Europe. L'Europe se coalisa contre sou pacha et surtout contre lui. .
Un matin, en ouvrant ses journaux^ il apprit, non sans étcmnement, qu'un traité conclu à Londres excluait la France du concert européen. Il ne se démonta pas et sonna au contraire un branle-bas général, qui pour le coup allait mettre le feu aux poudres. C'était sa résolution bien formelle de faire triompher Méhémei-Ali. Appel des classes, mobilifiaiioQ des gardes nationales, fortifications de Paris, euToi de la flotte dans la Méditerranée, il u omit rien ; fliais il eut le crève-oosur de n'intimider que la France gouvernementale, y compris lui-même.
Dians les théâtres et dans la rue, le « peuple » commençait à chanter la Marsmllaise. La Marseillaise vant sans doute une armée, ï Histoire de la Révolution l'a
beaucoup dit. Mais, en 1840,' personnelle voulait de cette armée, et M. Thiers, au fond de son cœur, n'en Toudail pas plus qu'un autre. 11 offrit sa démission deux fois, et Cousin, l'un de ses collègues, Tint dire au roi : :< Sire, mettez-nous bien rite à la porte, ou sinon le feu va 's'alJumer part.out. » Le 29 octobre, M. Thiers se retira définitivement. Ce second ministère de M. Thiers avait duré sept mois. M. Guizot en a vécu huit ans.
Les huit années de M. Guizot parurent longues à M. Thiers dès le commencement. Peu à peu, probablement assez vite, le roi de Juillet, qui se passait trop de lui, périclita dans son cœur, et il forma le dessein de le renvoyer à NeuîUy, où dix années auparavant, de la part de Laffitte et de la Révolution, il était allé le prendre. Ces grands seigneurs politiques, sous tous les régimes, sont volontiers les mêmes. Ils ne se contentent pas de mener bellement la vie, d'être riches, de trôner dans le monde, dans les Académies, à la tribune, d'éleverleurs créatures, d'arrondir leurs affaires : leur superbe ne veut rien supporter longtemps au-dessus d'eux, et s'ils ne peuvent «e procurer le plaisir de gouverner absolument l'État, ils prennent 6ans scrupule la distraction de le troubler. Le roi s amuse! Et que veut-on que fasse un roi qui ne prie pas?
Dans les beaux ennuis de sa grandeur oisive, M. Thiers s'amusait à faire de l'opposition. Son opposition taquine, inutile, qui n'avait pas une miette
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d'idée à mettre sous la dent de rintelligence humaine, se sentwt de plus en plus terrassée par Tascendant conservateur, s'irritait de plus en plus et tournait de plus en plus à la sédition révolutionnaire. Il devint rhomme de la vieille gauche, ennemie du trône et de l'autel. Il se coalisa avec Eugène Sue et Véron dans le Constitutionnel, avec l'Université dans les Chambres, contre la liberté d'enseignement, et fit avorter ce qu^il y avait de conscience libérale en M. Guizot. Il fut le Mottu du moment. Il monta une affaire de tribune contre les jésuites, et il obtint un ordre du jour motivé qui les mit sous le coup de la proscription. Cet acte parlementaire, d ailleurs éludé par le bon sens de M. Guizot, détermina OUivaint à entrer dans la compagnie de Jésus, où il devait, vingtsix ans après, rencontrer sa glorieuse mort; mais M. Thiers, alors associé du Juif errant, pi)urrait se demander devant Dieu s'il est bien innocent des haines stupides qui ont provoqué cette mort. Quant à croire un mot de tout ce qu'il avait débité contre les jésuites, jamais son esprit ne se donna pareil travers; tout simplement il refaisait sa popularité, il s'amusait.
Il continua le jeu et s'y anima de plus en plus jusqu'aux approches de février 1848. On sentait la Révolution venir, il ne recula pas. Il poussa ferme à la campagne des banquets. Le,repas sonné, on ne le vit point à table; mais comme en juillet 1830, il était dans la cantine, versant le vin. A la tribune, il donna furieusement sur toutes les thèses de VOpposition. Au gré de Vapereau, « jamais il ne fut plus éloquent
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a ni plus agressif. Il protesta contre les massacres de <c la Gallicie, le bombardement de Palerme, etc. ; il a reprocha au gouvernement une coupable condesa cendance àTégard de l'Autriche et son indifférence « à regard de lltalie ; il critiqua sa politique dans « l'affaire du Sonderbund ; il déclara enfin qu'iL étavi'
(( hV PARTI DE LA RÉVOLUTION EN EUROPE ET Qu'iL NE TRA-
« HiRAiT JAMAIS SA CAUSE. sVapcreau ajoute : «M. Thiers avait reconquis sa popularité. Dans les cercles, dans les cafés, on lisait à haute voix ses discours, comme en 1830 ses articles du National. » Le beau joueur!
On sait la suite. Comme en 1830, Louis-Philippe orna son conseil de M. Thiers victorieux. L'homme populaire redevint premier ministre. Mais, cette fois, tandis qu'il levait le pied pour monter dans le char de l'État, le char partit subitement, transformé en corbillard, et le premier ministre culbuta. Louis- Philippe rentra à Neuilly et en sortit bientôt par la porte de Londres. M. Thiers, premier ministre, devait présenter à la Chambre madame la duchesse d'Orléans, régente (contrairement à ses anciens avis) ; mais il vint seul, déclara qu iln'y avait rien à faire, et s'éloigna soudain. On a parlé d'une perruque blonde et de lunettes vertes qui le rendaient méconnaissable. 11 a contesté ces détails. Ce qui est certain, c'est que la duchesse d'Orléans attendit en vain son introducteur, que la Chambre ne le vit point ou le vit peu, et qu'il disparut. Lorsqu'il se remontra, au mois de juin, , il était absolument conservateur. On voit que cet homme de mérite excelle à se répéter. Il se lève
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et sa coucbua comme le soleil. Seulement, Lorscpi'il se lève conservateur^ il se couche républicaia.
