POUR LE IX0 ARRONDISSEMENT
Place de Clichy, boulevard deClichy,rue de Douai, institution des Daines de la Trinité; square Vintimille, statue de Berlioz; rue Victor-Massé, avenue Frochot, le Chat noir ; rue des Martyrs, cirque Fernando ; boulevard Hochechouart, rue Lallier, avenue Trudaine, collège Rollin, École commerciale, square d’Anvers, statues : la Paix armée, Diderot. Sedaine; rue Hochechouart, salle Pleyel ; rue Cadet, rue Lafayette, hôtel du Petit Journal, square Montholon; rue Montholon, rue Lamartine, rue BufTault, temple israélite ; rue de Cbàteaudun, rue Cadet, Grand Orient ; rue Richer, Folies-Bergère ; rue de Trévise, rue Bergère, Comptoir d’escompte; rue Rougemont, Conservatoire de musique; rue Sainte-Cécile, église Saint-Eugène; boulevard Poissonnière, maison du Pont de fer, maison Barbedienne; boulevard Montmartre, musée Grévin; rue Drouot, mairie du neuvième arrondissement, hôtel du Figaro, hôtel des Ventes, les salles, la révision; rue de la Grange-Batelière, rue Chauchat, temple de la Rédemption ; rue de Provence, chapelle Taitbout; rue Laffitte, église Notre-Dame de Lorette; rue Bourdaloue, rue Saint- Lazare , théâtre d’application; rue Saint-Georges, rue de la Victoire, temple consistorial israélite, salle Herz; rue Taitbout, rue de Châteaudun, église de la Trinité ; rue de la Chaussée-d’Antin, théâtre du Vaudeville; boulevard des Capucines, place de l’Opéra, Opéra ; rue Halévy, rue Gluck, boulevard Haussmann, rue Scribe, rue Boudroau, Eden- Théâtre; rue Caumartin, maisons d’angles; boulevard des Capucines, boulevard de la Madeleine, rue de Sèze, galerie Georges Petit ; rue Vignon, boulevard Haussmann, magasins du Printemps; rue Caumartin, église Saint-Louis d’Antin, lycée Condorcet ; passage du Havre, rue Saint-Lazare, rue d’Amsterdam, place de Clichy, — théâtre des Nouveautés, théâtre Robert-Houdin, salle Beethoven, Armée du salut, administration du chemin de fer de Lyon, administration du chemin de fer d’Orléans, galerie Sedelmeyer. Compagnie du gaz.
Pénétrer dans le neuvième arrondissement, c’est en quelque sorte entrer dans une ville nouvelle, inondée d’air, exubérante de vie, passionnée d’art, raffinée d’esprit ,% friande de nouvelles fraîches. Ses grandes voies sont des promenades ; ses maisons, des palais; ses magasins, des temples élevés au goût luxueux; ses cercles réunissent toute l’aristocratie de la fortune; ses fastueux hôtels abritent tous les étrangers de distinction qui séjournent à Paris. Aux terrasses de ses cafés, écoutez avec quelle verve se racontent et se commentent les petits et grands événements du jour ; scandales mondains, productions artistiques, discussions législatives, désastres financiers, tout cela passe ici au crible de cet esprit parisien inimitable, même en ses écarts, et tout cela se résume souvent par une phrase typique, par un mot nouveau, bizarre parfois, mais qui, grâce à sa justesse, ne tarde pas à prendre droit de cité dans le langage courant, et même à forcer les portes, si bien cadenassées pourtant, du dictionnaire français.
Cette animation, toute particulière aux boulevards Montmartre et des Italiens, cesse aussitôt qu’ayant franchi la rue Caumartin, on pénètre sur le boulevard de la Madeleine; calme, d’aspect un peu provincial, le soir surtout, ce dernier, même dans la journée, semble être placé aux antipodes de son luxueux voisin.
En parcourant les divers quartiers de l’arrondissement, vous remarquerez facilement les caractères qui les distinguent; ce que nous avons dit plus haut s’applique particulièrement au quartier de la Chaussée-d’Antin, et, pour achever de donner une idée de son ensemble, il ne nous reste plus
PROMENADES DANS PARIS
qu’à vous signaler les nombreux étalages artistiques du boulevard Haussmann, des rues Laffitte, Taitbout et Châteaudun. Tableaux, gouaches, aquarelles, dessins, médailles, autographes, bronzes, faïences, armes, meubles anciens, s’étalent derrière toutes les vitrines et font de ces rues une sorte de musée consacré à la curiosité.
Si vous traversez le quartier du faubourg Montmartre, vous retrouvez le commerce parisien dans toute sa fiévreuse activité. Si vous faites l’ascension des hauteurs occupées par les quartiers Rochechouart et Saint-Georges, vous entrerez dans une colonie d’artistes et de gens de lettres; presque point de maison par là où vous ne puissiez apercevoir la large vitrine d’un atelier de peintre; presque point de boutique aussi où ne s’étalent moins savamment disposés, moins heureusement choisis, mais pittoresquement encore, tous ces bibelots divers dont les Parisiens sont si passionnément épris.
Cela dit, nous allons commencer notre promenade.
En quittant la place Clichy, que nous avons prise pour point de départ, nous trouverons d’abord, à l’angle gauche de la rue de Douai, l'Institution des Dames de la Trinité, dont la modeste chapelle est ouverte au public. Nous nous arrêterons un instant dans le minuscule square Vintimille, décoré, au centre, d’une statue de Berlioz (mort au numéro 4 de la rue de Calais), œuvre remarquable et de grande allure de M. Alfred Lenoir. Dans la rue Victor-Massé, que nous suivrons ensuite, on vit en 1888 sur presque toutes les maisons un écriteau blanc, rouge ou jaune contenant ces mots en gros caractères : Ici rue de Laval; c’était une protestation, toute platonique, des habitants de la rue contre sa débaptisation. Ils tenaient fort, paraît-il, ces habitants, excellentes gens du reste, à la première dénomination de leur rue; elle s’appelait rue de Laval, en mémoire d une abbesse de Montmartre; elle s’appelle rue Victor-Massé, en souvenir du compositeur mort, le 5 juillet 1884, au numéro 1 de l’avenue Frochot, un coin charmant et reposé où s’abrite toute une population d’artistes et d’écrivains.