EXPOSITION UNIVERSELLE. PALAIS DES MACHINES
manufacture, que ses délicats travaux sont dirigés par d’anciens élèves de l’École polytechnique.
Sans nous arrêter au Magasin central des hôpitaux militaires, nous nous rendrons au numéro 103 du quai d’Orsay ; là, nous trouverons le dépôt des marbres du gouvernement et le garde-meuble dont les salles d’exposition renferment les tapisseries, les tentures, les meubles proprement dits, les pendules et bronzes d’ornement destinés à l’ameublement de nos palais nationaux.
Regagnant alors la rue de l’Université, nous y rencontrons le Bureau météorologique, distrait de l’Observatoire de Paris par un décret du 14 mai 1878.
Le service des avertissements établi ici reçoit chaque jour cent cinquante-sept dépêches des stations météorologiques ^d’Europe et d’Amérique et en expédie quarante-six; il adresse de plus des avis quotidiens en prévision du temps au ministère de la marine, aux ports de mer et aux communes abonnées. Le service de la climatologie publie les observations faites en France et à l’étranger, organise des stations dans les postes consulaires et recueille les observations faites par les capitaines à bord des navires.
Par l’avenue Bosquet nous gagnons le centre du quartier du Gros-Caillou, et bientôt nous rencontrons la petite église Saint-Pierre. Construite en 1822 par Godde, elle rappelle les œuvres de cet architecte, Notre-Dame de Bonne-Nouvelle, Saint-Philippe du Roule, etc., on y voit quelques tableaux de Desgofife, de Larivière, tous d’un médiocre intérêt.
Suivant maintenant la rue Saint-Dominique, nous passons devant l’hospice Leprince, fondé en 1819 et contenant vingt lits et nous arrivons à l’avenue de La Bourdonnais, qui longe au nord-est le Champ-de-Mars. Le Champ-de-Mars est aujourd’hui un vaste parc limité au fond par la galerie des Machines, sur les côtés par les palais dss Beaux-Arts et des Arts libéraux, et dominé par la tour Eiffel.
Latour Eiffel est actuellement le monument le plus élevé du monde; commencée le 28 janvier 1887, elle atteignait sa hauteur maximum le 31 mars 1889. Sa construction est l’œuvre
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de M. Sauvestre, architecle, et de l’ingénieur dont la voix publique lui a donné le nom ; sa base forme un carré de 100 mètres de côté; elle pèse 7 millions de kilogrammes et se compose de douze mille pièces métalliques, reliées entre elles par deux millions cinq cent mille rivets.
Ce n’est là ni une œuvre d’art proprement dite, ni une œuvre utile dans le sens absolu du mot; mais c’est un spécimen des piles qu’on pourrait construire, si la nécessité obligeait à jeter quelque gigantesque pont sur une vallée.
La galerie ou palais des Machines, construite par MM. Dutert, architecte, et Contamin, ingénieur, fut, telle que noire gravure la représente, la merveille de l’Exposition ; elle demeure un des plus curieux monuments de Paris.
Sa nef, unique au monde, mesure 420 mètres de longueur, elle est large de 115 mètres et haute de 48 mètres. Elle n’est soutenue dans toute son étendue — et c’est ici que l’habileté et la hardiesse des constructeurs se font puissamment sen tir — que par vingt arceaux métalliques décrivant la courbure de la voûte et reposant sur le sol leurs pieds finement amincis. Dans ce vaisseau, la grâce se combine avec la force, la légèreté se marie à l’audace. Grandiose en son ensemble, coquet en ses détails, il est à coup sûr la plus pure et la plus grande manifestation de l’art métallique au dixneuvième siècle.
La tour Eiffel est un lieu de plaisir, on y dîne, on y joue la comédie ; la galerie des Machines est un vaste hippodrome, précieux pour les exercices de l’École militaire.
Entre ces deux grandes constructions, on a conservé encore les palais, bâtis par M. Formigé, des Arts libéraux et des Beaux-Arts ; dans ce dernier palais, la Société nationale des beaux-arts a fait des expositions très appréciées non seulement pour les œuvres de maîtres qu’on y vît, mais encore pour leur bon agencement; puis le dôme central et la galerie de 30 mèlres, œuvre de M. Bouvard ; la fontaine monumentale de M. Coutan ; les fontaines lumineuses, et le panorama de la Compagnie Transatlantique, où l’on admire toujours les peintures de Poilpot, d’Hoffbauer, de
exposition universelle, les fontaines lumineuses.
DESSIN DE GŒNEUTTE.
Montenard et de Motte. Dans le parc, vous verrez encore des œuvres d’art : la Défense du foyer , de Boisseau ; Pro Patria , d’Antony Noël, etc.
L’École militaire, dont les bâtiments occupent tout le fond du Champ-de-Mars, n’est, à proprement parler, qu’une caserne, mais une caserne immense, une caserne modèle qui, dans son enceinte et ses annexes, peut loger une petite armée.
Infanterie, cavalerie, artillerie, génie, équipages, tout est réuni dans ce vaste parallélogramme que délimitent avec la ligne terminale du Champ-de-Mars, les avenues Duquesne, de Sufïren et Lowendal. Un quartier annexe s’étend encore entre cette dernière et l’avenue de Ségur.
Au point de vue architectural, la façade, œuvrede Gabriel, est seule intéressante, et malgré son développement, ne manque pas de caractère. Elle se compose d’un pavillon central orné de colonnes corinthiennes, surmonté d’un fronton triangulaire et couronné d’un dôme. C’est ici le quartier d’infanterie; les pavillons extrêmes sont occupés par la cavalerie et l’artillerie.
L’Ecole militaire n’est caserne que depuis 1792. Lors de sa fondation, en 1751, elle était destinée, dans la pensée du roi Louis XV, à « élever cinq cents gentilshommes dans toutes les sciences nécessaires et convenables à un officier ». L’idée, on le voit, ne manquait pas de grandeur; si son application ne dura guère qu’une quarantaine d’années, il faut reconnaître qu’elle ne dut pas rester étrangère aux créations d’écoles spéciales à toutes armes qui ont été ouvertes depuis.
L’heure où il est particulièrement curieux de s’arrêter devant l’École militaire, est l’heure de l’exercice. Notre gravure donne si fidèlement l’impression de cette scène que nous pensons pouvoir nous dispenser de la décrire. Ce que nous ferons remarquer, l’ayant constaté nous-même, c’est avec quelle précision, quel ensemble, et disons-le aussi, quel entrain, les plus difficiles manœuvres, les plus rapides évolutions sont effectuées aussi bien par la cavalerie que par l’infanterie. Quelques moments passés à ce spectacle suf-
fisent pour donner une idée de la science militaire des officiers de notre armée et de la discipline de nos soldats.
Nous venons de voir notre armée, jeune et en pleine activité; nous allons visiter maintenant l’hôtel où ces vaillants d’aujourd’hui finiront peut-être leurs jours : l’hôtel des Invalides.
Bien que l’honneur de la fondation de l’hôtel des Invalides soit généralement attribué à Louis XIV, il faut reconnaître qu’il n’a pas eu le premier la pensée de venir en aide aux vieux soldats.
Charlemagne, sous le nom d ’oblats, les avait placés dans les prieurés et les abbayes. Philippe-Auguste, saint Louis, qui fonda les Quinze-Vingts, Louis XI, qui le premier accorda des pensions, François Ier, Louis XII, Charles IX, Henri II s’occupèrent tous d’améliorer le sort des vieux soldats. Henri IV conçut, le premier, la pensée de fonder une maison de retraite à leur usage; la mort ne lui permit pas de réaliser son projet, mais la maison de la rue de Lourcine les reçut provisoirement. Louis XIII, enfin, en 1633, ordonna par édit la fondation de la commanderie de Saint- Louis; elle devait servir d’asile aux anciens militaires. Les travaux de la commanderie furent pompeusement commencés en 1634, puis interrompus brusquement et non repris, faute d’argent peut-être.
C’est en 1671, conformément à l’édit rendu par Louis XIV l’année précédente, que furent entreprises, sur un terrain de près de 127 000 mètres de superficie, les monumentales constructions de l’hôtel. Libéral Bruand et Mansart dirigèrent successivement les travaux. Si les plans du premier ont été respectés, c’est au second qu’on doit l’adjonction du dôme, le plus populaire des dômes parisiens.
Si nous arrivons aux Invalides par l’esplanade, nous avons devant les yeux la façade principale, longue de plus de 200 mètres, haute de trois étages surmontés d’un rang de mansardes. Le tympan de l’arcade qui donne accès à l’avant-corps central est décoré d’une statue de Louis XIV, œuvre de Girardon.
l’heure de l’exercice aVécole militaire,
DESSIN DE TOUCHEMOLTN.
Aux deux côtés de l’entrée sont les statues de Mars et de Iinerve, dues à Goustou; les angles de l’avant-corps et ceux le la façade sont décorés des groupes des nations enchaîîées dont nous avons parlé à propos du monument de la dace des Victoires (1).
Cette façade est précédée d’une vaste cour fermée par me belle grille dorée, ornée de parterres et bordée sur les •ôtés de petits jardinets surplombant des fossés au-dessus lesquels s’ouvrent, béantes, des gueules de canons de tout âge qui, servis alors avec un magnifique entrain par des invalides, ne grondent plus qu’à l’aurore des journées de réjouissances publiques. Quant aux minuscules jardinets, ils forment un coin charmant et sont abandonnés aux pensionnaires qui ont le goût de la culture des fleurs et des arbustes.
Dans l’un des parterres dont nous avons parlé, s’élève la statue du prince Eugène, œuvre de Dumont, qui décorait autrefois la place de la mairie du onzième arrondissement.