Il fait très-coaservateur tant que dura la république pore ; aDtipvoudkoiiQiieay cavagnaquiste, finalement bonapartiste. Il ne contribua pas peu à faire le 19 décembre, et se maintint dans la veine conservatrice encore par delà. Il vota rexpéditiosi de Rome^ la loi de Finstruction publîq,ue (jésuites inclus), la suppression des clubs, la loi électorale restrictive du suflErage universel. Comme il avait été Périer après avoir été Laffîtte, il était Guisot après avoir été Mottu. Il gouvernait la réunion de la rue de Poitiers, coalition de tous les partis conservateurs contre la République. Mais, à tous ces partis, il fallait une tète, qui ne pouvait être la sienne. Cette tête, pourtant placée de ses mains^ lui apparut un jour moins postiche qu'il n'avait cru. Ils*écria trop tard : L'Empire est fait! Ce mot juste, mais imprudent, n*y.mit que la dernière façon. L*Empire était si bien fait, que ce ne fut rien, quelques mois après, d'emballer M. Thiers, de le rouleir jusqu'à Francfort et de lui permettre de revenir.
II revint, s'enveloppa et se tint coi, livré à l'histoire, aux beaux-arts, dit Yapereau, et à la gloire. Il eut un grand prix de littérature. S'il se connaît; bien et s'il peut s'étonner de quelque chose, cette fortune a dû rétoinnerpluâ que le» autres. De temps en temps, on se demandait pourquoi il n'était pa& ministre de l'Ëmpke; et qui de lui ou de TËmpereur ne le voulait
point? Eu tout, ils semblaient faits Ton pour rautre. Il a vn Napoléon III, son admirateur officiel, ac* complir dans la politique, dans les arts et dans la voirie, à peu près tout œ qu'il avait lui-même commencé, essayé et rêvé. Les bonapartistes ne disent {las assez que leur prince est toml^ sous la coalition des ingrats et des jaloux. L'bistoire du second empire répond également aux desiderata de M. Thiers et à eeux de 1\1. Hugo. L'on comprend que Napoléon III n*ait pas appelé M. Hugo, à' cause du ridicule ; c'était assez de porter M. Duruy. Mais qui l'a empêché d'employer M, Thiers? Nous n'y voyons, <|iftant à nous; d'autre cause, sinon que le gendre de madame Dosnese soit cru trop grand pour servir le £ls de la reiue Hortense.
Nous oe savons si M. Thiers, voyant le seeond Napoléon s^engager dans la politique qu'il avait luimême indiquée et commencée durant tout le temps de Louis-Philippe, s'est aperçu que son vainqueur, resté son disciple et devenu son émule, lui préparait une revanche.
En tout cas, la revanche s'est offeorte, il l'a prise. Nous ne l'accusons pas d'en avoir joui. ËUe a écrasé Napoléon, mais elle n'a pas moins humilié la /France et puni sa longue complicité dans les œuvres de la Révolution.
Devant ce châtiment qui pouvait, qui devait nous sauver, M. Thiers, hélas \ est resté aveugle et sourd. C'est là ce qui le juge et ce qui montre l'irrémédiable frivolité et le /^i/ toujours proche de cet esprit en apparence si riche. Il est stérile, imperméable à la lu-
mière, au sang, à la foudre. La foudre le frappe et ne l'ouvre pas. La lumière, les larmes et le sang Tinondent et n'y font rien germer. Il a vu cette année formidable, ce cataclysme et tous les 'nuages amoncelés par res{>rit et les institutions révolutionnaires crevant à la fois pour nous accabler ; il a vu nos désarrois perpétuels, nos infécondités inexorables, nos impuissances honteuses, et il reste obstinément bâté de ses conceptions de 1830, plus révolutionnaire que jamais. La France, éperdue, épouvantée de ne pouvoir trouver un homme, s'est comme agenouillée devant lui. Elle lui a donné un blanc-seing pour la reconstituer en lui proposant un chef durable à qui tout esprit sérieux se pût rattacher honorablement : il n'a vu que lui et n'a offert que lui-même ; abusant de la misère publique, il s'est audacieusement, peutêtre faudrait-il dire ingénuement, recommencé.
Voilà l'homme qui n'a rien appris en quarante années de pratique des affaires, et à qui rien n^a pu faire oublier cette parole de Satan que la Révolution soufQe à toute oreille humaine : Tu seras roi ! Il veut être roi, il veut exercer sa royauté; il s'amuse à monter dans le carrosse d^or qui le peut mener avec plus de pompe au cimetière. Sur son oreiller de vieillesse, il joue avec ce triste débris de nation dont une autre main referait la France. Cluseret écrivait d'Amérique à ses amis les incendiaires : Nous, ou le néant. M. Thiers ne dit pas autre chose ; seulement il ignore son impiété.
L'Assemblée nationale permettra-t-elle àM. Thiers de se recommencer et de se {poursuivre? Alors il
t)st facile d'achever soa histoire. Pour se tirer des inextricables embarras où son génie s'est aventuré et s'enfoncera de plus en plus, pour prouver qu'il ne baisse pas et pour achever de se tailler une statue qui résiste au temps, ce fétu vieilli imaginera de 4M)mbattre le feu de la sédition par le feu de la guerre. Puis l'heure viendra de ne plus se flatter de vaincre ou de mourir, et alors, ne marchandant plus avec la sagesse, le dictateur, un soir, sortira de son palais par une porte dérobée, s'en ira dans quelque coin contempler ses funérailles et donner un dernier tour à l'inscription de son monument.
30 août.