‹ Paris pendant les deux siégesChapitre 81 sur 86 · DISCOURS DIS M. DE TROISÉTOILES · texte numérisé non relu

DISCOURS DIS M. DE TROISÉTOILES

M. de Troisétoiles , honorable député, parle peu dans la Chambre ou ne parle pas. Ce n'est point faute d'idées ou de cœur, mais^faute d'estime pour ses semblables, auxquels il espère ne pas ressembler parfaitement. Ayant étudié les Assemblées, il se persuade que les hommes n'y sont plus ce qti'on les voit ailleurs ; que les plus hardis y deviennent faibles, les plus pacifiques turbulents , les plus décidés irrésolus ; que ceux (pii aiment habituellement l'originalité n'acceptent là que le lieu commun; que la

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cîarfé les blesse à les faire» ctwp ; ^ne la sincèrilé lewr déchire les oreilles et les^ rêftd fewieirx; (qu'enfin, faisani; partout une rechercfee patrlienlière delairériié, ils refusent absolument de la- voir lorsffa'il» soirt assis ensemble dans leur local à fabriquier le&loisl — tJne fois là, (Kt-il, ces gens de bien n'ont de con^dération que poar la feinte et même pour la fraudée ; ils • estiment qa' on ne leur rend pas ce dfui leiiif est dû si Ton ne* cherche à les entortiller. Le plusnsîf se pique de cette escrim^^ le plus inrcapablede mentir méprise et red'owte celui qui n<e se donne pas un badigeon de fourberie. C'est le bel usage; on se perd en y manquant. On gagne une réputation d'excentrique , d*enfant terrible et, pour tout dire, de propre-àrien.

Et comme je sens que j'ai quelque chose à dircv ajoute ce député, voilà pourquoi je ne parle pas.

Or, ces jours-ci, se trouvant seul de son espèce au milieu de plusieurs dames de sa famille, il les distribua en droite, gaocbe, extrême droite et extrême gauche ; il en mit deux ou trois au centre pour figurer la droite et la gauche modérées et fusionnées ; et il leur tînt le discours Sfuivant, qu'il eompte' ne pas prononcer dans la discussion de la propiesition Rivet :

MesBieura^ . dlicis iioi» égasêaft Soirtemeat quand nous nous proposons, les nm de. faire u(ie coastitution> les autres de faire un homme. Suivant moi . la constitution n'est pas à laire par nous, et î tomme qui fera ou plutôt qui seru Ik constitution ^ est feit beaucoup mietct que nous ne le somnons faire. Oa ne feit pas

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edinme cela iia hamme, rartimt celui qu'il nous fewl et qui pivts manque. Il nou» raafnqoie, messieurs^ parce que nous le manquoits^ et tout oous manque avec» lui. Je ne développerai pas ce point, contesté par quelques opinions^ mais admis par toutes les consciences.

Nous nous disons constituants. Je crois que nous le sommes bien un peu. Néanmoins il y a du louche. Si quelqu'un disait que nous sommes reeomtituantSy je serais tout à fait de son avis. La Fl?anee est un grand corps destitué, et quelle destitution? Décapité! Les membres broyés, ne pouvant plus rien, risquant de n'être bientôt plus rien, nous ont choisis dans un moment de grand malheur, c'est-à-dire de grande lumière', pour reconstituer ce corps toujours frémissant, mais, hélas ! non plus agissant. Voilà de quoi, pour ma part, j'ai été chargé.

A DROITE ET AU CENTBE. -^ Nous aussl !' C'est Cela ! (A gauche, rmneurs.)

M. DE TBOisÉTOiLEs, — Eh bien, messieurs, pour reconstituer im corps, il ne suffit pas de lui jeter im manteau sur les épaules, ni de lui mettre un papier dans la main, ou un sabre au côté, ni de prendre ce qu'il peut encore avoir d'ar^ gent dans la poche. U fatft lui donner une tète. {A droite, rumueuîFs ; à gauche, tumulte . )

von DE l'extrême ôadche. — Jamais de tête ! L'ordre et la liberté par Ycm^-ar-^hie !