La cour d’honneur, à laquelle on accède par l’entrée centrale, est un quadrilatère large de 62 mètres, long de 118. Elle est entourée de corps de logis ayant chacun deux rangs d’arcades formant galerie. Sous ces portiques, M. Benedict Masson a représenté, dans une suite de peintures murales, les principaux faits de notre histoire militaire. L’aspect général est celui d’un vaste cloître; cette sévérité majestueuse ne messied pas ici.
Au fond delà cour, s’ouvre le portail de l’église Saint-Louis, qu’il ne faut pas confondre avec l’église du dôme. Conçue dans le même esprit que le reste de l’édifice, elle en a la rigidité froide et imposante, tempérée par les multiples couleurs des drapeaux conquis à diverses époques, qu’on a suspendus à sa voûte.
L’église du dôme, bien que communiquant avec l’église Saint-Louis, a son entrée particulière au fond d’une cour gazonnée qu’une grille sépare de la place Vauban.
(1) Voir notre promenade dans le deuxième arrondissement.
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Le portail se développe sur une étendue de cinquante-cinq mètres et s’élève au-dessus d’un perron de quinze marches; il est d’ordre dorique au rez-de-chaussée, et corinthien en sa partie supérieure. Dans l’avant-corps central, couronné d’un fronton triangulaire, la porte s’ouvre, entre quatre colonnes, accostées de niches renfermant les monumentales statues de Charlemagne et de saint Louis , la première due à Goysevox, la seconde à Girardon ; aux côtés des fenêtres extrêmes, d’autres statues symbolisent la Confiance , la Constance , l'Humilité et la Magnanimité.
L’intérieur, en forme de croix grecque, est d’une magnifique ordonnance et d’un effet véritablement imposant; la décoration, d’une grande richesse, d’un goût parfait, d’une haute valeur artistique.
Le Saint Louis déposant sa couronne aux pieds du Christ, œuvre maîtresse qui décore la voûte de la coupole et les Évangélistes des pendentifs sont de Charles Lafosse; Bosio, Taunay, Cartelier, Rutxhiel ont sculpté douze médaillons de rois de France.
Quatre chapelles sont réservées entre les bras de la croix; elles ont vingt-cinq mètres de hauteur sur dix de diamètre, et sont toutes richement décorées. La chapelle de Saint- Grégoire a été ornée par Michel Corneille de peintures représentant divers épisodes delà vie de son patron, et de sculptures par Lecointe et J. Poultier. Les chapelles Saint- Jérôme, Saint-Ambroise et Saint-Augustin doivent leurs ! peintures à Bon Boullongne; leurs sçulptures sont signées Nicolas Coustou, Poultier, Spingola, Hardy, Ph. Magnier, Flamant et Lapierre. Dans le caveau de la chapelle Saint- Ambroise reposent, depuis 1860, les restes de Jérôme Bonaparte, frère de Napoléon et roi de Westphalie.
Une ancienne chapelle, autrefois dédiée à sainte Thérèse, renferme maintenant le tombeau de Turenne. Épargné lors I de la violation des sépultures de Saint-Denis en 1792, il avait 1 été recueilli au musée des monuments français; en 1800. Bonaparte le fit transporter où nous le voyons. Le tombeau dessiné par Le Brun et exécuté par Tuby, représente Turenne
DESSIN DE TOUCHEMOLIN.
expirant dans les bras de l’Immortalité; près de ce groupe principal sont deux statues de Marsy, symbolisant la Sagesse et la Valeur .
C’est encore Napoléon qui, en 1808, fit déposer ici, dans l’ancienne chapelle de la Vierge, le cœur de Vauban. Une maigre pyramide alors exécutée par Trepsa a été remplacée depuis par une statue du célèbre ingénieur accompagnée des personnifications de la Science et de la Guerre , le tout dû au ciseau d'Étex.
Dans la crypte ouverte et circulaire, creusée par Visconti directement au-dessous du dôme, est placé le tombeau de Napoléon Ier. La gravure a depuis longtemps popularisé ce monument ; tout le monde en connaît l'aspect grand, riche et simple. Chacun sait que Simart est l’auteur de la belle statue de l’empereur, qui se dresse au fond de la crypte ; quant au tombeau, rappelons qu’il est fait d’un bloc de granit rouge de Finlande, offert par l’empereur de Russie et reposant sur un socle de marbre vert.
Les restes de l’empereur, enfermés dans cinq cercueils et tels qu’ils ont été retrouvés à Sainte-Hélène, ont d’abord été déposés dans la chapelle Saint-Jérôme; en 1861 ils ont pris possession de leur tombeau définitif.
Autour de l’empereur et semblant lui faire cortège encore, dorment quelques uns de ses compagnons d’armes et aussi plusieurs personnages, militaires ou amiraux qui se sont distingués au cours de ce siècle. Tels sont Jourdan, Lasalle, Bessières, Sérurier, Grouchy, Mortier, Bugeaud, Excelmans, Baraguay-d’Hliers, Duperré, Négrier, Duvivier, Faidherbe, de Martimprey, etc., et enfin, depuis le 22 octobre 1893, le maréchal de Mac-Mahon, duc de Magenta, qui fut le deuxième président de la République.
Il ne faut pas quitter l’hôtel des Invalides sans visiter le musée d’artillerie, dont nous allons vous conter rapidement l’histoire, tandis que vous contemplerez ses curieuses collections.
C’est sous le règne de Louis XIV que le maréchal duc d’Humières eut l’idée de réunir une suite de petits modèles
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de l’artillerie en usage alors. Intéressante pour le temps, mais bien restreinte encore, sa collection demeura oubliée depuis sa mort (1684) jusqu’en 1755, époque à laquelle le général de Yallière reprit l’idée, réunit quelques spécimens nouveaux et dressa le premier inventaire du musée. En 1788, sous la direction du général de Gribeauvàl, l’institution reçut un élan que les événements seuls empêchèrent d’être définitif. Aux petits modèles réunis par ses prédécesseurs, le général ajouta tout ce qu’il put recueillir d’objets touchant au matériel de la guerre; son programme, très large, embrassait même les engins nouveaux proposés au gouvernement par des inventeurs.
Le musée prospérait, mais il fut pillé et dispersé le 14 juillet 1789.
Quelques années plus tard, grâce aux réquisitions d’armes qui avaient été faites, on eut l’idée de mettre de côté tout ce qui ne pouvait être utilement employé, et de vieux casques, de vieilles épées, d’antiques armures, réunis d’abord aux feuillants, formèrent le noyau du musée si riche aujourd’hui. En 1795, le ministre de la guerre Petiet fit transporter la collection naissante dans le couvent désaffecté des dominicains de Saint-Thomas d’Aquin. L’année suivante, sa réorganisation était officiellement confirmée. Il était déjà riche, quand il fut encore une fois pillé pendant les journées de 1830. Heureusement la probité populaire restitua les jours suivants à peu près tout ce qui avait été pris.
Depuis, le musée a toujours été en s’enrichissant; il présente à présent à vos yeux des spécimens de toutes les armes connues, depuis la hache en silex des temps primitifs jusqu’aux lourdes épées des siècles chevaleresques, depuis les armures sous lesquelles l’homme et le cheval disparaissaient tout entier jusqu’aux armes les plus modernes.
Après avoir visité la curieuse collection de plans en relief que possède l’hôtel, vous verrez probablement les réfectoires et les cuisines. Dans les premiers, on vous montrera quelques peintures représentant des batailles du temps de Louis XIV, exécutées par Martin, élève de Yan der Meulen.
Dans les cuisines, on vous parlera de la légendaire marmite, vendue, il y a quelques années, au poids du cuivre.
Derrière l’École militaire, sur la place de Fontenoy, s’élève, sur un socle colossal, une pyramide hexagonale; c’est un monument de la défense nationale édifié par souscription à la mémoire des soldats morts au champ d’honneur, qui faisaient partie des armées de la Loire, de l’Est, du Rhin et de l’extrême Orient.
A l’entrée de la rue de Grenelle, en bordure du boulevard des Invalides, le palais archiépiscopal fait face à l’École supérieure de guerre. Remontant le boulevard vers le sud, nous passons devant une suite à peu près ininterrompue de communautés religieuses, maisons closes, enfouies dans leurs grands jardins. Ici, c’est le couvent du Sacré-Cœur; plus loin, à côté d’un collège arménien, vis-à-vis de l’église Saint- François-Xavier, celui des dames du Saint-Sacrement. Voici maintenant la maison mère des frères des Écoles chrétiennes, puis le célèbre couvent des Oiseaux. Nous ne pénétrerons pas ici, on le comprend ; mais l’église Saint-François-Xavier nous arrêtera un instant.
C’est une construction toute moderne où l’on sent les inspirations diverses des deux architectes qui ont successivement conduit les travaux. Lusson, mort en 1864, paraissait vouloir bâtir une église de style roman; M. Uchard, qui le remplaça, a penché pour l’ornementation de la renaissance italienne.
A signaler, au-dessus de la porte principale, un bas-relief de Mme Léon Bertaux : V Agneau pascal entre deux anges adorateurs ; dans l’intérieur, quelques belles peintures de M. Élie Delaunay, et, dans la chapelle de la Vierge, une Immaculée Conception, de M, Bouguereau.
A l’extrémité du boulevard des Invalides, nous rencontrerons l’institution des jeunes aveugles.
Valentin Haüy est un nom qu’il faut retenir comme on retient celui de l’abbé de l’Épée; l’un a fait pour les déshérités de la vue ce qu’a fait l’autre pour les malheureux privés de la parole et de l’ouïe. Tous deux ont apporté à leur œuvre le même dévouement et la même abnégation. Leurs efforts
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ont été couronnés d’un succès égal. Tous deux aussi ont fait à Paris leurs premières tentatives.
