‹ Paris pittoresqueChapitre 2 sur 104 · INTRODUCTION. III · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. III

gianla si long-lemps la vieille Gaule, vint cainjjcr sur les IVonlières de la tribu des Senonts, le long de la Seine. Un demi-siècle après cet établissement, César entra dans la Gaule.

Ce n'est que cinquante ans avant l'ère chrétienne que le peuple Parisien paraît ponr la première fois sur la scène de l'iustoire. (]ésar convoqua dans Lutèce, leur place forte, les chefs de la partie de la Gaule qui lui était soumise, et en obtint un renfort de cavalerie pour marcher cou lie les Senones.

Quelque temps auparavant, une bataille terrible s'était livrée aux portes de Lutèce, entre Labienus, un des lieutenans de César, et les Gaulois qui reculèrent devant la supériorité stratégique de l'un des meilleurs généraux de la république, et l'admirable discipline des légions romaines.

C'est à tort qu'on a prétendu que, dans cette guerre, les Parisiens furent les alliés de César. Ils marchèrent au contraire toujours contre l'ennemi commun, et fournirent , à l'époque de la seconde insurrection générale de la Gaule , un contingent de deux mille hommes, preuve de la faiblesse numérique de cette nation à son berceau.

Trois écrivains de l'antiquité mentionnent la ville de Lutèce et son pa* lais des Thermes, dont nous possédons encore les débris. Julien, dans son Misopogon, dit textuellement: «Autrefois, je passais mes quai- » tiers d'hiver dans ma chère Lutèce ; c'est ainsi que les Gaulois nomment B la petite forteresse des Parisiens. » L'historien Zozime donne des détails sur les mo'avemens séditieux d'une armée romaine , qui voulut proclamer auguste le césar Julien, résidant à Paris. Animien Marcellin mentionne aussi cet événement, qui eut lieu en l'an 360.

Les empereurs Valentinien et Valens avaient séjourné à Paris pendant l'hiver de 305.

Lutèce ne fut jamais colonie ou métropole. Sous la domination romaine, elle ne jouit d'aucun privilège; ce ne hit qu'à la lin du quatrième siècle qu'elle passa de la condition de vectigale à celle de municipe. Son territoire dépendait de la province lyonnaise à laquelle les Romains firent subir plusieurs divisions politiques.

Lors de l'invasion franke, Hlode-wig ou Clovis étendit son royaume du Rhin jusqu'à la Seine. A la suite de diverses expéditions , il lixa en 508 sa résidence à Paiis, qui devint alors la ville principaledes possessions frankes. Ses quatre fdslui succédèrent se partageant ses domaines d'après la loi germaine qui divisait les biens immobiliers comme les biens mobiliers , avec la condition d'une valeur égale de part et d'autre. A la mort de Klodomir dont les enfans furent massacrés ou tonsurés par leur oncle, Hildebert prit le titre de roi on rA^de Paris, qu'il garda toute sa vie. Lahochaire OM Çlotaire \\x\. succéda, et réunit sous sa domination l«s trois

IV IMRODLCTIO.N.

grandes tribus fraiiqucs établies dans la Gaule. Un de ses quatre iils, Cliariberi devint inaîlre de Paris en vertu d'un partage. Après lui , son frère Hilpéric vint habiter celle ville qu'il réunit ainsi que sou territoire a celui de Soissons.

On sait que, dès le septicnie siècle de la domination des Franks dans la Gaule, leurs différentes tribus divisèrent le pays en deux parties principales : la Neustrie et VAusliasie. L'une était occuj)ée par les franks saliens, l'autre par les franks npuaircs. Paris lésait partie île \',).î^cuslne,

Hilpéric , roi de Soissons, meurt assassiné et laisse pour successeur son Iils Clolaire II, qui en 613 devient maître des tribus IVankes. Glolaire résida à Paris, et y mourut en 628.

En 631 , Dagobert, [jar la mort de sou frère Haribert, devient seul possesseur des états des Franks et habite Paris.

Près d'un demi-siècle après , la rivalité de la Neustrie et de l'AiisU'asie se termine par la conquête de la première et la substitution de la royauté genuanique de Pépin-le-Bref à celle des Mérovingiens.

Ciiarlemagne résida à Aix-la-Chapelle , capitale de ses états allemands, pour lesquels il manifesta toujours une prédilection marquée. C'est sous son règneque commencèrent les premières invasionsdcs normands. En 820 , ils furent repoussés dans une de leurs tentatives sur la Neusti'ie. En 845 ils s'avancent jusqu'à Paris, conduits par Ragénaire. Les habitans , surpris à l'improvisle, se mettent en fuite, emportant leurs trésors et leurs reliques. Charles-le-Chauve les congédie en leur donnant une somme de sept mille livres pesant d'argent. Eu 856 , ils pillent et dévastent Paris pour la seconde fois. En 861 , ils l'incendient. En 885, ils remontent de nouveau la Seine et se présentent devant Paris qui avait eu le temps de se fortifier. Ils livrent huit assauts successifs et font durer le siège pendant treize mois. Charles-le-Gros acheta leur retraite au prix de quatorze cents marcs d'argent.

Un autre ennemi aussi puissant que les Normands leur succède; c'est l'empereur Othon II,quien978 s'avance jusqu'aux portes de Paris , brille un faubourg de la ville, et se retire sur la hauteur de Montmartre, où il fait entonner, par sou armée, le cantique des martyrs.

Tant de désastres ruinèrent Paris, qui, sous la seconde race, cessa d'être Ib résidence des rois. Charlemagne, dans le cours de son règne, n'y vint qu'une seule fois en 779 ; Louis-le-Débonnaire le traversa en 814, et Charles-le-Chauvc, dans les guerres qu'il soutenait contre Lothaire, passa deux ou trois fois la Seine sous ses murs. Ayant ainsi cessé d'être la capitale d un royaume, Paris devint la résidence d'un comteet le chef-lieud'un comte du duché de France. Gérard fui comte de Paris en 759 et 760. Elicnne lut élevé a cette dignité par Charlemagne en 802. Bigon, Gérard If, Cou-

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