VOIX AU centre. — Pour constituer, il faut une constitution,

M* DE TROiséiYHLEs. «— Uue constitution n'est pas une* tète, c'est un paipier.

VOIX AU centre. -^ On met ki tête dans la constitution.

M. DE troisétoiles. — La constitution doit sortir de la tête et noa pas la tête de Isa constitution. Nous ne ferons^ rien d'une tête sur le papier. Qui voudrait dire ici que ses électeurs lui ont donné mandat de faire mne constitution et lui en ont fourni le programme? SI un irote de l'Assemblée venait à déclara* ce C9S inopiné, je pixipoee un moyen d'abréger la besogne et ât amUitutiûmnet immédiatem«nt le pays. Tirons en grenier les constitutions votées depuis quatre-vingts ans, numéirot^ns-les, jetons ces numéros dass le bonnet de police d» caporal de

garde, mêlons^ tirons par la main du plus jeune de nos huissiersy et, séance tenante, jurons la constitution qui sortiBa.Ëll« uura le double mérite d'avoir déjà servi et d'être déjà cassée. D'ailleurs, nous la soumettrons au peuple. Pour moi, je crois pouvoir répondre de l'adhésion de mes commettants. Ils ne <ont pas moins que d'autres accoutumés à se voir bernés. (Cris : A Tordre!)

M. LE piÉsioENT. — Mousieur de Troisétoiles, votre langage, également en debor;» des règles parlementaires et des convenances, outrage également l'Assemblée et le pays. Je vous rap- (telle à Tordre.

M. DE TBOisÉTOu.is.— Mousieui* le président, je sais que l'Assemblée est respectable même en négligé, et le pays aussi, ijuoique misérable par sa faute. Je n'ai pas voulu les offenser. Je prétendais, au contraire, les honorer en essayant de leur l'aire accepter le loyal langage du bon sens. Pour faire court, j'accepte le rappel à Tordre, d'autant plus volontiers qu'il ne m3 reste rien à dire sw* la question de constitution. Je reprends donc, et je viens à l'idée plus bizarre de créer un homme capable de nous sauver. Je dis que nous ne pourrions jamais faire cet homme, et j'^oute que, par grâce et miséricorde de Dieu, cet homme est fait. Nous avons le choix de l'accepter ou de le rejeter; notre pouvoir ne va pas plus lom.

M. LE PRÉSIDENT . — « Rien ne borne le pouvoir de TAssemlilée. (Applaudissements unanimes.)

u. DE TROISÉTOILES. — J'aurais tort de contredire M. le président; mais, pour moi, je me borne à croire que rien ne borne le pouvoir de Dieu. (Uires à gaudu, hésitation et rumeurs à miroite,)

{Un honorable membre de Vextréme gaudie ^ lève, se hérisse, elend les bras et se rassied.)

M. DE TROISÉTOILES. -» Je vcux être très-court sur ce sujet «lèlicat. Je me borne à vous défier... (interruption : A l'ordre !) Pardon ! à vous rappeler qu'en fait d'homme à élever au-dessus des autres, vous ne pouvez, sauf un seul, trouver dans toute la Fitmce qu'un chef de parti. Or, un chef de parti n'est pas ime téUr gênéiale» mais simplement une tête de parti. Et en-

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core est-ce une tête? Moi, j'en doute. J'en vois plus d'un qui n'est qu'une langue... (Rumeurs. — Interruption)^ deux langues^ si, vous l'aimez mieux. Je ne voulais pas le dire par respect. Deux langues, ce n'est point un avantage, puisqu'alors il y a contradiction entre elles. D'autres ne sont ni tête ni langue* et ne sont qu'un sabre, hélas ! toujoiu^ ébréché en quelque endroit; d'autres ne sont qu'un fourreau ou qu'une tiole, et qu'y a-t-il dans le fourreau et dans la liole? Nous n'en savons rien. Tête sans langue ou tête à langue double, sabre ébréchéo fourreau vide ou à plusieurs lames inconnues, fiole plein, d'eau ou pleine de pétrole, je ne vois toujours là que des instruments de parti, et point du tout le fondé de pouvoir qu'il nous faut. Mettez ceci ou cela au sommet, vous n'aurez toujours décrété que la prépondérance d'un parti; pai* conséquent, rien de fait. Point d'autorité, point d'ordre, point de justice, point d'adhésion générale; la tête manque toujours, l'anarchie s'aggrave, la guerre civile s'allume et nous périssons.

voix AU CENTRE. — Noiis crions : Vive la France! et nous sommes sauvés.