Valentin Haüy était le frère de René-Just Haüy, célèbre minéralogiste, et fils d’un pauvre tisserand picard du village de Saint-Just. Il avait étudié les langues vivantes et obtenu une place au ministère des affaires étrangères, quand le hasard le mit en présence de Mlle Paradis, pianiste viennoise aveugle qui, grâce à des épingles disposées sur une pelote en forme de lettres, parvenait à lire les phrases ainsi écrites. Haüy comprit le parti qu’on pouvait tirer de ce procédé et ne songea plus qu’à le perfectionner ; il y parvint, disons-le de suite, grâce à l’impression en relief. Désireux d’expérimenter sa méthode, il recueillit chez lui un enfant aveugle, mendiant sur les marches d’une église, et sut en peu de temps lui inculquer les premiers principes de la lecture, du calcul, de la géographie et même de la musique,
L’Académie, à qui il présenta son élève, fut émerveillée des résultats obtenus et obtint pour lui, du gouvernement, la cession d’une maison de la rue Notre-Dame des Victoires et les fonds nécessaires pour faire l’éducation de douze jeunes aveugles ; ceci se passait en 1784. Deux années plus tard, cent vingt élèves se groupaient autour de Haüy. En 1800, l’institution fut réunie aux Quinze-Vingts, l’instituteur congédié, mais gratifié pourtant d’une pension de 2 000 livres. Il établit alors, rue Sainte-Avoye, une maison qui prit le titre de Muséum des aveugles; l’entreprise n’ayant eu qu’un succès médiocre, Haüy quitta la France. En 1806, il fonda des établissements à l’étranger, à Berlin, à Saint-Pétersbourg, etc. Quand il revint à Paris, en 1817,% était accablé d’infirmités et dans un état de complet dénuement.
En 1815, l’institution, séparée des Quinze-Vingts, avait été transférée rue Saint-Victor, au collège Saint-Firmin. C’est de là qu’elle se transporta, en 1843, dans les bâtiments vastes, commodes et admirablement situés, que l’architecte Philippon-Delacroix venait de terminer pour elle.
Sur le fronton de la façade principale, Joufïroy a sculpté
un bas-relief fort bien venu, représentant, aux deux côtés d’une figure centrale, qui personnifie la religion, Haüy et une femme instruisant de jeunes aveugles.
Haüy est mort en 1822, à l’âge de soixante-dix-sept ans.
Si vous voulez vous rendre compte de ce que peut faire le dévouement poussé jusqu’à l’abnégation, la patience soutenue par la foi, l’entêtement héroïque qui sait aplanir d’abord les obstacles et les vaincre ensuite, sonnez sans crainte à la grille du numéro 56 du boulevard des Invalides ; traversez la cour que décore au centre la statue du fondateur de l’institution; demandez la permission de visiter les classes et les ateliers ; laissez défiler devant vous quelques grands élèves qui se rendent aux cours de la Sorbonne ou du Collège de France; voyez ceux qui, moins favorisés sous le rapport intellectuel, apprennent des métiers dont ils pourront vivre : vanniers, filateurs, compositeurs typographes même. Ne vous apitoyez pas trop sur le sort de ceux pour qui la nature marâtre a fait l’intelligence aussi obtuse que la vue noire ; sur ceux-là encore la bienveillante sollicitude de l’institution veillera quand ils auront quitté ses classes, et, grâce aux recommandations du directeur, des asiles hospitaliers s’ouvriront devant ces malheureux incapables de se diriger dans la vie.
Certes, Paris, depuis que nous le parcourons ensemble, nous a offert bien des merveilles ; mais nous ne croyons pas qu’il ait encore présenté à nos yeux une institution plus simple d’allures atteignant un but aussi élevé.
La rue de Sèvres s’ouvre devant nous; les communautés religieuses abondent encore dans ce quartier — l’énumération en serait fastidieuse. Signalons pourtant, puisque nous passons auprès, la maison des frères de Saint-Jean de Dieu de la rue Oudinot, où les malades, grâce à des soins intelligents et d’exceptionnelles conditions d’hygiène et de bienêtre, peuvent, en quelques semaines, retrouver la santé perdue.
Nous voici devant l’hôpital Laennec, dont le mur extérieur est décoré d’une fontaine dite de l’Égyptienne qui porte bien
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le cachet du temps où elle fui érigée ; elle remonte à 1806. Bralle en fournit le dessin et Beauvallet sculpta l’Antinoüs, qui fut refait depuis (1844) par Gechter.
C’est une vieille maison, celle de l’hôpital Laennec; sa fondation remonte à l’an 1634, et sur le contrat de donation daté du 4 novembre de cette année, autorisant le gouverneur de l’Hôtel-Dieu à bâtir en ce lieu un hôpital des Incurables, nous trouverons la signature du cardinal de La Rochefoucauld.
Les bâtiments furent construits par Dubois, entrepreneur, sous la direction de Christophe Gamard, architecte, et, grâce à l’activité qu’ils déployèrent tous deux, purent être inaugurés le 11 mars 1640.
L’hôpital recevait alors et reçut longtemps des incurables des deux sexes. En 1801, les hommes, séparés des femmes, furent transférés dans l’ancien couvent des récollets (aujourd’hui hôpital militaire Saint-Martin). En 1869, une nouvelle maison ouverte à Ivry reçut les femmes, et les bâtiments de la rue de Sèvres restèrent sans emploi. Les événements de 1870 en firent, pour quelque temps, une annexe de la Charité. Évacué en 1871, il fut de nouveau rouvert trois ans plus tard sous le nom d’Hôpital temporaire.
Enfin, en 1878, il prit le nom de Laennec, l’initiateur et le propagateur de la méthode d’auscultation.
Dans ses divers bâtiments, séparés les uns des autres par de vastes cours et des jardins pleins de verdure, l’hôpital Laënnec contient environ six cent trente lits. C’est en ce genre un de nos plus recommandables établissements.
Par la rue du Bac, dont les luxueux magasins du Bon Marché forment l’angle, et qui descend tortueusement jusqu’à la Seine, nous gagnerons la rue de Grenelle-Saint-Germain et nous nous trouverons presque de suite en présence d’une des plus jolies fontaines de Paris. Elle n’a d’autre nom que celui de fontaine de la rue de Grenelle. Elle est également remarquable par l’esprit d’unité qui a présidé à sa conception, par la grandeur et l’harmonie de ses formes, par le goût exquis de son décor.
Edme Bouchardon, qui en fut l’architecte et le sculpteur, a achevé son œuvre en 1745.
. La figure centrale, une jeune femme assise sur une proue de vaisseau, représente la ville de Paris ; à ses côtés, couchées dans des roseaux et appuyées sur des urnes, deux autres figures personnifient la Seine et la Marne. Les niches sont occupées par des génies symbolisant les quatre saisons.
Nous avons fait quelques pas à peine, et, au fond d’une petite place, nous apercevons la façade d’une des plus aristocratiques églises de la capitale : l’église Saint-Thomas d’Aquin.
Des lettres patentes du 4 août 1622 autorisèrent la fondation d’un noviciat de l’ordre des dominicains, couvent que le cardinal de Richelieu honora de son haut patronage. A son origine, le noviciat n’était qu’une modeste maison entourée d’un clos de sept arpents. Plus tard, l’affluence des novices rendit indispensable l’agrandissement du monastère primitif; les pères commencèrent par faire édifier l’église que nous voyons aujourd’hui et dont la première pierre fut posée le 5 mars 1682, par un dominicain nommé Serroni, assisté d’Anne de Rohan-Montbazon, duchesse de Luynes.
La construction, menée rapidement par Pierre Bullet, s’acheva en une année pour ce qui concernait le gros œuvre; mais, grâce à des agrandissements et des embellissements successifs, elle ne fut réellement terminée qu’en 1770.
Entre temps, vers 1724, François Le Moyne décora le plafond du chœur d’une Transfiguration , que vous pouvez voir encore. Les bâtiments conventuels s’achevèrent en 1740. Quant à l’élégant portail ionique et corinthien, il est de date relativement récente; un religieux du monastère, le père Claude, en fournit les dessins en 1787.
La communauté, riche alors, n’avait plus que peu d’années à vivre; 1790 la dispersa. L’église, en 1795, fut donnée aux théophilanthropes, qui en firent le temple de la Paix; dénomination fâcheuse, car ce temple fut le foyer des premières querelles qui amenèrent la chute de la secte. L’église, rendue au culte en 1803, devint paroisse sept ans plus tard
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et fut alors placéesous l’invocation de Saint-Thomas d’Acjuin.
Outre le plafond de Le Moyne, dont nous avons<déjàparlé, vous pourrez voir, à Saint-Thomas d’Aquin, deux belles peintures murales d’Abel de Pujol : Saint Pierre et Saint Paul , un Chemin de croix , de Jehan Duseigneur; un Saint Thomas d'Aquin priant pour apaiser une tempête , d’Ary Scheffer; un Saint Pierre , d’Aubin Vouet; quelques tableaux dus à un dominicain, le frère André, et enfin une fort belle Descente de croix , de Guillemot. Signalons encore dans la chapelle des catéchismes une Apparition de la Vierge à saint Jérôme , du Guerchin.
Les bâtiments du noviciat furent occupés pendant soixante-quinze ans par le musée d’artillerie, aujourd’hui transféré à l’hôtel des Invalides.
