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Gisquetj du 45 octobre 4831 au

Les premiers actes de cette nouvelle police furent un attentat à la liberté d'association, en violation de l'article 7 de la charte de 4830, qui dit que les les Français ont le droit de publier leurs opinions . l'article 7 n'exprimant pas que, par le droit de publier, il faut entendre de publier au moyen de la presse , les citoyens pouvaient donc user de la voie d'association (4). Aucune association , populaire, de presse, d'instruction, industrielle, philanthropique, ne trouva grâce devant elle : on les poursuivit toutes , on livra aux tribunaux les associés, et les tribunaux condamnèrent. — La police gagna en autorité, partagea la puissanc*' gouvernementale , devint turbulente , vexatoire , émeutière. — En 4 834 , elle fit les derniers essais de sa force, essais qui lui donnèrent, pour la suite , confiance en son pouvoir. — Au mois d'avril , elle aida des agioteurs par un mouvement d'ouvriers sur la place du Châtelet 5 la cavalerie, en cette circonstance, fit dos victimes.

Au mois de mai , le peuple étant allé couvrir de fleurs le socle de la colonne de nos guerriers , elle fit enlever les fleurs , assommer les hommes de mémoire par des agens habillés en bourgeois : ce fut à cette occasion que, la garde nationale lui prêtant secours, M. Gabriel Delessert, et non M. de Lobau, donna le conseil d'employer les pompes des sapeurs-pompiers de la rue de la Paix pour asperger et dissiper le peuple. Plusieurs Jeunes gens , atteints par l'épéc des sergens de ville , succombèrent , à l'hospice Beaujon ou ailleurs , des suites de leurs blessures. — Le 14 juillet , elle embrigada , on le dit du moins , des ouvriers pour les opposer à des citoyens qui osaient prétendre à la plantation d'un arbre de la liberté sur la place de la Bastille : ouvriers à la porte Saint- Antoine,

(1) Aussitôt après la grande semaine, des citoyens se réunirent en sociétés populaires afin de rendre utile au peuple la révolution qu'il venait de faire. Nous appartenions à quelques-unes de ces sociétés. Il nous est arrivé plusieurs fois de demander que des pétitions aux chambres fussent soumises à la signature des citoyens pour réclamer l'abrogation de l'article 291 du Code pénal contre les réunions de plus de vingt personnes, et chaque fois notre demande fut repoussée à la presqu'unanimité des votes, attendu, disait-on, que la dernière charte avait détruit non seulement l'article 291 , mais encore toute disposition des codes contraire aux libertés qu'on venait de reconquérir. La suite a prouvé que nous étions alors prévoyans.

première Jégion de .la ^arde nationale aux Champs-Elysées, sergens de \iIlo sur les quais, armés du bâton, du poing, do la baïonnette ou de l'épée , se ruèrent sur les hommes sans armes qui portaient l'arbre destiné à être planté sur les ruines de la Bastille, ou qui avaient décoré leur chapeau de cocardes tricolores, ou leurs boutonnières d'oeillets rouges; le sang coula, et la justice n'informa point contre la police. — Le i6 septembre , M. Sébastiani , ministre des affaires étrangères , annonça à le chambre des députés que l'ordre régnait à Varsovie! et le peuple se répandit dans les rues pour s'entretenir de sa douleur 5 et les sergens de ville traquèrent de nouveau le peuple , et rougirent nos pavés de son sang. — Le 21 octobre, une pièce de MM. Fontan et Dupeuty , intitulée Procès d'un maréchal de France j, devait être représentée au théâtre des Nouveautés , place de la Bourse ; elle était indiquée sur l'affiche : à midi, défense de la jouer ; le soir, attroupement devant le théâtre et charges sanglantes de sergens de ville et de gardes municipaux. Dans cette circonstance, quelqu'un ayant réclamé auprès de M. Gisquel, qui avait obéi aux ordres de C. Périer, contre cet attentat à la propriété, le préfet lui dit : Moi, je n'ai rien à vous répondre : je ne suis qu'un gendarme. — C'est à cette année i831 que remonte l'usage des arrestations préventives opérées par la police.

