ETAT POLITIQUE
L'importance politique de Paris dans l'état paisible et normal se résume dans son état électoral.
Les dernières listes publiées pour le département de la Seine offrent les résultats suivans •
Électeurs
Éleclours
Jurés non
votant à Paris.
votant dans les
départ.
électeurs.
arrondissement 1224
lOe
lie
Sceaux 596
St-Denis 741
C Mille avocat.
COLLÈGE DES CHOLETS.
Ce collège avait été fondé, en 1292, par Jean de Bulles j, archidiacre du Grand-Caux dans l'église de Rouen , Evrard de Nointel et Girard de Saint- Just, chanoines de l'église de Beauvais, en leur qualité d'exécuteurs testamentaires du cardinal Jean Cholet , légat en France, mort le 2 août 1292.
Ils employèrent à cette fondation un legs de 6,000 livres fait par ce cardinal. Etait-ce là l'intention du légataire? Les historiens s'accordent à dire que Jean Cholet avait légué, par son testament portant la date de 1289, une somme de 6,000 livres, pour fournir aux frais de la croisade publiée contre Pierre d'Aragon , et que la guerre étant terminée ses exécuteurs changèrent la destination de ce legs : mais Pierre d'Aragon était mort en 1285, quatre ans avant le testament du cardinal, ce qui rend difficile à croire que ce prélat eût en vue, dans cet acte, le succès d'une expédition qui avaitdù nécessairement cesser parla mort de celui contre qui clleétait dirigée.
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COLLÈGE DES CHOLETS. 4**
Onoi qu'il en soit, une partie des biens de JeanCholet fut effectivement employée à la fondation du collège dont il est question.
Jean de Bulles , l'un des exécuteurs du testament de celte éminence , offrit la maison où il demeurait, vis-à-vis de la chapelle saint Symphorien, et même en céda gratuitement la moitié, ce qui lui mérita d'être considéré comme second fondateur du collège. On joignit bientôt à cette première acquisition celle d'une maison voisine et l'hôtel de Senlis, qui avait appartenu à l'évêque Gauthier de Chambly. Les droits d'indemnité, montant à 6,000 livres, furent payés à l'abbaye Sainte-Geneviève, dans la censive de laquelle les biens se trouvaient, au mois de novembre 1295.
Cette date a été prise pour celle de la fondation du collège parla plupart de ceux qui en ont parlé , et notamment par l'abbè Lebeuf ; mais voici ce qu'en dit Jaillot : « Il semble que ces auteurs étaient autorisés à parler ainsi par l'acte qui contient les statuts dressés le troisième dimanche du mois de juillet 1795, indiction 8. Les termes dont on s'est servi : Ordinamus tnstitnere sexdecim scholares , paraissent prouver que cet établissement n'était pas encore formé. Je crois cependant qu'il ne faut regarder cet acte que comme un monument qui constate le complément de tout ce qui avait été précédemment fait. Comment supposer que les exécuteurs du testament du cardinal Cholet, ayant en main les fonds nécessaires et une maison propre et convenable à leur dessein, eussent attendu quatre ans à l'exécuter? Ils commencèrent donc en 1291 à faire travailler ^ mâisilne purent finir qu'en 1295. Voilà ce qui m'a porté à dire que don Félibien et Piganiol avaient fixé , avec plus de vraisemblance, la date de cet établissement à 1292 , et j'en ai pouf garans les annales manuscrites de Sainte- Geneviève, qui en font mention à cette année. »
Les statuts furent dressés par Evrard deNointel et Girard de Sain t- Just, qui fondèrent cet établissement pour seize boursiers théologiens, comme on l'a vu dans les termes de l'acte , rapportés plus haut; ces boursiers devaientêtre tousprisdans les diocèses de Beauvais et d'Amiens. Par un des articles, ces deux chanoines fondateurs s'étaient réservé la nomination aux bourses. Ils avaient en outre adopté cette disposition qu'après la mort de l'un d'eux, le survivant aurait seul le droit d'établir, de corriger et de destituer ; qu'après la mort des deux, les chapitres de Beauvais et d'Amiens choisiraient, pour la supériorité de ce collège, chacun un de leurs chanoines qui serait né dans Tune de ces deux villes; que s'il ne s'en trouvait pas de capables , le doyen d'Amiens ou l'archidiacre, en cas que l'èvêché fût vacant, aurait le pouvoir d'instituer et de destituer les boursiers de l'èvêché d'Amiens , et que le doyen ou l'archidiacre de Beauvais aurait le même pouvoir à l'égard des écoliers du diocèse de Beauvais. La
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fondation et les statuts furent conGrmés par Bonit'ace VIII, le 26 janvier 1296.
Après la mort de ces deux exécuteurs testamentaires, le cardinal Jean Lemoiue, qui fut substitué en leur place, revit les statuts et fonda, en 1303, dans ce collège, quatre boursiers chapelains, dont deux devaient être du diocèse de Beauvais et deux de celui d'Amiens , pour dire tour à tour au moins deux messes par jour à la chapelle Saiut-Symphorien, qui était vis-à-vis de la porte du collège dans lequel il n'y avait pas d'abord de chapelle. Ce ne fut qu'en 1504 que les boursiers chapelains obtinrent de l'évèque de Paris et de l'abbé de Sainte-Geneviève la permission d'y en faire bâtir une. Elle fut dédiée, le 10 août 1519, sous l'invocation de sainte Cécile , en mémoire du cardinal Cholet, prêtre du titre de sainte Cécile.