Quelques instants nous suffisent pour atteindre le point de rencontre des boulevards Saint-Germain et Raspail. Là se dresse, depuis le 13 juillet 1893, la statue de l’inventeur du télégraphe aérien. Ce beau bronze est de M. Ernest Damé; il représente Claude Chappe debout devant son appareil et le faisant manœuvrer. Sur le piédestal, de forme remarquablement élégante, dont M. Georges Farcy a fourni le dessin, on a reproduit la figure allégorique de Mercure qui se trouvait jadis sur l’en-tête des dépêches télégraphiques.
Plus loin, sur le boulevard bordé de constructions splendides, signalé par sa lourde tour, nous trouverons le ministère de la guerre construit par M. Bouchet entre les années 1867 et 1878; faisons-en le tour et nous serons bientôt devant l’église Sainte-Clotilde. Sa construction, conçue dans le style gothique du quatorzième siècle, a été commencée en 1840 par l’architecte Gau, mort en 1853; achevée par Ballu, l’église fut livrée au culte en 1857.
L’inlérieur comprend une nef, deux bas côtés, un transept et un chœur autour duquel rayonnent cinq chapelles.
Le vaste porche qui donne accès à l’église est percé de ' trois grandes arcades ogivales, ornées de statues distribuées j avec goût et composant une décoration d’un bon style
et d’un fort harmonieux effet ; les tours sont terminées par des flèches coquettes qui se voient de loin et dont la hardiesse d’allure donne à l’édifice un aspect véritablement monumental.
L’intérieur n’a pas le caractère mystique des vieilles cathédrales, mais il ne manque pas néanmoins d’une certaine majesté; la lumière tamisée par des vitraux, dont quelquesuns rappellent les belles verrières du vieux temps, s’accroche aux chapiteaux des colonnes et projette sur le sol des milliers de losanges aux teintes variées et douces. L’orgue a de superbes résonances sous les voûtes hautes et sonores; de la chaire, le prédicateur peut, sans efforts et sans éclats de voix, se faire entendre par un nombreux auditoire.
La décoration est sobre, de choix heureux et conçue dans une très harmonieuse tonalité. Vous ne trouverez à Sainte- Clotilde aucun de ces objets de sainteté qui s’éditent à la douzaine dans le quartier Saint-Sulpice; tout ce que contient l’église, peinture ou sculpture, est frappé au bon coin artistique. Les peintures sont signées Bouguereau, Lenepveu, Henri Delaborde; les sculptures, parmi lesquelles il faut remarquer le Chemin de croix , sont de Duret, Pradier, Guillaume, Geoffroy de Chaume, Perrey, Fromenger. Les dessins des verrières, fournis par Amaury Duval, Hesse, Galimard, Jourdy, ont été exécutés par des maîtres qui s’appellent Lusson, Laurent Gsell, Maréchal (de Metz). Les cloches, objets d’art en leur genre, ont été fondues par Hildebraud. Placées dans la tour occidentale, elles sont de différents modules et forment une octave complète. Grâce à elles, l’église Sainte-Clotilde possède non seulement une des plus puissantes, mais encore une des plus harmonieuses sonneries de la capitale.
La place Bellechasse, qui forme un rectangle devant la façade de l’église, a été, en 1859, convertie en square. Des grilles entourent ce jardin sablé, ombragé par de beaux arbres, mais absolument dédaigné des promeneurs. Vous n’y rencontrerez jamais que le gardien faisant, sans effrayer les moineaux, sa platonique tournée d’inspection, et quel-
PROMENADES DANS PARIS
quefois un artiste contemplant un beau groupe en marbre de Delaplanche : l'Éducation maternelle , une œuvre saine et forte, quelque chose comme un Jean-François Millet en sculpture.
Nous sommes maintenant dans la partie en quelque sorte officielle de l’arrondissement; à chaque pas, nous allons rencontrer une ambassade, un ministère, une grande administration. Ici les postes et télégraphes, avec leur tour centrale au sommet de laquelle le télégraphe Chappe évoluait jadis; là des ministères : le commerce, l’instruction publique; plus loin, la mairie de l’arrondissement.
Cette mairie est établie, depuis 1861, rue de Grenelle, entre cour et jardin, dans les bâtiments de l’ancien hôtel de Villars, construit au commencement du dix-huitième siècle par Lelion, devenu plus tard hôtel de Brissac et en dernier lieu hôtel Forbin-Janson. La vaste cour est séparée de la rue par un bâtiment peu élevé, coupé par deux portes de grande allure ornées de colonnes d’ordre corinthien et donnant accès à des voûtes décorées de caissons.
Dans l’intérieur, il faut visiter la salle des mariages, plafonnée de compartiments avec entrelacs et rinceaux peints et dorés, et décorée d’une monumentale cheminée en marbre vert qu’ornent de jolies palmettes en cuivre doré. Sur ses murs, M. Émile Lévy a peint, dans un caractère un peu archaïque, mais avec une grande science de composition : la Famille , la Demande en mariage et la Célébration du mariage .
La salle des commissions, qui donne sur le jardin, est un reste de l’ancien hôtel qui mérite aussi d’être vu ; son plafond cloisonné repose sur une corniche supportée par des pilastres richement décorés de figures allégoriques, de rinceaux, d’arabesques, d’animaux chimériques et de génies ailés. Ces peintures datent de 1834 et sont l’œuvre de Vauchelet.
Et maintenant, c’est un peu au hasard que nous terminerons notre promenade. Attirés ici par les beaux et silencieux hôtels des rues de Varenneou Saint-Dominique; l’œil charmé là par les grappes rosées des lilas qui émergent au-
dessus aes murs, ailleurs par les touffes vertes piquées de blanc des marronniers en fleurs, partout trappe de l’air d’imposante solennité, de véritable grandeur de toutes ces vieilles habitations où s’abritent les plus anciennes familles de France.
Nous nous arrêterons devant le Panthemont, un temple protestant, qui, dans ce quartier, est à la religion réformée ce que Saint-Thomas d’Aquin est au culte catholique. Si rien, ainsi qu’il en est d’usage., n’attire et ne distrait l’œil à l’intérieur, l’extérieur, lui, est d’un aspect grand, simple et sévère.
Ainsi que la caserne qui lui est mitoyenne, le Panthemont dépendait autrefois du couvent des religieuses bernardines qui faisaient l’éducation des jeunes filles et donnaient asile aux laïques âgées. L’église, une des plus jolies œuvres de Goûtant d’Ivry, fut bénite en 1756.
Devenue propriété nationale en 1795, le couvent fut vendu plus tard et une partie de la rue de Bellechasse édifiée sur ses terrains.
Quant à l’église, elle appartient au culte protestant depuis 1846.
L’arrondissement contient encore d’autres monuments religieux : la chapelle baptiste de la rue de Lille, les Missions étrangères de la rue du Bac, l’Abbaye aux Bois de la rue de Sèvres, communauté qui s’était établie à Paris en 1654, et fut dissoute en 1790, et qui, devenue maison de retraite pour les dames, abrita les dernières années de Mrae Récamier; de sa chambre, où Chateaubriand venait chaque jour, Mme Récamier avait fait le premier salon littéraire du temps et une sorte de vestibule de l’Académie française.
Non loin de l’Abbaye aux Bois, sur une surface qui n’a pas moins de 5853 mètres et qu’occupait jadis l’hospice des Ménages, on a créé, en 1870, un fort beau square. Pendant l’investissement de Paris, on y parqua des animaux destinés à l’alimentation ; ils rongèrent les écorces des vieux arbres qui provenaient du jardin de l’hospice. Ces arbres moururent, et le jardin fut remanié et replanté en 1873.
Il est orné de vases décoratifs et d’un beau groupe en marbre : le Sommeil , signé Mathurin Moreau.
Signalons enfin, pour ne rien oublier, la caserne de Babylone, célèbre par le siège qu’elle soutint pendant les journées de 1830, et au cours duquel fut tué le polytechnicien Vaneau dont une rue de l’arrondissement porte le nom.
D’après un décret du 5 juillet 1893, le chemin de fer des Moulineaux, dont le point de départ est sur l'avenue de Sufren (quinzième arrondissement), serait prolongé jusqu’à l’esplanade des Invalides où se trouverait la gare nouvelle. Celte gare serait installée en contre-bas; des constructions de style identique, qui lui donneraient accès, s’élèveraient en bordure des rues Fabertet deConstantine. Le tout couvrirait une superficie d'environ trois hectares, mais pourrait laisser encore à l’esplanade une perspective d'environ trois cents mètres.
Ce travail est en quelque sorte uu premier tronçon du Métropolitain; quand il sera terminé, il est probable que l’on prolongera souterrainement le chemin de fer jusqu'au square Cluny. Le raccordement de cette voie avec la gare de la rue de Médicis suivrait immédiatement. Plus tard, la ligne Moulineaux-Square Cluny se relierait aux gares de Lyon, d’Orléans, de l'Est et du Nord.
Le projet est grand, mais il faudrait bien peu connaître les capacités de nos ingénieurs pour douter de sa réalisation.
Sept ponts relient le septième arrondissement à la rive droite de la Seine; ce sont les ponts du Carrousel, Royal, de Solférino, de la Concorde, des Invalides, de l'Alma et d’Iéna.
Concurremment avec la construction de la gare des Invalides (donnons-lui son nom officiel) sera entreprise celle d’un nouveau pont; il unira le quai d’Orsay au quai de la Conférence, et placé au droit de la rue de Constantine, il lui empruntera son nom.
Ceux qui savent à quels encombrements est exposé le pont de la Concorde ne pourront qu'applaudir à la création de ce dégagement nouveau.
APPENDICE
DELIMITATION DES QUARTIERS DE L’ARRONDISSEMENT. NOMENCLATURE HISTORIQUE DES RUES, PASSAGES, PLACES, BOULEVARDS, ETC.
DÉLIMITATION DES QUARTIERS
(Voir le plan.)
