‹ Paris, promenades dans les vingt arrondissementsChapitre 5 sur 40 · XV II · texte numérisé non relu

XV II

cette femme était la duchesse d’Orléans. Sans grande espérance de réussite, plus mère en ce cas que femme politique, elle venait poser la question de la régence. Elle fut accueillie avec respect, quelques députés essayèrent de soutenir ses prétentions; mais bientôt la salle fut envahie parle peuple, les délibérations alors devinrent impossibles, un gouvernement provisoire fut proclamé.

La monarchie de Juillet était venue exhaler son dernier souffle dans cet arrondissement qui lui avait toujours tenu rigueur.

L’arrondissement eut ses heures d’émotion encore, lors du coup d’État de décembre 1851 . Il vit le palais Bourbon envahi par la troupe, il vit les représentants de la droite se réunir à la mairie de la rue de Grenelle ; il les vit entrer entre deux rangs de soldats à la caserne d’Orsay, et en sortir en voitures cellulaires pour être dirigés sur les prisons.

Laissons de côté ces souvenirs, et hâtons-nous d’indiquer les dernières transformations subies par l’arrondissement.

Bien que magnifique déjà, le faubourg Saint-Germain n'échappa pas à l’œuvre entreprise sous le second Empire, mais elle fut nécessairement moindre ici que dans certains autres quartiers (on ne pouvait songer à modifier des rues de Lille, de l’Université ou de Yarenne), elle se borna à des embellissements, à des constructions, à des travaux d’utilité.

Parmi ces derniers, et comme un des plus anciens en date, nous signalerons la reconstruction du pont des Invalides, qui remonte à l’année 1854; elle fut bientôt

INTRODUCTION

suivie de la construction du pont de l’Alma, puis de celle du pont de Solferino. En 1858, les avenues Rapp et Bosquet ouvrirent leurs larges percées dans le quartier du Gros-Caillou. Dans le même temps s'achevait rédification de l’hôtel du ministère des affaires étrangères, admirablement placé auprès du palais législatif, et l'église Saint-François-Xavier était livrée au culte.

Dans l’intérieur de l’arrondissement, un jardin était planté sur la place de Bellechasse, et l’hospice des Ménages, transporté à Issy, était remplacé par un square ; enfin on commençait le percement du boulevard Saint-Germain, à travers les quartiers Saint-Thomas-d’Aquin et des Invalides. Aujourd’hui, on ouvre la partie du boulevard Raspail qui doit aller du boulevard Saint-Germain à la rue de Sèvres.

Quant au Champ-de-Mars — il faut toujours revenir à lui — sa transformation est si complète que Louis- Philippe ne le reconnaîtrait pas plus que Louis XVI. Revenant aux lieux qui les ont vu naître, les expositions, universelles maintenant, s’y sont splendidement installées trois fois, en 1 867, 1 878 et 1889 . Des constructions de cette dernière, plusieurs palais et la galerie des Machines sont restés debout ; quant aux nombreuses attractions réunies sur ce point en 1889, la tour Eiffel et les fontaines lumineuses se chargent d’en perpétuer le souvenir.

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