M." D& TROisÉTOiLEs. — Quclle France?- (SDcnce.) Il n'y a qu'un homme en qui soit ATaiment la France, et à qui la France se puisse vraiment rattacher. Un seul qui puisse et veuille ne pas appartenir à un parti et qui soit en mesure de former un seul parti de tous les partis, parce qu'il n'a rien à refuser à aucun de tout ce qui serait bon à tous, ni rien à garder pour lui qui ne soit utile à tous comme à lui-même.

VOIX DIVERSES. — Nomuiez-le !

H. DE TROisÉTOif.Es. — Vous le counaissez bien. Ceux qui le refusent ne s'écartent que parce qu'il les réunirait. Ils aiment mieux l'anarchie qui leur laisse espérer la domination.

VOIX NOMBREUSES. — Nommez-lc ! nommez-le !

M. DE TRoisÉTOii.ES. — Il a deux noms ; un nom de baptême, entendez bien cela : Henry ; et un nom de famille : la frani-r Î

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^" septembre.

On se sent fragile, on ne veut pas bouger de peur (l'accident, tout le monde craint avec raison de se casser quelque chose, Ton Huit par rester en place après avoir bien crié : Allons l Ainsi à TOpéra : les chœurs font rage, se menacent du poing, avancent d'un pas, s'arrêtent pour écouter le groupe des sages ou celui des femmes éplorées, donnent aux premiers sujets le temps de chanter leur morceau, puis se dispersent en silence, parce que l'heure du dénouement n'est pas venue. La Révolution française a cela de particulier qu'elle en est toujours au premier acte. Sans doute, d'une certaine façon l'acte se termine. Quelqu'un vient qui dit, comme l'Italien excédé : F'miamo questamusica I Le public applaudit^ la toile tombe sur un couronmmeRt. Mais bientôt la soèm se rouvre, et l'acte sempiternel recommence. Dans les ateliers de peiuture, on a une scie qui caractérise eu perfection notre siècle révolutionnaire et tout son progrès.

Si cette histoire vous embête, Nous allons la^ la^ la recommencer!

Malheureusement on se tue. Il ne semblait pas que

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La Fraaoe eût été mke an monde p^nr n'y plus tak^ que lœtte figure de hoKiSim sanglant.

. Et Toilà M. Thîers installé dans la dignité lAe M. le maréchal Searanio. il ny manque que le tître ide. séréfUssème. Nous n'avons plu^ oe qu'il faut de style pour soutenir de siibeaiix titres. D'ailleurs M. Thiera aime la simplicité. U ne supportierait point d'être ap^ pelé altesse, ni monseigneur, ni des'intFodniredanâ un pantalon à bandes, ni de mettiie une pkime à son, chapeau. Usera Monsieur le Président, tout simplement, à raoDférÂeaine. Aiii fond, oep^^wat, c'est la paurre Espagnie que nons imi/tons. Si nous n'y somjues pas tout à fait, ce nouveau régime est le boa chemin* Déjà nous voyons pousser un Prim. Om dit <}ue les Piémofiltais^ qui ne doutent de rien, ne sont pas sans quelque dessein et sans quelque espéraiKse de nous feunûr un Amédée. Dame !..« Une fois que nous anrcms un Prim, nous en aurons cent. Le terroir «st fumé pour cette graine*