Quartier Saint-Thomas-d’Aquin ( teinte verte).
26 357 habitants.
Une ligne partant du milieu de la Seine, en face de la rue de Bellechasse et remontant le cours du fleuve jusqua Taxe de la rue des Saints-Pères (n08 pairs) — l’axe de la rue de Sèvres (nos 2 à 44) — et ceux des rues Vaneau (n08 impairs) — et de Bellechasse (n08 impairs) jusqu'au point de départ.
Quartier des Invalides [teinte rose).
13 441 habitants.
Une ligne partant du milieu du pont des Invalides, remontant le cours de la Seine jusqu’en face de la rue de Bellechasse, suivant l’axe de celle-ci (n08 pairs) — puis ceux des rues Vaneau (n08 2 à 40) — et de Babylone (n08 42 à la fin) — ceux du boulevard des Invalides (n08 1 à 33, 2 à 4 bis) — et du boulevard de Latour-Maubourg (nos impairs) jusqu’au point de départ.
Quartier de l’École militaire (teinte jaune).
13 474 habitants
Une ligne partant de l’avenue de Suffren et passant devant les bâtiments de l’Ecole militaire, ayant façade sur le Ghamp-de- Mars — suivant ensuite l’axe de l’avenue de Tourville (nus impairs) — ceux du boulevard des Invalides (n08 10 à 34) — des rues de Babylone ^n08 71 à 41) — Vaneau (n08 42 à la fin) — et de Sèvres (n08 46 à 98) — ceux de l’avenue de Saxe (nos 1 à 65, 2 à 48) — de la rue Pérignon (n08 2 à 28) — et de l’avenue de Suffren (n08 1 à 17) jusqu’au point de départ.
Quartier du Gros-Caillou ( teinte bleue).
32 568 habitants.
Une ligne partant du milieu de la Seine, en face de l’avenue de Suffren, remontant le cours du fleuve jusqu’au milieu du pont des Invalides, suivant l’axe dudit pont — celui de l’avenue de Latour-Maubourg (n08 pairs) — de l’avenue de Tourville (nüS 4 à la fin), jusqu’à l’avenue de la Bourdonnais, passant devant la façade de l'Ecole militaire et suivant l’axe de l’avenue de Suffren jusqu’au point de départ.
Population de l’arrondissement : 85 840 habitants.
NOMENCLATURE HISTORIQUE
DES RUES, PASSAGES, PLAGES, BOULEVARDS, ETC
Alleut (rue).
Une chapelle de la Vierge existait sur l’emplacement où cette rue a été percée au dix-septième siècle ; à cette circonstance elle a du le nom de rue Sainte-Marie-Saint- Germain, qu’un décret du 24 août 1864 lui a enlevé pour lui donner celui de Pierre-Alexandre-Joseph Allent, gén rai du génie, conseiller d’Etat, député et pair de France, né en 1773, mort en 1837.
Alma (cité de 1’).
Voie privée, ouverte en 1859.
Alma (pont de T); appartient pour parties aux huitième et seizième arrondissements.
Il fut inauguré le 2 avril 1856, à l’occasion d’une distribution de drapeaux faite aux troupes revenant de Crimée.
La bataille de l’Alma, dont son nom rappelle le souvenir, a été gagnée sur les Russes le 20 septembre 1854.
Amélie (rue).
Son ouverture fut autorisée par des lettres patentes du 6 septembre 1772, enregistrées an Parlement le 23 août 1774; MM. Wautby et Fabus de Maisoncelle étaient propriétaires des terrains sur lesquels elle devait être percée Un seul de ces messieurs se soumit aux conditions imposées, et cette voie, ouverte seulement sur la moitié de sa largeur, porta, jusqu’en 1823, le nom de rue Projetée; à cette époque, un autre propriétaire, M. Pi-
han de Laforest, donna les terrains nécessaires pour terminer la voie.
Elle prit le nom d’une de ses filles, morte à quinze ans,
Babylone (rue de).
Originairement rue de la Fresnaie, elle changea de nom, et, en 1669, elle s’appelait Petite-Rue de Grenelle ou de la Maladrerie ; quatre ans plus lard, elle prenait sa dénomination actuelle de Bernard de Sainte-Thérèse, évêque de Babylone, qui y possédait plusieurs maisons et des jardins sur l’emplacement, desquels on construisit, en 1663, le séminaire des Missions étrangères.
Des lettres patentes du 18 février 1720 ordonnèrent, sa continuation en ligne droite jusqu’au nouveau rempart; en 1765, elle n’était encore bordée de constructions qu'entre la rue du Bac et celle des Brodeurs (aujourd’hui rue Vaneau).
En 1868, la partie comprise entre la rue du Bac et le boulevard Raspail a été ouverte sur des terrains cédés à la ville par l’Assistance publique et provenant de l’ancien hospice des Ménages.
Bac (rue du).
Vis-à-vis de cette rue on passait la rivière sur un bac établi eu 1550 et qui existait encore en 1632; quant à cette voie publique, elle a été ouverte de 1600 à 1610.
Barbet-de-Jouy (rue).
Ouverte en 1838 sur l’emplacement de l’ancien hôtel Grimaud d’Orsay, elle porte le nom du pro-
priétaire qui céda à la ville les terrains sur lesquels elle est percée.
Beaune (rue de).
Cette rue, percée en 1G40, s’ouvrait en face du pont Barbier, généraleme t appelé pont Rouge, que le Pont-Royal a remplacé, et pour cette raison s’appelait rue du Pont; au di\-septième siècle, elle a reçu sa dénomination actuelle.
Bellechasse (place et square de).
Créés en 1828 sur les dépendances du couvent de Bellechasse, le jardin qui en occupe le centre a été planté en 1 859.
Bellechasse (rue de).
Une décision ministérielle du 8 janvier 1850 a réuni, 9ous cette dénomination, les rues de Bellechasse et Hillei in-Bertin ; la première allait du quai d’Orsay à la rue de Grenelle; la seconde, de la rue de Grenelle à la rue de Varenne, et portait le nom d’un propriétaire, qui, en 1874, vendit au roi les terrains sur lesquels elle fut percée quelques années plus tard.
Bertrand (rue).
L'ouverture de cette rue, autorisée en 1790, en même temps que celle des rues Duroc, Masseran et Eblé, n’a été exécutée qu’au commencement de ce siècle ; elle porta le nom de rue des Acacias jusqu’au 17 septembre 1847.
A cetie époque, une ordonnance royal-- lui donna le nom de Bertrand (Henri-Gratien), grand maréchal du palais, ami dévoué de Napoléon 1er, né en 1773, mort en
Bosquet (avenue).
Créée en 1 858 sous le nom d’avenue de l’Alma, elle a reçu son nom actuel en 1864
Bos iuct, m réchal de France, né en 1810, est mort en 1861.
Bosquet (passage).
Voie privée. Ouvert eu 1844 sous le nom de passage Saint-Pierre, il a reçu sa dénomination actuelle le 1er février 1877.
Bougainville (rue).
Cette rue n’était qu’un chemin
au dix-huitième siècle; elle a été ouverte sous le nom de Petite-Rue- Chevert, qu’elle a porté jusqu’en 1864. (Voir rue Chevert.)
Bourgogne (rue de).
Ouverte en 1707, elle a reçu le nom de Louis, duc de Bourgogne, petit-fils de Louis XIV, né en 1682, mort en 1712. La création de la place qui s’étend devant le palais Bourbon fut autorisée en 1776. Un décret du 29 nivôse an IV (18 janvier 1799) donna à celle voie le nom de rue du Conseil-des-Cinq- Cents, quVlle dut quitter après le 18 brumaire.
Breteuil (avenue de), entre la place de Breteuil et la place Vauban; l’autre partie appartient au quinzième arrondissement.
La partie qui appartient au quinzième arrondissement a été créée sous Louis - Philippe; quant à celle-ci, ouverte en 1680, elle a été cédée par l’Etat à la ville de Paris, en exécution d’une loi du 15 mars 1883. Elle porte le nom du baron de Breteuil (Louis-Auguste le Tonnelier), qui fut ministre de la maison du roi sous Louis XVI (1723-1807).
Breteuil (place de), côté impair, entre l’avenue de Saxe et la rue de Sèvres; le côté pair appartient au quinzième arrondissement.
Créée en 1782, elle fut cédée par l’Etat à la ville de Paris, en exécution d’une loi du 19 mars 1838.
Buénos-Ayres (rue de).
Ouverte en 1880, elle a reçu, en 1890, le nom de la capitale de la
. République Argentine.
Gamou (rue).
Ouverte sous le dernier Empire, un décret du 10 août 1868 lui a donné le nom de Camou, général de division, mort la même année.
Carrousel (pont du), appartient pour moitié au premier arrondissement.
Commencé en 1832 sous la direction de l’ingénieur Polonceau,
il a été livré à la circulation le 30 octobre 1834; il s’est d’abord appelé pont des Saints-Pères.
Casimir-Périer (rue).
Ouverte en 1828 sur des terrains ayant appartenu aux couvents de Bellechasse et des carmélites, elle a reçu, en 1839, le nom de Casimir Périer, ministre sous Louis-Philippe, mort en 1832, à cinquantecinq ans.
Chaise (rue de la).
C’était, en 1529, le chemin de la Maladrerie; ce fut, plus tard, la rue des Teigneux. Elle doit, selon Sauvai, son nom actuel à une enseigne, et le portait donc dès le dix-septième siècle.
Champagny (rue de).
Elle a été tracée en 1828 sur les terrains provenant du couvent de Bellechasse, et a reçu, en 1844, le nom de Nompère de Champagny, duc de Cadore, ministre de Napoléon Ier (1756-1834).
Chain p-de-Mars.