Elle montra plus de hardiesse encore en 1832. — Le journal le Mouvement avait dénoncé au public de nombreux abus d'administration de la préfecture de la Seine ; la police prit fait et cause pour elle , et six de ses agens attaquèrent en plein jour le gérant du journal , M. Riquier, qui, battu, fut néanmoins conduit chez un commissaire par l'officier de paix Léotaud (février), — Les jeunes gens portant des chapeaux de couleur furent assaillis par des agens sur le Pont-Neuf, et partout où ils furent rencontrés (mars). — On jugea les hommes de la conspiration dite des tours Notre-Dame, et le procès fit connaître que la police avait à l'avance les fils du complot , et que les journaux de Londres du 6 janvier avaient donné les détails de l'événement comme ayant eu lieu le 3, tandis qu'il ne s'était réalisé que le A. L'avocat d'un des accusés nomma, à l'audience , Armand, Mathis et Pernot, co-accusés, comme appartenant à la police (mars). — Le choléra venait d'éclater, et le peuple, cherchant au-dehors de la vérité la cause du fléau, paraissait disposé à croire que les méchants gâtaient à dessein ses aliments : après les incendiaires, les piqueurs, les embrigadeurs , les assommeurs, n'était-il pas en droit de tout admettre? La police craignit que ce bruit ne rejaillit sur elle, et le préfet GLsquet publia une ordonnance qui recoimut que du poison avait été jeté sur la viande des bouchers. C'était jeter l'alarme dans toutes

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les classes ; qu'importait à la police? une sottise de plus ! — Au mois de juin, lors de l'enterrement du général Lamarque, des mesures militaires de précaution avaient été prises par le général commmandant la division ; la police déplaça les troupes sans l'assentiment de ce commandant, et en disposa ; une collision eut lieu, pendant laquelle un drapeau rouge fut déployé par un homme plus que douteux i la ville fut mise en état de siège , le canon gronda dans ses rues , le désarmement d'un grand nombre de citoyens s'opéra, et la police fit quinze cents arrestations. — A ces évènemens, et pour leur servir de complément moral, succéda l'ordonnance Gisquet , du 9 juin , approuvée par le ministre d'Argout , qui prescrivit aux chirurgiens et médecins attachés ou non aux hôpitaux de s'enquérir et de déclarer le nom, la demeure, etc., de tous les blessés ayant eu recours à leurs soins : les chirurgiens protestèrent, et la France entière flétrit l'acte de la police. — Le 28 juillet, en commémoration de celte journée de 1830, les sergens de ville versèrent le sang des citoyens sur le pont d'Arcole : il fallut huit heures aux gens de police pour en nétoyer le pont. — Etendant ses rameaux raalfaisans, la police de Paris se manifesta dans les visites domiciliaires de l'Ouest par ses agens Carlier et Joly, Joly, qui assura à Nantes l'arrestation de la duchesse de Berry, livrée par la trahison de Deutz (juillet et novendjre). — L'année finit par la parade du coup de pistolet et par l'arrestation préventive de citoyens soupçonnés d'appartenir à la société des Droits de l'homme.

L'année 1833 s'ouvrit par la formation d'une brigade de police, composée de vingt cavaliers, pour éclairer la route de Neuilly (avril). Il faut remarquer qu'alors la gendarmerie , force armée auxiliaire de la police, coûtait dix-huit millions , c'est-à-dire trois millions de plus que sous la restauration. — Les associations les plus innocentes eurent aussi les honneurs de la persécution : une société lyrique, les Amis de la vérité, se réunissait chez un marchand de vin de la rue Saint-Jacques ; on poursuivit ses membres ; il y avait une loge de francs-maçons dite de la Trinité indivisible, ou sévit contre elle, on mit ses chefs en état d'arrestation.— Les visites domiciliaires recommencèrent, mais plus violentes, puisqu'on enfonça les portes, qu'on brisa les meubles, qu'on enleva les papiers des absens ; et ces visites extraordinaires se poussèrent jusque dans les prisons. — Des agens s'introduisirent dans le domicile d'un citoyen (M. Louis), mus par une pensée coupable, et affrontèrent la qualification de voleurs pour accomplir leur mission.

Et pendant les années suivantes, on promulgua la loi contre les crieurs , et l'on força les chanteurs publics à se munir de brevets , de

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