Ainsi M. Thaers, « l'ami de la Aévolu4ioQ en Europe et qiui lui sera fiidèle, )> selon l'un de ses sei ^ ments, auquel en se peiut :Ëer plus qu'aux autres.; M. Thiers, ipii a jusqu'à présent exécuté le pacte de Bordeaux en remplissant la Franoedeionctioiinaires <diodsis par i\L Pieard, M. Du&ure, M. Eavre et M. Simon,; M. Thiers^ qui tîesit la main de la Fjranee daos Jia main de lltalÂe, qui rempliÊt au-delà tout le plan de l>iapoléoa .sur flkoiiie^ qui consent a pins même que JVapûléoa Jërâtmene desnainâaût, M. ïhiers Bfeèzie le pauvre char diâl&4]«é par ie boulet prussien 4rt >le banîeit dntoraatioŒial ! Un vote quasi «miminiie Ta

hisséà ce poste. On a bâclé cela d'un commun accord^ qui faute de pire, qui crainte de mieux, qui dans l'espoir de dormir une heure de plus ; qui, et c'estle grand nombre^ à dessein de ne rien faire du tout. <i Ceux « qui pensent comme moi, a dit M. Baragnon, vote- « rontpourle nouveau titre donné au chef du pou- « voir exécutif, bien convaincus qu'il ne signifie « rien. (Approbation et rires.) » Dieu veuille que ce soient ceux-là qui arrivent au but !

Ils ont pris leurs précautions. Le sérénissime est ingénieusement ankylosé par le diplôme qui l'institue. Dans Homère, ainsi le prudent Ulysse entoure sa malle de ficelles admirablement compliquées et de nœuds, que le plus adroit voleur ne pourra défaire... à moins d'avoir un canif ! Mais le canif, chez les Grecs, n'est pas une arme prohibée.

Nous ne serions point sincères si nous disions que tout ceci nous laisse sans appréhension de l'avenir, et que nous comptons sur demain^ ou sur ce soir. Nous aurions peur encore, quand même, selon le vœu de M. Baragnon, et selon notre appréciation personnelle, il n'y aurait rien de fait. Ce n'est pas un bien qu'il n'y ait rien de fait, lorsqu'il y a tant à faire et tant à défaire.

Hélas ! si M. Thiers voulait ne rien faire, nous y consentirions ; et de meilleur cœur encore nous vou» drions qu'il fît bien, qu'il fut plein d'énergie, de grandes pensées, de désintéressements sjiblimes, et que Dieu lui donnât le temps de s'immortaliser.

Mais les choses qui portent M. Thiers ne sont pas emmanchées de ce. cAté-là ; et en les mettant au

mieux, M. Thiers nous semble. organisé tout juste pour faire son petit pas dans le chemin de détresse où les pouvoirs perdent l'autorité, les peuples, la liberté, et le monde la beauté.

2 septembre.

La lettre de M. Thiers, (( président de République, » à toutes les parties de V Assemblée (grammaticalement et politiquement le masculin serait plus correct), est moins rugueuse que la plupart de ses précédentes rédactions et communications.

« On s'aperçoit que l'élément académique s^est fortifié dans le conseil. En même temps la rhétorique se soigne et le ton s'adoucit. C'est le ton de l'homme heureux. L'ancienne Âdolphine, parfois si acre envers les maîtres et qui leur mettait si volontiers le marché à la main, dépose avec grâce le tablier de service en prenant la robe à queue. Devenue Madame, elle ne laissera pas de donner à la cuisine ses soins les plus assidus, — et toujours de bonne humeur! Elle veut qu'on soit bien chez elle.

Il y a des promesses joyeuses, d'une expression hardie : a L'Assemblée peut compter qu'uni pro- « fondement à elle d'intention et de durée,,* *» Ainsi

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cela ne finira poîat. Ob a une visioii 4e Philémon et Baucîs.

N'en disons pas pk» long. Retirons-nous. Que rien de notre part ne trouble un si doux moment!

3 septembre.

L ANNIVERSAIBE.

Noos touchons au premier anniversaire du 4 septembre, la plus lâche peut-être de nos révolutions, la plus sotte certainement, et certainement encore la plus juste. Il tfycn a pas eu de plu3 inepte politiquement, de plus impie envers la France, ni de plus méritée. Aucune n'^a plus facilement réussi, aucune n*a raté davantage et d'une façon plus humiliante. Elle s'est faite sans tirer un coup de fusil, mais le lendemain d^ aucune autre n'a conté tant de sang, roulé tant de fange, laissé sur le nom finançais tant de hontes.

Quel jour, quelles srâtes, quels désastres, quel avenir! Des combats sans gloire, des malheurs sans dignité, des forfaits sans repentir, des catastrophes peut-être sans remède; et tout scsnble aroir péri, sauf les iraitres, les gredins et les sots.

