Paris pittoresque
entier, nous pounions nous borner à reproduire ici, comme inlroduc lion, les faits saillansde nos annales nationales; mais, connne nous venons de le diie, Paris prit des son l»crceau nue physionomie à part dont il est curieux d'étudier les développemens..
C'est surtout pour l'Iiibtoire des crises intérieures, où il s'empare presque loujours de l'initiative, que les événemejis passés auseindesesmursoffrent \\u intérêt spécial. Là, en effet^ on surprend la pensée politique du pouvoir et celle des partis, dans toute la vigueur de leur conception, dans toute la verve de leur exécution première. Plusieurs fois on vit Paris tout seul, se sé[)arant violeniuient des intérêts adoptés partout ailleurs, se déclarer pour un hoiiimc ou une idée, et se mettre en hostilité ouverte contre le reste de la nation. Les hommes politiques ont, de tout temps, été forcés de subir, un ont compris eux-mêmes celle nécessité qui fait de Paris le ca-ur de la nation, de telle manière que son défaut d'adhésion à une mesure gouvernementale en rende l'application inqoossiblc. Les militaires, et pour eux comme pour nous c'était un préjugé fatal, n'ont jamais cessé de croire que la prise de Paris désorganisait toute défense, et livrait la France à l'ennemi. Cette erreur est, sans aucun doute, le fruit de la centralisation excessive qui a habitué les provinces à recevoir de Paris leurs conditions d'existence et jusqu'aux élémcns de leur administration municipale. Certes, 1 unité gouvernementale a rendu d'innnenses services à la France, en lui imprimant le sentiment profond de sa nationalité et en la soumettant à un mode d'atlion éclairée, ([ui avait pour but rintérêt général, surtout dans les grands dangers ; pourtant aujoTird'hui que le phénomène d'une fusion complète s'est opéré ; aujourd'hui qu'il n'y a plus de provinces avec d'anciens privilèges, d'où naissaient quelquefois des prétentions opposées, des haines et des prises d'armes particulières ; aujourd'hui que la Tx-ance a obtenu cette force infrangible de cohésion territoriale qui a été un des l)ienfaits de notre grande révolution ; le relâchement des liens de fer qu unissent la capitale aux autres parties du royaume ne présenterait plus maintenantaucun des dangersque suscitait autrefois le fédéralisme égoïste cl hostile des anciennes communes.
Quelles que soient les conquêtes politiques que l'avenir réserve, sous ce rajiport, à la nation, nous devons accueillir et suivre comme un des fails les plus caractéristiques de notre histoire, celte toute puissance matérielle et morale de Paris.
Nous allons donc en établir les progrès dans une revue chronologique rapide , telle que nous l'imposent les faibles proportions de notre cadre.
L'histoire, dépouillée des fictions poétiques , ne donne à Paris qu'une origine de peu d'importance. Une peuplade fugitive, chassée peut-être de son territoire primitif, dans la 1ulî(3 des Galls et des Kimris qui ensan-