Créé en 1770 sur un terrain jusqu’alors occupé par des maraîchers et pour les exercices des élèves de l’Ecole militaire, il s’est appelé champ de la Fédération pendant la Révolution.
Chain p-de-Mars (rue du).
Ouverte en 1852 sur les terrains de la compagnie Valadon, elle n’est classée qu'entre la rue Cler et l'avenue de La Bourdonnais.
Chanaleilles (rue de).
Ouverte en 1844 par M. Barbet de Jouy, elle doit son nom au comte Sosthènes de Chanaleilles, qui a fait construire l’hôtel qu’on voit à l’angle de cette rue et de la rue Vaneau.
Chevert (rue).
Autrefois chemin sans dénomination, elle a pris, en 1802, le nom de François Chevert, lieutenant général des armées du roi, né en 1699, mort en 1769.
Chomel (rue).
Ouverte vers 1869 sur des terrains provenant de l’hospice des Ménages et cédés à la ville par l’Assistance publique.
Jean-Baptiste et Augruste-François Chomel, tou? deux médecins et appartenant à la même famille, sont morts, le premier en 1740, à l’âge de soixante-neuf ans, et le second en 1838, en sa soixantedixième année.
Cler (rue).
Ouverte en 1738 entre les rues Saint-Dominique et de Grenelle, et en 1826 entre cette dernière et l’avenue de La Mutte-Picquet, elle a porté d’abord le nom de rue de l’Eglise. Un décret du 24 août 1864 lui a donné sa dénomination actuelle, en souvenir de Jean-Joseph- Gustave Cler. général de brigade, tué à la bataille de Magenta (4 juin 1859), à l’âge de cinquante-cinq ans.
Combes (rue).
Indiquée sans dénomination sur le plan de Jaillot (1770), elle s’est appelée plus tard, et jusqu'en 1864, rue de la Triperie. Son nom actuel est celui d’un colonel tué à l’assaut de Constantine, en 1837.
Comète (rue de la).
Le 18 septembre 1769, un arrêt du conseil du roi ordonna l’ouverture de cette rue, et luidonnalenom qu’elle porte; elle est tracée sur des terrains appartenant à un sieur Godefroi et aux héritiers Lefranc et Roussin. L’arrêt de 1769 ne reçut son exécution qu’en 1775.
On prétend que son nom lui a été donné en souvenir de la comète de 1763.
Commailles (rue de).
Voie privée ouverte en 1881 sur l’emplacement de l’hôtel de la baronne de Commailles.
Concorde (pont de la ; appartientpour moitié au huitième arrondissement.
Commencé en 1787 sous la direction de l’ingénieur H'erronet, il a été achevé en 1790; il a porté les noms de pont Louis XVI et de pont de la Révolution.
Constantine (rue de).
Indiquée sur le plan de Verniquet (1789) sans dénomination, elle reçut, en 1806, le nom de rue d’Iéna; en 1880 on lui donna le
nom de la ville algérienne prise par notre armée le 13 octobre 1837.
La barrière des Invalides était située à l’angle de cette rue et de la rue Saint- Dominique.
Courty (rue de).
Ouverte en <777, elle porte le nom du propriétaire des terrains sur lesquels elle est tracée.
Desgenuttes (rue).
Indiquée sur le plan de Jaillot, elle por te, sur celui de Vemiquet, le nom de rue Saint-Nicolas; en ce siècle, et jusqu’au 10 novembre 1873, elle s’est appelée rue Nicolet, altération probable de son nom primitif.
Le baron Dcsgenettes, né en 1762, mort en 1837, fut médecin en chef de l’armée d’Egypte.
Duquesne 'avenue).
Précédemment avenue del’Alma, elle a été ouverte en 1838 entre les avenues de La Motte- Piequel et de Séguret prolongée en 1863 jusqu'à l’avenue de Breteuil.
L’année suivante (24 août), elle a reçu le nom d'Abranam Duquesne, célèbre marin, né à Dieppe en 1610, mort en 1688.
Duroc (rue).
Ouverte en 1790, s'est d’abord appelée avenue Montmorin. puis Petite- hue des- Acacias; en lbi7, elle a pris le nom du grand maréchal du palais impérial, Duroc, duc de Frioul (1772-1813).
Duvivier (rue).
Voie privée;' précédemment cité Laurent-de-Ju9sieu.
Le général Duvivier, dont elle porte le nom, a été tué sur les barricades, lors des journées de juin 1848 ; il avait cinquante-quatre ans.
Eblé (rue).
Ouverte en même temps que les rues Duroc, Bertrand et Masseran, elle 9’est d’abord app« lée rue Neuve-Plumet; en 1851, elle a reçu le nom du général de division Eblé, né en 1758, mort en 1812.
Estrées (rue cT).
Lapar ie comprise entre la place de Fonteuoy et l’avenue de Bre-
teuil est la plus ancienne; elle fut ouverte à la fin du dix-huitième siècle et prit, en 1800, le nom de rue Neuve-de Babylone; en 1817, sur des terrains appartenant pour partie à l'Etat, et pour partie au sieur Juliot, elle fut prolongée jusqu’au boulevard de9 Invalides.
Le nom qu'< lie porte actuellement e9t celui de Jean d' Estrées, vice-amiral et maréchal de France, né en 1024, mort en 1707.
Exposition (rue de Y).
Voie privée; précédemment passage de l’Alma, elle a été ainsi nommée en souvenir de l'Exposition universelle de 1867.
Fabert (rue).
Précédemment rue d’Iéna, puis rued’Austerlitz, elle a reçu en 1864 le nom du maréchal ae France Abraham Fabert, né en 1599, mort
en 1662.
Fontenoy (place de).
Créée en 1770, elle a été cédée par l’Etat à la ville de Paris au mois de mars 1838.
Elle porte le nom de la victoire remportée par le maréchal de Saxe sa r les Anglais et les Autrichiens, le 8 mai 1745.
Grenelle (passage de).
Voie privée.
Grenelle (rue de), entre la rue des Saints-Pères et Favenue de La Bonrdonuais.
C’est le vieux chemin qui, dès le quatorzième siècle, conduisait au village de Grenelle.
Gribeauval (rue de).
Vers 1680, c’était un passage faisant partie du couvent des jacobins réformés; sou9 la Révolution, ce passage, converti en rue lors de la suppression du monastère, a pris le nom de Saint-Vincent-de-Paul.
En 1847, elle a reçu sa dénomination actuelle en souvenir de Vaquette de Gribeauval, né en 1715, mort en 1789, et bien connu pour les perfectionnements dont il a doté notre artillerie.
Iéna (pontd1). Cepontappar-
tient pour moitié au seizième arrondissement.
Il fut construit entre les années 1809 et 1813, et porta d’abord son nom actuel en souvenir de la victoire remportée par nos armées le 14 octobre 1806; de 1814 à 1830, il prit la dénomination de pont des Invalides.
Invalides (boulevard des).
Ouvert en 1760.
Invalides (esplanade des).
Une partie de cette esplanade se compose du rempart exécuté en 1704, l'autre a été formée en 1720.
Invalides (place des).
C’est l’espace compris entre l’hôtel et l’esplanade des Invalides.
Invalides (pont des); appartientpourmoitié au huitième arrondissement.
Construit en 1828-1829, c'était un pont suspendu; en i 854- 1 855, il fut remplacé par le pont actuel.
Jean-Nicot (passage).
Voie privée, précédemment et jusqu’au 1er février 1877, passage Saint-Jean. #
Jean-Nicot (rue).
Entre les rues de l'Université et Saint-Dominique, cette voie existait dès le commencement du dixhuitième siècle et portait le nom de rue des Cygnes; en 1826, elle fut ouverte entre la rue de l’Université et le quai d’Orsay et prit, en cette partie, le nom de rue de la Triperie; plus tard, et dans son ensemble, elle s’appela rue Saint- Jean. A ce nom fut substitué celui de Nicot,qui devint Jean Nicot, en vertu d’un décret du 24 août 1864.
Jean Nicot, on le sait, fut l’introducteur du tabac en France; né en 1530, il est mort en 1600.
La Bourdonnais (avenue de).
Tracée en 1770, l’Etat l’a cédée à la ville de Paris en 1838.
Elle porte le nom de Bertrand- François Mahéde La Bourdonnais, gouverneur général des îles de France et de Bourbon, né en 1696, mort en 1753.
La Motte-Picquet (avenue de),
entre la rue de Grenelle et l’avenue de Suffren.
La partie comprise entre la rue deGrenelle et l’avenue de La Bourdonnais a été ouverte en 1680 ; l’autre environ cent ans plus tard.
Ficquet de la Motte, dit La Motte- Picquet , lieutenant général des armées navales, né en 1720, est mort en 1791.
Landrieu (passage).
Voie privée; nom de propriétaire.
La Planche (rue de).
Voie privée, ouverte en 1882.
Le nom qu’elle porte est celui de Raphaël de la Planche, fondateur et trésorier général de la manufacture de tapisserie de haute lisse, créée en 1607.
Las-Cases (rue).
Ouverte en 1828, elle a reçu, deux ans plus tard, le nom du chambellan de Napoléon Ier.
Le marquis de Las-Cases est mort en 1842, à l’âge de cinquantesix ans.
La Tour-Maubourg (boulevard de).
Ouvert en 1827, entre les avenues de La Motte-Picquet, de Tourville et de Lowendal ; en 1858, entre le quai d’Orsay et l’avenue de La Motte-Picquet.
Il porte le nom du marquis de La Tour-Maubourg, maréchal de France, né en 1684, mort en 1764.
Lille (rue de).