H y a un an, il y a un sîèele, et c'est encore aujourd'hui!

PAUIS PENDAINT LA COMMUNE. 539

Plus de trois cent mille soldats français prison- «liers, TaBnemi faisant litière de nos drapeaux, deux provinces amputées du sol ! La capitale s'est ouverte ' au vainqueur, et il en garde les portes ; après lui, la sédition l'a prise, l'a pillée, l'a assassinée^ l'a brûlée, et si elle ne s'y voit plus maîtresse, elle s'y sent encore moins abattue !

Nous payons milliards sur milliards. L'étranger établi dans nos ruines y pèse les deniers de notre rançon. Mais ce n'est rien. Le désastre moral est plus grand et se peut dire sans bornes. L'âme du peuple demeure salie de spectacles immondes; la justice défaille et laisse la morale publique en proie au cynisme des impunités.

Des hommes se sont donc levés il y a un an, qui, sourds à tout patriotisme ou à toute raison, en présence de l'ennemi déjà vainqueur, ont installé le désordre dans le pays envahi. Sans leur chercher d'autres crimes, ils n ont eu ni cœur ni lete. Us n'ont <^ombattu que pour n'avoir pas été admis à traiter, et quel ennemi, les voyant en face et sentant les avantages qu'ils lui allaient faire, se tùd privé du triomphe dont leur platitude inteliectuelie et morale était le gage trop certain ! Sous de tels chefs, la France /était d'avance battue. Mesurant l'obstacie, le général prussien put annoncer qu'il irait partout. Ils le crurent les pruniers. Tapis dérri^ nos murailles, ineptes contre l'ennemi du dehors, lâches devant l'eniiemi <lu dedans, pour sauver leur peau, ils passèrent cinq mois à nous crier de n'avoir pas peur. Ils ont abusé de tous les sentiments bons et mauvais qui pouvaient

«>iO PARIS PENDANT LA COBfMD^K.

rouvrir leur bassesse et prolonger leur règne dtr mensonge et de destruction. Par leur faiblesse cornplice livrant tout à la canaille, par leur incapacité complice ne disputant rien à Tennemi, ils ont ainsi fait deux parts de la France, Tune à la Prusse, l'autre à la sédition.

Et ces deux parts demeurent ; la Prusse et la sédition sont en possession et en jouissance, peut-être pour longtemps. Qui sait où en est la France aujourd'hui? M. Thicrs veut bien nous dire qu'avant peu la France, rebâtie de ses mains, saura se faire aimer « des peuples des deux mondes, » ce qui semble nous annoncer des traités d'alliance — et de désinté-ressèment — avec toutes les nations de la terre, v compris le Mexique, la Prusse et l'Italie. Mais en attendant, nous sommes mal avec Dieu et avec nousmêmes, et cette condition ne promet que de tristes et lourdes paix.

Cependant les hommes (fui ont fait cela et préparé les suites se retirent en divers ermitages sans que leur fortune personnelle en ait soufiFert, et même plusieurs se sont amplifiés. M. Gambetta passe pour avoir maintenant du linge, M. Picard s'est arrondi, aucun obus n'a atteint le ministère de l'instruction et des cultes où M. Jules Simon réside toujours, et M. Jules Favre ne parait devant les juges que pour plaider... Il y a des citoyens qui confient leur cause à M. Jules Favre, et des journaux qui n'affichent pas les noms do ces citoyens-là!-

A notre avis , on eût pu faire grâce aux membres de la Commune, et ce serait au moins assez les punir

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<le leur imprimer un bonnet rouge sur Tépaule ou stir le front. Mais ceux qui devraient passer en justice inexorablement et se voir inexorablement bannis de la vie civile, ceux dont il faudrait abolir le nom et raser la maison natale, ce sont ces prévaricateurs qui ont fait le 4 septembre : et l'exacte et sereine justice ne leur laisserait la vie que pour avoir été en 4*ette circonstance les instruments de la vengeance 4le Dieu, contre l'Empire, car il convenait que ce rèii^no lin II par leurs mains.

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