Geoffroi Duplessis , fondateur du collège qui portait son nom, légua à celui des Cholets,en 1332, la sommede 100 livres, en reconnaissance des secours qu'il avait reçus autrefois du cardinal Cholet.
Au XVII'' siècle, le collège des Cholets était composé de vingt boursiers théologiens à la nomination des chapitres de Beauvais et d'Amiens, et de vingt petits boursiers artiens présentés par les théologiens au custos de la maison qui en donnait les provisions. Le collège était gouverné par un prieur que les boursiers théologiens élisaient tous les ans, le 23 octobre.
Ce prieur réglait tout , et présidait le chapitre de la communauté qui décidait à la pluralité des voix. Les boursiers et théologiens élisaient en outre tous les ans un d'entre eux pour être procureur : celui-ci administrait le temporel de la maison et rendait ses comptes à la communauté. Il v avait au dessus de ces deux officiers deux grands maîtres, dont l'un était chanoine de Beauvais et l'autre d'Amiens, nommés par les chapitres de ces deux églises, et en outre le custos qui était toujours une personne de distinction, élue par les boursiers théologiens.
La maison des Cholets avait un député dans les délibérations de la faculté de théologie de Paris, de même que les maisons de Sorbonne, de Navarre et du cardinal Lemoine.
Les grandes bourses de ce collège étaient les meilleures de Paris, non seulement par leur valeur , mais encore par l'avantage qu'avaient ceux qui en étaient pourvus de nommer à celles des artiens. Vers la fin du xviie siècle, le bureau d'administration nommait à ces dernières, et il n'existait plus que les seize boursiers théologiens et huit artiens.
Jean Cholet , qui pendant sa vie avait été employé aux plus grandes négociations par le pape Martin IV et le roi Philippe-le-Bel, fut inhumé
CHOIiETS.
dans l'église de l'abbaye Saint-Lucien de Beauvais. dont il avait éU; chanoine; cependant on voyait son épitaphe dans la- chapelle des Cholets. Cette épitaphe se composait des quatre vers suivans :
Belgarum me prunus ager iiutrlvil, lionorat Roma, seni curse fœdera pacis erant.
Religio , pietas , studiorum insignia crescunt, Me duce ; quis fuerim comprobat ista domus.
Ce collège, qui était sans exercice , fut réuni, en 1763, à celui de l'université.
Les bàtimensdecet établissement, devenus propriété du gouvernement, furent habités par des particuliers et subirent le sort de toutes choses : iiS ont cessé d'exister.
L'ensemble de ces bâtimens formait un carré long ; ils se prolongeaient, au midi , sur l'étendue de la rue Saint-Étienne des Grès, à l'est sur une partie de la rue des Cholets, et au nord ils bornaient la très-petite ruelle qui séparait ce collège de celui de Louis-le-Grand.
Au centre des constructions du midi s'élevait une tour carrée où se trouvait l'escalier à trois étages qui communiquait au bâtiment à sa gauche ; à sa droite était la chapelle. On entrait dans cette tour par une porte en plein cintre décorée d'une archivolte reposant sur des culots ; cette porte était surmontée d'un écusson . Les angles de la tour étaient décorés de chaînes de pierre avec refends.
C'est tout ce côté, vu de l'intérieur de la cour, que notre gravure représente fidèlement.
La porte de la chapelle était en ogive et embellie de moulures formant chambranle, surmontée d'une imposte gothique décorée de nervures et de trèfles. On avait pratiqué, postérieurement à la construction de cette porte, dans la hauteur de l'ébrasement de l'ogive, deux petites fenêtres circulaires séparées et dépassées en hauteur par une niche élevée sur un culot en saillie. Au dessous de ces fenêtres et de cette niche une plus petite porte avait été ouverte; elle était en cintre surbaissé et profilée de moulures dont une, découpée en festons , venait se confondre avec les ornemens du culot; un homme pouvait à peine la franchir sans se baisser. — L'ébrasement de l'ogive, la tour et le bâtiment de cette tour étaient du xv^ siècle, époque du style de la renaissance.
La porte d'entrée du collège s'ouvrait sur le milieu du bâtiment à l'est; elle faisait face à la rue des Chieurs ou des Cliiens , maintenant rue Jean-
Hubert, et portait îc 11° 2 de la rue des Ghoicts lorsqu'elle fat abattue.
Une rue devait être percée au centre de cette maison el la diviser en deux parties égales; partant de la porte d'entrée, elle eût établi une communication directe par les rues Jean-Hubert et des Cordiers entre la rue fies Sept Voies et celle de Cluui.
Dans la vue d'exécution de ce projet, un décret impérial concéda au domaine toute la portion du midi , et au collège Louis-le-Grand celle du nord. L'administration de ce collège fit aussitôt abattre ce qui lui avait été donné. La restauration étant venue, cette administration poursuivit ses succès et obtint une ordonnance rojale qui la rendit propriétaire de la portion du domaine. Usant de la même diligence, elle fit démolir, en 1822 ou 1823, tout ce qui restait des constructions du midi et de l'est. — Elle aurait fait conserver les sculptures de la porte de la chapelle ; mais leur mauvais état ne le permit pas.
Le collège des Choletset la rue projetée ne sont plus aujourd'hui qu'une cour-jardin destinée à la gymnastique des écoliers de Louis-le-Grand