Ouverte en 1640 sur une partie de l’emplacement du Grand Préaux-Clercs, elle porta d’abord le nom de rue de Bourbon, en l’honneur de Louis de Bourbon, abbé de Saint- Germain des Prés. En 1792, elle prit sa dénomination actuelle en souvenir de la vigoureuse résistance opposée par les Lillois à l’armée autrichienne (1792j; en 1814, elle reprit son nom primitif et le conserva pendant toute la durée de la Restauration.
Lowendal (avenue de). Partie comprise entre les avenues de Tourville et de Suffren; le
surplus appartient au quinzième arrondissement.
Créée en 1770, cette avenue a été cédée par J’Etat à la ville en 1838, entre l’avenue de Tourville et la place de Foutenoy; elleportaitalors le nom de Boulflers, en mémoire du duc de Bouillers.pair de France et maréchal (1644-1711). Sous la Révolution, elle 9’était appeléeavenue du Quartier-de-Cavalerie.
Uli ic - Frédéric • Woldemar de Lowendal, maréchal de France, né en 1700, mourut en 1755.
Malar (rue).
Ouverte en 1816, entre les rues Saint-Dominique et de l’Université et sur des terrains appartenant à la dame Tiby, veuve Malar, elle a été prolongée, en 1829, jusqu’à la rue Combes, et jusqu’au quai en 1832.
Martignac (cité).
Voie privée.
Martignac (rue).
Elle a été ouverte en 1828, sous le ministère du vicomte de Martignac et lui doit son nom, qu’elle prit en 1839.
Le vicomte de Martignac, né en 1776, est mort en 1832.
Masserau (rue).
Ouverte en 1790, a pris le nom de l'hôtel Masseran, qui était situé à l’angle de la rue Uuroc.
Ménages (square des).
Doit son nom à l’ancien hospice des Ménagés, sur l’emplacement duquel il a été créé en 1870.
Monsieur (rue).
Ouverte en 1778, sur la demande de Monsieur, frère du roi (depuis Louis XVill). Sous la Révolution, elle prit le nom de rue Bigot, puis celui de rue de Fréjus, en 1799, quand Bonaparte, revenant de l’expédition d’Egypte, eut débarqué dans ce port Dès 1814, Louis XVIII lui rendit sa première dénomination.
Louis XVIII (François-Xavier), né en 1755, est mort en 1824.
Montessiiy (rue de).
Précédemment et jusqu’en 1873 rue Desgenettes.Le comtedeMon-
tessuy était propriétaire des terrains sur lesquels elle a été percée sous le second Empire.
Narbonne (rue de).
Voie privée; ouverte sur l’emplacement de l’hôtel de Narbonne- Pelet.
Olivet (rue).
D’anciens plans donnent le nom de Petite-Rue-Traverse à cette voie, qui fut ouverte, en 1646, sur un lieudit d’Olivet.
Orsay (quai d’). Entre la rue du Bac et l’avenue de Suffren; l’autre partie est sur le territoire du quinzième arrondissement.
C’était, au seizième siècle, le quai de la Grenouillère; sa construction, dans l'arrondissement, fut commencée en 1705, Boucher d’Orsay étant alors prévôt des marchands son nom, lui fut donné.
Entre le Pont-Royal et celui de la Concorde, le quai s’est, en 1802, appelé quai Bunaparte.
Oudinot (impasse).
Précédemment impasse Plumet.
Oudinot (rue).
C’était anciennement le chemin de Blomet;un plan de 1720 désigne cette voie sous le nom de rue Plumel, dénomination dont le temps a fait Plumet. En 1851, elle a pris le nom d’Oudinot, duc de Reggio, né en 1767, et mort gouverneur des Invalides en 1847.
Palais-Bourbon (place du).
Ouverte en 1778, elle s’est appelée, en 1794, place de la Maison-dela-Révolution ; plus tard, place du Conseil-des-Cinq-Cents, et, sous l’Empire, place du Palais-Législatif. Louis XVIII lui rendit son premier nom.
Paul-Louis-Courier (rue).
Ouverte à la fin du siècle dernier, cette voie s’est appelée d’abord passage Sainte-Marie; puis, plus tard , passage de la Visitation- Sainte-Marie; en 1879, on lui a donné le nom du pamphlétaire P.-L. Courier de Méré, né en 1772, mort en 1825.
Pérignon (rue). Côté pair entre les avenues de Saxe et de Suffren.
La partie comprise entre l’avenue de Saxe et la rue Bellart a été ouverte en 1820, M. Pérignon étant alors membre du conseil général.
Cette rue faisait suite à la rue des Paillassons, en grande partie sur le territoire du quinzième arrondissement; en 1850, les deux rues ont reçu une dénomination unique.
Perronet (rue).
Elle existait au seizième siècle, et jusqu’en 18G5 elle a fait partie de la rue Saint-Guillaume.
Voisine de l’Ecole des ponts et chaussées, elle a reçu le nom de l’ingénieur Perronet, né en 1708, mort en 1794, qui fut l’organisateur de cette institution et dirigea la construction du pont de la Concorde.
Pierre-Leroux (rue).
Indiquée sur les plans de la fin du dix-septième siècle, elle s’est appelée rue Traverse ; en 1 874, elle a pris le nom de rue du Frère- Philippe ; en 1885, celui qu’elle porte actuellement.
Le frère Philippe (Mathieu Bransiet), était supérieur général des frères des Ecoles chrétiennes ; il est mort au mois de janvier 1874.
Pierre Leroux , philosophe et homme politique, est mort en 1871, à l’âge de soixante-quatorze ans.
Poitiers (rue de).
Ouverte vers 1680, un propriétaire riverain, nommé Pottier ou Potier, lui donna son nom, que le temps a transformé.
Pont- Royal ; appartient pour moitié au premier arrondissement.
Construit en 1685, il s’est, pendant la Révolution, appelé Pont- National.
Pré-aux-Clercs (rue du).
Ouverte en 1844, sur l’emplacement de l’ancien Pré-aux-Giercs, elle a d’abord porté le nom de rue N euve-de-T U ni versité.
Rapp (avenue).
Ouverte en 1858, sous le nom
d’avenue du Champ-de-Mars, elle a reçu sa dénomination actuelle au mois d’août 1864.
Le comte Jean Rapp, général de division, était né en 1773, il mourut en 1821.
Raspail (boulevard). Entre le boulevard Saint-Germain et la rue de Sèvres.
Cette grande voie, dont les plus importantes parties seront dans les sixième et quatorzième arrondissements, n’a que deux amorces encore dans le septième; l’une va du boulevard Saint-Germain à la rue de Grenelle, l'autre est entre les rues Chomel et de Sèvres.
Entre le boulevard Saint-Germain et la place Denfert-K ochereau, il devait, aux termes d’un arrêté préfectoral du 30 décembre 1864, porter le nom de boulevard d’Enfer; il a reçu, en 1887, le nom de François-Vincent Raspail, chimiste et homme politique, mort en 1878, à l’âge de quatre-vingt-quatre ans.
Rousselet (rue).
C’était, simple chemin alors, la rue des Vachers, en 1676; au commencement du dix-huitième siècle, un sieur Rousselet y fit bâtir quelques maisons ; la rue a gardé son nom.
Saint-Dominique (passage).
Voie privée.
Saint-Dominique (rue).
C’était au quatorzième siècle un chemin rural désigné sous le nom de Chemin-aux-Vaches, qui prit, plus tard, le nom de chemin de la Justice, parce que le siège de la juridiction de Saint-Germain des Près était établi à son extrémité.
En 1631, les dominicains s’étant établis en cet endroit, la rue prit le nom de rue Saint-Dominique-Saint- Germain.
Saint-François-Xavier (place).
Précédemment avenue de la Salle et avenue Saint- François-Xavier, elle a reçu sa dénomination
g actuelle en 1879.
Saint-Germain (boulevard) ; appartient pour parties aux
cinquième et sixième arrondissements.
L’ouverture de la fraction qui traverse le septième arrondissement a été commencée en 1866.
Saint-Guillaume (rue).
C'était un chemin en 1502; contournant un monticule couronné de moulins, elle s’est appelée rue de la Butte, pui9 rue Neuve-des- Rosiers; au cours du seizième siècle, un de ses habitants lui a donné la dénomination qu’elle porte encore.
Antony Béraud et Dufey, dans leur Dictionnaire historique de Paris, prétendent qu’elle n’a reçu ce nom que sous le premier Empire; les frères Lazare supposent qu’elle le doit à une enseigne.
Saint-Simon (rue de).
Ouverte en 1823. elle 9’appela d’abord rue de la Visitation-des- Dames-Sainte-Marie ; en 1866, elle a été prolongée jusqu’au boulevard Saint-Germain; en 1879, elle a reçu le nom qu’elle porte en mémoire du duc de Saint-Simon, auteur de mémoires bien connus concernant lhistoire de son temps, et qui avait son hôtel dans le voisinage.
Louis de Rouvroy. duc de Saint- Simon, né en 1675, est morten 1755.
Saint-Thomas-d’Aquin (place) .
Créée en 1683, elle s’est appelée d'abord place des Jacobins.
Saint-Thomas-d’Aquin (rue).
Contemporaine de la place, cette voie n’a que 35 mètres de longueur; s’est appelée originairement passage des Jacobins.
Saints-Pères (rue des), côté pair; le côté impair est sur le territoire du sixième arrondissement.
Cette très vieille voie fut autrefois le chemin pui9 la rue des Vaches; on l’appela plus tard rue de la Maladrerie, rue de l’Hôpitalde-la-Charité, rue de l’Hôtel-Dieu appelé la Chariié, non comme on pourrait le supposer à cause de l’hôpital de la Charité qu’on voit rue Jacob et qui n’etait pas construit alors, mais à cause d’un
hôtel Dieu dont on avait commencé l’édification à l’extrémité de cette rue, sur le bord de la rivière. En 1636, elle est désignée 9<»us le nom de rue des Jacobins- Réformés; en 1643, le plan de Boisseau lui donne le nom de rue de Saint-Père, etGomboust; en 1652, celui qu’elle porte encore. Ce nom n’est qu’une altération. La rue, vraisemblablement s’appelait rue Saint-Pierre, en raison de la chapelle Saint- Pierre qui s’y trouvait et qui est devenue l’Académie de médecine.
En 1866, l’ouverture de cette voie a été faite entre les rues de Grenelle et de Sèvres.
Saxe (avenue de), côté impair et partie du côté pair entre la place de Fontenoy et la rue Pérignon; le surplus appartient au quinzième arrondissemeot.
Tracée vers 1780, l’État a cédé cette voie à la ville en 1 838.
Elle porte le nom du vainqueur de Fontenoy, Hermann-Maurice, comte de Saxe, maréchal de France, né en 1696, mort en 1750.
Saxe (impasse de).
Voie privée, créée au commencement de ce siècle.
Ségur (avenue de), entre la place Vauban et l’avenue de Suffren; l’autre partie appartient au quinzième arrondissement.
Formée vers 1780, elle a été cédée par l’Etat à la ville en 1853.
La partie finale à partir de l’avenue de Saxe a été ouverte en 1867.
Philippe-Henri de Ségur, maréchal de France, dont elle porte le nom, né en 1724, est mort en 1801.
Ségur (villa de).
Voie privée.
Sèvres (rue de), côté pair entre le carrefour de la Croix-Rouge et le boulevard des Invalides ; les autres parties sont sur les territoires des sixième et quinzième arrondissements.
Au treizième siècle, on trouve cette voie désignée sous le nom de
rue de la Maladrerie, un hôpital ainsi appelé y étant situé ; en 1641, pour une cause analogue, on la nommait rue de l’Hôpital-des-Petites- Maisons.
Ces établissements ont occupé la place où Ion voit maintenant le square des Ménages.
Elle se dirige vers Sèvres, ce qui justifie pleinementsa dénomination présente.
Solférino (pont de) ; appartient pour moitié au premier arrondissement.
Construit en 1860, il porte le nom de la victoire remportée sur les Autrichiens le 24 juin 1859.
Solférino (rue de).
Ouverte en 1866, dénommée en
Suffren (avenue de), côté impair entre le quai d’Orsay et la rue Pérignuu; le surplus appartient au quinzième arrondissement.
Formée vers 1770, cette avenue a été cédée à la ville de Paris par l’Etat en vertu d’une loi du 19 mars 1838; elie s’arrêtait originairement à l’avenue Lowendal ; elle a été prolongée en 1867.
Pierre-Andre de Suffren, viceamiral, bailli de l’ordre de Malte, célèbre marin français, naquit en 1726 et mourut en 1788.
Surcouf (rue).
Tracée à la fin du dix-huitième siècle, elle a porté, jusqu’en 1867, le nom de rue de la Boucherie-des- Invalides; à cette époque, on lui a donné sa dénomination actuelle en souvenir de Robert Surcouf, corsaire français, né en 1773, mort en 1827.
Tourville (avenue de).
La partie qui longe l’hôtel des Invalides a été tracée vers 1680; le surplus a été formé cent ans plus tard. Comme plusieurs autres voies du même quartier, celle-ci a été cédée à la ville en 1838
Elle porte le nom du vice-amiral et maréchal de France, Anne-Hilarion Cotentin de Tourville, né en 1642, mort en 1701.
Union (passage de Y).
Voie privée; on ignore l’origine de sa dénomination.
Université (rue de U).
C’est un ancien chemin sinueux qu’on nommait chemin de la Petite- Seine et qui, au milieu du dixseptième siècle, lorsqu’il fut converti en rue, s’appelait chemin du Pré-aux-Clercs.
Valadon (rue).
Voie privée, ouverte en 1842 par M. Valadon, architecte.
Vaneau (cite).
Voie privée, ouverte en 1888 (voir rue Vaneau).
Vaneau (rue).
Précédemment rue des Brodeurs, entre les rues Oudinot et de Sèvres, Petite-Hue-Mademoiselle, entre les rues de Babylone et Oudinot, et rue Mademoiselle, entre les rues de Varenne et de Babylone.
La rue des Brodeurs, originairement rue du Lude, prit ce nom au milieu du dix-septième siècle; la Petite- Rue- Mademoiselle figure sur les plans de 1728; la rue Mademoiselle a été ouverte en 1826 et dut son nom au voisinage de l’hôtel de Mademoiselle Louise-Eugénie-Adélaïde d Orléans. Une décision ministérielle du 6 octobre 1830 donna à cette dernière partie le nom de Vanneau ; en 1 850, la Petite- Rue-Mademoiselle lui fut réunie.
En 1853, l’orthographe du nom fut rectifiée par un arrêté préfectoral du 10 novembre.
Vaneau, élève de l’Ecole polytechnique, fut tué en dirigeant l’attaque de la caserne de Babylone pendant les journées de juillet 1830.
Varenne (cité de).
Voie privée.
Varenne (rue de).
La partie comprise entre les rues de la Chaise et du Bac existait dès 1607, et vers 1640 prit le nom de rue de la Planche (voir rue de La Planche); l’autre partie, ouverte vers le même temps, portait le nom de rue de Varenne; en 1850, les deux voies ont été réunies sous une seule dénomination. On sup-
pose que le mot Varenne est la corruption du mot Garenne; une garenne se trouvait en cet endroit avant que la rue fût construite. .
Vauban (place).
Ouverte en 1780, cédée à la ville en 1838, elle porte le nom de l’ingénieur, maréchal de France, Vauban (Sébastien Le Prestre de), né en 1633, mort en 1707.
Velpeau (rue).
Cette voie, créée sous le dernier Empire, a reçu le nom du chirurgien Velpeau, mort en 1867, à l’âge de soixante-douze ans.
Verneuil (rue de).
Henri de Bourbon, duc de Verneuil, était abbé de Saint-Germain des Prés, en 1640, quand cette rue fut ouverte sur des terrains appartenant à l’abbaye.
Vierge (passage de la).
Voie privée.
Ce passage aboutissait à la rue de la Vierge, voisine d’une chapelle placée sous l’invocation de Sainte- Marie, qui est devenue
l’église Saint-Pierre du Gros-Caillou.
Yillars (avenue de).
Ouverte en 1780; cédée par l’Etat à la ville en 1853.
Elle porte le nom du maréchal de France, duc Claude-Louis-Hector de Villars, né en 1653, mort en
Villersexel (rue de).
Ouverte en 1882 sur l’emplacement de l’hôtel de Mailly, elle a reçu le nom de la ville de la Haute- Saône où eut lieu le combat du 9 janvier 1871.
Voltaire (quai).
C’est l’ancien chemin qui longeait le Pré-aux- Clercs. Il était autrefois confondu avec le quai Malaquais, et portait son nom ; en 1642, on l’appela quai des Théatins, en raison des religieux ainsi nommés qui étaient venus s’y établir.
Voltaire est mort en 1778 dans l'hotel du marquis de Villette, qui fait l’angle de ce quai et de la rue de Beaune. En 1791, il a reçu son nom actuel.
LES INSCRIPTIONS PARISIENNES
DANS LE SEPTIÈME ARRONDISSEMENT
Le Comité des inscriptions parisiennes a été institué par un arrêté préfectoral signé Hérold et daté du 10 mars 1879. Depuis cette époque, les plaques commémoratives, dont la pose était, à peu d’exceptions près, abandonnée à l’initiative privée, se sont multipliées dans une assez grande proportion; il est intéressant d’en dresser la liste.
Nous ferons observer que les inscriptions placées par les soins du Comité sont uniformément gravées en lettres rouges sur des tables de marbre blanc; elles seront même prochainement frappées d’un monogramme qui assurera, en quelque sorte, leur caractère officiel. Ces inscriptions sont indiquées ici par un astérisque*.
*Bac [rue du), n° 108. Pierre Simon, marquis de Laplace, sénateur sous le premier Empire, pair de France sous la Restauration, mathématicien et astronome, auteur de la Mécanique céleste e t de Y Exposition du système du monde, est mort dans cette maison le 5 mars 1827. Il était né à Beaumont-en-Auge (Calvados) le 23 mars 1749.
* Bac [rue du), n° 120. C’est la maison où mourut, le 4 juillet
1848, François René, vicomte de Chateaubriand, écrivain français, homme politique, auteur du Génie du christianisme, né aux environs de Saint-Malo le 4 septembre 1768.
* Voltaire [quai), n° 11. Jean-Auguste-Dominique Ingres,
peintre français, auteur de Y Apothéose d’Homère, de Vir -
gile lisant V Enéide, etc., etc., né à Montauban le 29 août 1780, est mort dans cette maison le 14 janvier 1867.
* Voltaire ( quai ), n° 27, angle de la rue de Beaune. C’est l’ancien hôtel du marquis de Villette où mourut, le 30 mai 1778, François-Marie Arouet de Voltaire, le plus fécond écrivain du dix-huitième siècle ; il était âgé de quatrevingt-quatre ans. Bien que le petit village de Chatenay (Seine) revendique l’honneur d’avoir vu naître l’auteur du Siècle de Louis XIV , il est probable qu’il vit le jour à Paris et non loin du lieu où il est mort. On possède son acte de baptême, extrait des registres de la paroisse Saint-André des Arcs (sic) et daté du vingt-deuxième jour de novembre 1694.
LES
ÉTAPES D’UN TOURISTE
EN FRANGE
PARIS